‹ Les plantes fourragèresChapitre 14 sur 115 · SS0O · texte numérisé non relu

SS0O

J'ajouterai les résultats suivants constatés par M. Leaves.

Les lurneps furent semés le 2 juin et récoltés le 19 décembre.

EngraU- Quantités. Produits.

Rien » kil, 320UOkil.

Pumier âOUOO 72000

TourleiiL 1300 93 500

Phosphate de chaux 1 875 Utros. PS 000

d'ammoniaque... 181 kil. 53O0O

Ces résultats démontrent l'influence qu'exercent les Ai-

mk't\s, les os réduits en poudre et les cwjrais très -sol ublcs sur le produit des navets. Si l'on compare le poids des racines récoltées sur la terre non fumée avec celui des navets que produisit le champ engraissé avec le fumier, on reconnaîtra que l'excédant est exactement en rapport avec la quantité d'engrais appliqué. Or, comme il est prouvé que les navets appauvrissent toujours les champs où ils sont cultivés , on devra en conclure que 100 Icilog. de fumier ont produit ' 100 kilog. de racines. Des résultats presfjue identiques peuvent être tirés des expériences faites par M. l.eaves. . £d Angleterre , on répand souvent par hectare de 50 000 à 60000 kilog. de fumier de ferme, 75 kilog. de guano et 75 à ' 100 kilog. de phosphate de chaux. Ces deux derniers engrais sont appliipiés en mt^me temps que les graines. Ils exercent une influence remarquable sur le développement des navets.

Dans l'Anjou, les champs destinés à la culture des navets sont fertilisés à raison de 30000 Icil. de fumier à l'hectare.

M. Doniol fume ses terres volcaniques h raison de 60 000 kilog. de fumier.

taito. — A. Ëpoqcte. fin Angleterre on sème les raves et les navets en jum ou, au plus tard, dans la première quinzaine de juillet. Quelquefois, cependant, les semis se font vers la lin de mai.

RAV£. — JiAVET. 97

En Fiance, où la vt^V-taiion de ces plantes est beaucoup plus rapide, où le climat est moins brumeux et les terres plus sèches, on ne pratique les semailles que de la première quinzaine de juillet aux premiers jours d'aoAt. Si on sème trop tôt, les tiges se développent et les racines ne grossisseut pas ; si on sème trop tard , les plantes ne jouissent pas toujours avant les froids de 1600* de chaleur totale, et elles donnent alors des .produits très-faibles. L'étude du climat que l'on iidbite permet seule de déterminer l'époque précise où les semis doivent être faits. Ainsi, dans la partie océanienne de la région de l'Ouest, on fait souvent les semis en juin; dans le Midi, au contraire, on attend les premières pluies de la fin de l'été pour les semer.

En Belgique et en Allemagne, on sème ordinairement les navets de la lin de juin aux premiers jours de juillet.

En Auvergne, dans les montagnes on sème les navets dans la première quinzaine de juillet, et dans les vallées au commencement d'août.

Quoi qu'il en soit, on doit, autant que possible, ne prati* quer les semis que lorsque le temps est couvert ou qu'il présage des pluies très-prochaines. Il faut aussi agir dans la préparation des terres de m.'mière (jue les semailles suivent immédiâtemeat le dernier labour. En opérant ainsi, les graines, à cause de la fraîcheur du sol , lèvent et végètent plus promptement et sont moins sujettes à être attaquées par les altises.

iMus les semis sont exécutés tardivement et plus on doit choisir des variétés hâtives.

On peut faire trenif ei {préalablement les graines dans l'eau alin de liàler la .u'ermiiiation.

B. — En Angleterre, les semis se font ordinairement en iitjnes. En France, où nous n'avons pas les instruments si V. 7

98 LES PLANTES FOUARAGÈAEâ.

parfaits de nettoiement qu'on y possède, nous les exécutons ordinairement à la volée. Cette manière d'agir est une faute, si Ton cultive les raves numéros S, 3, 4, 5 et 6, car semées en lignes ces variétés donnent tous les produits qu'elles peuvent fournir, eu égard au clinint, h la nature et à Li leriilité du sol. £u France , nous cultivons les raves pour leurs radnes ; en Angleterre, leur culture est regardée comme un moyen de nourrir le bétail et aussi de préparer, de nettoyer le sol pour les récoltes futures.

L^s semis eu lignes se font au moyen d'un semoir. £n Angleterre y on possède des appareils particuliers pour les exécuter. Ceux que Ton regarde comme les meilleurs portent les noms de semoir de GareK et semoir de Iforn^by. C.es appareils spéciaux répandent en même temps la graine et un engrais pulvérulent et sèment deux ou trois lignes à la fois. Les uns sont destinés aux sols labourés à plat^ les autres sont spécialement propres aux terres disposées en billons. Ces dermers pressent le sommet des ados au moyen des deux rouleaux qui précèdent les tubes distributeurs*

Lorsqu'on applique de la poudre d*os ou des cendres, on peut mettre ces engrais en contact direct avec les semences; si Ton remplace ces substances par de la poudre de tourteau ou du guano, il est utile de les répandre avant ou après la semaille ou de régler le semoir de manière qu'il. existe une certaine dislance entre les graines et l'enj^rais. Cette manière d'agir est nécessaire pour que les semences germent facilement (voir MAttèRBSFERTiusAiiTES, Guano et Taurieau)»

Quand les semis se font à la volée, on enterre la graine par un léger hersage et on fait suivre cetle opération pai* un roulage, si le temps est sec; sur de petites étendues, on recouvre la semence avec un râteau.

L'Anjou est probablement la seule contrée où les graines

fie navets sont enterrées par un léger labour, Leclerc Tbouin regardait cette pratique comme excellente sur les terres légères sujeites à se dessécher en été.

Quantités île {^raines. — La quantité de graines <iuc l'on répand par hectare varie suivant que Too sème en lignes ou à la volée; à la main ou au moyen d'un semoir. Les quanti* tés employées en Angleterre varient par hectare, lorsque les navets sont seiix^s rn lignes, entre 2 kilu^. 25u et kilog. 500. La moyenne des quantités que j'ai vu semer dans le comté de Norfolk est de 3 kilog.

En France, on emploie h peu près la même quantité quand les semis ont lieu en lignes. Lorsqu'on sème à la volée, on en re^pand 4 kilog.

