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I.e mètre cube pèse de 630 à 680 kilog

Les tubercules perdent avec le temps une partie de leur poids. Les faits suivants le prouvent :

Poids à la récolte^ Poids en mars. Perte par 100.

1962 kii. 1789 kil. 4,68

Ces tubercules avaient été entièrement débarrassés de la terre qui y adhérait.

Terre ««iiéMBte mx tnbereviM. — Les pommes de terre

reti(*iment toujours adhérente à leur surface une certaine quantité de terre, soit qu'elles végètent sur un sol siliceux, soit qu'on les arrache par un temps sec. Kœrte a déterminé cette quantité par plusieurs expériences, dont voici les résultats :

Ciremutaneêi. Quant, ««p^'m. TmrteueiUie, Terrep, 100.

Soi argileux, temps sec 2,6^7 lit. 356 lit. 10,24

- - humide.. 105,100 11,350 10,74 Sol sableux, temps sec 13,13d 821 6,2&

Ainsi, il reste encore adhérent à la surface des tubercules, en moyenne 9 pour lOO de terre. Ce résultat mérite de fixer l'attention des agriculteurs qui ont des féculeries et qui achètent des pommes de terre.

I^aaauié de tmmtm, — Les variétés tardives ont de. nom-

PdMME DE TERRE. 171

breuses fanes. On a reconnu que ces tiges sont aux tubercules : llralcbes :: s& : 100; sèches :: 6 : loo. Ainsi, une cul<> ture qui produirait 300 hectolitres, ou S3000 kilogrammes

de tubercules, donnerait 5700 kilogrammes de fanes fraîches et U5Û kilogrammes de idnvs sèches. A Grignon, on a obtenu, avant 1645, jusqu'à 3000 kilogrammes de Dînes dessé* diées par hectare.

Produits divers ffountis par les tubercules. — Les tubercules de la pomme de terre tourm:isent de la fécule, un résidu alimentaire et de Talcool. Je rapporterai les quantités que Ton obtient par 100 kilogrammes de tubercules.

A. FécuLE. — La pomme de terre ne donne pas, dans les fécuieries, toute la quantité de fécule qu'elle contient. On obtient seulement de 15 à 18 kilog. de fécule verte ou humide par hectolitre, soit 20 à 25 kilog. par 100 kilog. de tubercules. La fécule $èehe, desséchée à W pendant 70 heures,* est de 10 à 12 kilog. par hectolitre, soit 13 à 15 kilog. par 100 kilog. de pommes de terre.

La fécule verte renferme 30 à 40 pour 100 d'eau; la fécule sèche en contient de 8 à 10.

Ces quantités varient beaucoup, suivant l'époque à laquelle on traite les pommes de terre. On a obtenu de la même variété, par 100 kilog. de tubercules, les quantités suivantes de fécule :

Août 9 à 10 kU. Novembre lé à 17

Septembre 13 k 14 Avril n à 13

Octobre 14 à IS Mai 10 à U

Ces résultats prouvent combien il est utile de traiter, dans les fécuieries, les pommes de terre aussitôt après qu'elles ont été arrachées.

B. PuLPB. — la pomme de terre fournit 15 à 20 pour 100

(le \iu\\)o humilie et 5 h 7 de pulpe sèr lu'. Chez M. Dailly, un heclolitre de tubercules donne 18 litres de pulpe parfaitement égouttée.

Cette pulpe contient encore de 2 à 4 pour 100 de fécule du' poids de la pomme de terre.

G. Alcool.'-^ Un hectolitre pesant 75 kilog. donne en moyenne, après avoir été distillé» environ 19 litres d'eau-devie; soit 13 litres par 100 kilog.

M, Hecum a obtenu les produits 5»uivants :

I hectolitre de tubercules produit 30 litre» de flegme.

1 ^ de flegmes donne . . . 30 — > d'eaunle-Tie à 18 ou

Ainsi» 100 kilog. de pommes de ttrre donnent 12 litres

d'alcool li iHuu 20".

M. Sclmeider et M. Vilieroy ont obtenu des résultats près- » que identiques.

Un hectolitre de tubercules du poids de 75 kilog. soumis à la dislillatioii fournit, d'après Mathieu de Dombasle, 2 hectolitres bo de résidus à l'étal frais.

D. PoTASSB. — Les fanes vertes de la pomme de terre contiennent du sous-carbonate de potasse. Mollerat en a retiré de leurs cendres de 205 à 334 kilo^^ par heclare. Avant la floraison elh s en renferment 51 pour 100, et après l'épanouissement des fleurs, 45. Les fanes sèches ne contiennent que 1 pour 100.

BapUi des pooraiMi de ténm «Itérées. — Les pommes de terre que les gel^^cs à glace et l.i maladie actuelle ont attaquées peuvent servir k divers usages.

