‹ Les plantes fourragèresChapitre 20 sur 115 · sept · texte numérisé non relu

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portance des plaotations laites en Angleterre en automne, où au plus tard vers les premiers jours de février. Voici le ré* sumé de ces procès-verbaux.

Époque de la ptenlaKofi. MteoUa «attwf . Béadtêi maladti*

Des résultats semblables ont été obtenus en France par M. Vilmorin , M. Victor Ghatel et M. Leroy-Mabille* Ils doivent engager les agriculteurs à planter de très-bonne heure les terres qu'ils destinent à la culture de la pomme de terre.

Lorsque les plantations doivent être faites pendant l'hiver, on doit choisir de préférence des terres légères , perméables et saines. Les tubercules passent difScilement Thiver dans les terres argileuses, froides et iiumides, et les sols argilosiliceux à sous-sols imperméables : ordinairement ils y pourrissent.

Si i*on fume, il faut appliquer de préférence des fumiers longs. Les fumures en couverture ont donné de bons résul- . tats on ce qu'elles garantissent le sol de rinfluence des gels et des dégels.

On ne doit planter que des tubercules entiers et appartenant à des variétés très-hâtives, et les placer à une profondeur de 0"\25, afin que les gelées ne puissent les atteindre.

Le sol doit être disposé en billons ou en petites planches , séparées par des dérayures profondes et bien nettoyées, pour que les eaux pluviales s'écoulent facilement.

Au printemps suivant , on donne les façons que réclame ordinairement la pomme de terre.

Ce mode de culture ne peut guère être pratiqué avantageux

AoKHnne

JaiiTier et février.

Mars

Avril

Mai et juin

25par lOO

75 par 100.

sèment en grand; aussi doit-on princi])alernenlle recommander pour les cultures qui sout faites sur de petites étendues.

iBMeiM aatolbiM. La pomme de terre est attaquée par plusieurs insectes. Ceux qui lui sont réellement nuisibles, sont :

La Courtiiière commune (Gryllus gryllotalpa » L. ) de la famille des orthoptères. Ce redoutable insecte circule sans cesse dans la couche superficielle du sol et sde, déchire avec ses pattes antérieures, toutes les racines qui se trouvent sur jhissage ; il se nourrit d'insectes et de vers. Les dégâts qu^il commet dans les cultures faites au moyen de graines sont souvent considérables. M. Carrière, au Muséum, a inventé dernièrement un petit })iége qui est destiné à rendre de grands services dans les jardins, en ce qu'il permet de détruire aisément cet insecte.

2" Le Hanneton f que tout le monde connaît et qui appar-^ tient à l'ordre des coléoptères, est plus redoutable que le précédent. Sa larve, que l'on nonnne ver blanc, turc, maiiy s* attaque aux racines et aux tubercules. On sait qu'elle vit trois années dans le sol avant d'être insecte parfait. G*èst pendant ce temps qu*elle devient nuisible aux cultures. On doit, au moment des labours, taire suivre les charrues par des entants, aOn qu'ils ramassent toutes les larves que le labour met à découvert. Les froids intenses en détruisent souvent un très-grand nombre ; principalement lorsque les terres ont été labourées vers la fin de Tautomne.

Maladies ou aitërationn. — La ponuiie de terre est sujette à plusieurs maladies outre celle qui l'attaque en ce moment. Ces altérations sont au nombre de quatre :

1» La frisolée, que Ton a désignée dans le Lyonnais sous le nom de frisée. Les plantes attaquées par celte maladie ont leurs tiges tachées de rouille et leurs feuilles marquées de

164 L£S PLANTES FOURRAGÈBKS.

pûiiUs jaunâtres et on parties repliées sur ellcs-mômes comme si elles étaient frisées, et leurs tubercules sont petits et peu nombreux. Cette altération a exercé jusqu'à ce jour peu de ravages. en France; c'est particulièrement en Angleterre qu'elle s'esl ruuntrre avec do fâcheux syni plûmes. On ne connaît pas de moyens de prévenir ou guérir cette afleciion.

fi» La rouille, qui apparaît aussi sur les feuilles; elle est due à une petite mucédinée ; elle diminue aussi le produit des plantes sur lesquelles elle se déveloi)j)e. (^ette maladie n'est pas très-grave, car elle est tout accidentelle ; on l'attribue à l'influence des brouillards d'été.

8» La gaîêy qui se montre à la surface des tubercules sous forme de petites excroissances remplies d'une poussière brune. M. Martin yense qu'elle est due à un cryptogame. Ce n*esl que très-rarement qu'on l'observe.

4o lia maladie acîwUe, qui depuis 15 ans alarme les populations de l'Europe. Cette altération s'est montrée en Amé- * riqueen 1843, et l'année suivante on ra\ait observée on Belgique et en Allemagne. Depuis cette époque elle n'a cessé de sévir sur la pomme de terre dans toutes les contrées euro» péennes en s'y propageant avec rapidité. On a soutenu plusieurs fois qu'elle était occasionnée par des insectes, mais il est aujourd'hui prouvé par les études de M. Morren, M. Decaisne, etc., que cette affection est due à une cause inconnue, et que le hotrytis infestons que Ton observe sur les parties malades en est l'efTet et non la cause.