£n général , on doit semer un peu épais lorsqu'on redoute des sécheresses, afin de prévenir les ravages des attises.

Dsiiaccinent des lignes. — Eli Angleterre, on espace les ligues de navets de 0'",45 à 0"»,80 et même U"',9a les unes des autres, suivant la variété que l'on cultive et la fertilité de la terre. La distance moyenne est de 0*",60 lorsque le sol a été labonr(^ à plat, et de C^.TO quand il a été disposé en Lilloiis. Ces dispositions moyennes sont celles que l'on a adoptées en France dans ia culture des variétés à racines développées.

c«ii«M» â*Mivecica. — A. Roulage. — On exécute dans quelques exploitations en Angleterre, lorsque les navets commencent h végéter, une opération jiiisque inconnue en France et qui consiste dans un roulage pratiqué avec un rouleau en bois de chêne de 0",25, de diamètre, et divisé en deux parties pour que la terre soit pressée plus uniformément et que les tournées sur les cheinlres s'exécutent plus aisément. M. fi. Almack assure que ce roulage accélère la végétation • des plantes } il le regarde comme nécessaire.

B. Ekgrâis liquides. — Lorsque les navets sont cultivés

sur des terres qui n'ont pas été fertilisées avant le semis par des engrais, ou peut les arroser avec du purin quand ils développent leurs premières feuilles. Cet arrosage active consijlérablement leur développement, puisqu'on leur fournit II la fois (ie l'eau et des parties alimentaires très-riches. On l'exécute k Taide d'un tonneau à répandre les engrais liquides.

• G. Premier binage. Lorsque les plantes ont deux, trois ou quatre feuilles, c'est-à-dire O"*, 10 environ de hauteur, on leur donne un premier biuage. Les ouvriers doivent éviter de piétiner les ados, si tes navets sont cultivés sur des billons. Cette opération peut être faite par des femmes et des enfants.

Aussitôt que ce travail est terminé, oii fait agir une houe à cheval (1) entre les lignes.

D. Deuxième binage. Quand , quinze jours ou trois semaines plus tard, les mauvaises herbes se montrent de nouveau, on fait exécuter un nouveau binage à la main sur les lignes et on passe de nouveau la houe à cheval dans les raies.

• Les binages bien exécutés ont une influence considérable

sur la végétation d»'s n.i\i (s. On ne doit pascraindre d'.unt \iblir le sol qui enveloppe les racines, car, comme le dit Schwertz, les navets ont besoin d'être tourmentés si i on veut qu'ils réussissent.

Vu homme ne bine pas au delà de 6 à 9 ares par jour lorsqu'il doit éclaircir en même temps les plantes.

£n Angleterre, on paye cette façon de ib à 18 fr. Thectare.

E. ÉcLAiRcissAGE. — G*est lorsqu'on exécute le second et quelquefois même le j)remier binage , que l'on enlève les plants superllus. Eu Angleterre, ou espace très-réguhère-

(l) La houe a cheiai de Oarett est riusli umcnl do ueUoiemeiil ie plus répandu en Angleterre; il Une 4 hectares pur jour.

menl les \)kd6 de O^jSO, 0"',25 à 0"',3ô suivant la variété que l'on cultive. On doit suivre en France cette pratique. Les plantes trop rapprochées les unes des autres s'allongent et produisent toujours des racines peu développées. F. BuTTAGE. — En Anj^jleterre, sur les terres qui ont été labourées , à Tëpoque des ensemence- € 1' ments, soit à plat, soit en billons, on fait passer, dans toutes les mies, dix à vingt jours après le second binage, un aiaire à

:^ deux versoirs traîné par un seul cheval, afin de relever la terre de chaque côté des ados et de butter un peu les navets (fig. 12). Alors le chimp, au mois d'octobre, a F. 12. Navel buuô. j'agpect que représente la flg. 13.

La culture en ados est surtout employée dans les climats brumeux et sur les sols humides, et sur tous les terrains oû

Fig. 13. — Culture des navets sur billons.

Ja couche arable n*a que 0*",l5 à 0"*,S0 de profondeur, comme cela arrive dans tant de localités de la Grande-Bretagne et de

la France. Les ados doublent à peu près la profondeur du sol

où les racines doivent se développer; et, sans cet expédient, les variétés qui produiseut des navets volumineux ne pourraient prendre TaGcroissement qu'on leur connaît partout, à cause de leur racine pivotante qui atteint souvent jusqu'à 85 à 30 centimètres de longueur.

Cette culture eu ados est rarement avantageuse dans les contrées où les terres sont sujettes à se dessécher pendant l'été.

Le butlage est pratiqué en Alsace..

inseciM nuisibles. — Le navet, pendant sa croissance, est attaqué par plusieurs insectes. Les plus nuisibles sont : P Vaîtise (Avnck neuqruh), de Tordre des coléoptères

télramères, qui est d'autant plus à craindre que le temps est beau. Les altises, que l'on connaît sous le nom de puces de terre, s'attaquent seulement ata deux feuilles séminales ou cotylédons des navets. Leur multiplication est prodigieuse : dix joLii^ sunisi'ut aux œufs pour éclorc. On ne connaît point encore d'insectes qui les détruisent. La rapide croissance des plants est le moyen qui offre le plus de certitude et de sécurité contre leurs dégâts.

Nonobstant , dans bien des cas on a pu arrêter les ravages de ces insectes en répandant de la chaux en poudre sur les feuilles séminales, alors qu'elles sont couvertes de rosée. Cette chaux doit avoir été déposée en tas aussitôt après la semaine, aux deux extrémités des planches; il en faut de 5 à 6 lieclulitres par hectare; elle fuse par la pluie ou par Teau qu'on lui ajoute en quantité convenable , de manière à se transformer en poudre au moment de l'épandage.

Si une pluie abondante enlevait la chaux en lavant les cotylédons, avant Tapparition des premières feuilles, il faudrait recommencer le chaulage.

RAYE. — KAYET

On peut remplacer la chaux par des cendres de bois, de tourbe ou de houille.

S<* La thenthrède ou mouche à dénis de scie (tenthrbdo CENTiFOLus OU ATHALiA spiNARUM), de Vordre des hyménoptères, ne nuit aux navets que lorsqu'elle est ù IV'tat de larve. £t'esi en juillet, août et septembre qu'on la rencontre en plus grande abondance. Les femelles pondent sur les feuilles de 200 à 2&0 cBufs, qui éclosent dans l'espace de cinq à neuf jours. Les lan<\s ont six pattes écaiîleuses, sont noires e( atteignent en moyenne 15 millimètres de longueur; leur existence n'excède pas dix-neuf jours. C'est dans le sol qu'elles Glent leur coque et se changent en chrysalides.