A. TuBBRCULES GEL^. — On conualt deux moyens d'utiliser les pommes de terre gelées.

r Suivant M. Boussingault, il faut les étendre sur \v sol et les y abandonner, pour que les pluies les lavent et qu'elles

POMMK DE IEHR£. 173

se dessèchent spontanément. Alors elles durcissent, blanchissent et se conservent très-longtemps.

2* D'après M. Payen, on doit les mettre tremper dans Teau froide pendant six à dix jours, en renouvelant Teau tous les deux ou trois jours. Lorsqu'elles ont été ramollies par l'eau, on les soumet à Tactlon d'une râpe pour extraire la fécule qu'elles contiennent. Cette fécule est aussi abondante que celle qu'on extrait des tubercules sains! M. J. Girardin a ob* tenu les reaullata suivants :

Eau. Fécule,

Tubercules Mins, 72,13 ie,66

— gelés et durs 73,13 16, 6G

— dégelés et pourris.. 61,06 22,04

En général; le tissu cellulaire ayant été rompu, déchiré par la gelée et le dégel, les cellules abandonnent facilement la fécule qu'elles renferment.

B. Tubercules maladks. — Les poninies de terre les plus altérées par la maladie peuvent être aussi traitées dans les féculeries, car leur fécule n'est pas altérée, ainsi que Vont reconnu MM. Girardin et Bidard :

Eau. Fécute»

Tubercules saîns 74,3 i G , 0

— altérés 76,4 lb,5

On doit agir le plus tôt possible. M. Payen fait remarquer que si on ne se hâte pas, une partie des grains de fécule désagrégés deviennent si légers, qu'ils ne se déposent plus et sont entraînés en pure perte par les eaux

de lavage.

Valeur Mtritive. — A. TaBERCiTLEs. — Les tubercules de la pomme de terre, d'après M. Boussingault , ren-

ferment :

Eau. Àiole. Àmidim. Mat, groMn* l'omme de lerre jaune. 75,0 0,40 20,2 0,20 — rouge. 70,0 0,50 2>,2 U,20

174 LES PLANT£S FOUKiUG£R£S.

Comparée au foin de prairies naturelles, la première serait à cet aliment :: 287 : 100, la seconde :: 230 : 100. Ces chiffres soot plus élevés que les données fournies par la pratique; ainsi : Xuptmnus de terre (tiim auraient pour équivalents, d'après :

Block 216 Pabst 200

Cnid... 200 Pétri 200

DeDombasle 224 Polh 200

Flotow 250 Schwerts 200

Knntx 127 Thièr 300

Meyw 150 V«lt 200

Moyennes 198

Les tubercules provenant des sols légers, perméables contiennent plus de fécule et moins d'humidité que les tubercules produits par sols argileux ou les terres compactes.

La pomme de terre cuiic a une valeur aliuieii taire plus grande. Elle a pour équivalent, suivant de Dombasle, 187.

B. PuLPS. —- D'après M. Boussingault , la pulpe de pomme de terre contient pour 100 : eau 73, azote 0,53. Hoyer lui assigne pour valeur alimentaire le ciiitlre 221, et Pabst, 300. Suivant M. de Béhague, cette même valeur égalerait 140 lorsqu'on fait cuire la pulpe.

CnUson des tabereviM. — Les pommes de terre se cuisent : au four, à la vapeur ou à l'eau. Kœrte a lait sur ces trois modes de cuisson plusieurs expériences. £n voici les résultats :

Les tubercules cuits au four perdent M pour 100 de leur poids.

— à la vapeur — lî ^

— à l*eau augmenlMit de 4 ^

A Grignon, on a pendant longtemps fait cuire les pommes déterre an four. Trois fournées successives de 10 à il hec*

tolitres chacune , exigeaient 16 fagots ayant une valeur de 5 fr. Quant à la main-d'œuvre nécessaire pour le lavage

et la cuisson, elle s'élevait à 1 fr. 50 c. La cuisson de chaque hectolitre coûtait donc environ 20 c. On a renoncé à ce mode de cuisson. Depuis six années, on les fait cuire à la vapeur, au moyen de l'appareil de Stanley {fig. 19). Cet appareil se compose d'un régénérateur à vapeur et de deux récipients. l>e premier réservoir est en tôle de cuivre et peut basculer autour d'un axe horizontal; sa capacité est de 180 litres, La vapeur, après avoir été produite, se rend par deux tubes de communication, dans les deux récipients. Le prix de cet appareil est de 300 fr.

Emploi des tubercales dans ralimeatatlon des animaux.

— La pomme de terre est donnée aux animaux crue ou cuite. Lorsqu'on la donne crue, il faut préalablement la nettoyer, la laver et la diviser.

