RER
endroit privilégié, où le botaniste fera rapidement une riche récolte; cette atmosphère chargée d'humidité semble convenir tout particulière-
ment à la brillante flore des Alpes. C’est le
terrain de la moraine que recherche avec préférence le Pin d’Arole qui, nulle part,n’est aussi beau ni aussi prospère. Le Dr Hooker a constaté en Syrie ce fait curieux, que lors de la prospérité des forêts du Liban, dont il ne reste plus que quelques derniers vestiges, le célèbre Cédre qui en faisait la gloire croissait sur les moraines de glaciers aujourd'hui disparus.
L'humidité de l’air est l’une des conditions les plus importantes de la vie des plantes dans les Alpes. Sans ces vapeurs répandues dans l’atmosphère, l’insolation, si forte sur ces hauteurs, serait préjudiciable à la végétation. L'humidité de l’air est une sorte de parasol, qui amortit l'effet des rayons solaires sans diminuer la dose de lumière. La lumière la plus vive et la plus intense est prodiguée à cette végétation dans une mesure qu il n’est pas possible de lui rendre
- dans nos plaines. C’est ce qui fait que nous la
voyons se développer avec une si grande rapidité. La nature alpine a ceci de particulier qu'elle manifeste sa vie et la développe en beaucoup moins de temps qu'il n’en faut dans les plaines
SF aux mêmes espèces. C’est le propre de la vie alpine d'accomplir le cycle de son existence annuëlle en un temps beaucoup plus court que ce. n’est le cas pour la vie organique de nos plaines: