VARIÉTÉS DE GRANDE CULTURE
l« Shaw ou chave» — Tubercule assez rond, un peu ovoïde; peau et chair jaunes; yeux enfoncés» au nombre de 12 en moyenne par chaque tubercule ; peau jaune verdâtre un peu
gercée ; germes teintés de violet ; feuilles ondulées, contournées, un peu cloquées; fleurs iilas.
Variété excellente, productive et hâtive, connue sous le nom de pomme de terre de Saint^Jean; elle mûrit ses tubercules dans les premiers jours d'août^ Ces derniers se conservent sains jusqu'en mai.
Segonzac. ~ Tubercule presque rond ; peau jaune ver-, dàtre; légèrement gercée; germes teintés de violet; chair jaune un peu grossière; jeux enfoncés au nombre de 8 en moyenne; leuiiies Irès-contûurnées , ondulées et cloquées très^irrégulièrement.
PLANTES ALIMENTAIRES ET FOURRAGÈRES
Planche XII!
Pornmc de lerrc Sc^on/ac
PLANTES ALIMENTAIRES ET FOURRAGERES
l'omme do irrre tardive d'Irlande
Variété plus productive que la précédente, avec laquelle elle a beaucoup d'analogie, mais un peu moins bàtive.
3^ /eiftry. — Tùbercule gros, un pieu ovoïde, irrégullèrer ment et légèrement aplati; peau jaune grisâtre; yeux trèsprononcés, au nombre de 11 en moyenne.
Variété proddctive et excellente; elle est assez . bâtive.
4* Patraque jauM, Tubercule gros et arrondi ; peau jaune claire; chair jaune ; germes rose clair.
Variété tardive, mais très-productive, h fleurs pAles, mal épanouies, ne produisant pas de graines; ses tubercules sont ramassés au pied de la plante, et n'arrivent à maturité que yers la fin d'aoât. Elle est maintenant très-rare.
5" Tardive dlr lande. — Tuhevcu\e arrondi, un peu bosselé; yeux très-enfoncés; peau jaune panachée de rouge; germes teintés de rose; chair blanche; feuilles pointues, pliées à la base, étroites, allongées et cloquées; fleurs petites et lilas.
Variété qui produit des fleurs et des graines en abondance;
elle est moins productive que la P. Segonzar , mais elle est de longue garde et produit ses germes très-tard; elle mûrit ses tubercules à la fin de septembre.
La pomme de terre de Rohan, variété ayant des tubercules àpeau rosée, nuancée dejaunAtre, arrondis irrégulièrement et volumineux , est très-productive ; mais on ne la cultive plus pour ainsi dire depuis 1845, parce qu'elle est très-tardive et presque toujours attaquée par la maladie. Cette belle variété avait été mtroduite d'Amérique en Europe, en 1830, par le prince de Rohan.
La variété dite patraque blanche, ou ox noble, ou grosse ades tubercules très^os, bosselés irréguUers,à peau blanche rosée. On l'a abandonnée parce qu'elle est tardive et très-coureuse ou traçante; elle était souvent mêlée à la patraque jaune. Sa chair est blanche, teintée de rose.
uo LES FIiANm FOURRAGÈRKS.
2* TARléréS DE MOYENNE CULTURE.
Kidney ou Marjoim. — Tubercule jaane allongé , aplati, un
peu ovoïde et atténué; peau jaune et lisse; yeux petits, au nombre de 7 en moyenne; chair blanc j au nAtre; germes blancs teintés de jaune; feuilles peu clo^uées, non contournées, concaves, luisantes et d'un lieau vert; fleurs nulles. * ' Variété excellente et plus hâtive que la P. Shaw.
2° TrujfQ iTaoùt ou rouge rmde. — Tubercule arrondi et irrégulier; peau rouge brun, rugueuse ou gercée ; chair blanc verdAtre; germes rose un peu violacé; yeux situés dans des cavités profondes; feuilles pointues, ondulées et contournées ; fleurs blanches.
Très-bonne variété , mûrissant ses tubercules vers la ûn d'août.
3* Yitehueùn «omtcAonroti^.» Tubercule allongé, aplat ; peau rose clair et unie; chair blanche très-ferme; yeux fortement entaillés; germes rose violacé; fleurs grandes et blanches; tiges teintées de rouge brun.
Variété un peu plus hâtive que la précédente et très-estimée; ses tubercules ne se dilatent pas par la cuisson.
4° Jawic (le lluUamU ou cornichon jaune. — Tubercule aplati, allongé, un peu pointu à l'une de ses extrémité^} ; peau Jaune et lisse; chair jaunâtre line et farineuse; yeux un peu saillants au nombre de 10 en moyenne; germes blanc lilacé; fleurs lilas violacé et penchées.
Variété recherchée pour la table et de bonne conservation.
5* hsmgé d$ Hoikmde, Tubercule allougé, très -aplati et souvent contounié oucrodiu; peau lisse rouge violacé un
peu rugueuse; yeux très-peu apparents au nombre de 12 en moyenne; germes rose violacé; fleurs grandes et blanches;
POMlUb i>£ TERRE.
feuilles petites, allongées, linement cloquées et piiées à la base.
6*" Pousu debout, eunUeuse, — Tubercule allongé, méplat, aminci vers la base; peau rose Tiolacé; chair jaunâtre ; yeux proéminents; germe blauc rosé.
