‹ Les plantes fourragèresChapitre 10 sur 115 · GO · texte numérisé non relu

GO

— à la soude

— à Iliade cblorby. .

I'»,/il

M. Le Corbeiller a déterminé, le 24 novembre 1855, la quantité d*eau et la densité des cinq variétés que j'ai décrites

précédemment, ^'oici les chillres qu'il a constatés :

EdU. Denxitr.

Rouge longuf' . . .. .... 85,70 1,025

— pAle «Ir K;a[nlre 88,00 I ,(»U2

BidMclie à cuUtt verl 87,00 1,016

~ des Vosges / 8C,ôO 1,0*24

Jaune d'Achieourt 86,00 1 ,01T

Moyenne 86,64 1,016

Le chiffre 86,64 correspond exactement à la quantité

moyenne d*eau trouvée par M. Payen,

Lu carotte contient une assez forle proportion de sucre. Jobnston a reconnu qu elle en renfermait de 9 à 10 p. lOO.

D'après Drapier, elle contiendrait 12 p. 100 de sucre cristallisable.

Suivant M. Roussingault, la carotte donne, à l'analyse, de 0,24 à 0,30 p. 100 d'azpte, soit en moyenne 0,27.

Tsmia. — A. Nature. — La carotte doit être cultivée sur des sols plutôt légers que compacts. Les terres argilo-siliceuscs, silico -calcaires ou calcuire-argileubcs, sont celles ([ui

LES PLANTES FOUKKAGÈH£S.

lui coiivieiineiil le mieux, surtout si elles sont homo^^èncs dans leur composition, substantielles, profondes et légèrement fraîches pendant l'été« Les sols fortement argileux ne lui sont pas favorables ,

parce qu'ils sont secs et compacts pendant l'été et trop humides en automne. Les sols pierreux lui convienueut peu.

A part leur nature, leur profondeur et la perméabilité du

sous-sol sur lequel elles reposent, propriété fort importante parce que les racines pénètrent souvent plus bas que le labour; les terres quej Ton consacre à la carotte doivent être exemptes, pour ainsi dire, de plantes à racines traçantes, tels que le ekkndent (tritiotm hepbns, L.}, VagrosHs irdninie (agrostiS stonolifëka, L.), la jjetite oseille (rumex

AC£TOS£LLA, L.), etC

Lorsque les sols sont humides, les racines pourrissent parfois avant leur arrachage ou se conservent mal dans les silos ;

.s lU suiit pauvres, elles ne se développent pas en grosseur et en longueur. Les terrains qui produisent une foule de mauvaises herbes obligent à répéter les soins d'entretien, ce qui augmente de beaucoup le prix de revient des racines. Ce sont les binages nombreux qu'exige la carotte qui awiicnt engagé liilling, après la publication du mémoire dans lequel il vantait ses avantages, à renoncer à sa culture, pour adopter de préférence celle des turneps.

B. Préparation. — bes terres que l'on consacre à la culture de la carotte demandent la même préparation que celles où ron doit cultiver la betterave (voir betterave, p. 15).

Gomme les terres sont toujours légères et perméables, on les laboui-e ordinairement à jilat.

M. du Moncel cultive les carottes sur des terres disposées en billons étroits et espacés de milieu en milieu de 0",60. Ge

mode de culture lui a iierœis de récolter 2U000 kiiog. de racines par hectare.

Cj. Fertilité. — La carotte est très*avide d'engrais et elle emprunte au sol presque toutes les substances dont elle a besoin. C'est {lourquoi elle no j)eut être cultivée avec avantage que lorsque le soi est riche et qu'il a été classé dans la période céréale.

Arthur Young lit, en 1766, plusieurs expériences dans le but de savoir si la carotte exigeait réellement des sols fertiles ou fortement fumés. Sur plusieurs acres et sur des sols diâérents, il la cultiva sans engrais; sur plusieurs loutres semblables aux précédents, il ne la sema qu'après avoir bien fumé la couche arable. Voici les produits qu'il obtint par hectare :

Culture sans . iigniH '2k\ heclûiilrej» ou 17 000 kil.

— avec euiji dis 438 — 31000

Ces résultats prouvent que la carotte ne peut être cultivée que sur des terres riches.

