‹ Les plantes fossilesChapitre 61 sur 68 · CLIMATOLOGIE ANCIENNE · texte numérisé non relu

CLIMATOLOGIE ANCIENNE

<ie Lépidodendrées, de Sigillaires etc., que Ton recueille en abondance.

Si durant cette longue période il y a des changements entraînant la disparition de quelques espèces, ou même 4e quelques genres, et l'apparition de plantes nouvelles, ces modifications ne paraissent pas isolées, mais s'étendent simultané- ^ ment sur toute la surface du globe.

Pendant les formations triasiques et jurassiques, les plantes qui couvrent les continents, bien différentes, il est vrai, de celles qui vivaient aux époques permienne et houillère, sont cependant semblables dans toutes les couches de même âge de tous les pays. Les montagnes, plus élevées que pendant les dépôts houillers, ne le sont pas assez pour amener des Flores de montagnes distinctes de celles des plaines. S'il y a des différences appréciables, c'est que certaines espèces vivaient de préférence dans les lieux humides ou inondés, tandis que d'autres habitaient des terrains plus secs.

Ce n'est qu'à l'époque de la Craie que des différences dans la latitude déterminent des changements dans la distribution des végétaux. On voit apparaître dans la Craie inférieure de Kome, dans le golfe d'Omenak au Groenland, par 70° de latitude boréale, des Sapins qui viennent se mêler aux Cycadées déjà anciennes sui* le globe. Avec eux se montrent des Credneria^ des Figuiers; il

semble que les Dicotylédones angiospermes trouvent seulement à ce moment de la vie du globe les conditions favorables à leur extension; on les voit dès lors s'étendre rapidement sur toute la surface de la terre. Et pendant la formation des terrains plus récents, tels que FEocène, le Miocène, etc., on les rencontre de plus en plus nombreuses, à mesure que la latitude interv'ietit davantage dans la distribution de la température.

La zone terrestre où régnait un climat comparable à celui de certaines régions tropicales se resserre de plus en plus à partir de la Craie. Après avoir quitté les terres arctiques, nous retrouvons sa limite au commencement de Tépoque tertiaire dans le nord de l'Angleterre et de l'Allemagne, ou l'abondance des Palmiers, des Pandanées, des Bananiers assignent pour ces pays, à ce moment, une température moyenne annuelle de 25°.

Plus tard, à l'époque miocène, elle ne dépasse pas les contrées méridionales de l'Europe ; elle y est caractérisée par la présence de plantes tropicales africaines. Les Cycadées, qui pendant le dépôt de la craie occupaient le Groenland, se sont réfugiées dans le midi de la France, à Armissan, Bonnieux, et en Grèce à Koumi.

Pendant la période pliocène, on peut admettre qu'elle ne dépasse pas le 40** ou l'extrême limite de l'Europe méridionale. Actuellement, comme on le sait, les Cycadées ne se rencontrent guère

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au delà du 35° de latitude nord et en Australie du 38° de latitude sud.

La connaissance complète de la Flore d'une formation géologique peut fournir des renseignements précis sur l'état climatérique de la contrée voisine du lieu où se déposait cette formation; d'après M. de Saporta, au moment où se solidifiaient les tufs calcaires de Méximieux près de Lyon, en pleine période pliocène, les campagnes voisines du dépôt étaient couvertes de Lauriers roses, d'Avocatiers des Canaries, de Bambous, de Magnolias, de Chênes verts, etc., ensemble de plantes qui, d'après la température moyenne des pays où elles croissent spontanément, indiquent pour les environs de Lyon une température moyenne annuelle de 17 à 18^.

La moyenne annuelle de cette région n'est plus, comme on sait, que de 11°.

En rapprochant les différents organes d'une même plante trouvés la plupart du temps détachés et isolés, on a pu reconstituer avec assez de probabilité le port de cette plante et en donner une idée plus complète.

Beaucoup de paléontologistes se sont livrés à des restaurations de ce genre. De là à refaire un paysage groupant les végétaux placés dans les conditions probables de leur végétation naturelle, il n'y avait qu'un pas et il existe un grand nombre de groupements se rapportant aux Flores Renault. 22

caractéristiques des principales époques géologiques.

Nous ne reproduirons que deux de ces tableaux ; le premier comprend des plantes de la période houillère, et le second, des végétaux de l'époque tertiaire ; la diflférence des deux paysages est assez frappante.

Dans le premier (fig. 49), on ne voit aucune montagne à l'horizon, les terres sont basses, relativement de peu d'étendue ; de nombreuses îles couvertes d'une végétation extrêmement abondante et variée ; à droite et au bas de la figure, on distingue une Sigillaire cannelée émettant des racines dichotomes, stigmariformes, plongeant dans l'eau et munies de leurs radicelles. Plus loin, un îlot couvert d'un massif dç Lepidodendron dont les branches nombreuses se subdivisent par dichotomie.

Sur les îles qui sont au fond, on apperçoit des tiges élancées de Calamodendrées portant des rameaux et des feuilles disposées en verticilles.

Une fougère arborescente avec ses jeunes frondes roulées ^n crosse se dresse au milieu du paysage. A droite et un peu en avant d'un groupe de Cycadées houillères, se voient deux troncs de Cordaïte ornés de feuilles longues et coriaces.

Tout autre est l'aspect du second paysage (fig. 5 1) ; l'horizon est borné par des montagnes élevées, l'air, la terre et les eaux sont peuplés

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