Variété très-productive , mais de qualité secondaire.
C«Hip««i«i«B* — La densité de la pomme de terre est plus grande que celle de la carotte, mais moins élevée que le poids spéciGque de la betterave. Voici les faits que M. Le Corbeiller a constatés :
Tu. ptliU, Tu. m&yem, Tu.grot. DauUimo^
Kidliey 1 ,09î 1,130 1,096 1,106
Shaw 1,107 1,002 1,098 1,099
JeuxY 1,102 » 1,072 1,087
SegoDzac 1,093 1,096 1,089 1,002
J.deHoUamle 1,080 1,00S 1,067 1,091
'R.deHoUande 1,138 l^t» 1,113 l,m
Hoyennes 1,103 1,109 1,093 1,081
Voici quelle est la composition de ces variétés :
F.au. Mutiires srchcs. Féenle.
Kidney <3,60 26,40 20,40
Slaw 73, i: 37,33 31,33
Jeuiy 74,83 25,17 19,17
Segonzac 78,03 21,97 ir>,97
J. de Hollande 79,47 20„V{ 14,53
R. de Hollande 69,33 6U,(iB 24, C8
De ces analjfses , jfkjtes par M. Le Corbeiller, on peut conclure que la quantité de fécule qqe renferme la pomme de
terre est exactement en raison inverse de la quantité d eau qu'elle contient.Toutefois, la proportion des parties amylacées doit varier pour toutes les variétés , suivant que le sol est argileux ou siliceux. Ainsi , M. Krocher a trouvé qu'une variété cultivée dans un sol argileux m tluitnait (|iie 13,07 pour 100 de fécule, alors qu elle en renfermait ifi^kk, quand on la cultivait sur un terrain sablonneux.
Suivant M. Payen, la pomme de terre rejiferme les matières suivantes :
Féeule 20,00
fipiderroe, pectates et pectinates de chiiu, loude «t p«tatie. 1 ,66
Albumine r;t matières azotfes analogues 1,50
Asparagine O.î?
Matières graases 0,10
Sucre, résine, huile essentielle 1 , 07
Citrate de potasse , phoq)hate de potas&e . de chaux, de magnésie, silice, albumine, oxydes de Ter et de magnésie ... 1 .r>b £au 74,01)
La lane sèche contient d'après M. Uertwig :
Carbonate de «Nide et sulbte de potasse 4 ,69
Hydroclilorate de soude. ........ .. i 2h
Carbonate de c)iau\ ... 4J ,t>S
UagQÔsie 3,76
Phosphate de chaux et de magnésie . 5,73
Phosphate de fer e 1,30
Pho.sphate d*alamine 2,7&
Silice 29. «î
Porte «.,00
MM. Berthicr et Braconnot avaient déjà coustaté que celle fane renferme 59,40 pour lûû de sels de chaux et de ma* goésie.
Je compléterai ces données par le tableau solvant, indiquant la quantité de fécule pour 100 parties de tubercules :
Paym. Ant9ine,
Patraque jaune 23,30 J. de Jlollande 19.30
Shaw 22,(X) Sbaw 18,80
ScgoDiac 30,50 Vîtelone 18,14
Rohaa 16,00 TruSh d'août 18,00
Tardive d'Irlande 13,30 Patraque blanche 17,60
Ainsi , d*uue manière générale , la pomme de terre renferme de 69 à 78 pour 100 d*eau et 15 à 25 de fécule. Vau-
quelin , eu analysant, il y a trente ans, 48 variétés de pommes 'de terre, avait trouvé qu'elles cou tenaient 67 à 78 d eau et
SO à S8 de fécule. Cette diminution de la partie amylacée est sunisante pour admettre que la pomme de terre a dégénéré, et qu'elle n'a plus les qualités qui la distinguaient à l'époque où Louis XYI disait, dans le palais de Versailles , en plaçant à sa boutonnière un bouquet de fleurs de cette plante : La pomme de terre rsf le paiji <ln pmwre !
T«miB. A. Nature. — La ponune de terre réussit dsns tous les terrains profonds qui ne sont pas humides. Ainsi, elle peut être cultivée sur les sols argilo-sîliceux, les U'i i ahis sablonneux ou calcaires et les terres toui beuses assainies. Les terrains très-argileux senties seuls sur lesquels elle végète mal. On sait combien ces sols sont humides au printemps et en automne, et secs et compacts pendant Tété. Toutefois, si les terrains légers, par exemple les .sols silico-calcaires ou argilo-siliceux , lui permettent de vt'géter facilement dans les contrées du Nord et du Centre, et d'y produire des tubércules très-chargés de fécule, on doit, comme elle redoute beaucoup les longues sécheresses dans les provinces du Midi, la cultiver de préférence sur des terres qui se rapprochent le plus possible, par leurs caractères physiques , des sols argileux. L'expérience a prouvé qu'elle ne réussissait sur les sables, dans ces contrées, que lorsqu'ils étaient prolonds et frais pendant l'été.
Voici le résultat d'une expérience faite en 1825 par MM. Payen et Chevallier. Cet essai avait pour but de connaître la quantité d*eau contenue dans les tubercules, il prouve combien le sol influe sur la qualité des tubercules.
Truffe ft'août .
Viteiotte.. . .
Patraque jauQ0.
Uottando jaune.
ronge.
Sol «ep.
Sol humide.
LES PtAnXES FOURRAGÈRES.
Toutes ces pommes de terre avaient été cuiiivctb dans le m^nic terraia,
B. Préparation. — La pomme de terre, à cause de ses longaes et nombreuses racines, demande des terres parfaite-
ment pi éjiarées et ameublies par dos labours i)ro fonds.
On donne ordinairement au terrain sur Icquel cUe doit être cultivée un labour avant l'hiver, un second en février* et un troisième avant ou au moment de la plantation. Le premier labour sera exécuté de manière que le soc de la charrue attaque le sol dans toute son épaisseur. Lorsque ia couche arable est peu profonde, on iait suivre la charrue par une charrue sous-sol, afin d'ameublir la couche infé-' rieuresans la mélanger avec le sol. C'est ainsi pr«>paréeque la terre permet a la pomme de terre de i)roduirc tous les tubercules qu'elle peut donner, eu égard à la fertilité de la couche végétale. Ainsi, M. de Ghançay a obtenu, par hectare, à.Salnt-Didier (Rhône), les résultats suivants:
Sol labuurû à 0"', 10 ... 7 200 Icll. do tuliercules.
— iM-^cbé à (r,20 8 600 —
— défODcé à 0-,4â, ... 10900 " —
Les terres défoncées soudi eut moins de l'excès de l'humidité et elles sont plus fraîches pendant les grandes sécheresses.
On complète la préparation du sol par des hersages et des
roulages, si coux-ci sont nécessaires.
Les terres sur lesquelles on doit cultiver la pomme déterre en billona sont d'abord préparées k plat à l'aide de plusieurs labours.
C. Pertilîté. — La pomme de terre est uni plante à la fois exigeante et épuisante. Sous tous les climats et dans tous les terrains, ses produits ont toujours été en raison directe de la fertilité des terres où elle était cultivée. Une expérience
POMM£ D£ TERR£.
faite par Arthur Youug justilie cette règle. Il appliqua par hectare ;
56 mètres cubes de fumier et obtint 175 hect. ou 13,120 kil.
La partie non fumée avait donné 157 — 11 ,810
Ces résultats ont été confirmés par de nouvelles expériences, et ils permettent de dire que la pomme de terre doit être cultivée, si un lui demande des produits abondants, sur des terres bien fumées. Mais peut-on remplacer le fumier de ferme par des engrais riches en principes azotés ou en alcalis? Nfathieu de Dombasle ne le pensait jtas. Celte opinion était une erreur. Voici deux expériences qui prouvent que la pomme de terre est d'autant plus productive , qu'elle végète sur des terrains fertilisés par des substances dans lesquelles les matières salines sont alliées ù des principes azotés ou carbonés :
Qvantiti* appiiqitéet, i>ro4iii(r.
I Aucun rngrais » kil. 17. non kil.
g \ Guano 500 3G,i'(K)
^ i Cendres de bois 4^ hect. 19,U00
g 1 Tourteau pulvérisé 2 500 kil. 25 ,000
I Os pulvérisés 40 hect. 24,000
[ Adcun engrais » kil. 19,000
a \ Sulfate de soude. * 250 20,000
I / Sulfate lie chaux 625 20,000
g j Sulfate (le soude 125 j qqq
( Sulfate d'ammoniaque... 125 i '
Je compléterai ces exemples en raptiortant l'expérience (aite par H. Fleming, dans le but de bien connaître l'in*
fluence exercée par les principes salins sur le produit de la pomme de terre. Dans les deux essais que je (l anscris, le sol avait été fertilisé par du fumier, comme si aucune substance
supplémentaire ne devait Atre expérimentée. C'est dans le couraot de juin, alors que les plantes étaient déjà développées» que les substances salines furent appliquées au pied de chaque pomme de terre.
!■* eiepérienee.
Fumier seul
190 kil. sulfate d^ammcoiaque. . .
100 nitrate de soude
190 — de potasse
2dO sulTate de soude
La quantité de fumier appliquée sur ces cinq parties fut de 52 000 kilog* par hectare»
2"* expérience.
Fumier seul
190 kil. nitrate (If srMi(l*>
190 sulfate (raujuioniaque. . .
350 sulfate de &uude
Le fumier, sur ces quatre parties , fut employé à la dose de 43000 kilog. par hectare.
Ainsi, dans ces deux expériences, les substances salines, sauf le sulfate de soude , qui n'a produit aucun effet, ont augmenté d'un tiers environ la produciion des tul)ercules. Ces faits expliquent pourquoi à Grignon, les pommes de terre quoique cultivées sur une fumure de 60 000 kilog. par hectare, ne donnent pas des produits aussi élevés que ceux obtenus dans la première expérience faite par M. Flemin*?.
LMnUtieuce favorable exercée sur le produit de la poiume de terre par le nitrate rappelle la quantité assez considérable de potasse qu'on rencontre dans les cendres provenant de l'incinération des tiges de celte solanée. Certes, raction de ce sel mérite d'être expérinienlée de nouveau.
Le docteurGrouven ayant expérimenté l'action des engrais
32,00U kil. de pommes de terre.