Cette plante demande des Aimlers décomposés ou appliqués aub>itôtque possible en hiver. Les fumiers pailleux appliqués tardivement gênent le développement des racines et les rendent toujours fourchues.

D. QuATumé D*SN6RAis A APPLIQUER. — La caroUe exige des fumures plus fortes que celles que réclame la betterave. C'est que ses produits sont ijlus considérables et qu'elle enlève au sol une forte quantité d'azote.

Suivant Grud , 100 kilog. de racines absorbent 75 kilog. de lumiei , ou 100 kilogr. de ftimîer suffisent à la production de 134 kilog. de racines. M. de Gasparin la regarde comme beaucoup plus exigeante. Il recommande de fournir, par chaque 100 kilog de racines que le sol peut produire, 500 kilog* de

LES PLANT£S FOURHAGÈKES.

Loil luiiiitu iic' lei iiit;. Sur cette quantité, les carottes en prélèveraient 162 kilog. seulement*

Je oe partage pas la manière de voir de l'honorable académicien. Je reste convaincu, d'après tous les faits que j*ai re-* cueillis, que 100 kilog. de racines sont produits par 60 kilog. de fumier. Donc, pour obtenir une récolte de racines de 50000 kilog., il faudrait appliquer, par hectare, une fumure de 30000 kilog. dosant 120 kilog. d'azote. Cette quantité d'azote est celle que renfermerait la quantité de racines que Ton suppose pouvoir recoller.

De là il résulte que 100 kilog. de fumier produiraient 166 kilog. de racines.

Citlhire spéciale. Semis. — A. Époque. ~ La carotte se sème en mars et avril, lorsque la température s'est élevée à + 9 ou lû**. C'est par exception que l'on pratique des semis, dans les contrées du centre et du nord de la France , pendant la première quinzaine de mal.

Dans les provinces du midi, les semis se l'ont de préférence vers la fin de juin et dans le courant de juillet. Semées au printemps dans ces contrées, les carottes montent souveot à graine au commencement de Tété.

En Kgypte, on sème les carottes en octobre , novembre et décembre.

Aiyourd'hui , tous les semis de carottes se font en lignes. B. A LA MAIN. — On répand souvent les graines à la main.

Alors , on rayonne le sol et on projette la semence dans les petites rigoles, eu ayant soin de la répandre aussi uniforme ment que possible et de baisser la main pour que le vent ne Tentraine pas en dehors des rayons.

Pour que les graines soient plus coulantes entre les doigts, on leurjeulève, en les frottant avec les mains, les points roides qu'elles portent et qui sont cause qu'elles s'accrochent et se

CAROm. 65

pelotonnent. Cette opération est dite persilUr la graine ou la réduira a ^ilat de graine de pertU,

On a proposé de mêler les semences avec du sable, mais ce moyen n'a jamais bien réussi. Expérimenté, il y a près d'un siècle par Billing, il l'obligea à prendre le parti de ne les semer qu'après les aToir frottées et nettoyées.

On enterre les graines semées à la main par un léger hersage.

Lorsque le temps est sec, on fait suivre cette opération par un roulage» afin de comprimer la terre autour de chaque semence.

G. Â LA B0CJTBU.LB. — Lorsquo les ouvriers ne sont pas

Fig. 7. — Bouteine serrant à semer en lignes.

habitués à semer la graine de carotte à la main, ils peuvent se

servir d'une bouteille fermée par un bouchon traversé d'un petit tube ou d'un fort tuyau de plume (Ug. 7). C'est en secouant continuellement cette bouteille» remplie aux trois quarts de semences persillées, au-dessus des rayons, que l'on

66 LES PLANTES FÛUKRAGÈRES.

exécute leur ensemencement. On doit agir de manière que les graines soient espacées seulement de 0'",04.

D. Au SEMOIR. — On sème aussi les graines de carotte au moyen d'un semoir à brouette ou à cheval. ( Voir bettshayr^

scfiiis en place, p. 22 et 2^.)

E. Quantité de graines. — On rcpaiid par hectare, lorsque les semis se font à la main, de 4 à 5 kilog. de graines. Les semis exécutés à l'aide d'un aemoir n'en exigent que 3 h 4 kilog.; 2 à 3 kilog. suffisent dans ce dernier cas, si la graine a perdu ses aspérités. litre pèse 250 grammes.