Les pluies continues en détruisent beaucoui), et on arrête leurs ravages en saupoudrant les feuilles de navets de chaux et de cendres. Ces insectes attaquent les feuilles et les racines. On peut aussi , comme le recommandait Marshall et le pratiquait Hroussonet, utiliser les canards, qui sont si avides de chenilles, pour en diminuer les deux tiers.

CeBMMuiion •mr piaee. — Les navets parviennent ordinairement, en France et en Angleterre, à leur complet développement vers la lin d'octobre ou lu connnencement de novembre. C'est alors qu'on les fait consommer sur place par les moutons ou qu'on procède à leur arrachage.

En Angleterre^ pour les faire manger sur place, on conflne le troupeau dans un parc lornié de claies en bois ou d'un tiiet. Ce parc doit être asse^ éteudu pour que les animaux puissent y vivre pendant une semaine. On leur donne aussi du foin. Ce dernier est déposé dans un râtelier ayant un couvercle en bois pour que les pluies ne nuisent pas à sa qualité.

Les navets que les moutons ont mangés rez terre sont arrachés à l'aide d'un crochet ou d'une petite fourche à dents

recourbées ou au moyen d'une houe (/?/?. 14), Ces restes de racines sont laissées sur les bi lions pour que les animaux les

consomment entièrement , ou on les divise au moyen d'un roupe-raciiics et on les dépose dans des auges placées çà et là à l'intérieur du parc dans les sillons.

Bécoite.— A. Arrachage.

— Lorsque les navets doi- Fig. n. - Arrachage des restes des vent être COnservéspOUrélrC

navets consommés surplace par les (jonnés aux animaux pen-

moulons.

dant rhiver, on les arrache

en novembre ou dérembrc , avant que la température moyenne soit descendue à + 8<». On enlè\e d'abord les feuilles par la torsion et on arrache les racines à la main on au moyen d'un crochet ; ensuite on détache la terre qui peut adhérer à leur surface et on r.oupe le fiivot de la racine et légèrement le coUet. Cette dernière opération doit être faite avec précaution, afin que le navet ne soit pas endommagé. Les navets attaqués par le couteau avec lequel on fait le décoUetage se pourrissent facilement dans les silos.

On peut arracber les navels qui ^ égèlent en partie hors de terre, en les saisissant par les feuilles. On procède ensuite au décolletage.

B. Conservation. — Les navets ne se conservent bien après avoir été arracbés que lorsqu'ils ont été déposés par un beau temps dans un local sain. A défaut de bâtiment, on peut, comme on doit les faire consommer avant les betteraves et les carottes , les amonceler en forme de prisme de 1",30 de'bauteur sur l'",60 de base. Au fur et à mesure qu'on les di&pose ainsi ifig, lô ), on les recouvre d'une épaisse couche

de paille qu'on ossujetlit avec des liens pour que le vent ne puisse Teolever.

Dans l'ouest de la France on ménage souvent une cavité à l'intérieur des meules de paille que Ton construit après le battage des céréales, qui a lieu en plein air aussitôt après la récolte. C'est dans cet espace vide que l'on conserve les navets durant l'hiver. Pour l'obtenir, ilsutlitd'éleverysurremplacenioit où la meule doit être construite, une charpente

Kig. ].'>. — .Mode de conservation des navels.

romposée de perches légères et ayant la forme d'un comble de bAtiment.

En Alsace , on fait dans le sol des trous de 0?*,&0 de profondeur; on y place les racines en forme pyramidale et on

les enveloppe de paille, que l'on rerouvre de 0'»,33 de terre tassée ou battue avec une bêche ou une pelle. Ou a soin do ménager au sommet une ouverture que l'on bouche pendant les firoids. Ce trou est destiné à aérer le silo.

Ces silos coniques ont de l mètre à 1* 50de hauteur.

En llelgi(jue on ouvre un sillon avec une charrue, on y dépose les racines en les espaçant les unes des autres de 0"\\2 h O^fie et on les coiivre ensuite au moyen d'une bande de

terre. On continue ainsi jusqu'à ce que la récolte soit enterrée.

B. GuLTURB DénoBÉB ou SUR CBAVUEs. — La culture des navets, pratiquée sur les chaumes des céréales que Ton vient

de récolter, est fort ancienne. Elle est en usage dans le Limousin, l'Anjou» la Bresse, l'Alsace, la Flandre, etc.; on la pratique aussi en Allemagne, en Autriche, etc. On doit la regarder comme la méthode la plus économique, mais non pas la plus productive. Klle jouit de cet immense avantage, qu'elle peut être faite entre une céréale d'hiver et une céréale de printemps» sans nuire en aucune manière à Tavenir de cette dernière.

Préparation dn sol. — Aussitnt (]uo la ( ('rualc qui précède cette culture a. été enlevée, on procède au déchaumage du champ, soit avec une charrue légère ou un bisocs, soit au moyen d*un scariGcateurou d'une herse ordinaire, à dents en fer, très-énergique. Lorsque le sol a été bien divisé et le chaume et les herbes à racines traçantes déracinés, ou pratique un hersage dans le but de les rassembler et de les brûler.

Toutes ces opérations doivent être promptement faites, car il importe que les semailles soient exécutées le plus tôt possible. C'est pour ce dernier motif que les Flamands disent : ijui vetu semer des naveU doit atteler sa charrue derrière son chariot de récolte»

Enfirrais. — Le plus Ordinairement on ne fume pas les terres qui doivent supporter une récolte dérobée de navets; mais il y a avantage à le faire si le sol n'est pas fertile et si ron veut obtenir une bonne récolte de racines. A défaut de fumier, on peut appliquer par hectare, 4 à 6 hectolitres de noir animal ou 150 à 200 kilo;;, de ^uiaiîo. On j)eut aussi remplacer ces engrais par du purin, du tourteau pulvérisé ou de la poudre d'os.

Ces diverses substances se répandent lorsque le sol a été déiiaitivement préparé.

ScMta. — Les semis se font soit au commencement, soil à la fin d*août, suivant l'époque de maturité de la céréale. Dans le Midi , on m doit les pratiquer que dans la seconde quinzaine de septembre ou la première quinzaine d'octobre.

