PANAIS
SECTION III
PftMta mm Paf
(Pùiimum, pUotoir : «lluiioD à la forme de la racûic.) PABTI1IA0& SAUVA, L.
Plante dteoly<ëd<m« de la famiUe des OmbeUifères.
AsiglaU, — Pamip. Italien. — PaMloaca.
AUemoNtf. — Pastinake. Pùrhtgait. — Pastioaga.
Historique. — Mode de végétation. — Variétés. — Composition. — Terraiu : nature, préparation, fertilité. — Semis : mode, époque, quantité de graines. — Cultures d'entretien : binages, éclaicciaaage. — Arrachage : époque, mode. — Rendement. — Valeur nutritive des feuilles et des racines. — Valeur commerciale des racines. — Emploi des racines. — Leur action sur le bétail. — Emploi des feuilles. — leur action sur les animaui domestiques. <— Bibliographie. «
■latoiiqve. — Le panais , si remarquable par la beauté
de son feuillage, est connu depuis les temps les plus reculés; mais on ne le cultive ou France , comme piaule fourragère, que dans la zone océaaieane du département du Finistère, entre Morlaix et Brest.
Les lies de Guemesey et de Jersey, et le pays de Vaës, en Belgique, sont les seules localités eu Europe où sa culture couvre annuellement une étendue un peu importante. Son introduction, dans ces contrées , remonte à une époque trèsancienne.
Mode de végétation. — Le panais est bisannuel et trèsrustique; sa racine est charnue, blanc jaunâtre et végète entièrement en terre; ses feuilles inférieures (âg. 8} sont glabres, à nervures pennées et décomposées en lobes dentés ; sa tige est cylindrique, striée, creuse, ramitiée, haute de l^jSO à a» et porte de larges ombelles de 10 à 12 rayons, garnies de nombreuses petites fleurs jaunes; le fruit est une carpelle
ovale à deux valves marquées de cinq nervures jaune rouge&tre, renfermant une seule graine plate de couleur blanc verdAtre.
VmMtém, — On connaît trois variétés de panais :
1" Panais lon(j commun. — Racine lusiforme, presque cylindrique, très-longue et un peu conique, peau jaunâtre; chair blanche très-aromatique (fig. 9).
Fig. 8.— Fuials en végétation. Fig. 9. — Panais long.
La racine du panais long est quelquefois fourchue ou ramifiée, et souvent sa surface est raboteuse.
V Panais rond, — - Racine courte , très-conique et légèrement creusée au collet; peau jaune, chair blanche un peu jaunâtre (lig. 10).
Variété plus hâtive que la précédente.
^Panais long de Jersey, — Racine allongée, cylindrique, renflée ou très-élargie au sommet et à couronne creuse; peau jaunâtre.
PAHAtS. 79
Variété à recommander pour les^sols de moy^ne profondeur.
Le panais a une racine plus aromatique et moins cassante que la racine de la carotte.
Cmp«siti«B. — La racine du panais long renferme > suÎYant :
De Goiparin, U CorhtiUtr,
Bail 78,4 76,70
Matières sèches 21,6 23,30
ÎÔm" 100,00
Analysée par Crome, elle a donné ;
Eau 79.40
Sucre 5 ,50
Gomme 6,10
Albumine 2,10
Fibres G ,90
1ÛÛ,0Û
Martyn, dans sa Flora msticat la regardait comme plus su- crée, plus alimentaire que la racine de la carotte.
M. Le Corbeiller lut a trouvé une densité de 0,966. On sait» en effet, qu'il est moins lourd que l'eau.
lerrain. — A. Nature. — Le panais est plus difticilc que la carotte; il exige une terre très-profonde, un peu argileuse, meuble, fraîche et contenant des sels alcalins.
A Jersey , on le cultive principalement sur de» terrains provenant de la désagrégation des roches gneissiques ; dans le Léonais > en basse Bretagne, c'est suir les terrains feldspathiques très-riches en sels de potasse et de soude qu'il réussît le mieux.
* On a tenté souvent de cultiver le panais à l'intérieur des terres, c'est-à-dire dans des localités éloignées des bords de la mer; mais aucune des tentatives n'a réussi* U serait curieux de constater si cet insuccès ne proviendrait pas de ce
80 LES PLANTES FOUAiUGÈilEb.
que les terres ne renfermaient pas suffisamment de sels de soude et de potasse, ou qu'elles ne subissaient pas l'influence de la mer, c'est-à-dire de l'air salin.
B. Préparation. — Le sol où Ton veut cuItiTer le {lanais doit avoir été ameubli profondément.
En basse Bretagne, dans les fermes qui oiiL lu hectares au plus d'étendue, on défonce le sol à la bêche vers la fin de rhiver et on complète ensuite sa préparation par d'autres travaux exécutés k bras.
Le sol est quelquefois déchaumé en août et labouré avant l'hiver.