F< Trempage des graines. — ûrud a proposé de faire tremper les graines avant de les semer, afin de hâter leur germination, qui est fort longue. Ce moyen, souvent mis en pratique, il y a vingt ans, n'est plus en usage de nos jours.

G. Espacement des ugnes. ^ Les lignes sur lesquelles doivent végéter les carottes sont toujours plus rapprochées les unes des autres que celles que l'on observe dans les cultures de betteraves. Ordinairement on les espace de 0'",40, û",45 OU 0"',5U, suivant que les binages doivent être exécutés à l'aide de la binette ou de la houe à cheval.

CultvMs d*aitwti«i. — A. Sarclages. — La graine de carotte est longtemps à germer ; ses cotylédons n'ajiparaissent à la suriace du sol quau bout de 20, 25 et quelquefois même 30 jours. C'est pourquoi Us se montrent ordinairement quand une quantité considérable de mauvaises herbes commence à couvrir le sol.

Aussitôt que les cotylédons, qui sont étroits deC^yûOiet longs de 0",02 environ, sont accompagnés d'une ou deux feuilles , on doit opérer un sarclage. Cette opération est longue et minutieuse, à cause du faible développement des carottes. Généralement, les fenunes qui Texécutent se tiennent À genouxi

, B. Premier binage. — Le premier binage a lieu à la fin de mai ou en juin; on l'exécute à bras au moyen de binettes, A cette époque, les feuilles découpées des carottes se distin^ guent facilement des mauvaises herbes.

Le premier binage est payé 20 à 25 fr. par hectare.

Les bineurs doivent se mettre à cheval sur la ligue qu'ils nettoient afin de piétiner le moins possible la terre près des carottes.

C. ÉcLAincissAGE. — Oïl éclaircit les carottes en juillet. Je connais des agriculteurs qui ne pratiquent cette opération que lorsque les carottes ont la grosseur du doigt, afin d'obtenir un produit susceptible , par sa valeur, de couvrir une partie des dépenses qu*elle occasionne.

M. Moll ne fait éciaircir les carottes qu'il cultive qu'en juillet; il obtient alors 15 000 kilog. de racines et de feuilles par hectare.

Les carottes doivent être un peu serrées sur les lignes, contrairement aux règles posées, il y a un demi-siècle, par les agriculteurs qui ont décrit leur culture. On les éloigne ' seulement de 0%1S à 0*,16.

Un hectare bien gai ni de carottes, contient, lorsque les lignes sont à G*", 50 de distance et les plants à 0*", 15 les uns des autres sur les lignes, environ 130 OOO carottes qui , à 400 grammes en moyenne,donnentun produit de5S000 kilog. de racines.

Il y a un siècle, on ne comptait, en Angleterre, que 108 000 carottes par hectare , ayant un poids de 49 OOp kilogrammes, soit 820 grammes en moyenne par chaque racine.

n est nécessaire, lorsqu'on doute de la réussite des semis

de carotte, d'avoir une pipinierc de betteraves pour pouvoir repeupler en juin les places des lignes où les carottes sont trop espacées. (Voir biettsiiavs, iraiMptoitAUton, p* 30.)

LËS PLAiiT£i> FOURRAGÈRES.

On paye pour l'éclaircissage 15 à 18 fr. par hectare.

D. Deuxiémë binage. — Ausaitôt après Téclaircissage on donne un second binage. Cette opération de nettoiement et d'ameublissement peut être exécutée à la houe à cheval.

(Voir BETTERAVE, p. 28.)

Le second binage est payé lôà 16 l'r.

S. Troisième ^dtagr. ^ Lorsqu'on exécute le second binage avant Téclaircissage, on en pratique un troisième vers

la fin de juillet, aussitôt que les carottes ont été dédoublées. Le troisième binage est payé 12 fr. seulement , parce qu'il est plus facile à exécuter que les autres.