Quoi qu'il en soit, il est nécessaire de choisir de préférence des variétés hâtives de raves. Le tumep de Hollande, la rave d'Auvergne, le navet boule d'or convicinient particulièrement pour de tels semis. Les variétés tardives ne doi« vent être préférées à ceiies-ci que lorsque les semis sont faits de très-bonne heure , par exemple en juillet.

Le plus ordinairenieiit, les semis se font en plein et à la volée , et c'est par un hersage qu'on enterre les graines. On peut rouler après cette opération si le temps est sec. *

guBtlté û9 cralsM 9l 9é9mmév ptat heetave. — On sème

de4 ù6 kilog. de graines par hectare, suivant la vaiiélé cultivée et selon aussi qu'on a à craindre plus ou moins les ravages des altises.

Mm é*«Btr«aeB. — Dans la plupart des contrées , les cultures d'entretien que l'on donne aux raves cultivées en culture dérobée , consistent orduiairement dans des mrclages et des Maircûsages à la h^rse. Les premiers sont confiés à des femmes; les seconds, lorsqu'ils sont nécessaires, s'exécutent quand les navets ont quatre à six feuilles. On ne doit pas craindre d'arracher trop de plantes; le proverbe belf^e dit ; Cdui qui Itenedes nmMf ne doUpas regarder derrière luil Quelquefois on renouvelle cette opération dix à quinze jours après.

En xVu vergue, on bine les raves cultivées sur chaume et on les édaircit de manière que les plantes soient espacées de 0",30 en tous sens.

Récolte. — récolte (les raves et des navets cultivés sur chaumes a lieu à l'époque où Von arrache ceux qui ont été semés sur une jachère (voir Arrachage et Conservation^ p, 104 etsuiv.).

G. Culture avec abris. — Dans la Bretagne, TAnjou et la

Vendée, où 1 on cultive très on grand chaque année le sarrasin ou biô noir, ou sème, après les semailles de cette plante alimentaire, des graines de navets dans le but d'obtenir, en automne, des racines développées. Les produits que l'on obtient par celte culture sont parfois importants, .\insi, il * existe dans l'Ouest beaucoup de métairies sur lesquelles on sème annuellement de ih à 30 hectares de sarrasin et qui récoltent des navets sur le quart» le tiers et souvent méme^la moitié de ces étendues. Cette culture a pour principal avantage lie ii occasionner aucune autre dépense que la valeur de la graine des navets.

' Semis. — Les semis se font eii juin, à l'époque des semailles de sarrasin, à raison de l kilog. au plus de semences par hectare. On sème ordinairement des graines de rave du Li* mousin ou de rave d'Auvergne.

Ces graines, abritées comme elles le sont par le sarrasin qui couvre promptement le sul , ^( t ment facilement et donnent naissance à des plantes qui végètent pendant tout Tété sous l'abri protecteur du sarrasin sans nuire en aucune manière lï son développement.

Béceife. — C'est en septembre ou en octobre, époques où Von récolte le sarrasin, que Ton procède à l'arrachage des navels. Leurs racines sont ordinairement moins volumi* neuses que celles qui ont végété à Tair libre.

D. Culture automnale. --Dans la plupartdes départements de l'Ouest, on cultive un navetàracine légèreinenl fusiforme, que l'on arrache ïi la iin de l'hiver ou au commencement du

11AV£. — NAVJiT. 109

printemps, lorsque sa li;;e ust clévelojj|x'e et en fleur. Les racines et les tiges de ce navet, que l'on nomme nabusseau ou naoisseau, constituent le premier fourrage vert que les béCes à cornes consomment au printemps.

PréparAtion da sol. — Les nabusseaux résistent bien aux Iroids de l'iiiver de l'Anjou , de la Bretagne, etc., si on les cultive sur desten'es perméables labourées à plat. Pour qu'ils passent bien cette saison sur des terrains humides, il faut impérieusement que la couche arable ait été labourée en billons et que l'on ait ouvert un peu obliquement, à la déclivité du sol, plusieurs rigoles superficielles d'écoulé^ ment.

semU. Les semis se font un peu dru et à la volée, dans

la première quinzaine de septembre. Il est rare que les nabusseaux semés en octobre donnent au printemps suivant, des tiges très-développées. On répand de 4 à 5 kilog. de graines par hectare.

Arrachafse. — C'est en mai s et avril, et quelquefois niôiiie à la tin de février, qu'on procède à l'aiTachage des nabusseaux. Gomme les tiges durcissent promptement quand les fleurs sont épanouies, il est essentiel de commencer l'arra* chage lorsque les pi'einiers boulons sont ouverts.

Avant de donner ces nabusseaux aux animaux, on écrase légèrement leurs racines au moyen d*un maillet à main ou on les divise avec un couteau.

Kendement. — La récolte des turneps est plus ou moins considérable , selon la nature du sol , le mode de culture employé, Tétat de sécheresse ou d'humidité du climat ou de

l'année. Ces causes diverses ont une influence si grande sur le produit, qu'elles peuvent le faire varier de 25 00U à 125000 kilog. par hectare.

110 LES PLANTES FOUIUUGÈEES.

Le prodiuU moyen de la cuUure sur jachère peut s'établir

ainsi :

Angtotorre 50000 kit.

France 30000

On a obtenu en Belgique, depuis 1850 jusqu'en 1856» les

proiluils moyens ci- dessous :

. . Frwinett. Baeines.

5 Brabant inoonkil,

Flandre occidentale..., 24 000

— orientale 20 800

Haioaut 21 800

Liège 94300

Namar S6koo

Hoyenne 21 100 kil.

Les divers rendements peuvent être indiqués de la manière suivante :

Récolte très-bonne 35000 kil.

Bonne récolte 25 000

Kécolte passable \Hm\

— médiocre 10000

Toutes choses égales d'ailleurs, on est porté à croire que lés navets n'acquièrent plus ces dimensions qu'ils avaient il

y a un siècle, loi stiuc leur culture s'est propagée en Europe. Cela est si vrai qu'on ne récolte plus en Angleterre ces énormes navets qui avaient permis d'évaluer les récoites moyennes à plus de 100 000 kilog. Autrefois, dit Marsiiall, on récoltait

communément des tiavets de û"',20 à 0"',30 de diamètre , aujourd'hui le plus grand nombre ne dépasse pas O"*, 10 à 0'",12 en largeur.