22,000 kil. de pommes de terre.
minéraux composés aux engrais riches ea azote, a obtenu les résultats suivants :
p. de terre fumi'es i*. de terre fuinces mee dit engroU minérawe. atee det engraii ttès-a:oté^,
Amidon... 14,91 15,58
Matières proléiquei J,17 3,80
Dextrine, pectine, etc. 2,34 1,29
Sucre ... 0,15 0,11
Matières grasses. . . 0,29 0,31
Matiftres eitractives J , 70 1 , 99
Cellulose 0,99 * 1,03
M.^ti^rcs minérali!,. 1,00 0,90
Acide phosphorique 0,16 »
Eau 76,45 7ô,19
Ainsi le fumier a augmenté l'amidon au détriment de la dextrine , et il a élevé la proportion des matières protéiques.
M. de Gasparin , s'appuyaut sur des faits observés par Mathieu de Dombasle, admet que si on substituait à 100 kil. de ftimier de ferme un engrais dosant 0,40 d'azote, on ne remplacerait pas l'effet du fumier. Les cliitires recueillis en 1843 par Lindley sont contraires à ce principe. Ainsi, avec 500 kilog. de guano dosant S3 kilog. d*azote , et ayant pour équivalent 58 000 kil. de fumier, cet expérimentateur a obtenu par hectare 31 ÛÛO kiloj:. de ponmies de terre. Cette quantité correspond exactement à celle récoltée dans la pre* mière expérience de M. Fleming.
OsMtité A mppuqvev. — Jusqu'à quelle dose
peut-on élever les fumures dans la cullure de la pomme de terre? Cette question, posée par M. de Gasparin, a conduit ce savant agriculteur à dire qu'il fallait appliquer par hec* tare^ par chaque 100 kilog. de tubercules qu'on espère récolter, 267 kilog. de fumier de ferme. Ainsi, pour obtenir 30 000 kilog. de tubercules, il faudrait fumer le sol à raison de 80 ÛÛO kilog. par hectare. Cette fumure me parait trop
LES PLANT£S FOURRAG£R£S.
élevée. Je suis convaincu qu'une fumure de 30 000 kilog. suiitit pour obtenir ce produit. C'est donc environ loo kiiog. de fumier qu'il faut appliquer par chaque 100 kilog. de tubercules que ron croit pouvoir récolter. Ce chiflre est parfaitement d'accord avec la pratique qui regarde la pomme de terre comme beaucoup plus épuisaote que la betterave et la carotte.
Voici quelle serait la quautité de fumier qu'il conviendrait d'employer par chaque 100 kilog. de tubercules, suivant:
Cmd 250 kil.
Thaèr loo
Schwerz 100
Wogbt 100
Moyenne. ... ' 137 kil
Ainsi, 100 kilog. de fumier produiraient environ .72 kilog. de tubercules.
La quantité d'azote contenue dans les 100 kilog. de fumier,
que je regai de avec Thaër coniine suffisante , correspond à celle que renferment lOO kilog. de tubercules.
a«iii»iieatfM. — A. Tubercule.» Le moyen de propaga* tion le plus généralement suivi consiste à planter des tubercules entiers ou coupés. Cette méthode est celle qui a donné jusqu'à ce jour les meilleurs résultats. Lorsque les circonstances ou le volume des tubercules obligent à planter des fragments, on doit couper les tubercules en biseau ou obli* quemcntet non par rouelles. Les yeux des morceaux que l'on obtient eu coupant les tubercules suivant ce dernier mode sont moins environnés de chair, et celle-ci oiTrant deux surfaces, peut être facilement altérée par l'humidité du sol. Il est utile de couper les tubercules un ou deux jours avant leur mise en terre, ulin que leur surface se sèche et qu elle soit moins sujette à la pourriture.
POmŒ DE TBRBE. 149
B. Pelure munie d'yeux. — On peut, quand les pommes de terre sont rares et chères, ne planter que les yeux après les avoir détachés des tubercules avec un peu de pulpe. Ce
inoyen a été souvent pratiqué en i raiK t dans les années de disette. iMais i)our qu'il sôit réellement favorable, il faut : !• éviter de laisser longtemps les germes latants à l'action de l'air qui les dessèche proroptement; S* les planter dans des
terres bien ameublies et substantielles.
On a obtenu en Angleterre les résultats suivants :
4 yeux pUmlés dans un sol trës-rertile ont donné 16 kil. de tubercules.
4 — richa — 14 —
4 — de bonne quai. — 9 —
4 — • trèa-ordtoaire — 7 —
Ces faits prouvent combien il est utile de planter les yeux dans un sol très-substantiel ou très-riche, G. Pousses séPATiihEs. — On peut aussi, dans les mêmes
circonstances ou lorsqu'il s'agit de multiplier une Narieté nouvelle, planter des germes. Ce mode de propagation se pratique quand les yeux ont produit des pousses, soit que les tubercules aient été rois en terre, soit quMls soient restés dans des caves. On ne doit détacher ces pousses que lorsqu'on a acquis la certitude qu'elles sont munies de quelques radicules.
D. Bouture. ^ On propage aussi la pomme de terre par bouture. Ce moyen, connu depuis près d'un siècle, consiste à eonper les tiges au-dessus du sol lorsqu'elles ont 0'",10 à 0"',20 de hauteur et à les planter dans des terres bien préparées en ayant soin de les garantir pendant quelques jours de l'action du soleil et du hâle. Ce mode de préparation a souvent été proposé comme nouveau depuis 1845, bien qu'il ait été décrit en 1789 par Parmentier; il ne mérite d'être adopté que dans les jardins ou dans des circonstances parti-
LES PLiVNTES FOURRAGÈRES.
culières, eomme l'eicessWe cherté des pommes de terre à
l'époque de la planta! i- ii.