F. TuAKSPîMnmov. — Quelques auteurs ont proposé de semer les carottes en pépinière. Ce conseil est mauvais; la reprise des plants est soumise à des chances de non réussite trop nombreuses pour que ce mode de culture soit pratiqué ailleurs que dans les Jardins où les terres sont riches et toujours fraîches.

iBtectes BBliibies. — La carotte a pour ennemis la limace grise, qui ronge les feuilles, la courtiHère qui l'attaque, lorsqu'elle est jeune, et le ver hktncj qui ronge les racines quand

elles sont développées. Le cultivateur ne connaît aucun moyen praticable en grand pour détruire ces divers insectes, et il se trouve dans la nécessité de renouveler les semis qu'ils ont détruits.

Culture dérobée. — Dans les Flandres, le Brabant, la province d'Anvers, le Haguenau et sur quelques points des Vosges et de la Franche-Comté, on sème les carottes au printemps dans des cultures de lin , de pavot, d'avoine ou de seigle d'automne. Semée dans ces cultures, la carotte est cultivée en culiure dérobée. On enterre les graiues avec une herse ou à l'aide du râteau.

Lorsque les plantes qui protégeaient la carotte pendant sa

jeunesse ont été enlevées , on donne nn hérsage ou un râte-> lage pour délruire le chaume ou ameublir la surface du sol et, quinze ou viogt jours après» on exécute un binage. Dans la Flandre, on répand , dès que cette culture d'entretien est terminée, de la cùurt&fraim, afin d'activer la végétation des carottes. On emploie 5 kilog. de graine par hectare.

Ce mode de culture ne peut être mis en pratique que dans les contrées du Midi. Dans les provinces du Nord , il est trop inférieur à la culture spéciale pour qu*on puisse le recom* mander.

Béeoiie. — La carotle ne s'arrache en automne que quand la température moyenne est descendue à + 6 ou + S*** On opère comme pour la betterave. (Voir betterave, arraehanc, p. 37.)

Un ouvrier arrache de 12 à 15 hectolitres de carottes pai' jour. 11 faut trois nettoyeurs pour un arracheur,

L'arradiage est payé à raisdh de 20 centimes par hectolitre.

Un homme charge un tombereau ordinaire en vingt minutes.

CoBs«nr«iioa. — Dans les contrées où les froids durant rhiver ne sont pas intenses, on n arrache les carottes qu'au moment où elles doivent être consonunées; alors on les couvre en novembre d'une couche de fumier ou de Icuillus.

On peut aussi les butter lorsqu'on craint des gelées liàtives très-fortes. Ge moyen a été recommandé et mis en pratique par M. Manoury, à Franqueville (Seine-Inférieure).

Dans les circonstances ordinaires , on les eiiuiia-jasine soit dans les caves, soitdaii^ deâ silos. (Voir betterave, cotucrva- Uan, p. 48.)

Les carottes atteintes par les premières gelées se pourris* sent facilement. On doit donc éviter, lors de la récolte , de les mêler avec celles qui sont saines.

KeiUi«BieBt. — Le produit di la carotte en cuUure spéciale

est plus élevé que celui de la betterave. Voici les rendements moyens que l'on a obtenus par hectare :

Buiger ..*.,.. 330 bwtoIitrM. .

SehwoK 630

Thaôr 647

SchuLirt.. 892

Be Dorabasle 925

Arthur Young 628

Belk S3&

Golombel rso

Hoyttuit 732 heetoUtrat.

La statisiKjue belge a enregistré les produits moyens suivants obtenus de 1851 à 1656 ;

Provinces.

Produits.

Flandre occidentale

22âO0 kil.

20400 kil.

soit 340 à 360 heclolitres.

La fertilité du sol et le mode de culture ont une influence considérable sur les produits. Dans les sols pauvres et envahis par de nombreuses plantes Auvages, les racines restent petites. Il en est de iik^rk; si la terre n'est pas ameublie par des binages pendant Télé. Ces opérations ont l'avantage de faciliter la pénétration des pluies jusqu'aux racines.

Schwerz représente le produit des carottes cultivées sur des terres non fumées et binées :

Pir 100

Celui dos lois fnniét et non binés, par. • . I S3

et binés, ptr 166

On peut, rn général, représenter les produits moyens par les chiûrcs suivants ;

Récolte très-bonne 40000 kilog. TOOhect.

Bonne récolte 30000 6S0

Récolte assez bonne,. 20 000 350

Récolte môaiocre l'iOOO 200

Les produits les plus élevés que Ton connaisse > ont été obtenus par :

Dumoncel 1020 heet.

