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TOURBE

façon que dans beaucoup de points du Jura on reconnaît son existence par un relief marqué du sol. L'humidité est maintenue dans son intérieur par la capillarité ; lorsque son épaisseur est devenue suffisante, des saules de taille moyenne se montrent accompagnés de bouleaux. et de pins.

A laTerre-de-Feu, dans l'hémisphère austral, ce sont deux plantes, l'une le Donatia magellanica, une Saxifragée, YzutreVAstelia pumila^ une Joncée, qui débutent sur le sol humide à l'origine de la tourbière et jouent le rôle des sphaignes et des mousses.

Dans les tourbières qui se forment sur certains rivages marins, bas et marécageux, ou dans des golfes très peu profonds, ce sont des algues et des zostères qui forment la tourbe, mais quant la surface finit par atteindre le niveau des eaux, les sphaignes s'y établissent à leur tour.

La touf be résultant, comme nous venons de le voir, de l'accumulation lente et continue de débris de végétaux se développant et mourant sur place, doit présenter dans le sens vertical des variations de structure dues à la différence très- grande du temps qui s'est écoulé entre la formation des couches inférieures et celle des couches supérieures.

En effet, au-dessous de la couche superficielle où se trouvent les plantes vivantes qui continuent l'existence de la tourbière, on en distingue deux autres : la premier, la moins ancienne, présente

un tissu lâche, spongieux, feutré, formé de l'éntrelacement des racines, rameaux, ramules, feuilles, etc., des plantes qui ont vécu autrefois et dont les tissus sont encore parfaitement recpnnaissables, surtout dans les assises supérieures ; la teinte est grise et se distingue par sa nuance de la 2® couche, plus profonde. Celle-ci est plus noire, plus compacte, se sépare par feuillets, les tissus des plantes ramollis et écrasés par la charge des assises supérieures deviennent de moins en moins distincts,; cependant on peut y reconnaître les troncs d'arbres que leurs dimensions ou la résistance des tissus ont protégés plus longtemps, tels que ceux des pins, des bouleaux qui ont habité successivement la tourbière.

Aux Guinots près de Montbéliard, on a rencontré dans la tourbe d'énormes chênes, ce qui indique un changement remarquable dans les essences forestières de la contrée, où niaintenant le chêne ne croît plus. .

La couche de tourbe noire, compacte, est la plus épaisse et la plus importante des deux ; elle s'accroit incessamment à sa partie supérieure par la tourbe grise et spongieuse qui passe peu à peu à l'état de tourbe compacte et feuilletée.

La couche supérieure se trouve donc comprise dans une zone d'une épaisseur à peu près constante et se transformant sans cesse, puisque à sa base elle passe peu à peu à l'état de tourbe noire

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