‹ Les plantes fourragèresChapitre 23 sur 115 · TOPINAMBOUR · texte numérisé non relu

TOPINAMBOUR

parvenait dinicileineiit à le détruire sur les terres où il avait été cultivé pendant quelques années. L'expérience prouve chaque année que sa destruction complète est bien moins difficile qu'on ne le suppose. Il suffit, pour y parvenir, de cultiver sur les terres où il a végétr, soit des plantes qui exigent des binages nombreux pendant leur.croissance, soit des plantes fourragères fauchables, dites ptantesitouf" failles, coniiiK' les vesces, etc.

Variétés. —Le topinambour, qu'on désigne sous les noms de poire de terre, topinamboux^ cartouf, eromipire, soleil vivaee et tournesol tuMnux, n'a qu'une variété intéressante.

1« Topimmbour commun, — Tubercules rougeâtres ou blanc rosé, un l>eu allongés {fi g. 21), de forme îrrégulièrc et parfois très-bizarre; cliair de couleur blanc jaunâtre.

Ce tubercule est celui que Ton cultive partout.

2* Topinambour jaune. — Tubercules jaunâtres, plus petits et beaucoup plus irréguliers que les rtiizomes tubéreux du topi* nambour commun.

Cette variété a été obtenue par M. Vilmorin père, en 1808, de graines récoltées à Toulon; elle est peu cultivée.

M. Vilmorin fils possédait 26 variétés de topinambour, mais toutes étaient inférieures à l'espèce type.

c^MpMittoB. ^ Le tubercule du topinambour ne contient pas (le fV'culc, mais il renferme du sucre et une résine spéciale qui le rend aromatique.

Pig. 21. Topinambour.

184 ' LES PLANTES FOORRAGÂRES.

Voici l(^s quanti de substances sèches .qu'on y observe d'après :

De Dombasle }2 ,64 pour 100.

Payoïi 23, 9C —

Girardin 22,2.» —

BottiûngauU 90,80 —

Moyenne 22,41 pour 100.

Le topinambour , d'après . cés chiffres , renfernfie en moyenne 77,59 p. lûO d'eau.

MM. PayeD, Poinsot et Ferry ont reconnu que le tubercule du topinambour contenait les substances suivantes :

Glucose et sucre 14,70

Albumine et analogues. 3,12

Cellulose 1,86

Inulinc 0,92 *

Acide pectiqiie . 0,S7

rcctinc , 0,20

Phosphates de chaux, do magnésie rt de potasso, <;iilfate do potasse , chlorure de poiassiuni, citrate de potasse, ma-

laies de polasse et de chaux. . . 1 , »'.)

lUU.OO

Ce tubercule est donc plus riche en matières azotées, gras* ses, sucrées et en phosphate que le tubercule de la pomme

de terre.

Le sucre que l'analyse révèle l'st inct isuillisable.

ttnmim» — A. Nature. — Cette plante végète sur tous les terrains, eicepté sur les sois humides ou à sous-sol imperméable. Ainsi , on la cultive en Champagne sur les terres crayeuses, en lîrolagne sur les sols schistmix, dans le Bordelais sur les terres de landes et les dunes , en Alsace sur les sols argilo-siliceuXy etc.

Les sols calcaires sont les terrains sur lesquels le topinambour réussit le niieux.

On peut aussi le cultiver sur les vagues et dans les allées et

Uigiiizeo by LiOOgle

TOPllfAMBOlIB* 185

les clairières des bois, car il ne redoute pas les endroits ombragés.

B. Pr^aration . — Les terres que Ton consacre à la cul-

ture du topinambour, réclament une préparation semblable

à celle que ron exécute sur les terrains où l'on plante des pommes de terre. (Voy.Poiout de terre, préparation du $oi, p. 144.)

g; Fertiuté. — De toutes les plantes cultivées pour leurs

racines ou leurs tubercules , le topinambour est celle qui réussit le mieux sur les sols pauvres et de mauvaise qualité. Ce n^est pas à dire, toutefois , qu'il ne puisse être cultivé sur des terres riclies et profondes. Dans de tels sols, il donne

toujours d'excellentes récoltes.

«Huanllté d'enirraitt à appliquer. — On a souvent dll quc

cette plante n'épuisait pas le sol. Ce fait n'est pas exact, il fautxépéter, avec M. Boussingault, que le topinambour est

la plante fourragère racine qui produit le plus en consommant le moins d'engrais, mais que, pour en obtenir des récoltes abondantes, il faut qu'il végète sur des terres bien fumées.