Un homme et une femme piauteol par jour 3000 boutures ou 10 ares.
£. Marcotte. — Enfin on a jiroposé de coucher les tiges de la pomme de terre et de les couvrir de terre, afin que des racines et des bourgeons souterrains se développent sur les parties enterrées. Ce mode de propagation est on véritable provignage. Les chances d'însuccès qu il présente n*ontpas permis de le pratiquer dans les cultures ordinaires.
En résumé, ces quatre derniers moyens de multiplication, ainsi que le prouvent les expériences faite par M. F. Yilteroy et M.Garopbell, sont de beaucoup inférieurs à la propagation par tubercules, et on ne doit les pratiquer qut; lorsque la nécessité l'exige.
F. Grainbs. — La pomme de terre se reproduit facilement par graines; mais comme elle ne donne pas par ce moyen
des tubercules semblables sous tous les raji{)orts aux bourgeons souterrains des plantes qui ont produit les semences, on ne peut adopter ce mode de propagation que lorsqu'il s'agit d'obtenir des variétés nouvelles. C'est par les semis, en eiïet, qu'on a obtenu les nombreuses variétés que Ton possède. A l'époque de l'apparition en Kurope do la maladie qui attaque en ce moment la 'pomme de terre, on ût de nom* breux semis dans l'espérance que les nouveaux tubercules restmient sains ; mats tous les semis exécutés n'ont foit qu'accroître le nombre des variétés sans régénérer l'espèce. Pour obtenir des graines, il faut quand les baies sont ûres, les suspendre avec des cordes dans des greniers pour qu'elles achèvent leur complète maturité. Alors on les écrase avec la main dans un vase rempli d'eau et on en exprime la pulpe mucilagineuse. L'eau doit être rendue légèrement
alcaline par un peu de soude ou de potasse, afin qu'elle dissolve la visco&ité de la pulpe. On lave à plusieurs reprises, et on laisse ensuite sécher les graines sur une toile. Les graines de pommes de terre ressemblent beaucoup aux semences de toi] 1 a tes.
Les semis se font en mars sur couche ou en avril en pleine terre. On doit choisir, dans ce dernier cas, des terres riches et très^meubles. On répand la graine dans des rayons peu profonds et espacés de 0'",10, et on abrite ensuite le semis des gelées pendant les nuits par des diâssis ou des paillassons.
Les graines germent au bout de 20 jours. Quand les plantes ont 0",I0 de hauteur on les édairdt, si cela est nécessaire, et
en mai ou juin on les met en place comme s'il s ap^issaitd'une plantation ordinaire. On arrose une fois ou deux après la plantation pour faciliter la reprise des plants. Ainsi cultivée, la pomme de terre donne, dès la première année, des tubercules d'un volume ordinaire. Lorsqu'on fait des semis dans ]<' but d'obtenir des variétés nouvelles, on coiiserve tous les tubercules pour les planter l'année suivante. Ge n'est qu'après la deuxième récolte qu'on peut juger exactement de la forme, de la couleur, de la productivité et de la qualité des tubercules.
Lorsque les semis ont été faits à demeure, on n'obtient ordinairement, la prenûère année, que de très^petits tubercules. U Culture printmière, — Jusqu'à ce jour la pomme de
terre a été généralement plantée au printemps. C'est doncce mode de culture que je dois d'abord examiner.
FiMiMioM, A. ÉPOQUE. — La plantation des tubercules se fait depuis le mois de mars jusqu'en mat, suivant la nature
du sol, le moment où la prL'jtaration de la couche arable est terminée, la manière d'être du climat et la variété que l'on cultive. Les plantations tardives, dans les terres argileuses et
15S LES PLANTES FOURRAGERES.
humides, et lorsque les mois de mars et avril sont très-pluvieux, réussissent toujours mieux qoe celles que l'on éxécote de très-bonne heure. Dans les sols perméables et les localités
sèches, on doit planter, autant que possible , vers la fin de l'hiver.
B. Choix des tubercules. ^ Les tubercules destinés à la plantation doivent être sains et ne point avoir développé
leurs germes. Ceux qui ont produit de longues pousses sont toujours épuisés, et ne donnentjamais naissance à des touiïes formées de tiges vigoureuses et développées.
G*est pour ce motif qu'il est utile d*enlever à l'aide de la main tous les germes qui se développent avant la plantation sur les tuljLMvules ré^^ervf^s pour cette opération.
Mais doit- on choisir de préférence de gros tubercules, ou est-il utile de ne planter que des tubercules petits ou moyen? Cette question a fait nattre bien des opinions, et elle adonné lieu à drs cxpéi iences iiuiiiljreu^es. Quoi qu'il en soit, les plus gros tubei'cules sont ceux qu'on doit préférer. Ce principe est justifié par les expériences faites par Anderson en 1776, Bergier en 1797, Villeroy en 1834. Voici le résumé de ces essais :
Yolume àm pommée ûê Um.
Y. I Grosses entières.
^ ) Grosses ayant un œil..
g j l'etues entières
^ ( Petites coupées en deux
i Grosses entières .Moyennes entières Petites entières En morceaux /
Grosses entières
Grossps coupées en deux.. , . .
o Moyennes entières
^ Moyennes divisées en deux.. .
f Petites entières
" l Très-petites entières
3 kil
9 kil.