Le produit moytn de h culture mr chaume est ainsi qu'il

suit :

Belgique 16000

France ISOOO

Dans les années sèches, on ne récolte souvent que 8000 à 12000 kilog* de racines par hectare*

Voici les chiffres indiquauL les divei s rendements :

Récolte très-bonne 20 000 kO .

Bonne récolte ^ 15 000

HécoLte asse?: bonne..». ' lUOUO

— médiocre 5000

Le produit moyen des luibusscnux nût'wés sur des sols perméables est de 3ÛÛÛ0 kilogr. Ce cinllre comprend les racines, les tiges et les feuilles. •

Mds ë% riiMtoiicM «t a« MétM ««M. — Les raves et les

navets pèsent moins que les beUcraves et les carottes. J'ai trouvé que 1 h» ciolilre pesait eu mojeune, ras 52 à 55 kilog.; comble 65 à 68 kilog.

Le poids da mètre cube varie entre 45Ô et 500 kilog.

Baiipnri entre les rentlles et les raelaM. — D'après mes

observations, les feuilles sont aux racines 30 : 100 pour les raves et 40 : 100 pour les navets.

P^pte-cMUMs. — Lorsqu'on veut récolter des semences de raves ou de navets, on agit comme s'il était question de graines de betterave {voir p. 48).

Les racines porte-graines se mettent en place en février ou mars, car elles végètent de bonne heure, c'est-à-dire lorsque la température a atteint, en moyenne, 9* à 10* centigrades au-dessus de 0 {voir p. 49).

Les graines mûrissent dans la première quinzaine de juillet. Lorsque les siliques inférieures sont mâres, on coupe les tiges, on les réunit en paquets que Ton suspend dans des greniers ou sous des hangars, pour que les seiueaoes complètent leur maturité.

Les oiseaux sont (Hands des graines de raves et de navets; on doit donc surveiller les porte-graines à rapproche de la maturité des sHIques*

On opère le battage des siliques au moyen du fléau. Quant

112 LKS PLANTES FOURHAGÈRKS,

au nettoyage des graines, on Texécute à l'aide du van et d*an

crible.

Les graines de raves et de navets conservent leur faculté germinative pendant six à huit années; mais, comme elles sont sujettes à être altérées par des mites, on doit chaque

année les vanner ou les cribler.

Les graines de raves et de navels sont rondes, mais plus •rougeâtres que les semences de chou et de colza.

QaaBCilé ëm gMtaw q«*M pmmt véeollcr* — Le produit

en graines est très-incertain, parce qu'il est sujet à plusieurs

accidents.

Cependant, un navet qui a développé des liges bien ramifiées peut donner aisément 100 à 150 grammes de graines. Il feut, en effet, de 6 à 8 porte-graines pour pouvoir récolter 1 kilog. de semences.

Poids d'mm hectolitre de «rainée. — Un hectolitre de

graines de raves ou de navets pèse de 65 à 69 kitog. . veiear ■«triiive. — A. RACINES. — Les raves et les navets

sont bien moins nutritifs que la betterave et la carolte. M. Boussingault leur assigne en moyenne 406 pour leur valeur alimentaire, celle du foin des prairies naturelles étant représentée par 100. Voici quelle serait, d*après lui, la composition du turnep, auquel il accorde 384 :

Horsford y avait trouvé ^87,78 pour 100 d'eau et 0,23

Kau . . . ,

Cellulose

Matières grasses

ALbumine

Amidon et wtore

Sels

Asoie

d'azote.

Les expériences pratiques établissent ainsi qu'il suit la valeur alimentaire des raves et des navets :

Biock 533 Pélri 600

Crod «&6 Pdh 635

Plotow hOO Reider 62S

Gemerhaïuen 525 Royer 525

Hidleton 800 Schwerz 524

Meyer 290 Weber....! 500

Mure 66« Vell 400

PabM 400

Moyenne 522

B. Feuilles. — Les teuiUcs de ces crucifères contiennent, d'après M. Galmont, 82,38 pour 100 d'eau, et suivant M. Le Gorbeiller : eau, 78,13; matière sèche, s,43 d'azote.

Pabst représente la valeur nutritive par 500. Ce chifDre mérite d'être exjiei iuienté.

G. Tiges et feuilles. — Les nabusseaux sont plus nutritifs que les feuilles de raves ou de navets. Je suis porté à croire, d'après les faits que j'ai pu observer, ayant cultivé ces navets pendant plusieurs années, que leur valeur aliuientaire est bien représentée par le cbifTre 450.

Bfltftoi é9m vmImb. — Avant de donner les navels au bétail, on les lave et on les coupe par morceaux ou en tranches minces, suivant les animaux auxquels ils sont destinés.

Les navets altérés et ceux gelés peuvent occasionner des accidents.

AeiiM 1m abImmx. — Les navets conviennent spécialement aux bétes à laine et aux bêtes à corne. Donnés

crus aux Lœuls h l'engrais, ils les rafraîchissent et conimcncent très-bien leur engrais»sement. Toutefois, c'est à tort qu'on voudrait baser un engraissement complet sur l'emploi de ces racines; ces aliments ont une action alimentaire trop faible

pour qu'on songe à terminer un engraissetiient avec prolit lorsqu'on les administre seuls. En Angleterre et dans le Li- V 8

LES FIJiNT£S FOURRAG£AES.

mousin et la Vendée, on les associe toujours au foin et on ne les donne que pendant les deux premières périodes de l'engraissement. Lorsque les animaux sont bien en chair, on les supprime peu à pea pour les remplacer par du foin de première qualité et des substances ûrineuses.

Les navets conviennent aussi aux bœufs de travail et aux vaches laitières. Les bêtes à laine s*en accommodent trèsbien; leur chair est ferme, abondante et de bonne qualité.

On donne ordinairement très-peu . de navets aux chevaux. L'Alsace est peut-être la seule contiée où ces animaux en consomment.

Les navets cuits servent aussi très-bien à Tengraissement des porcs et des volailles, parce que la cuisson enlève leur principe âcre et les rendent plus sucrés.

Action des feaiiics sur le bétati. — Tous les ruminants mangent avec avidité les feuilles des navets. Ces aliments rendent la sécrétion du lait plus abondante chez les vaches et les brcl)is.