Suivant M. de Gasparin, on obtient par 100 kilog. de tubercules dosant 33 p. lûO d'azote, 9t3 kilog. de feuilles et de liges contenant 0,37 d'azote ; et, pour récoller ces tubercules, il faudrait appliquer iSO kilog. de fumier. Ainsi, pour obtenir une récolte de S5000 kilog. ou de 330 hectolitres, il faudrait fumer le sol à raison de 30000 kilog. par hectare. Cette fumure est évidemment trop forte. M. Boussingault, qui obtient en moyenne 36400 kilog. ou 330 hectolitres, lUme à la dose de SS500 kilog. par hectare et par an. Ainsi, c'est 85 kilog. de fumier qu'il applique par chaque 100 kilog. de tui)( rcules. Celte quantité correspond à l'azote que renferme ce poids de rhizomes.

M. Dujonchay remplace îe fumier par des chiiïoris de laine hachés, qu'il applique à raison de 40 grammes par pied. Ëa supposant 2â000 touffes par hectare, il en emploirait sur cette superficie près de 000 kilog.

Quoi qu'il en soit, on doit fumer les cultures du topinambour tous les deux ou trois ans.

piMiuitUB dM MiMreaiM. — Le topinambour se propage à l'aide de tubercules.

A. Époque. La plantation se fiiît à la fin de l*hiver, en février ou mars, aussit(M que les dégels permettent de labourer les terres. Ou peut aussi planter en automne, puisque les tubercules ne gèlent point. Ce mode de plantation convient spécialement sur les terres très-perméables, et sur les coteaux ou les montagnes, si l'on choisit des tubercules bien mûrs.

B. Choix des tubercules. — On plante le plus générale* ment les tubercules entiers, qu'ils soient gros ou petits. Coupés, ils sont sigets à pourrir dans les sols humides et à se dessécher dans les terres arides et sèclies.

G. Mode de plantation. — C'est à la bêche où à la char-, rue qu'on exécute la plantation. On opère comme s*il était question de planter des tubercules de pommes de terre. (Voy.

dwufttiiéde taberenies. — On emploie pour planter un hectare de 15 à 20 hectolitres, selon la grosseur des tubercules. Les petits rhizomes peuvent être employés. Dans ce

cas, 6 à 8 hectolilres suffisent pour plaiiti i un hectare.

Espaeemçmt de» Unnes et des tubercules. — On éloigne

les lignes les unes des autres de 0",50 k 0%60. Espacées à 0"y75 ou 1 mètre, le sol est moins ombragé par les tiges et les feuilles , et sa fraîcheur est moins grande pendant Tété.

Quant aux tubercules , on les place à une distance de

TonziAMBOim. 187

0"',25 d û ",30 sur les lignes, selon que le sol est plus ou moim riche et qu'il a été plus ou moins fumé.

La profondeur à laquelle on les plante ne doit pas excéder 0^,16, à moins qu'ils soient plantés dans des sables. Ordinairement on les met à 0",06 ou à 0",lo au-dessous de la surface du sol.

GsliHM d'flBiMStaa* — Première année, — A. Hersage. ~ Lorsque les pousses apparaissent à la surface du sol, on donne un vigoureux hersage. (Voy. p. 159.)

B. BiNAQES ET Bqttage. — Pendant le développement des tiges, on pratique les binages que le sol demande impérieu» sèment. On peut aussi butter les plantes. (Voy. Pommes de TERHE, binagis et httttage, p. 159 et 160.)

Deuxii iiic année. — Les soins d'entretien varient pendant la seconde année, selon le mode de plantation que l'on a adopté.

Lorsqu'on fait pendant Tbiver un arrachage complet, et

qu*on replante à nouveau au mois de février suivant, on peut, à cause de la régularité des ligues, exécuter encore les binages à l'aide de la houe à cheval.

Quant au contraire, on se borne, à Tépoque de l'arrachage, à enlever les tubercules que la charrue a mis & découvert, ^eux qui restent dans le sol suffisent pour qu'il soit garni très-bien de plantes Tannée suivante. Dans ce cas, les touffes ne sont plus disposées en lignes , et il n'est plus nécessaire de les biner; on se contente de les herser plusieurs fois en avril, en mai ou en juin. Cette méthode n'est certainement pas la plus parfaite, niais elle a l'avantage d'être très-économique, puisqu'elle évite de planter SO à 25 hectolitres. Lorsqu'on ibme, on répand le fumier avant de pratiquer le labour à plat qui suit toujours l'arrachage, quel que soit le procédé qu^ l'on ait adopté.

188 LES PLANTES FOURBAGÈRES.

Enlèvement des liges vertes. — On COUpe quelquefois les

tiges du topinambour, alors qu elles nesont encore que semïligneuses, pour les donner comme fourrage tort aux bétes à cornes ou aux bêles à laine. Toutefois, si par cette opération on obtient un Courrage abondant, on ne doit pas oublier qu'on nuit d'une manière sensible au développement des tubercules. M. Boussingault a fait une expérience dont ies résultats confirment ce principe. Voici les faits qu'il a recueillis par hectare :

Le champ qui a fourni des liges a donné 6CO0 kil, de tub. La surface laittée intacte a produit 24 000 —

On doit conclure de ces résultats, qu*il faut opter, dans cette culture» entre les tiges et les tubercules. Bé«*ito. — A. ToBERCULES."- L'arrschagedes tubercules se

fait, ou h la houe ou à la charrue, du 15 décembre au 15 mars. Comme ils se conservent mal à cause de leur lissu spongieux perméable, on se trouve dans la nécessité d'arracher au fur et à mesure des besoins , ou seulement la quantité que Ton peut utiliser pendant 15 à 20 jours.