Cette maladie, à laquelle on a donné le nom de pénétra' iion brune ou gangrène, apparaît d'abord sur les, tiges et les feuilles et ensuite sur les tubercules. Les tiges et les feuilles attaquées présentent çà et là des taches noires, et bientôt ellesse lanent et meurent; les tubercules otlrent extérieurement des taches foncées et réticulées ayant une direction

POMMS DE TERRE.

centrale, et ils no tardent pas à développer une odeur un peu vineuse; enfin, ii arrive bientôt un moment oh ces mêmes tubercules présentent des parties molles d'où découle une masse blanc jaunâtre, filante, ayant d'abord une odeur fade et plus tard une odeur infecte et putride, quoique la fécale ne soit point altérée.

On a expérimenté depuis son apparition mille moyens pour prévenir ou guérir cette désastreuse maladie, que Ton aurait observée en 1770 dans le Hanovre et en 1775 dans la Flandre et la Prusse; mais aucun résultat n'a pu être obtenu jusqu'à ce jour et elle est restée un fléau que Dieu seul peut arrêter.

Plante nnisible. — J.a pomnio de terre est parfois attaquée par un rhizoctane appelé Byssocladium violaceum, F1., plante qui produit des filaments byssoides d*une ténuité extrême et violAtres, et qui s*étendent sur les racines et les tubercules et arrêtent complètement leur développement. Ce parasite a été observé dans le Nivernais, en 1803 et 1807, par M. Simonnet» en 1847, dans la Bourgogne par M. Fieurot, et en Auvergne par 11. Lecoq. On ne connaît pas encore les causes qui lui donnent naissance. iVaprès les observations de M. Fleurot, ce rhizoctone ne se reproduit pas» si on Teniève des tubercules encore sains et si on plante ces mêmes tubercules dans un sol meuble, très-perméable et sec. (Voir Luzerne, planks nuisible^s.)

Arrmehmite. — A. ÉPOQUE. — Autrefois, oii arrachait les pommes de terré vers la fin de septembre et dans le courant d'octobre. Depuis que l'on a remplacé les variétés tardives par des races précoces, cette opération se fait depuis le 1 5 août jusqu'au 20 septembre. Quoi (ju'il en soit, on doit opérer dès que les fanes sont sèches et par un beau temps. Les tuhercules arrachés par un temps sec se conservent mieux, et

la terre qui adhère à leur surface est toiyours moins grande

que lorsqu*on procède à Tarrachage pendant les pluies ou lorsque la terre est humide.

B. A LA Hous*— L'ouvrier qui arrache les pommes de terre à Taide d'une boue fourchue que l'on appelle crochet^ se plaœ dans un sillon, de manière que le billon dans lequel sont situés les tubercules qu'il doit extraire, soit placé à sa gauche. Alors d'un seul coup il enlève une toutTe et ramène ses tubercules dans le sillon où il est placé; il sépare ensuite ces mêmes tubercules et les jette dans le sillon situé de l'autre côté du billon sur lequel il opère. Ce travail teiminé, il iûuiile de nouveau le sol pour s'assurer s il a arraché tous les tubercules de la première touffe, fait un pas en arrière et arrache un second pied de pommes de terre. Quand il est arrivé à l'extrémité du billon, il tourne à gauche et arrache la rangée de pommes de terre qui suit celle qu'il vient d'enlever. Les tubercules de cette deuxième ligne sont déposés dans le sillon qui a reçu les pommes de terre de la première raiij^ée, et qui est encore placé à la gauche de l'ouvrier. Il suit de là que les tubercules de deux lignes adjacentes sont déposés dans le même sillon.

L'en&nt ou la femme qui accompagne chaque arracheur, ramasse les tubercules et les dépose çà et là en tas de 0«,60 à O^.SO de hauteur.

Un ouvrier arrache par jour de 8 à 10 ares.

Une femme ramasse par jour de 80 à 30 hectolitres de pommes de terre.

Ainsi, Tarrachage d'un hectare exige en moyenne :

Bmdement, Joumiei é^kommet. hmmiti de femmtt.

m hMtolitres. 10 à 12 8

Digitize

Autrefois, on accordait à chaque ouvrier 5 centimes par hectolitre. Depuis l'apparition de la maladie et la diminution des produits de la pomme de terre, le prix de Tarrachage

varie entre 10 et 15 et nn^ino 20 centimes. A Hohenheîm, où lextraction se fait à bras et à la journée, on paye de 30 à 40 i'r. par hectare» ainsi que l'indicpie le tableau suivant : .

Rendement. Prix d'extraclion. Dépetis» s par hectare,

150 liect. n fr. 21 3'i fr. 50

350 on \î 1»

G. A LA FOURCBE. — L'amchage à la fourche n'est pratiqué que lorsque les terres sont sablonneuses, lès sols argileux ont tro]) de ténacité pour t^ue ce moyen puisse y être pratiqué avec facilité. L'ouvrier qui se sert de la fourche implante les dents de cet instrument à une faible distance d'une touffe, et il soulève celle-d de manière que les tubercules viennent sur le sol. Avant d'aMacher une seconde touile, il doit remuer une ou deux fois le sol, afin de bien s'assurer si tous les tubercules ont été mis à découvert.