îiOO
SOO
lao
POHME BB TERRE. 153
Ainsi, dans chacune de ces expériences, les grosses pommes déterre ont eu Tavantage sur les tubercules de moyenne
grosseur et petits, et celles entières, ù part leur volume, ont été plus productives que les fragments de tubercules. Ces faits sont naturels. On sait que les tiges qui se développent sur des tubercules volumineux ont toujours dans leur début une végétation vigoureuse, parce qu'elles ont pu puiser une grande masse d'aliineuts ; on sait aussi que les tiges que développent les tubercules de petit volume ou les morceaux, sont toujours plus faibles, à cause du peu de nourriture que la pomme de terre leur a fourni pendant leur première existence,
G. Mode de plantation. ^ A la bêche, ~ La plantation à la bêche est la méthode la plus parfaite; on la pratique sur
des terres complètement préparées et fumées. L'ouvrier qui l'exécute creuse d'abord un trou, à l'aide de la béchc en tète du champ et sur l'un de ses côtés; puis il fait un pas en ar* rière, creuse un nouveau trou, et jette la terre qui en provient sur le premier, dans lequel un enfant, muni d'un panier . rempli de pommes de terre, a placé un tubercule entier ou divisé. Alors il fait encore un pas à reculons, ouvre un troisième poquet et jette dans le second trou la terre extraite. C'est en continuant ainsi jusqu*à l'autre extrémité du champ qu'il exécute la plantation. Ce travail est simple, mais ilexige de l'habitude, afin que les trous soient régulièrement espacés et que les lignes soient bien parallèles. Un enfant intelligent peut accompagner deux ouvriers.
Dans les environs de Paris, ce mode de plantation est payé de 12 à 15 fr. l'hectare.
Un ouvrier, aidé d'un enlknt, peut planter environ 15 ares par jour.
Ce mode de plantation a été comparé en IdbSàGrignon
à la plantation à la charrue. Voici les résultats qu'on en a obtenus :
Plantation A la lèche 337 heotoUtrea à l'bectare.
— à la charrue 396 — —
DifTérenco en faveur du premier mode de culture 41 hectolitres.
9^ A la hùue, — Lorsque la culture de la pomme de terre est faite sur une faible étendue, ou pratiquée sur des champs
situés sur des terrains très-inclinés, on l'exécute souvent avec la houe plate ou à dents. Ce mode de plantation n'exige pas que Touvrier soit accompag;né d'un aide. 11 se met à cheval sur la ligne de poquets qu'il ])lante, et prend les tuber* cules dans le panier qui se trouve à sa gauche, et qu'il déplace chaque fois qull fait un pas en avant. 11 se sert de la terre du second trou pour combler le premier, et ainsi de suite.
3"* A la charrue. — Lorsque la plantation doit être faite avec la charrue, ou enterre, le plus ordinairement, le fumier par le labour de plantation. L'expérience a prouvé qu'il devait être à demi décomposé pour qu'il soit parfaitement enterré. Les fumiers courts dans cette culture ne sont pas nieilkui s que les fumiers longs ou pailleux.
La plantation à la charrue s'exécute de deux manières : a. Culture en billons. — Lorsque la terre a été bien préparée par plusieurs labours et hersages, on ouvre, à l'aide de la charrue ordinaire, ou mieux avec celle à deux versoirs, que Ton nomme btutoir ou charrue double, une suite de sillons séparés par des ados. C'est dans ces raies que l'on place le fumier ainsi que les tubercules. Lorsque ces deux opérations ont été faites, on refend avec la môme charrue les ados qui séparent les sillons. 11 importe beaucoup que ce dernier tra-
POMME DE TEBBE.
vail soit parfaitement exécut('*. Si les billons n'étaient pas réguliers < t les tubercules complètement euterrés, il faudrait réunir les deux bandes de terre à l'aide d*un râteau, ou mieux d'une petite herse courbe, de manière à donner aux ados une forme bien convexe.
Ce mode de plantation convient aux terres qui manquent de profondeur; il est aussi utile lorsque le fumier est appliqué en petite quantité.
b. Culture à plat. — Lorsque le sol peut être labouré en plandies, et qu'on applique une bonne fumure sur toute l'étendue qu'on veut cultiver, avec une charrue ou adosse trois bandes de terre sur une ligne donnée. Ouand ce travail est terminé , on exécute un nouvel ados à 15 ou SO mètres de distance. Pendant le temps que la charrue exécute ce second labour, des femmes opèrent la pose des tubercules sur les dernières bandes du premier ados en ayant soin, s'il s\igit de morceaux , de placer la partie coupée contre le sol pour que les pousses se développent plus aisément. On doit surveiller le travail des planteuses, afin qu'elles espacent régulièrement les tubercules dans les bandes de (erre. C'est mal opérer que de les placer sur le fond des raies ouvertes. Ainsi posés, les tubercules sont souvent écrasés par le pied des animaux. Les planteuses doivent être suflisammeot nombreuses pour terminer la plantation des bandes du premier labour, lorsque la charrue abandonne le second ados pour renverser contre les tubercules deux ou trois bandes de terre.
Quand la plantation est ainsi disposée, la charrue laboure alternativement sur une planche pendant que les femmes
agissent sur l'autre.