Quelques personnes croient encore (lu'il y a avantage à n'arraclier que fort tard, parce que les tubercules continuent à grossir pendant Tbiver. Cette opinion n*est plus admissible en présence des résultats obtenus par M. Opperman, dans une* expérience qu'il lit, en 1852, dans le but de résoudre pratiquement cette question. Ainsi, en moyenne,

Les tubercules arrachés Rn novembre ont donné I20Û0 kil de luli. Ceux arrachât le M mari — 11600 —

Toutefois , si les tubercules Cessent de grossir lorsque les

tiges sont entièrement sèches, d'après M. Bouchardat, pendant l'hiver le sucre qu'ils renferment augmente, tandis que i'inuline diminue.

TOPINAMBOUK.

Dans les Vosges et TAIsace, l'arrachage doit être terminé à la fin de mars, époque à laquelle les tubercules commenceut à pousser.

• . L'oavrierchargéâ*extirper les tubercules saisit une touffe,

l'arrache et la frappe ensuite contre son sabot pour en détacher la terre.

dette opération est payée à raison de 0 fr. 20 à 0 fr. 30 c rhectolitre.

B. Tiges sèches. — Les tiges à demi-sèches se coupent, par un beau temps, vers le 15 octobre ou au cornniencemeiit de novembre. Lorsqu'on les laisse plus longtemps sur pied, elles noircissent, s'affaissent sur elles-mêmes et n*ont plus la valeu i- qu'elles possèdent quand elles ont été récoltées en temps opportun.

Aussitôt qu'elles ont été coupées , on les lie en bottes que Von dresse sur-le-champ pour les faire séciier. Quand les * fagots sont secs, on les rapporte à la ferme et on les conserve à l'abri de la pluie.

Bradment. — Le topinambour fournit des tubercules, des tiges vertes et des tiges sèches.

A. ToBERcoLBS. — Le produit en tubercules varie suivant la fertilité des terres. Voici les quantités que Ton a obtenues par hectare :

De GasparîD, alluvton d« A/kbie. 760 *

M. Boussingault a plusieurs fois récolté 441 hectolitres sur

la même superlicie.

B. Tiges et feuuxes vertes. — Cette piaule donne des

Villeroy, sol U ts pauvre. . .

Schwen, Urre iaMonneutê, Briaune, moMvaiu tem. . .

Kade, terre erre! lente

DeCurzon, terre riche

Morlerol, sol bien fumé. . . .

100 hflelolitirts oombloo,

LES PlJkNTBS FOURRAGÈRES

tiges abondantes et bien Iburnies de feuilles en juillet et août. Goupées le 16 juillet» alors qu'elles avaient près de 1 mètre de hauteur, elles ont donné à M. Boussingault, 85600 kilog. de fourrage vert par hectare. M. deTracy évalue le produit en feuilles que i on cueille [laiibis pour les faire sécher et les donner aux animaux pendant l'hiver, de lâ à 15 000 kilog. Kade porte le rendement des fanes sèches, déduction faite de la partie non alimentaire des tiges , à 7500 kilog.

D'après Royer, iUû kiiog. de tiges et feuilles vertes représentent 44 kilog* de fanes sèches.

Dans les sols riches, les tigés s'élèvent jusqu'à S mètres de hauteur.

C. Tiges sèches. — Le topinambour, à cause de l'élévation de ses tiges» fournit par hectare un poids assez élevé de fanes sèches.

Schwerz évalue leur rendment de 7 à 8000 kilog.

Le produit nioyen obtenu par M. Boussingault est de 14000 kilog.

Les tiges sèches sont aux feuilles sèches : : 73 : 30,

Bapp«vt ealM les t«bev««le» et les tiges. — Le rapport

des tubercules aux tiges sèches est élevé parce que ceiics-ci sont ligneuses et très-développées.

D'après les observations de M. Doussingault, les tubercules seraient aux tiges enlevées pendant l'hiver : : 100 : 53. Gé rapport me paratt plus pratique , comme rapport moyen, que celui indiqué par M. de Gasparin, qui est :: lou : 14.

Poids de rheetslitre el da métré eabe. — Les tubercules

du topinambour ont le même poids que ceux de la pomme de terre.

Ainsi , un hectolitre mesuré ras pèse 66 à 68 kiiog , mesuré comble 78 à 80 Idlog.

Page 1