D. A LA cHARRtJB. — On emploiB aussi la charrue ordinaire ou le buttoir, pour arracher les pommes de terre. Ce mode d'extraction laisse à désirer, car il arrive pi-esque toujours, quelles que soient les précautions prises par le laboureur, qu'une certaine quantité de tubercules reste enterrée dans le sol, et échappe alors à l'attention des ramasseurs. Pour que ce procédé donne de bons résultats, il faut, après le labour exécuté sur toute la surface du champ cultivé en pommes de terre* faire passer, suivant sa largeur et sa longueur, une herse à dents de fer, ou, ce qui est préférable, un scarificateur à dents rapprochées. C'est par cette opui aliuii qu'on peut ramener à la surface de la terre les tui>ercules que la diarrue a enfouis.

M. Lawsoii a proposé, il y a \\n^i ans, une charrue particulièrc pour exécuter Tarrachage d(is pommes de terre qui ont végété sur des terres légères et meubles.

Cette charrue est un araire ordinaire muni d*un versoir à claire-voie, destiiH' à .s(''()arer l(\s tubercules de la terre. Celle-ci passe à travers du versoir, tandis que les tubercules sont réunis en ligne sur le côté droit de raie ouverte. Cette charrue est encore en usage dans les contrées -sablonneuses de rAiiglcterre.

Ressajage. — Lorsque les pommes de terre arrachées ont été réunies en tas, on les laisse ainsi sur le champ pendant quelques jours, en ayant soin de les couvrhr le soir de fanes« pour les préserver de l'actiou des gelées qui pourraient survenir pendant la nuit. Chaque malin , si le temps est beau, on les découvre afin qu'elles subissent l'action de Tair et du soleil, qu'elles se ressuient et qu'elles se conservent mieux.

Chargement dans les lomberean». — Un homme seul

charge un tombereau ordinaire en quarante-cinq minutes ; un homme et deux enfants en vingt-deux minutes.

Conservation. — I^s pommes de terre se conservent dans les caves ou les celliers et dans les silos; mais quel que soit le procédé auquel on ait recours, on doit les visiter de temps à autre, afin de s'assurer de l'état des tubercules. Si la masse offrait des sîfçnes de fermentation, il faudrait séparer Immédiatement les jHjuimes de terre altérées. Ce triage est tr^sfacile et peu dispendieux lorsqu'on conserve les tubercules dans des caves ou des celliers.

Un homme peut remuer de 120 à 130 hectolitres de pommes de terre par jour.

A. ËN CAVES. — Les caves les meilleures sont celles où il règne une température uniforme^ oii le thermomètre ne des-

POHME DE TERRE. 169

ccnd pas au-dessous de zéro. (Voir Betterave, conservation, p. 42.)

B. En silos. — Les silos dans lesquels on conserve les pommes de terre, sont entièrement semblables à ceux que l'on cens Huit pour conserver les betteraves. (Voir Silos, p, 43.)

SeA«eH«BC. — Les produits de la pomme de terre ont beaucoup diminué depuis 1845. Ce fait tient à deux causes : 1° à la maladie; 2"' aux variétés hâtives qui ont remplacé presque partout les rares tardives. Vuici les rendements que l'on a obtenus avant l'apparition d» la maladie :

Minimum, Maximum. Mùyennet»

Tlufir mheet. 364htct. mhect.

Burger 164 441 277

Schubart 17G :û,{i 363

A. Young 211 4C2 885

Hûheaheim i:.0 322 245

Bella 153 375 a08

Moyennes 192 liecl. 4l2hecl. 276 hecU

Voici maintenant quels sont les produits que l'on a récolté

depuis l'invasion de la maladie :

ifinnnum. .Minimum. Mvy>nttfS.

Bella 111 hect. 282 liecl. 210 hecl.

Lecouleux .. lai 168 l.')0

Moyeanes.. 121 bcct. 22àhect. 18U bect.

Cette diminution considérable concorde avec les résultats

oijtPiius, depuis 1846. par M. Itaill\ et M. Hazin.

l»olds de 1 heololllre et du mètre cube. — Le poïds d'un

hectolitre de pommes de terre varie selon la grosseur des tubercules et leur degré de maturité. Kœrte a reconnu que

la densité des tuberruk'S était en i aison inverse iU leur volume et de leur d lui t de matunlé. Ainsi l'iieclolitre, aussi comble que possible, pèse :

Gros lubeicules 90 92. 93 94 kil.

Petit» tubercules 8& SS 87 Sa

Lcui densité est :

Tubercules mûn 1,099 Tuliercules presque pas mûrs 1,114

— moins nitn... 1,110 pas mûre 1,136

Ordinairement un hectolitre pèse en moyenne :

Mesuré ras de 6b à 67 kilog.

Mesuré ^ comble de 70 à 72 kilog.;

Mesuré comble et ayant une capacité de U6 à 120 litres, de 75 à 80 kilog.

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