Les tiges de navets qu'on arrache à la fin de l'hiver à mesure qu'elles fleurissent, constituent une excellente nourriture verte pour les bœufs et les vaches.

Prix de revient des 100 kllog. de raelaes. — On a point

encore publié en Fi ance, que je sache, le prix de revient des 100 kilog. de navet. Je crois donc utile de faire connaître le résumé des comptes mentionnés par Morton dans YBne^Uh' pidia of agriculture. Ces comptes sont relatifs à la culture du navet suivant la méthode anglaise, Voici les chiffres ;

Vnleurlocitive du sol. 100 fr. 0<) 1?5 fr. 00

Déi-enses par hectare 610 00 603 00

Pnx de revient des lUU kiiog ..... I OU l '20

Le rendement moyen des navets est évalué à 50 poû kilog. par hectare.

JIAVE. — «AVBX

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SECTION V

CkoB-ratabaca on Mavel d« Suéde.

BlUSSICA GAMPESTIIIS RUTABAGA, Vilm.

Piaule dicotylidone de la famiUe des Cruciférti,

Ânglait, — Swedish turnip. Flamand. — Kohlrab.

AUemand. — KolrObe. Suidoit. ^ teixot.

Historique. — Climat. — Mode de végétatioD. — Variétés. — Composition. Torialn : nature, préparation, fertilité. — Quantité d« fumier à appliquer par hectare. — Semis : en place, en pépinière. — Repiquage des

plants. — Tr fn«;!,niiiation. Espacement des lignes et des plants. — Culture d'enlruticQ : binages, bultages. — Insectes nuisibles. — EtleuiU laison. — Conservation des racines en terre. — Arrachage : époque, mode. — Conservation des racines dans les celliers. ~- Rendement. ^ Poids tle l'hectolitre et du mètre cube. — Quantité de fotiilles. — Pnppo t entre les feuilles et les racines. — Porte-graines. — Pouls de l'hectolitre de graines. — Valeur nutritive : racines, Teuilles. — Kuploi des racines. — Leur aetionsnr le bétail. — Bibliographie.

Hteimi«m. — Le rutabaga a été introduit en Angleterre, en 1767, par Reynold, dans le comté de Kent. Arthur Young

lui donne une autre origine; il atlribue sa découverte à M. Poole. C'est de Lasteyrie qui la introduit en France, en 1789. En 1805, la Société d'encouragement pour l'industrie nationale proposa un prix de 600 francs pour la culture d'un hectare de rutabaga. Ce prix fut accordé en 1808 à M. Bcrthier, de Uoville. Aujourd'hui cette plante crucifère esttrescultivée dans la région de TOuest, où elle a été introduite en 1816, par les religieux de Tabbaye de Meilleraie.

ClinaAC. — Le rutabaga demande un climat semblable à celui que réclament les raves et les navets. (V^oir p. 86.)

■•ëe 4e véfétattoB. — Cette crucifère est bisaïuiuelle (/i^ 16); sa racine est renflée, ronde ou oblongue età cbair compacte; les feuilles ont beaucoup d^analogieavec celles du colza quant à leur forme cl ù leur Luloruiiou.

PLANTE ALIMENTAIRE ET FOURRAGÈRE

l\utabaôa de Skirwine

CHOU RUTABAGA.

La végétation du rutabaga est d'abord très-lente; mais lorsque les pluies d'août et de septembre ont rafraîchi la terre, il se développe très-rapidement. Dans les localités où les hivers sont très-doux, il continue à végéter jusque vers la

Fig. 16. Rutabaga.

fin de décembre. Sa racine supporte sans souffrir — 5" à — 8^ de froid.

Variétés. — On connaît en France trois variétés de rutabaga :

!• Hutabaaa à collet vert, — Racine arrondie; peau jaune à collet vert; chair jaune.

Variété trèurusUipie, mais peu cultivée.

S* Ruiàbaga de SfttMnj^.^Bacine demMphériqne ou obronde un peu hors de teri e et k collet rouge ou violet, chair jaune très -compacte.

Variété très-belle et très-estimée en Angleterre.

a» Rutabaga de lainj^.— Racine grosse, nette, presque sphérique, à collet violet; feuilles très-grandes se tenant horizontalement; peau jaune, chair jaune et dense.

Variété très-rustique et remarquable par le volume de. ses racines.

Le Rutabaga à chair blanche est peu estimé et rarement cultivé.

CoMpMitiM. — Voici, d'après les analyses foites par M. Le Gorbeiller, quelle est la composition du rutabaga : .

Densité. Eau. Matières tèchês.

Rutabaga à collet vert 0,9806 90,95 9,05

>- deSkirviDg 1,0068 80,91 9,49

La matière sèche i eulcraie en azote les quantités suivantes :

Rutabaga à collet vert 1 ,02

- deSkinriog 1,13

Le rutabaga est plus lourd que les navets et les raves, mais il est un peu moins pesant que la betterave.

Terrain. — A. Naturb. — Le rutabaga est moins difficile sur la nature du soi que la betterave et la carotte; il réussit très-bien sur les terres argilo-siliceuses, les sols couverts de bruyères et d'sgoncs qui sont ordinairement acides et peu profonds. C*est son aptitude à réussir sur les terrains légers et peu fertiles, qui est cause qu'on le cultive, dans plusieurs localités de l'Ouest, de préférence à la betterave.

PLANTE ALIMENTMRE ET FOURRAGERE

Planche Xîl

CH0ir*RUTABA6A.

B. — PRiiiPARATiON. — Cette crucifère demande des terres bien ameublies, soit qu'on ]a sème en place, soit qu'on la

cultive par transplantation. (Voir Betterave, préparation du soif p. 18.)

G. — FBRnurâ. — Le rutabaga n'est pas très-exigeant ; cultivé sur des terres encore peu fertiles , il donne presque

toujours des produits abondants. J'ai souvent constaté à Grand-Jouan que le volume de ses racines n'était pas, comme celui des racines de la betterave, en raison directe de la richesse des terraiiis où on le cultivait.

