HISTORIQUE
qui végétait naturellemeat sur les montagnes calcaires du comté de Kent. Le ray^rass (louum pbrennb, h,), n'a été cultivé qu'en 1677. Ce fut le docteur Plot qui comprit te premier son uiilité coiniiie plante de prairio.> ai liiiciclies.
. L'impossibilité pour les agriculteurs anglais de cultiver ces diverses plantes fourragères dans tous les terrains, les conduisit à expérimenter d'autres espèces. Celles qu*i1s adoptèrent comme vc^j^étaux agricoles jusqu'à l;i fin du dix-liuiiicine siècle sont très-iiombreuses. On doit la culture du timoUiif (PHLEUM pRATENSE, L.) à ïhimothy Hanson qui Timporta dès États-Unis en Europe; celle du iDtdpin des prés (alopecurus piiATE.Nsis, L.) à W. Indge ; celle de la houltjue laineuse (holcus LAN A TU?, L.) à Marschall.
L'Allemagne 8*occupa^ principalement de la culture des plantes légumineuses. Elle adopta d'abord la luzerne (meoi- CAGosATivA, L.) que Crescentlo ne signala pas dans l'ouvrage qu'il publia à Florence en 1478, quoiqu'elle ait été cultivée par les Romains; elle se préoccupa ensuite du sainfoin^ que Moellinger introduisit dans le Palatinat, et du trèfle rouge que l'on doit à Schubart, élevé pour ce fait à la dignité de baron de Kleeicld {prairie de trèpe) par l'empereur Joseph II.
La France comprit aussi, vers la lin du règne de Louis XY, qu'elle devait augmenter le nombre des plantes fourragères qu'elle possédait. La Société d'agriculture* établie en 1757, parles Klats de Bretagne, proposa nux agriculteurs do l'Ouest de cultiver le trèfle rouye , le ray-grass, les iiavets-turncps et le panais. C'est pour favoriser la propagation de ces plantes que les États votèrent à diverses reprises des fonds de 3000 et de 6000 livres pour être distribués aux laboureurs de chaque évéché de la province i\m avaient cultivé l'une de ces plantes sur la plus grande étendue.
De son côté, Duhamel du Monceau recommandait, en 1762,
DEi» PLA£«T£S FOUKRAGÈRES. 3
la spenjule (spergola arvenses, L.) et Fajonc matin (ulex EUROPiEUS, Sm.) comme plantes fourragères.
Vilmorin fut sans contredit l'un des lioiumes qui ont le plus secoodé les efforts des Sociétés d'agriculture de Rennes» de Tours, de Rouen, etc., et qui, sous ce rapport, ont rendu les plus grands services à l'agriculture de notre pays. Nonseulement il introduisit d'Allemagne, en 1775, la betterave ehampiire ou disette , sur laquelle l'abbé de Gommerel publia un intéressant mémoire en 1786 ; mais en 1 788, après la grêle terrible qui dévasta plusieurs départements, on 1^ vît, rapporte Cadet lie Vaux, aller au-devant des cultivateurs maiheureux et leur distribuer gratuitement des graines de plantes fourragères. Cet acte de philanthropie valut à Vilmorin une médaille de la part de la Société centrale d'agriculture.
L'empressement des cultivateurs à multiplier la betterave disette conduisit, en nsk, (Irelté do Palluel à proposer la chicorée sauvage (acHORiuM intybus, L.), plante introduite «i la même époque en Angleterre dans la grande culture par Arthur Young; il engagea aussi de Lasteu ie, en 1789, à emprunter h la Suède le nuabwju^ et à la Prusse, ui 1809, la betterave de Silésie, plante qui est devenue depuis l'une de nos principales plantes industrielles.
L'introduction de la betterave disette fut précédée par celle du topinatnbou , si vivement recommandé en 1762 par Duhamel et par celle de la pomme de terre {[ua Parmentier propagea avec tant de bonheur en 1785, bien qu'elle eût été proposée aux agriculteurs en 1606, par Olivier de Serres, comme plante fourragère, en 1759 par Faignet de Villeneuve, et en 177(i, par Turj^ol, comme plante destinée à devfuii pour l'homuie une ressource précieuse dans les années de disette.
A l'époque k laquelle le topinambour était proposé pour la première fois par Dubame!, de Lasalle de l'Ëtang demandait
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que le trifleroutie^ qgeSchrœder avait introduit en Alsace, en 1759, fût cultivé dans les provinces de France, aurtoul en Champagne.