Quand elle commence à pousser, on doit casser les germes parce qu'ils contiennent un principe narcotique, âcre et vénéneux qui occasionne de violentes diarrhées ou des paralysies.

On ne doit donner les tubercules entiers que lorsqu'ils

LëS PLAr4T£S FOUARAGÈHEb.

sont petits ou après les avoir fait cuire. Les gros tubercules entiers restent souvent dans le c^nal œsophipfien.

Lorsque le temps est froid et que la pomme de terre est donnée h l'état cru, on la saupoudre de son ou' de balles de froment ou d*arolne, afin qu'elle soit moins ft'oide et moins débilitante.

La pomme de terre gelée est moins farineuse, moins nutritive quoiqu'elle ait une saveur sucrée très-prononcée; en outre elle acquiert promptement une odeur vireuse désagréable et occasionne très-facilement des diarrhées et des indigestions.

Dans plusieurs fermes, on ne donne les pommes de terre aux porcs que lorsqu'elles ont été cuites, mêlées à de la farine

et qu'elles ont !• l iiienté.

Aetion sur le béiiUi. — La poinme de terre crue est trèslactifère et convient spécialement aux vaches laitières, aux brebis nourrices. Toutefois, si donnée à cet état, elle permet aux vaches de donner plus de lait et un lait plus riche en caséum qu'en partie butyreuse, elle doit toujours être alliée à des aliments secs ; paille et foin, atin qu'elle soit moins relâchante.

La pomme de terre cuite est moins lactlfêre. On l'emploie

plus spécialenricnt dans l'engraissement desbétes bovines, dos moutons et des porcs. On Tutilise aussi avec avantage dans l'engraissement de la volaille.

Les pommes de terre crues ou cuites servent encore à l'en*

tretien des aniuiaux de travail.

Emploi des fanes verM. — Les vaches &Oï)i les seuls animaux qui doivent consommer les tiges vertes de la pomme de terre ; les bœufs de travail et les moutons ne doivent point en

recevoir, car ces lanes sont tiùs-aqueuses, peu ^apides, peu nourrissantes, et déluimineut presque toujours chez ces

POMM£ DE T£Aa£. 177

animaux de très-fortes diarrhées. Les vaches laitières qui en mangent raUoimcliciiiLnl, donnent toujours du lait en plus grande abondance, mais ordinairement plus caséeuz.

Vaiew MittMMiale émm UAmfwmim et te la palpe. »

Avant 1845, le prix moyen des pommes de terre était de

2 fr.à 2 fr. 50c. Thrciulilre comble. Aujouiirhui, ce prix est beaucoup plus élevé. 11 varie À la récolte entre 3 et 5 fr. la même mesure.

La pulpe a conservé son ancien prix; elle se vend» complètement é^u ut léc, de l Ir. à 1 Ir. :,0 riifctolitre

Prix de revient. — Uacullui <' de la ponimc de terre engage un capital aussi élevé que celle de la betterave. Voici un extrait de la comptabilité de Grignon; il concerne sept années de culture, de 1847 à 1852 :

Dépenses par hectare. 51 9 fr. G7 c.

Perte — 2C0 85

Prixde mientd* riiMtolitre.... 2 47

Pendant cette [)criode, le produit moyen a été de 210 hect. . par bcctare. En 1853, où la valeur de la pomme de terre a été cotée, à Grignon, 3 fr. 50 c. au lieu de 1 fr. 65 c, le compte de cette plante 8*est soldé par un bénéfice de

422 il. 6û C. par hectare, et l'iiectolitre est revenu à 1 fr. 81 c.

A Aoville, où les pommes de terra produisaient 300 hectolitres à l'hectare, les dépenses occasionnées par sa culture

s'élevaient à 388 fr. 63 c. par hectare ; mais comme leur valeur était de 1 Ir. 25 c. l'iiectolitre, elles présentaient une perte de 14 fr. 1 1 c. par hectare.

Toutes clioses égales d'ailleurs, malgré ces pertes, la culture de la pomme de terre couvrait, en 1840, la cinquantième partie du territoire de lu France. Ce résultat nous éioigue V. U

178 LES PLANTES FùUKKAGtiŒS.

de 1630, époque où le parlement de Besançon prohiba sa culture dans le territoire de Salins, parce qu'il croyait que cette plante occasionnait la lèpre. Cet arrêt n'empêcha pas qu'elle prit plus tard un très-grand accroissement dans le nord de la France. ABunkerque, vers 1775, on eipédiait une si grande quantité de tubercules tous les ans en Angleterre, qu'on fut obligé d'en défendre la sortie du royaume. A cette époque, on la servait en France sur les tables des seigneurs, et en Irlande elle était presque l'unique nourriture des ftunill^ pauvres 1

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