D. — QoANTrré de fumer a appuquer. — D'après M. de Gasparin, il faudrait appliquer sur chaque hectare cultivé en rutabaga, 1300 ki\o%. de fumier par chaque 100 icilog. de racines que Ton espère récolter. Sur cette quantité, les raci-. nés en absorberaient 900 kilog. Ce résultat ne concorde pas avec les faits que j'ai observés. Je suis porté à admettre que 40 à 50 kilog. de fumier par 100 kilog. de racuies sufiisent pour obtenir une récolte satisfaisante. Cette faible quantité d'engrais résulte de ce que le rutabaga n'exige pas des terres riches pour produire des racines développés. M. Fleming a fait une expérience qui confirme cette opinion. Ainsi, cultivé :

Sans engrais, le rutabaga a produit 31000 kilog.

Avec 50000 kilog. de fumier, il a donné 57 OOO — M. Uaoïiam a obtenu des résultats semblables j ainsi :

Cultivé sans engrais, l6 rutabaga a produit 59000 racines ou oOOOO kil. » aveclSOOOk. defamier, il adoDDé 60000 ou 40000

Semis. — On cultive le rutabaga de deux manières : en place ou en pépinière, pour le transplanter en mai ou en juin. Jusqu'à ce jour, la culture par transplantation est celle qui a donné en France les meilleurs résultats , quand cette

plante a été cultivée sur des terres appartenant encore à la période fourragère.

Les semis en place ne réussissent que lorsqu'on les exécute sur des terres de bonne qualité. Ils donnent des résultats favorables en Angleterre lorsque le sol a été bien préparé et fumé et quand on applique au momentde la semaiUe un engrais pulvérulent.

A. En plage. — I^es semis en place se font de la mi- mai à la première quinzaine de juin sur des terres parfaitement préparées et fertilisées au moyen de fbmier décomposé.

Les terres peuvent être labourées à plat ou enbillons. (Voir Navet, préparation du sol, p. 93.)

On répand les graines au moyen d*un semoir; les lignes .doivent être espacées de 0"*,55 à 0*,65.

On emploie de S à 3 kilog. de graines par hectare.

B. En pépinière. — Les semis en pépiiiitie doivent Atre faits vers la lin de février et dans le courant de marà. On les exécute par un beau temps sur des terres bien ameublies par la bêche et le râteau^ et divisées en planches de l"< à i ».dO de largeur. On recouvre la graine avec un râteau. Comme le rutabaga est sujet, dans les pépinières, à mal v/tr^ter si le printemps est sec ou humide, on doit semer Tétendue totale de la pépinière à deux ou trois époques, soit vers la fin de février, soit vers le 10 mars et le 20 ou le -ib de ce mois. Alors, si les plants provenant des semis de février restent petits ou végètent trop activement, on pourra compter fl^ur ceux qui résulteront du second et du troisième semis. Si par contre ces derniers ne donnent en mai ou juin que des plants médiocres, les semis exécutés en lévrier ou dans les premiers jours de mars fournissent d'exoellents plants. ^

Il faut environ de 75 à 100 grammes de graines par are.

CHOU -RUTABAGA.

Les semis en pépinière eiigent des sarclages répétés, afin

que le sol soit toujours exempt de mauvaises herbes, et ils demandent, en outre, qu'on exécute un ou plusieurs éclaircissages pour que les plants» au moment de la transplantation, puissent être regardés comme bons. Lorsque les plants sont trop nombreux, ils filent, et ne produisent Jamais, après leur mise en place, de fortes racines.

■epiqaa^ émm Jeanea plants. — Lorsque les semis faits en pépinière ont mal réussi» ou qu*on prévoit que les plants dont on pourra disposer en mai ou juin ne seront pas assez nombreux pour l'étendue sur laquelle on veut cultiver le rutabaga, on doit, lors des éclaircissages, arraclicr les plants superflus avec précaution, et les repiquer après avoir coupé l'extrémité déliée de leurs racines, sur des terres riches et bien ameublies. Cette opération est un peu miFniheuse , à # cause de la petitesse des plants^ mais les feunncs i exécutent parfaitement en se mettant à genoux sur les sentiers qui séparent les planches. Ces plants sont repiqués k 0«*,06 ou 0",08 de distance les uns des autres. On doit les arroser de temps à autre, afin de faciliter leur reprise et leur développement. Il est très-rare qu'on n'obtienne pas en juin, en agissant ainsi, des plants très*développés et très-vigoureux* J'ai fait souvent repiquer à Grand-Jouan des plants qui n'avaient pas plus de 0"',003 k O'^^OOk de grosseur, et qui ont donné, après leur mise en place, des racines pesant 3 et 4 kilog.

TraMpiMMira. — La transplantation doit être faite avant la fin de juin. On procède à cette opération comme sMl s'agissait de mettre en place des plants de betterave. O oir Betterave, transplantation^ p. 30.)

Les plants de rutabaga sont bons quand leurs racines sont courtes, renflées et grosses comme le petit doigt « et que leurs feuilles ont directement leui iiiseiùon sur le

sommet des racines. On doit rejeter de la mise en place les

plants qiii présentent un commencement de tige. De tels plants douuent rarement à l'automne des racines développées.

Il faut aussi, comme la reprise do rutabaga se fait moins facilement que celle de la betterave, n'exécuter le dernier

labour de préparation qu'au moment- même de la transplantation. En opérant de cette manière, la reprise des plants ^t plus assurée, puisqu'on les implante dans une terre encore fraîche.

On ne doit pas oublier, avant la plantation, de couper Textrémité déliée de la racine et de raccourcir un peu les feuilles des plants.

Un homme aidé par une femme ou un enfknt peut planter 5ûoo à 5500 plants par jourj soit une surface de 2 à 15 ares. «

Bspa«em«»t ëm9 tȧpmm «t te i^laate. — Les lignes SUT lesquelles on met les plants en place doivent être éloignées de o'',^u à 0™,65, et les plants sur lignes de 0"',30 h 0"\kO, suivant le déveloiJiiement que les racines peuvent prendre. On a proposé d'écarter les lignes à 0",80 les unes des autres; mais M. V. Mile a prouvé, par plusieurs expériences, que cette distance était trop considérable. A Grami-Jouan, je plantais, m moyenne, 40U00 plants par hectare.

c«iim« 4*Mitrati«B* — A. BiNAGBS. — Quinze jours ou trois semaines après la plantation, on donne un premier binage. Cette opération doit être faite à la main, à cause de la iaiblesse des plantes. Quinze jours plus tard, on répète ce binage en l'exécutant avec une houe à cheval. (Voir BEXifiRAVE, euUwTû â^entreUmf p. 27).

fi. fioTTAOB. — Lorsque le mois de septembre est arrivé, et que les racines sont déjà grosses, on les butte avec unechar-

CHOU-RUTABAGA. 123

rue à deux versoirs. Cette opération iavoi ise sensiblement le développement des racines, et elle a ravantage de faciliter en automne l'écoulement des eaux pluviales* (Voir Raves st Navets, huttarjej^. 101.)

