PLANTES PROPOSÉES ROUR REMPLACER LA POMME DE TERRE
On a prop sans succès, depuis 1845, plusieurs plantes comme succédanées à la pomme de terre. Voici les végétaux que Ton a expérimentés :
lo Apios tubéreuœ (Apios tuberosa), plante vivai e de la famille des Légumineuses et originaire de l'Amérique boréale. Elle produit des rhizomes assez gros et féculifères. ' S« Capuckie tubéreuse (Tropœoluh tuberosvm), plante vlvace du Pérou et de la famille des Tropœolées. Ses tubercules sont ovoïdes, jaune rougeàtre,et ont une saveur peu agréable.
3« Picoiianô (Psoralba esculenta), plante à odeur bitumineuse de la famille des Légumineuses.
4* (kpolideerémlie (Oxalis crsnata) , plante bisannuelle de la famille des Oxalidées, à tubercules arrondis, ci'énelés, à peau jaune lisse, contenant de 10 à 12 pour 100 de fécule.
^ UUuco <tiMreiiar(ULLUCOTUBER0siis), plante de l'Amérique qui mûrit difficilement ses tubercules en France.
POHME DE TERRB.
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LES PLANTES FOUAAAGillES.
SECTION II
( HlMf» nleil; (leur, (fM&4-dii« flenr en iqMI.)
HEUâNTHUS tubbhosus » L.
Plante dieotiflédone de la /'amîUe de* CoHipofAf .
^in^Iaù. — Artichoke Jérusalem. Italien. — TartufoU. ^{Imotul. — EnUplél oa Erdbiroe. Stpaguei. Gotub.
Historique. — Climat. — Mode de végétation. — Variétés. — Compo^^ition.
— Terraia : nature, préparation et fertilité. — Quantité d'engrais à appliquer. — Plantation des tiibercnles : époque, choix des tnbereiiles, mode de plantation. — Quantité de tubercules. — Espacement des lignes et flfs tiilRTcules. — Culture d'entretien : première et deuxième année. — Enlèvement des tiges vertes. — Récolte ; tubercules, tiges sècbes. — Rendement : tubercules, tiges et feuilles vertes, tiges sècbes. — * Rippoft entre les tubercules et les tiges. — Poids de l'hectolitre et du mètre cube.
— Quantité d'alcool pour lUO kihjg. de tubercules. — Valeur nutritive ; tubercules , tiges et feudies vertes. — Usage des fanes sèches. — Valeur commerciale des tubercules. — Kmpioi des tubercules. — Leur action sur le bétail. — Emploi des fanes dans l'alimentation du bétaîL — Action des fuies sur le bétaiL — Prix de revient. — Bibliographie.
HiKtorique. — Le topioambour est originaire du Brésil ou du Mexique. On ne connaît pas la date de son introduction en Europe ; maïs on le cultivait en Angleterre en 1617, et Lœber en lit mention en 1669 dan.s son Anchorn sanitatis. d'csi Duhamel qui l'a proposé pour la première lois en France comme plante alimentaire; mais sa culture ne s'y est répandue que lorsque Yvart fit connaître, en 1809^ les ayanlages qu'il présentait comme plante fourragère.
On le cultive très en grand dans la Lorraine et en Alsace.
Cette plante, que les Brésiliens nomment tupinambas, a rendu et rendra encore de très-grands services aux contrées pauvres. Ses tubercules, après avoir été cuits, sont mangés par l'homme; leur saveur rappelle celle du fond de Tartichaut.
ciiMt. — Cette radiée est si rustique qu'on peut la eulti-
TOPINAMBOVR.
ver sous tous les climats. Elle ombrage bien le sol par ses tiges et ses feuilles, et ne i etloute ni les chaleurs vives de Véié, ni les gelées tardives du printemps, ni les froids hâtifs de raatomne; ses tubercules résistent très4>ien à un froid de — I6«à— 18».
Mode de vëgécation. — Le topinambour (ftg. 20) a des racines vivaces et des tiges annuelles ; celles-ci sont cyiindri* ques, semi-ligneuses, rarement rameuses, couvertes de poils roides et courts, et hautes de l^jbO à 3 mètres selon la fertilité des terres où il végète. Ses l'euilles sont assez nombreuses» ovales, pointues, dentées, rugueuses et décurrentes sur le pétiole. Dans les temps ordinaires, les. feuilles ont une direction presque verticale; mais pendant les grandes sécheresses ou les fortes chaleurs, elles restent inclinées vers le sol le long des tiges; la fraîcheur de la nuit suffît toujours pour qu'elles reprennent leur direction normale. Les fleurs sont radiées en corymbe, s'épanouissent en octobre ou novembre et ressemblent, par leur disposition et leur belle couleur jaune d'or, à de petits soleils; elles ne fournissent pas en France de graines fertiles.
A la base des tiges et au milieu des racines proprement dites, il se forme des tubercules, véritables rhizomes tubéreux très-irréguliers et munis de bourgeons. Ces tubercules ont une saveur douce et sucrée, résistent aux froids hivernaux les plus intenses et aux sécheresses les plus grandes, et ils s'enfoncent souvent ù plus de Û"',30 dans le sol. Ils diflèrent .' des bourgeons de la pomme de terre en ce qu'ils ne renferment pas de substance amylacée, et qu'après avoir été arrachés et abandonnés à eux-mêmes, ils se ramollissent, se flétrissent et perdent en 25 jours trois quart de leur poids.
Le topinambour n'est attaqué par aucun insecte, ni par au-
cune maladie. Il se reproduit perpétuellement sur le même
Fig. 20. Topinambour avec ses tubercules.
terrain. C'est cette reproduction continuelle qui a fait dire qu'on