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bijoux du Créateur, qui brillez comme autant de perles sur les pentes veloutées de nos montagnes, comme autant d'étoiles sur le fond noir du ciel? Qui peut résister à la tentation de vous enlever, de vous emporter avec soi et de vous posséder ? Délicats et gracieux joyaux. qui rayonnez au sein de la plus belle, de la plus grande des natures, comment vous dépeindre, comment décrire vos charmes? Pardonnez le peu d’élégance d’un style si peu en harmonie avec vos corolles que balance le souffle du zéphir. Quelle est la langue humaine qui pourrait rendre ces charmes et exprimer la grâce de vos contours ? Il est si doux de parler de ceux qu’on aime! Mais on le fait avec d'autant plus de plaisir qu'on peut s'exprimer plus librement, sans recherche, et qu’on laisse son cœur parler tout seul. Ce plaisir reste entier alors même que l’objet de son amour est éloigné; aussi m'est-il bien doux dans un moment où vous êtes ensevelies là-haut sous des milliers de quintaux de neige, de penser à vous et de m'occuper de vous.
Qu'il me soit donc permis, humble enfant de
la belle Helvétie, d'apporter mon faible tribut à
l'édifice qu'ont élevé et qu'élèvent encore tant d'amis des arts et de la nature, tant de littérateurs et de poëtes, dans le but de faire connaître,
ais à CPR aimer et fréquenter les Alpes. À Genève, mieux que partout ailleurs, on aime et l’on connaît cette nature sauvage. C'est de notre patrie romande, et de Genève particulièrement, qu'est parti ce mouvement qui a fait apprécier la flore alpine et l’a « mise à la mode », suivant une expression consacrée. Depuis quelques années, on semble avoir pris à cœur de faire descendre la flore des Alpes dans nos plaines et d’en répandre le goût dans le public, soit en la faisant connaître par le crayon ou le pinceau, soit en la répandant par le moyen de la culture.
Le moment semble donc favorable pour publier quelques renseignements au sujet de l’acclimatation de cette flore dans nos jardins. Peutêtre eût-il été plus sage de laisser ce soin à de plus savants ou d'attendre d’avoir acquis une plus forte dose d'expérience dans ce domaine. C'eût été mon intention si je n'avais été stimulé à cette entreprise par le zèle de quelques amis qui estiment que le besoin d'un ouvrage en français traitant de la culture des plantes alpines, se fait impérieusement sentir.
J'ai donc réuni à mes notes particulières, prises dans chaque occasion au fur et à mesure de mes expériences, les quelques matériaux que j'avais compulsés depuis une douzaine d'années
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et les renseignements divers qui ont pu m'être fournis par des personnes s'étant spécialement occupées de ce sujet. J'espère que plusieurs trouveront dans la lecture de ce petit ouvrage des renseignements utiles et des encouragements dans bien des cas. C’est là mon désir et mon vœu; puisse-t-il se réaliser !
Janvier 1884.
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