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CHAPITRE IL

PLANTES A ItOCBGEOMS FÉCUUFÈllES.

SECTION I

(M mIoH, oooMiter} ftUiiiioD Miii pnpriélét oBrooUqaM «tet btiw.) SOLAHUM TDBBftOSmi. L.

Plante éieotylédime de la famiUe det Solaniet,

Anglais. — Polato. RàUm, — PfttaUu

Aikmaad» — Kartoflél. Farlugait. — BataU.

iRamond. — Aard-appel. Etp^not, — Batata.

Hi'^l'^ri'ine. — Climat. — Végétation. — Variétés. — Composition. — Sol : luiuru^ préparation et fertilité. — Quantité d'engrais à appliquer. — Multiplication : par tabercitles et par graines. — A. Culture printOHièn,^ Pl.intntion : époque, choix des tubercules , mode : h la bôche, à la charrue, au plantnir, au semoir. — Quantité de tubercules. — Ksiiaccment des lignes et dss tubercules. — Culture d entreiieu : hersages, binages, huilages, sMutnetion des Heurs et des'raoes. —'Animaux nuisibles. — Maladies et altérations. — B. Culture automnaîr. — Récolte : époque, arrachage à la houe, à la charrue, à la fourche. — ncs.suyagc. — Conserva-

• tion : en caves et en silos. — Chargement dans les tombereaux. — Beadement. — Poids de l'hectolitre et du mètre cube. — Quantité de fettiOes. — Quantité de fécule el de pulpe par 100 kilog. de tubercules. — Emploi des tubercules geltjs et allôrôs. — Valeur nutritive des tubercub-s ft de la pulpe. — Emploi des tubercules dans l'alimentation du bétail. — Leur action sur les animaux. — Empbn des fanes vertes.— Valeur commerciale de» tubeicntes et de la pulpe. » prix de levient. — Bibliographie.

Historique. — La poiume de terre, que Ton désigne souvent en France sous les noms de parmMtière, paUUe et morélU tubémue^ est cultivée depuis une haute antiquité au Pérou cl dans la Colombie. Zurata, qui a été trésorier au Pérou en 15(i4, est le premier des auteurs connus qui l'ait mentionnée«

POMME DE TEBBE. 133

C.eWe plante fut importéfi en Europe de Saiita-Fé, en Irlande, par John Hawkins, en 1563; Drake l'introduisit de nouveau en Angleterre en 1&86, e( en donna quelques tubercules au botaniste anglais Gérafd. Glusiusen reçut, en 1588, deux tubercules, que le légat du pape avait apportés à Bruxelles, et donnés à Piiilippe deLîvry. C'est Clu.sius qui, le premier, lit coonaitre la pomme de terre aux agriculteurs de TEurope. Toutefois, on y 0t si peu attention que Walter Ràleigh crut utile dimporter de Virginie de nouveaux tubercules en Angleterre, en 162 C 'tte nouvelle introduction eut d'heureuses conséqueoces ; la pomme déterre fut acceptée, dès cette époque, comme plante fourragère par TAngleterre et la Belgique, et, en 1717, elle se répandit en Saxe, et^ en 1738, en Prusse.

Clusius disait en 1601 que la pomme de terre était connue en 1688, sous les noms de Papas et TaratoufflL

L'introduction de la pomme de terre en France eut lieu

vers le commencement du dix-septième siècle. On a dit que dès 1616, on la servait sur la table du roi. Ce fait ne paraît pas exact, car Olivier de Serres n'a décrit sa culture que comme plante fourragère.

Toutes choses égales d'ailleurs, c'est vers le milieu du siècle suivant qu'on la considt^ra pour la première fois, dans notre pnys, comme pouvant servir à l'alimentation des hommes. Turgot, sous le règne de Louis XY, l'a cultivée dans ce but dans l'Anjou et le Limousin; mais, malgré ses efforts et ceux de la Société d'a^^^riculture de Rennes, la culture de cette précieuse plante lit peu de progrès. De lait n'a rien qui étonne : à cette époque, la pomme de terre était regardée par les médecins et les chimistes comme nuisible à la santé de l'homme^ en ce qu'elle pouvait engendrer la lèpre.

C'était à Parmentier qu'il appartenait de détruire les taus*

134 LES PLANTES FOURBAGÉBES.

ses idées qui existaient à Tégard de cette solanée, et dit pi o iver par des faita qu'elle devait apparaître sur la table du riche comme sur celle du pauvre. Ses efforts ont été couroonés du plus heureux succès, et la pomme de terre a justifié sps prévisions par les produits et les (^uaiités de ses tubercules, puisqu'elle a atténué, depuis bientôt un siècle» les calamités que font touyours naître les disettes. Sans la mala* die qui l'attaque depuis 1845, et qui a diminué d'une manière si sensible ses produits en tubercules, nous n'aurions certainement pas eu à constater une chei té aussi grande, dans le prix des céréales» que celle que nous avons eu malheureusement à supporter deux ibis depuis dix années.

cumt. — La pomme déterre végète et développe facilement ses tubercules dans toutes les local iti's où l'avoine arrive à maturité. Toutefois, les contrées tempérées lui sont plus favorables que les localités chaudes et les pays firoids et humides. Dans les premières, elle redoute les sécheresses prolongées qui empêchent ses bourgeons souterrains de grossir ; dans les seconds, les pluies excessives les font j)Ourrir, et les gelées nuisent souvent au développement de ses tiges. C'est dans les localités centrales de l'Europe que ses tubercules se chargent davantage de fécule, et qu'ils sont, dès lors, plus savoureux iiutritils.