£n 1778, de Mantes proposait la pimpnnelU (PorBMOM saii- GUiSQRBA, li.}, que l'on cultivait en Angleterre depuis 1760, époque où Peter Wyche la recommanda comme plante fourragère. Gilbert, de sou côté, insistait avec raison, en 1790, pour que le fromerUal (avbna elatior, L.) graminée sur laquelle Miroudot appela, en 17&9, Tattention des agriculteurs, servit à utiliser les sols pierreux. A la même époque Rosier rappelait les résultats obtenus par les Suédois et de Servières avec ïortiedi&ique (urtica dioïca, L.), et Uaubenton montrait les avantages que présente la culture des choux à vaches. En 1785, Le Breton cultiva pour la première fois le seigle de la SaintrJeaUy comme plante loui ragère.
En Angleterre, en 1757, Raynold recevait des graines de choux raves de Hollande où ils avaient été importés de Russie; en 1761, Billing proposait aux agriculteurs de ce royaume de cultiver la carotu; en 1794, Mîllînglon introduisait à Uuiisfort la serradelle (ornithopus sativus, Brot.), plante cultivée depuis très-longtemps en Portugal.
Toutes ces dotations ont précédé, en Angleterre et en France, l'introduction de diverses autres plantes fourragùi fji, parmi lesquelles il y en a plusieurs qui doivent être regardées comme véritablement agricoles. Ainsi en 180^, John Klleman ioUroduisit en Angleterre le trèfle incarnat (TRiFOuati iNCARNATOM. L.)> cultivé dcpuis longtemps en France dans les provinces du Sud -Ouest; en 1831, Thompson y importa de Municli le ray fjrass dltalk (lolium italicum, V.); en 1834, Georges Stephens y propagea le trè/le hybride (trifouum htsiuDUH, L]t qu'il avait regu de Suède; en 1841, M. P. Lawson recommanda à Tattention des agriculteurs le (nwne Schrœder
(BROMUS scHROFDFR! ) qui' lui avail eilvoyé le (iiiecteur du jardin botanique de Berlin.
fin France, nos acquisitions, depuis le coaimencement de - ce siècle » ont été aussi très-Importantes. Nous devons à M. Vilmorin père la carotte blanche à eoUet verr, qu'il avait reçue de Belgique en 1825; à M. Princepré du liuire, le snhifoi)i à deux coupeSf très-répandu aujourd'hui dans la Picardie; k M. Pianchardy le trèfle incarfMt tardif; à M. de Boêssière, le chou de LamUis; à M. de Val, la gesse velue (lattrus masu- Tus, L.), espèce très-ruslique et fourrageuse; à M. tialliot, le trèpe élégant (TRiFOUUit ELEGans, S ); îi M. Bossin, la sper» ^e géante (spxrgula mazuu, Reicb.) décrite par Tiiaër dans les premières années de ce siècle; à M. de Montigny, XtÊùrghù sucré (holcus saccharatus, L.); à l'amiral Cécile, l'igname de Chine (dioscorea batatas, D.); à M. de Guurcy, le lupin jaune (lupinus ldtbus, L.); à M. Lejeune, le trèpe incarnat à fleur blanche.
Tontes ces plantes peuvent être cultivées avec succès en
France , dans les localités qui leur conviennent et sur les terres qu'elles exigent. Je regrette que beaucoup d'entre elles soient encore si peu connues de nos agriculteurs et qu'elles n'occupent pas chaque année une étendue plus grande que celle qui leur est consacrée. Si l'agriculture anglaise a lait depuis un siècle de si grands progrès, c'est qu'elle sait apprécier toute rimportanoe des plantes cultivées pour les animaux domestiques; si elle possède plus d'espèces ou de variétés fourragères, et si elle est parvenue à avoir \k variétés de rutabapa et 03 variétés de rave et de navet, c'est qu'elle comprend la nécessité de bien nourrir les animaux qu'elle élève, perfectionne et engraisse, et qu'elle a reconnu que, pour atteindre ce but, il lui faut des végétaux agricoles de plus en plus perfectionnés. En France, nous ne parvenons que bien
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rarement h obtenir une variété nouvelle, parce que les agriculteurs 1" ne s'o(TU|)pnt pas as^t/. du perfectionnement des races végétales ; 2<> emploient dans les semis des graines souvent chétives et rabougries ou récoltées sur des sujets ayant dégénéré; 3» ne cherchent pas à fixer les variétés dignes d'intérêt que les cultures permettent d'observer.
Ëspéroiià que nous ne sommes pas éloignés de l'époque à laquelle les plantes fourragères occuperont en France une étendue égaleà celle qu'elles couvrent annuellement dans tous les comU% de l'Aiiglclerre.
Puissent les pages qui vont suivre éclairer les agriculteurs sur les espèces ou les variétés qu'ils peuvent cultiver avec profit I Puissent-elles les engager à accorder aux plantes destinées à l'alimentation du bétail, une surface aussi grande que celle qu'ils consacrent annuellement à la culture des plantes alimentaires et des plantes industrielles 1