Quelquefois on agit d'une autre manière. On ne laboure qu'une planche, et on ne fait planter qu'une seule bande
156 LES PLANTES F0URIUG|;R£S.
de terre à chaqiip tour. Alors la cliarrue laboure fonîmufllement, et les femmes plantent la i", la 4% la 7% la 10» bande de terre et ainsi de suite, si les tubercules doivent être placés sur cbaque troisième raie. Dans le cas où Ton planterait sur
chaqiu lit uxirme raio, les planteuses devraient garnir de tubercules la 2% la 3', la 6% la V et la 10* bande, èt ainsi de suite.
La plantation à la charrue est la méthode la plus expéditive
et la plus économique.
Il faut ordinairement lorsqu'on laboure alterna livemenl deux planches, 4 femmes par cbai^ue charrue; 3 planteuses, et même parfois 2, suffisent quand la charrue fait un travail continu sur une place donnée.
On i)r'U( planter, avec ime charrue traînée par des ilievaux, de 40 à 45 ares par jour; avec des bœufs, on ue plante pas au delà de 32 à 35 ares.
4* Au pkmtùir, — Ce mode de plantation n'est favorable que lorsque les pommes de terre sont cultivées sur des terres très-meubles et qu'on les propage à l'aide d'yeux munis d'une faible quantité de pulpe.
5<> Au semoir, — On a inventé plusieurs fois des semoirs pour planter les tubercules. Le seul qui mérite d'être signalé est celui qu'a imaginé M. Saul. Ce semoir n'a pas été accepté par la pratique, parce qu'il ne recouvre pas de terre les tubercules.
KspacemnBt des lle^iies fit des Inbereales. — Les pomme^
de terre sont plantées sur des lignes distantes les unes des autres de O^jdO à O^fib, n faut cultiver des variétés à tiges très-développées , et
les planter sur des sols très-riches, pour pouvoir espacer les lignes à un mètre. Cette distance est la largeur maximum qu'on puisse adopter. J'en ai la preuve dans l'expérience
faite en Angleterre, en 1842, par la Société d'agriculture de Gloucester :
Les lignes espacées à f.OO ont donné 3.'>,70O kil. do tubercules. Celles — i-,33 — 29,500 —
L'espacement Te plus convenable est celui de O^.es.
Cependant, dans les sols secs et pauvres, on peut les rapprocher à 0"',55 ou O-^.eo, aiin que le sol soit mieux ombragé par les fanes.
Les tubercules se plantent sur les lignes & une distance de O^jdO. On peut , lorsqu'on cultive des variétés hâtives , ne
pas les éloigner les uns des autres de plus de 0''\'2b. Antoine a coniinné ces préceptes en disant des résultats l'ournis par l'expérience , que le produit de un hectare de pommes de terre :
Espacées à.. .. 0-,2() 0-,a2 O-jôO Û"j6d Doit être représenté:
Pftr IQO 64 57 48
Ces chiffres concordent avec les remarques faites par Mathieu de Dombasle et l'opinion émise par Kntght. Quantité de lubercnies. — On emploie , pour exécuter la
plantation d'un hectare de pommes de terre, de 1 8 à 'àO liectoiitres, suivant le nombre de touffes que Tou veut avoir et le volume de tubercules que l'on plante.
La moyenne est de 2« à 25 hectolitres comble.
Un hectolitre renferme le nombre de tubercules suivant :
Jr«<l. rat. BftL comble.
Grosses pommes de terra 500 à €00 100 à 800
Pommes de terre moyennes.. . SOO à 1 «000 1,200 à 1 ,400
Les premières pèsent chacune de 100 ft ISOgnunmes. Us secondes — 40 à 70 —
D'après ces résultats, il faudrait un volume de tubercules
158 LES PLANTES FOUHRAGÊASS.
deux et même trois fois plus grand pour planter un hectare, ai l'on employait des grosses pommes de terre entières de préférence à celles de grosseur moyenne, ainsi que Royer le
recommandait si judicieusement. Le contraire aurait lieu si on plantait les plus petits tubercul«'s, puisqu'un hectulilre de ces derniers en contient de 3000 à 5000. C'est la grande quantité d'hectolitres qu'il faudrait posséder pour exécuter la plantation avec de gros tubercules, qui a conduit, jusqu'à ce jour, les cultivateurs à ne planter que des pommes de terre de moyenne grosseur » ou à couper en deux celles d'un tort volume.
Si les lignes sont espacées de O^^Gb, on aura par hectare le
nombre suivant de touiles :
PimbdistaDts sur les lignes de.... . C^^SS 0**,40 0",50 Nombre de pieds 46,&0O 38,000 33,000
Voici le nombre (Thectolitres combler que l'on emploiera pour exécuter ces diverses plantations :
Gros tubercules coupL's en deux*.»»
Tubercule-- mou ns eulîcrs
Petits tubercules
Ces résultats démontrent lavantage de diolsir des tubercules bien développés et de les couper en- deux morceaux. Bn ne prenant en considération que les tubercules gros et
moyens, on constate les moyennes suivantes : 32, 26, 23 hectolitres.
Les quantités concernant les petites pommes de terre ne sont pas théoriques; elles expliquent pourquoi la statistique
générale de la Fi-ance indique que l'on emploie seulement 13 hectolitres de tubercules dans la région Nord-Ouest, lO dans celle Sud«-£8t^ et 8 dans les départements du Sud*Ouest pour
planter uu lioctare Ces fnibles qiKiuUtés permettent de dire que la culture de la pomme de terre est U*ès-mal eu tendue dans ces contrées.