£n France, il n'existe aucune province dans laquelle on ne puisse cultiver avantageusement cette précieuse solanée.

■•de 4« TéBétatiott. — Cette plante présente deux sortes de racines {/ig. 17) : les unes sont iibi cuses, déliées et longues; les autres s'arrondissent en tubercules que Ton doit regarder comme de véritables bourgeons, puisqu'ils verdia- ^nt quand ils restent exposés à l'action de la lumière. La surface de ces tubercules présente des cavités ou enfoncements plus ou moins apparents, au fond desquels se trouve

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POMME DE TERRF.

un œil. Ces bourgeons souterrains sont formés presque

complètement de tissu cellulaire. C'est dans les cellules que ' se trouve la fécule ou partie amylacée pour laquelle on cultive la pomme de terre.

Les tiges de cette plante sont nombreuses à cause des yeui

Fig. 17. — Pomme de terre en végétation.

que les tubercules présentent en grand nombre, et elles 'sont

annuelles, herbacées, anguleuses, rameuses, velues, et hautes de O'^fbO à 0'",bO. Ses feuilles sont pubescentes, à nervures pennées, et fUXes sont découpées en segments inégaux et ovales. Quant aux fleurs, elles sont blanches, roses ou violettes, suivant les variétés, disposées en corymbe, et portées sur des pédicelles articuiést Les fruits sont de petites Laies globuleuses, d'abord vertes, et ensuite violacées.

La pomme de terre se propage par ses graines et par ses tubercules.

(ihaque tubercule peut ôlre divisé en deux ou trois parties (fifl. 18). La portion située au-dessus de sa ligne AA forme la couronne; la section déterminée par les lignes AA et BB ' constitue partie centrair; entin, la partie située au-dessous de la ligne BB forme la base du tubercule à laquelle était insérée la tige souterraine.

Les Anglais ont recommandé de diviser les tubercules entre les bgne> AA et BB, et de ne planter que la couronne.

Fig. 18. — Tubercule divisé en trois parties.

M. V. Ciiatel a aussi reconunandé cette année de rejeter des plantations les parties inférieures qu'il appelle /)om/n<'^ de terre femelles; mais comme Slephens, il ne justifie sa proposition.

La couronne contient-elle plus de fécule- que la partie médiane et la base? Cette question mérite d'être étudiée.

Les tiges sont délicates, et elles peuvent être détruites en avril ou mai par des froids tardifs, ou en septembre ou octobre par des gelées ])récoces.

POICME DE T£RRE. 137

En gi'iit'M'al, retfp solanée exige, d'après les ohsorvntions de M. de Gasparii). de 2200 à 3000 degrés de chaleur totale, selon qu'elle est plas ou moins tardive, pour mûrir ses tu* bercules. Ces bourgeons souterrains ont atteint tout leur

développement, lorsque les tiges et les feuilles sont entièrement sèches.

Les tuliercules mis en terre à l'automne à O^^U, à 0»,20 de profondeur, supportent très-bien 8" à — isf. ¥arfféfé«. — En 1789, alors que Parmentier prouvait k la

France que c'était bien à tort que l'on regardait la pomme de terre comme un aliment insalubre, on ne connaissait que onze variétés de cette plante. Depuis, le nombre a considérablement augmenté; en 1848, la collection que cultive

M. Vilmorin et qui api ai titnt à la Société centrale d'agriculture, en renfermait 221 formant 12 classes distinctes, savoir :

1* IM groaset jauoea rondes. 1* Les rouges demi-longues.

2* Les petites jaunes rondes. 8" Les rouget longues lisses.

3" Les jaunes longues entaillées. !)" Les roupps longues entaillées. i

ft" Les jaunes longues lisses. lii' Les \i(»I('ties rondes.

li" Ijis blanches rosées rondes. H" Les violettes longues lisses.

6r Les rouges rondes. 12' Les violettes longues entaillées.

Cette classitication n'est pas celle qu'ont admise MM. Girardin et Dubreuil. Ils ont rangé les variétés qu'ils ont étu* diées, en trois classes, savoir :

1" Les palraques ou rondes.

2* Lès fNinMiif^f ou aplaties. . ^ 3« Les «ilefoffes ou cylindriques.

La piatique n'a pas adopté ce mode de classement. I*our elle, les variétés forment quatre catégories distinctes :

!• Les variétés hâtives.

1" Les variétés tardives.

3" l^es variétés non coureuses.

4' Les variétés coureuses.

Avant 1845, époque à laquelle la maladie actuelle com-

inenca ses ravages , on cultivait dans les champs une douzaine de variétés appartenant à ces diverses classes. La plupart de ces races but été abaadonnées depuis et remplacées par des variétés précoces. Cette substitution n'a pas aug* nienté la production des tnl)ercule8 , car les variétés hâtivfls sont beaucoup moins productives que celles qui mûrissent leurs bourgeons souterrains tardivement; mais ou a pu arracher ces derniers plus tôt, et les soustraire , par conséquent , à l'influence du mal. [L'expérience a prouvé dans toutes les contrée.N, que les tubercules des variétés tardive?? ont toujours été beaucoup plus altérés que ceux des variétés précoces.

Ce sont ces faits qui m'obligent à ne mentionner ici que

10 variétés, que je diviserai en deux classes:

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