Bella \m

Les produits de la culture dérobée sont très-variables.

La statistique belge constate les produits moyens suivants :

Provinces. Produits.

Flandre occidentale 1 1 900 kil.

Flandre orientale 13400

Pral)anl 8900

Anvers "6100

Liiubûurg 6 100

Hainaut 1 1 200

Moyenne 9 ^ kil.

On peut indiquer les produits moyens par les chillres ci-après ;

Récolte tri'^s-ljonne 20000 kil.

Bonne récolte i:)000

Récoite assez bonne. .... lu Ooo, Récolte médiocre 6 000

poMs di« l'hMtoiiiM et ém MéiM e«%«. — La carotle a les

poids moyens suivants : hectolitre ras 65 u 60 kilcj^^ j hectolitre comble 70 kilog.

Lorsqu'elle est coupée au coupe-^racines, rhectolitre né pèse que 45 à 48 kilog.

Le poids (lu mètre cul)e varie de 560 à GOu kilo*;.

iUMBtité de feyliiea. — La production en feuilles est à peu près la même que celle que donne la betterave. Schwerz

en a récolté en moyenne 18000 kilog. par hectare, à Gri*

gnon, le produit varie entro 7000 et Suûo kilog.

Happort emlre les feuilles et les racines* — Schwerz a

reconnu que les feuilles étaient aux racines : : 35 : 100, Ce rapport est admis par M. de Gasparfn. A Grignon , où la carotte fournit des produits considérables, on n'obtient que 20 kilog. de leuiiles par 100 kilog. de racines.

F»ne-fraiM. — A. Ghoix^ plantation et consbryation. — (Voir betterave, p. 48, )

On plante les carottes porte-graines à 0»',65 les unes des autres.

B. AtoLTB DES GRAINES. — En juîn, juillet ou août, suivant la latitude, on coupe les tiges au fur et à mesure que les graines brunissent , et on les suspend dans un local sain , les ombelles renversées. Pour détacher les semences avec facilité, il faut les exposer sur des toiles à l'action du soleil et frotter ensuite les ombelles entre les mains.

Owaité «M «vttiBM. ^ La graine de carottes de bonne qualité a une teinte gris de lin terne et laisse échapper une odeur très-aromatique.

Cette graine lève bien au boutde deux ans.

QBMiaié ie gnaaes qu'on peut véesiMr. — Une carotto ayant une tige très-ramifiée i)eut donner de 70 à 80 grammes de graines. 11 faut donc, pour pouvoir récolter 1 kilog. ou 4 litres de semences, planter de 12 à 15 carottes.

Un are planté de racines porte^raines à (t^.hO les unes des autres en tous sens fournit de 3 à 6 kilopr. de graines.

Alessl ffeiurnl par les rncines. — liornby a distillé,

en 1787, la carotte comme on distille aHjourd*hui la betterave.

Il a traité 1450 kilog. de racines décolletées. I^e produit en alcool a été de 55 litres. Le marc pesait 304 kilog., et le

résidu que contenait- l'alambîc était de 531 litres. Ainsi, llornby avait obtenu par luû kilog. de racines :

Aleool 3Ut.T9

Mare SSkiiog.

Résidu a6 UL

Valear aatrltlve* — A. RACINES. — la carotte est plus nutritive que la betterave. Elle contient, d'après U. Bous-

singault :

JBSeiu. ÂMOtf, MûUènt gratm,

^ Carotte Toagt ST,7 . 0,30 0,20

— bUoehe 86,0 0,2& 0,17

D'après ces résultats, H. Boussîngault représente là valeur nutritive de la carotte' rouge par 383 et celle de la carotte blanche par 479.

Le foin des prairies naturelles étant représenté par 100, les carottes auraient pour équivalents, d*après :

Block 366 Pôtri 350

Cnid 260 Polh 566

De Ûombasle... . 307 Rieder 270

Gemerhausan.... 286 Royer ... 23&

Krantz.... Schwprt 270

Midlelon 3:18 Thaër 266

Meyer 226 Veit 270

Pabst.. .. 250

Uoyenae 273

6. Feuilles. — î^es feuilles de carottes sont très-nutritives. Klles contiennent d'après M. Boussiogauit .

Eau 82,20

Axote 0,&0

Matières grasies 1.00

Suera et amidon 7 ,00

Sds 3,10

Ligneux fl cellulose 3,00

Albumuie 3,20

H. Bottssingault leur assigne SSl. Cette valeur concorde avec les observations pratiques.

PrépaMitiM des rmehiM. — Avant de donner la carotte au bétail, on doit la nettoyer, la laver et la diviser. Le volume des fragments varie suivant les animaux auxquels ils sont destinés.