Insectes nuisibiiss. — Le rutabaga a pour eiiiieuiis les insectes qui attaquent les raves et les. navets. (Voir p. 102.)

■«BBiitoiMM. — > Vers la fin d'octobre, on pent enlever à chaque plante deux ou trois feuilles des plus andennes. Cette effeuillaison, exécutée modérément, ne nuit pas au déveluppemeilt des racines, et permet de récolter une quantité de feuilles qui n'est pas sans importance. Ge n'est qu'à répoque de Tarrachage que l'enlèvement total des feuilles est

possible.

CoBservallM des raeines en lenw. — La grande rusticité

du rutabaga permet de le laisser en terre pendant l'hiver daos les départements maritimes de la région de l'Ouest,

lorsqu'il vép^ète sur des terrains exeiiipls, pendant cette saison, d'humidité surabondante. Lorsqu'on craint que queU ques racines ne pourrissent pendant les mois de décembre et de Janvier, on profite des derniers beaux jours de l'automne pour pratiquer un second buttage.

Armchase. — A. ÉPOQUE.— Daus les contrées plus froides pendant Thiver que la province de l'Ouest, on est forcé d'arracher le rutabaga avant la fin de novembre. Abandonné à lui-même pendant le mois de décembre, les fortes gelées à glace pourrait ut altérer profondément sa racine.

fi. Mode d'arrachage. — Le rutabaga ayant une racine presque sphérique, celle-ci peut être facilement arrachée avec les mains, à moins qu'elle ait été entièrement enterrée lors du buttage. Dans ce dernier cas , on emploie une fourche à dents plaies, en ayant soin de ne pas blesser les racines.

L£S PLANTES FOUKRAGÈRES.

Oi diudirement on ne décollette pas les racines du rutabaga ; ou se borne à les priver de toutes leurs feuilles en les enlevant avec la main.

L'arrachage doit être fait par un beau temps , afin que les racines soient rentrées sèches et privées de terre dans les lieux où elles doivent être emmagasinées.

CmumtwmtÊmm dm mmIbm êmmm «elllaMi. Les racines du rutabaga se conservent très-bien , quand elles ont été déposées, après l'arrachage, dans des celliers ou des caves très-sains et aérés. La conservation dans les silos en terre est soumise à des chances si grandes, qu'on ne doit l'adopter que lorsque la nécessité l'exige, c*est-à-dire lorsqu'on manque de bâtiments tels que granges, celliers, etc.

On peut aussi les conserver sous des meules de paille. (Voir Raves et Navets, ccnsermUim, p. 104).

■cttéeaieBt. — Les produits du rutabaga sont plus élevés que ceux que fournissent ordinairement la betterave et les raves et les navets.

Eu Angleterre, le produit moyen varie entre ôOOOO et GO 000 kil. BnFnnce, — .— 40000 et 50000

M. Aleiandre a obtenu en Angleterre jusqu'à 77 000 kilog. W. Cobbet dit en avoir récolté plus de 80 000 kilog. Folds de l'heetollire et te aiétoe evbe. — Un hectolitre

de rutabaga pèse» en moyenne, mesuré ras, de 58 à 60 kilog. ; mesuré comblé, 75 à 80 kilog.

Le poids du mètre cube varie entre 600 et t>5u kilog., suivant les vides que laissent les racines.

Qamiié «le taillée. — Un hectare de rutabaga donne au moment de l'arrachage de 1 S 000 à 15000 kilog. de feuilles.

Bapiiurt entre les racines et lesfeallles. — D'après M. de

Gasparin, les racines seraient aux feuilles :: lûû : 08.

CBOU-RUTABAGA. • 185

MM. Dubreuil et Girardin n'ont récolté que 32 kilog. de feuilles par 100 kilog. de racines. A GrandnJouan, j'ai obtenu un résultat à peu près semblable ; 30 kilog. de feuilles par 100 de racines.

Porte-graines. — La récolte des graines exige les mêmes soins que celle des semences de raves et de navets. (Voir P- ni).

Poids é*mm hMtoiitve die gMlaes. — Un hectolitre de graines de rutabaga pèse de 62 à 65 kilog.

Valeur uncritivo. — A. Racinbs. — Le rutabaga est aussi nutritif que la betterave, il contient d*après :

JUurraij.

Gluten et albumine 3^10

Gomme el sucre,.. 4, GO

Fibre ligneiue.... 4,30

Amidon traces

Boussingault.

Matières grasses. .-

O.Oj

Amidon, suere....

Sels

Ligneux, cellulose.

ItlO

Suivant M. fioussingault, sa valeur nutritive devrait être représentée par 676.

Le foin des prairies naturelles étant représenté par 100, le rutabaga aurait pour équivalent^ d'après :

Polh

Flntow 4.

Gustave Heuzé. . . . .

:no

fi. Feuilles. — Les feuilles du rutabaga sont aussi nutri* tives que celles des choux. (Voir Chou, livre III, chap. i.)

Emploi des racines. — Les racines de rutabaga ne sont pas données entières ; avant de le» faire consommer, on les

186 LES £LAKI£;b F0U11KAG£R£S.

lave et on les divise au moyen d'un coupe-racines. Gomme

les betteraves, elles ne doivent être coupées qu'au fur et à mesure de la consommation, car leurs tranches noircissent et perdent de leur fermeté et de leur qualité.

Aaiim mmw le bétail. — Le rutabaga convient à tous les ruminants. Le beurre provenant des vaches nourries au rutabaga et au foin est plus gras et plus coloré que le beurre fourni par les vaches qui ont reçu des navets à chair blanche ou des betteraves. .

Le rutabaga, dont la chair serrée et compacte est toujours consommée avec avidité par les animaux , convient particulièrement aux bètes à corne que l'on engraisse. Ainsi, M. Hillard, en expérimentant son pouvoir d*engraissement, a constaté qu'il agissait plus favorablement que la betterave sur la production de la viande. C'est cette action qui a conduit les agriculteurs anglais à le préférer à cette dernière racine, dont l'Influence sur la production du lait est maintenant incontestable.

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