G«lt«ra «'eatMelea. — A. Hersagb. — La première opératioii({ue l'on ext^cute après la plantation consiste en nn hersage énergique pratiqué au moyen d'une herse à deutb de fer. Ge hersage doit être fait en mai, lorsque les pousses apparaissent à la surface du sol. Exécuté par un beau temps et très-énergiquement , il ameublit la partie superlicielle de la couche arable, favorise la sortie des germes ou des tiges, et détruit les mauvaises herbes qui ont végété depuis la plantation. Ge hersage prévient toujours un binage lorsqu'on le répète immédiatement, et que le second train croise le premier.
fi. Binages. — Lorsque les tiges ont O'^.lb à û°*,20 d'élévation, on donne un binage à la houe & cheval. Cette opération doit être renouvelée toutes les fois qu'elle est nécessaire, afin que le sol soit toujonrs propre et exempt de mauvaises herbes. (Voir fiETTERAVEy p. 29.)
G. BuTTAGE. — La pomme de terre doit être buttée , surtout lorsqu'elle végète sur des sols secs ou peu profonds, et qu'elle
produit ses tubercules h la surface du sol. Cette opération, qui consiste à amonceler la terre au pied des plantes, et que l'on exécute au moyen de la binette ou du buttoir, préserve les tubercules de l'action de la lumière, et favorise leur développement par la plus grande fraîcheur qu'elle concentre autour des racines et des bourgeons souterrains.
On a émis, sur le buttage des pommes de terre, des opinions très-contradictoires. Mathieu de Dombasle , qui l'avait d'abord reuuiinn.mdé , a fini par le considérer comme une opération plutôt nuisible qu'utile. Cette opinion a été soutenue par plusieurs écrivains qui n*ont pas su se rendre compte
du résultat des expériences faites et des causes qui avaient pu exercer sur eux une inftuence sensible.
Je ne discuterai pas les opinions émises; je me bornerai à dire que les pommes de terre doivent être buttées dans les sols légers et secs, les étés où il règne de longues sécheresses et lorsqu'on cultive des variétés qui forment leurs tubercules à la superficie , pour ainsi dire, du sol. 11 faut donc , comme Tobserve si judicieusement M. Vilmorin , que chaque cultivateur étudie les ellets du buttage sur les variétés qu'il cultive sur sou exploitation, avant de mettre en doute sou efficacité ou de le proclamer comme une opération indispensable.
I>. Arrosage. — Dans le Midi on arrose souvent les pommes de terre après les avoir buttées. M. Bonnet, à Aubagne (Bouches-du-Khône), les irrigue trois ou quatre fois et obtient à l'aide de ces arrosements de 5 à 6 kilog. de tubercules par chaque touOe.
SoiisCr»eU«m d«s f«Mes. — On avait pensé qu'on pouvait couper les tiges, alors qu'elles étaient en pleine végétation , pour les donner comme aliment aux animaux domestiques , sans nuin' à la iiroduction des tubercules. Cette oi)ération n'est plus pratiquée inaiiiteiiant) car on a reconnu que les tiges et les organes foliacés étaient nécessaires pour que les tubercules pussent atteindre leur complet développement. Aucun doute ne peut désormais rester dans les esprits en présence des résultats obtenus par Mollerat. Ainsi, d'après ses expériences, la récolte par hectare se classe ainsi :
4,uoe kil.
Andersen avait obtenu des résultats aussi concluants. Ainsi^
Feuilles enlevas avant la iloraison
— apris la floraison
— un mois plus tard
— un peu avant U récolte
d'après ses observations, les lauts enlevées diminuent le produit des tubercules.
La récolte de cette expérience lut faite le 28 octobre. «•«•tHwiiaa dM flam* ^ Les variétés de pommes de terre que Ton cultivait avant 1845 produisaient des tiges très-
développées et des fleurs et des fruits en grand nombre. Ces fruits, qui se lurinaient au délriiueiil des sucs élaborés par les parties herbacées, nuisaient incontestablement au développement des tubercules. C'est alors qu*on eut l'idée d'enlever les fleurs afin de prévoir leur formation.
Auber^é fit cnuper, en 1835, toutes les llt-urs sur 50 ares. Cette opération fut faite par une femme armée d'une faucille qui passa dans tous les rangs. Le produit en tubercules de cette- surface s'éleva à 150 hectolitres; sur Tautre partie du champ cultivé en pommes do terre, il ne dépassa pas 140 hectolitres. La dépense qu'occasionna cet essai s'éleva à 2 fr.par hectare.
' J'ai rapporté cette expérience , à laquelle j'ai pris part, parce qu'un jour viendra où Von cultivera de nouveau les anciennes variétés tardives, comme la patraque blanche^ la jpatraqwjmnet etc. Alors» je ne doute pas qu'on ne reconnaisse, avec Bosc, la nécessité d'enlevçr leurs fleurs dans le but d'augmenter la qualité des tul)erculcs et de diminuer la faculté épuisante de la ponmie de terre.
2<> CvitoMMtoBiMie.^ Depuis plusieurs années, on a reconnu que les tubercules produits par les plantations faites en automne , étaient moins altérés par la maladie que ceux provenant de celles exécutées au printemps. Ainsi, les rapports adressés en 1849 à M. Lindey constatent Tim-
Au 2 août, de 77 par 100.