Lorsque les exploitations ont une étendue plus grande^ on laboure d'abord la terre arable à la fin de l'automne. Ensuite,
en janvier ou février on la fume et on la laboure.de nouveau. Alors, à mesure que la charrue fonctionne, dix à seize ouvriers munis de pelles bretonnes, ou à fer recourbé, creusent et nettoient le fond de la raie jusqu'à une profondeur de 0",40 à 0",60, et ils rejettent la terre sur celle que la charme a soulevée et renversée. Cette opération est connue dans le Léonais sous le nom de palaràlre ou palarat ; elle revient à 40 ou 50 fr. par hectare. Pendant ce travail, le sol est disposé en - planches légèrement convexes de 3">,50 à 4 mètres de largeur.
Lorsque le défoncementesl teraiiiié, on creuse les dérayures . qui séparent les planches et on rejette sur leurs suriaces la terre qui provient de ce travail ; puis avec des rftteaux et un rouleau on brise les mottes et on aplanit le terrain.
On peut renoncer au palarat en faisant suivre deux charrues Tune après l'autre dans la même raie ou en ameublissant la couche arable avec une défonoeuse ou charrue sous-sol.
A Jersey, on se borne à exécuter en hiver un labour profond, et au printemps un second labour croisé suivi d'un hersage.
PANAlii. 81
C. Fertilité. — Le panais doit être cultivé sur des terres riches et bien fumées. Eu Basse-Bretagne, on lui applique principalement des engrais marins : du goémon, du merle. Les exploitations éloignées de la mer remplacent ces matières fertilisantes par do fumier.
Aux environs de Saint-Poi de par exception, on ne fume pas direcleoient pour le panais, parce qu'on a fertilisé • le sol pour le froment qui le précède.
Dans les environs de Saînt-Pol de Léon on applique par hectare de 60 à 80 mètres cubes d» l uiiiicr bien fait.
Semis. — A. l^^poQUB. — Les semis de panais se font du 15 février à la mi-mars.
B. Mode. — > On sème le panais ou à la volée ou en lignes espacées les unes dos autres de 0"',40 à û'»,50. A Jersey, on éloigne les lignes de 0"%60.
La graine se répand ou à la main ou au semoîr, après ravoir mêlée à quatre ou cinq fois son volume de 'cendres. On lenterre avec un rAteau ou au moyen d'une heise, à 0"',02 ou 0"',03 seulement de profondeur.
G. Quantité de graines. — On emploie de 3 à 5 kilog. de semences par hectare.
Un litre pèse 200 grammes.
La graine doit être de la dernière récolte.
€altvre« 4*eMtretle». — A. PfŒltlER BINAGE. — La graine
de panais met de 15 à 20 jours h lever. En germant elle donne
naissance à denx cotylédons lancéolés, linéaires, un peu spatulés et arrondis à leur sommet.
La feuille primordiale, celle qui se développe après les cotylédons, est unique.
On doit donner le premier bina^je lorsque les plantes ont six semaines à deux mois, c'est-à-dire quand elles ont de trois & quatre feuilles.
85 LES PLANTES FOUIUiAGÈKES.
B. ËCLAIRCJS8A6B. — On édaircit vers la fîo.de mai en
espaçant les plantes de 0"',15 à 0'",25.
C. Deuxième binage. — Lo deuxième binage douue en juin ou dans lea premiers jours de juillet.
A partir de cette dernière époque, le panais, par srs feuilles très-larges et nombreuses, couvre bien le sol, se .défend des mauvaises herbes et ue oécessite plus de soins d'entretien.
.Amehase* — A. ËPOQDK. — Le panais, à cause de sa* grande rusticité, peut rester en terre pendant tout l'hiver.
Toutefois, comme il y pourrît lorsque cette saison est pluvieuse, il est prudent de Tarracher vers la lin de novembre • pour le conserver en silos ou en caves. Quand on Fabandonne en pleine terre, d'octobre à mars, on ne Tarrache qu*au fur et à mesure des besoins.
A Jersey, on l'enlève souvent vers la mi-octobre.
B. Mode.— On arrache le panais à la bêche ou, ce qui vaut niieui, avec la fourche à deux dents plates. Cette extraction est assez difiicile à cause de la longueur des racines (voir Betteraves, p. 38).
Lorsque les panais doivent passer l-hiver en terre, on les prive de leurs feuilles dans le mois d'octobre pour que cellesci ne perdent pas une notable partie de leur valeur nutritive.
Rendement. — iiien cultivé, le panais produit autant que la carotte. On évalue son produit moyen, dans le canton de . Lesneven (Finistère), à 40 000 kilog. par hectare.
Le colonel Le Couteur disait en 1840 que le panais donnait à Jersey de 30 000 à 70 000 kilog. de racines par liectare.
L'arrondissement de Morlaix (Finistère) récolte annuelle^ ment plus de 40 000 000 Icilog. de racines de panais.
F«rce*cMiteMi. — Les racines qui ont passé l'hiver en terre et que Ton a arrachées en mars alin de les choisir et les