‹ Les plantes des AlpesChapitre 22 sur 64 · AT · texte numérisé non relu

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pouce de profondeur. Toute la partie supérieure se maintient alors dans une humidité constante et toujours égale, qui permet à cette germination difficile et lente de s’opérer d’une manière régulière. Pendant l'hiver, on place ceux de ces morceaux de tourbe qui sont semés de Vacciniées ou d'Ericacées dans une couche fraîche et abritée contre le soleil, tandis que ceux d’entre eux qui out reçu les spores de Fougères et de Lycopodiacées sont placés dans une couche ou une serre chaude où ils doivent cependant être abrités des rayons solaires par une toile. Mœ a même tenté avec succès d'élever de graines certaines plantes que nous regardons comme absolument rebelles à toute opération horticole, les Pyrolacées et les Orchidées alpines, par exemple. Voici ce qu’il dit à ce sujet:

« On remplit les pots qui doivent contenir les graines, d'une composition contenant une part de terre de bruyère, une autre de terre de forêts, une troisième enfin de débris de bois de pin ou sapin pourris, auxquels on ajoute un peu de mousse hachée et d’aiguilles de sapin sèches. Cette composition est alors fortement pressée dans les pots; on plante ensuite là-dedans de petites mousses telles que les différentes sortes de Dycranum, Bryum argenteum, Mnium, etc.

C'est dans cette mousse que l'on sème les graines en question, puis on place les pots dans une caisse contenant de l’eau de manière que la terre soit continuellement et régulièrement mouillée. La caisse contenant ces pots est alors placée, pendant quinze jours, dans une couche chauffée et ombragée d’une manière égale et qu’on tient hermétiquement fermée pendant tout le temps. De cette manière, dit-il, j'ai toujours obtenu de bons succès. »

Kerner pense qu’on pourrait, par ce moyen, élever les Rhynantacées alpines et tant d’autres espèces rebelles à la culture et au semis ordinaire.

La liste serait beaucoup trop longue à donner ici des espèces que j'ai obtenues par semis et qui ont fleuri avec abondance. Le fait est qu'elles sont bien rares celles qui n’ont absolument pas pu s’acclimater par ce moyen. Je crois que, avec le système du botaniste suédois que je viens d'indiquer, on parviendrait facilement à acclimater toutes ces espèces rebelles. Ce moyen si simple et si naturel d'élever les plantes alpines par semis est le plus recommandable de tous; il permet d'obtenir des pieds forts, vigoureux, florifères et tout acclimatés à nos contrées. Il offre, en outre, ce grand avantage que,

pour les espèces rares, il contribue à leur pro tection et à leur conservation dans leurs lieux d’origine. À tous ces points de vue, l'élevage des plantes alpines par semis est le meilleur mode à employer; il serait bon qu'on l’utilisàt davantage.

C'est dans le courant du mois de septembre qu’il est le plus facile de récolter les graines dans les Alpes. À ce moment-là, on peut encore reconnaître l'espèce à laquelle appartient la graine. Comme c’est également l’époque où s’arrachent les plantes qu’on veut transporter dans la plaine, une course dans les Alpes à ce moment-là présente un double avantage.

C'est à cette époque-là qu'il convient de s'occuper de. la multiplication des plantes alpines par le moyen de la division des touffes ; les jeunes éclats replantés ont alors le temps de s’enraciner et de se développer avant l'hiver. Une bonne partie d’entre les plantes de montagnes se multiplient de cette façon, mais toutes ne supportent pas l'opération. Les espèces tapissantes, formant des touffes comme de la mousse, sont particulièrement propres à être divisées. Les Saxifrages, les divers Sedum, les Aubrietia, les Silènes, les Œillets, l'Edelweiss et les autres Composées, quelques Campanules, les Phlox nains et

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