‹ Les plantes fossilesChapitre 31 sur 68 · ÉRUPTION DE BITUME FONDU · texte numérisé non relu

ÉRUPTION DE BITUME FONDU

facile des grès et des argiles environnants, et •cependant cette gangue perméable est restée intacte et a conservé sa couleur habituelle, grise ou blanc-jaunâtre.

On ne peut admettre davantage que l'injection des plantes par le bitume se soit faite en certains points déterminés, et qu'après cette opération elles aient été transportées là où on les rencontre, car il n'est pas rare de trouver des troncs de Calamodendroriy à^Arthropitus, de Fougères, encore munis de leurs racines, longs de 4 à 10 mètres, dont le bois houillifié entoure la moelle remplacée par un moule pierreux ; le fragile cylindre ligneux se serait certainement brisé pendant le transport.

Les échantillons houillifiés n'ont jamais été fluides ou pâteux, car ce sont eux qui ont laissé leurs empreintes avec les plus fins détails dans les chistes et les grès, et non ces derniers qui ont laissé leurs traces sur la houille.

. La surface des fragments isolés est nette et leur séparation de la gangue qui n'a jamais été pénétrée est des plus faciles.

D'un autre côté, s'il y avait eu injection de la matière goudronneuse dans les tissus, un fragment de bois houillifié présenterait .l'aspect d'une masse compacte résinoïde, l'intérieur des cellules et des vaisseaux serait rempli de bitume et ne se laisserait pas pénétrer par l'eau et les gaz; or le bois houillifié est poreux, et c'est à cette porosité

qu'est due le gondolement et la séparation de leur support, des lames minces de houille en préparation; il semble que la lamelle se gonfle sous l'influence de l'eau qui distend les tissus.

Le microscope, du reste, ne montre pas de bitume dans les cellules et les vaisseaux, mais seulement que les parois en sont plissées, qu'elles sont arrivées à se toucher en bien des points, sous l'influence de la pression, sans pourtant se souder et se confondre.

Les faits que nous venons de signaler sont complètement contraires à l'hypothèse de la formation de la houille par voie d'éruption de bitume ayant empâté, injecté et soudé d'immenses amas de débris végétaux.

Nous allons examiner les deux autres hypothèses.

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