AGE DES TERRAINS
Ainsi, pour ne rappeler que quelques exemples, le Bornia radiata se rencontre dans le terrain houiller inférieur, jamais dans le terrain houiller moyen et supérieur, ni au-dessus.
UArtbropitus gigas caractérise les couches supérieures du terrain houilleret les couches inférieures du terrain permien.
Les différentes espèces de Callipteris sont confinées dans les couches permiennes.
UEquisetum arenacum ne se rencontre que dans les grès bigarrés.
Les Annularia, les Sphenophyllum, les SigiU laria, les Lepidodendron, un grand nombre de genre de Fougères, Sphenopteris vrais, Cardiopteris, Pecopteris, etc., sont absolument inconnus dans les terrains secondaires et tertiaires.
On pourrait facilement multiplier les exemples pour prouver qu'un genre ou une espèce, une fois disparu, ne revient plus, et que beaucoup d'entre eux sont caractéristiques d'un étage ou d'une formation.
La botanique fossile a eu souvent l'occasion d'appliquer ces lois, je ne rappellerai que les faits suivants entre mille autres.
Personne n'ignore les discussions nombreuses soulevées par les terrains anthracifères des Alpes. En 1828, Elie de Beaumont signala à Petit-Cœur, en Tarentaise, une couche à bélemnites intercalées entre deux assises renfermant des végétaux; ces
derniers, au nombre de 22 espèces, furent reconnus par Brongniart comme appartenant tous au terrain houiiier supérieur. Au point de vue botanique, le terrain anthracifère était donc bien honiller, mais, d'un autre côté, la couche découverte par Elie de Beaumont appartenait sans doute possible au Lias inférieur. Les déductions tirées des lois de la botanique fossile, qui en était presque à ses débuts, subissaient ainsi un sérieux contrôle. La Société géologique de France, réunie extraordinairement pour la deuxième fois à Saint-Jean-de-Maurienne, en 1861, la fit sortir victorieuse de cette épreuve, en prouvant que les couches en question avaient subi un plissement tel, que les bancs liasiques, renversés sur eux-mêmes, avaient actuellement leur surface supérieure en contact, tahdis qu'une partie des terrains anthracifères, dans le mouvement de plissement qui s'était opéré, avaient été amenés à occuper une position supérieure à l'une des deux couches du Lias avec laquelle elle était restée unie.
Depuis lors la botanique fossile s'est enrichie d'un nombre considérable de faits précis, de découvertes précieuses qui, donnant plus de rigueur à ses déterminations, en ont fait une science complètement indépendante et lui permettent, avec ses seules ressources, d'aller encore plus loin et plus sûrement dans la détermination des terrains.
M. Grand'Eury, en eflfet, complétant les tenta-
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