‹ Les plantes fourragèresChapitre 13 sur 115 · NAVET · texte numérisé non relu

NAVET

RAVE KAVBT»

rentes, peu enterrée, à collet rouge violacé; chair blanche et ferme.

Variété excellente , destinée k remplacer randenne rare

d'Auvergne, qui est tardive. Elle a une grande analogie avec le navet rouge plat-hdlif.

5" Baoe du lAnwusin. — Racine un peu pyriforme, grosse,

peau blanche, à collet verdâtre et sortant en partie hors de terre; chair blanche.

Bonne variété, mais très-tardive. •

6" Navet de Norfolk rouge» — Racine ronde ou légèrement pyriforme, très-grosse, sortant en partie hors de terre, blanche à collet rouge violacé ; chair ferme.

Variété tardive, très- estimée en Angleterre.

On cultive aussi les :

A. Navet de Norfolk blanc ou blanc rond.

B. Navet de Norfolk à collet vert. — Rdlcine très-^ossc, présentant souvent des eûtes très-apparentes.

Ces deux navets sont aussi tardifs que le précédent. ^

7* Navet Border impérial ou jaune à collet ftourpre. — Racine sphériqne ou légèrement déprimée, assez grosse ; peau jaune li collet violàtre; chair jaune ])eu serrée.

\ anété très-estimée, un peu tardive mais de bonne garde. £n Angleterre, on la fait consommer depuis janvier jusqu^à la fin de février. Elle réussit bien en Belgique.

8* Navet globe ou de Poméranie. — Racine globuleuse i t-^ulière, à peau blanche et lisse ; cliair blanche, tendre et serrée.

Variété demi-hâtive, mais très-productive dans les sols riches.

9* Navet jaune d'Écosse. — Racine ronde, légèrement aplatie, en partie hors de terre ; peau jaune pâle à collet un peu ombré; chair jaune pâle, tendre, peu serrée mais sucrée.

Variété très-hâtive et supportant bien les premiers froids.

RATE.^IIATET. 91

Variété un peu tardive, très-cultivée dans la Bavière et la Prusse Rhénane.

df" Navel hybride de Wolum, — Racine sphérique et quelque-

fuis li'^cremenl ovoïde, en parlie hors de terre ; peau blanche à collet rouge ou violet; chair blanche, teudre et peu serrée.

Variété découverte dans un champ de rutabaga et demihâtive. Elle se conserve bien.

4" Navel noir long ou noir d'Alsace, — Racine fusitorme, enterrée» à peau noir grisâtre; feuilles luisantes» chair blanche un peu grisâtre.

Variété très-rustique et répandue dans la vallée du Rhin.

Composition. — Les raves et navets n'ont pas été, jusqu'à ce jour, aussi étudiés» sous le rapport de leur composition, que les betteraves. M. Le Gorbeiller a analysé plusieurs variétés de raves et de navets cultivés à Grignon sur le même terrain ; elles avaient été semées le môîne jour. Voicù les résultats qu'il a constatés eu décembre 1855.

Densité. Eau. Matières sèches.

RAVXS.

Turoep d9 Hollande... ojMBO 92,19 7,»

N. de Norfolk 0,9317 92,^^4 7.5()

N. boule d'or 0,918G 92,72 * 7,28

H. d'Auvergne 0,9580 !«.K35 0,65

Moyennet 0,9590 92,83 7,11

MÀYtTS.

N. d'Alsace 0,9399 93,68 6,35

N. da FlUatinal.:.... 0,9394 92,85 7,1&

Moyennes 0,9396 93,26 6,16

Ces analyses ont été complétées par le dosage de l'azote. Toutefois, M. Le Gorbeiller, voulant que ses analyses puissent être comparées à celles faites par l'honorable M. Boussingault, a déterminé l'azote organique seul. Chaque racine

92 LES PLAOTES FOimBACftRES.

a été plusieurs fois analysée, \ oici les résultats qu'il obtenus :

A70TF.

Matiènt <^Am. Matiir$i kumidêt,

RAVB8.

Turnop de Hollande 1,40 0,1009

N. de Norfolk 1,19 0,0908

N. boule (l'or 1 ,Î8 0,1004

R. d'Auvergnf 1,32 0,0777

Moyenne. .... 1,32 0,09i4

ITATBTS.

N.d'Aiiaee I,!20 0>Û76t

N. dQ Palatinat 1,19 0,0899

Moyennes 1,19 0,0830

Ces divers résultats confirment la supériorité des raves sur les navets.

Suivant Einhotî la rave contient :

lltlièrift saccharines ... 4 .80

Fibres 2,80

Albumine o.'.o

Eau 91,70

Perte . 0,20

Temin. — Les raves et les navets doivent être cuUi\és sur des terres légères, sablonneuses, argilo-siliceuses, schisteuses, granitiques ou silico-calcaires. Les terrains trop argileux ou trop calcaires ne leur conviennent pas. Ils ne réussissant sur les terres compactes et froides, que lorscjue celles-ci ont été chaulées ou marnées , et qu'elles ont été labourées à grosses mottes avant les gelées à glace.