On la fait consommer seule ou alliée à d'autres aliments. Donnée avec du foin, elle constitue une ration salubre, rafraîchissante et très-alîmentaire.

On peut la donner crue ou cuite , aux bêtes à cornes, aux porcs et aux volailles. Les chevaux et les bétes à laine la mangent ordinairement crue.

A0tlM 4o la «aMtfe mmw i« kétsii. Les carottes sont mangées nvoc avidité par tous les animaux. Les vaches qui en consomment donnent un lait excellent, avec lequel on fait du beurre bien coloré et bon goût.

Les chevaux nourris avec des carottes ont plus d'énergie et un poil luisant, et ils augnicnlLnt en eml)oni)oiiit. Les poulains, sous Faction de ces racines, se développent rapidement et ont une bonne constitution. Cette racine joue aussi un r61e important dans l'élevage et l'engraissement des bétes

à laine.

Emploi des feuilles. — On donne les feuilles de carotte au bétail à l'époque de Parrachage des racines, en ayant soin de séparer celles qui sont chargées de terre ou qui sont

altérées. 11 faut éviter de les entasser en masse considérable

dans les granges, afin qu'elles ne fermentent pas.

A0tlo» des fealUcs mmr le bétail. — Les feuilles de ca-

rottes nourrissent très-bien les animaux; elles plaisent beaucoup aux bétes bovines et à celles de laine. I^s vaches qui en consomment donnent un lait assez coloré et riche en parties butyreuses ;

Schwerz regarde les feuilles de carotte comme un mauvais fourrage. Cette opinion n'est pas partagée par les agriculteura. Ceux qui en font consommer ont reconnu depuis longtemps qu'elles noorrissaient très-bien les animaux.

Mossi peut-on blâmer les cultivateurs qui négligent de les uUliser au moment de l'arrachage des racines.

vaiev «oMMeMiAie émm vmIbm. Les carottes se vendent de 10 à fr. les 1000 kilog. Quelquefois on trouve à les vendre dans les villes pour la nourriture des cbevaux , de 3 à 5 fr. l'hectolitre.

Prix de revient. — La culturc de la carotte exige plus de

capitaux que la betterave. Voici les faits observés àGrignon, pendant six années.

A Trappes, chez M. Dailly, ie prix de revient de l'hectolitre a varié de l fr. 38 c. à l fr. 80.

En 1855, on a récolté à la ferme^cole de Bazin (Gers) 40000kilog. de carottes par hectare. Les dépenses se sont élevées à 533 fr. 33 c, ce qui porte le prix de revient de chaque 100 kilog. à 1 fr. 33.

A Mettray, en 1654, les carottes ont occasionné par hectare une dépense de 669 fr. 16 et elles ont produit SO 600 kilog. de racines. Les 100 kilog. ont donc vijuUS 3 fr. 24. On les a vendues à Tours 4 fr. le quintal métrique. Cette vente et 25 fr. représentant la valeur des feuilles ont permis de réaliser un bénéfice net de 1 56 fr. par hectare.

Le cai)ital élevé qu'engage par hectare la culture de la carotte a pour cause : i** la préparation complète qu'il faut donner forcément à la terre; S** les frais occasionnés par

DépoUM

Bénéfices

Prix dA xerient de lOO kilog.

de rheotolitre

Parhtaan,

712 fr. 69 48f) 01 1 66 » 80

réclaircinage, et qui sont importants ; a» les binages qui

sont plus nombreux et cotteux ; k* Tarracbage qui nécessite de plus grandes avances.

Si l'hectolitre de carottes revient ordinairement à un prix un peu plus élevé que Thectolitce debetteraves, les radnft et

les feuilles, par leur plus grande valeur nutritive, compensent largement la diiïérence.

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