Sn général, il faut que le sol soit meuble sans être sec, frais sans être huujide. Le dicton anglais concernant la réussite des lurnef)s : Terrain sec, ciel humUle, ne trouve son application en France que dans les localités que baignent la

RAVE.— NAVJLT. 93

Manche et TOcéan , et dans les montagnes du centre, à moins qu'il ne soit question de vallées et de terrains situés dans le midi à la base d'élévation , ou près des cours d'eau ou des bois. '

Les navets réussissent très-bien sur lés terrains volcaniques et ^^laaitiquis du Mczuric et de i'Au\ cryne.

A. GuLTUAE SPÉCIALE OU SUR JACHÈRE. — La culturc des ' raves ou des navets sur jachère est principalement pratiquée en Angleterre. En France, elle occupe chaque année moins d'étendue que la culture dérobée.

Préjparftaoa da sol. — La terre doit être bien divisée. On. donne deux ou trois et quelquefois quatre labours suivis de hersages et de roulages. Le premier labour se fait en automne» aussitôt après les semailles des céréales d'hiver.

En Angleterre, lorsqu'on sème à la volée les graines de navets, on laboure le sol en planches de d'^.dû à 4'",50. Pour que le terrain ne soît pas piétiné par lés animaux pendant les hersages , on attache les herses à une volée d'attelage dont la longueur excède de 0"\33 environ la largeur des planches. Par cette disposition , les chevaux sont obligés de marcher dans les dérayures qui séparent les planches, ét la terre reste telle que la herse Ta préparée. . ,

Lorsque les semailles doivent être faites en lignes, on laboure une semaine ou deux avant l'époque où l'on doit semer le sol en ados ou en billons formés de quatre bandes de terre. On exécute d'abord des ados distants les uns des autres de 0",60 à 0"%80, en laissant entre chaque une partie non labourée égale à la largeur d'une bonne bande de terre. Ce labour n*est bon que lorsque la terre a été préalablement ameublie par deux ou trois labours.

Quand les endos sont terminés, on conduit le fumier si la terre doit être fertilisée avec cet engrais. Des femmes

et des enfants suivent les charrettes diargées de Aimier et

lï uandcnt également, uniformément au fond des raies avec de légères fourches. Les parties laissées entre les ados sont immédiatement fendues avec un binot ou une charrue à deux versoirs , afin de couvrir le fumier et de le placer au milieu des billons qui ont alors de û"',25 à 0"\3r) d'élévation au-dessus des sillons. Le même jour ou le lendemain , les sommets de ces nouveaux ados sont déprimés ou aplanis à raide d'un rouleau léger et uni.

Depuis quelques années , on remplace ce mode de préparation, par des labours exécutés à plat. Celte disposition a ravantage d'être moins dispendieuse, de rendre la pratique des semis plus facile, ainsi que les binages exécutés à la houe à cheval. Toutefois , le fumier n'étant plus placé audessous des lignes de navets^ doit être appliqué dans une plus forte proportion.

Quel que soit le mode de labours pratiqué, il est indispen* sable que la terre ait été ameublie profondément soit par un labour extraordinaire, si l'épaisseur de la terre arable le permet, soit par un labour exécuté à l'aide d'une charrue sov$'iol. Plus le sol a été ameubli profondément et complèten\ent et plus la récolte est assurée , par ce qu*il absorbe plus

d'eau à l'époque des pluies, et qu'il en retient davanlage pendant les sécheresses. Deux ex|)('riences laites en Angleterre ne laissent aucun doute sur les avantages que présente ce mode de ctriture. Voici les produits qu*ont donnés par hectare les'turneps cultivés dans cette expérience :

Différence en faveur du soi défoncé. . 6 200 kil . 4 000 kil . Ovantlté d'engrais néeessalre. ~ Les raveS et les navetS

Sol Ubouré à ()"' .n — 0~,42

Wilson.

20G00kil.

Madran.

?()(»•)(} kil, 24 011»)

RAV£.— NAVET.

demandent une terre bien préparée, bien propre et surtout

bien lumée.

Le fumier est Teograis qu'il faut appliquer de préférence si le sol n'est pas riche. Quand les terres sont déjà fécondes, on peut remplacer le fumier par de la poudre d'os, du tourteau pulvérisé, du guano ou des cendres. Dans plusieurs fermes, en Angleterre, on fume le sol et on applique, en outre, au moment des semailles, des os réduits en poudre ou concassés, et le plus ordinairement du guano.

Dans la plupart des comtés, la poudre d'os s'applique à la dose de 12 à 15 hectolitres par hectare. Cet engrais, si riche en phosphate de chaux, contribue puissamment à la réussite des navets dont les feuilles et les racines renferment de S& à 35 p. 100 (le sels calcaires. Les cultivateurs (jui appliquent des engrais ]ii]uide6 les répandent à la dose de 32 à 54 hectolitres par hectare.

Le fumier doit être conduit et enterré le plud tôt possible.

Je disais qu'il fallait fumer foitement les terres destinées à la culture des tumeps; je rapporterai, à l'appui de ce principe, une expérience faite en 1843, en Angleterre, par If. Haiinam, habile expérimentateur agricole. Les navets globes blancs qu'il expérimenta furent semés le 29 juin en lignes distantes les unes des autres de 0"',60, et récoltés le 21 décânbre suivant Voici les faits que M. Hannam recueillit par hectare:

Engraii,

QuantUiM»

Pnduitt»

Ncmbrêderàeihti,

» kil.

» heet.

17600 kil.

Os en poudre. . .

Us coaca&âé^. . . .

IS

fiûOOO

CbilTonsde laine.

nsoo

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