‹ Les plantes fourragèresChapitre 35 sur 115 · foin sec récolté : x · texte numérisé non relu

foin sec récolté : x

on trouve la quantité de fourrage vert que l'on aurait pu faire consommer si les tiges et les feuilles eussent été don-

nées vertes aux animaux. Ainsi, à Grij^^non, où la luzerne ne donne en moyenne par hectare et pai* an que 55uu kiioy. de foin, parce que les terres sont sèches l'été, on récolte sur la même superûcie 20000 lulog. de fourrage vert,

B. Produit en sec. — Là quantité de foin que fournit la luzerne est variable selon qu'elle est cultivée dans le midi ou le nord de la France. Voici les résultats moyens que Ton obtient dans ces deux grandes zones :

Région miridionaU. Région se> Unîrionaie.

Aude 8500 kU. Bella 60(J0 kil.

Tara baOO Piuchel 700U

Haute-Garonne. 10000 DaiHy 8000

Moyenne.. . 9000 kil. Moyenne... 70Û0kil.

Le regain est compris dans ces produits qui représentent exactement le rendement moyen de la luzerne dans ces deux grandes contrées.

On a obtenu en Belgique, depuis 1850 jusqu'en 1856, les

résultats ci-après :

Provineet. Produit en verl. Produit m Mtc.

Bribaat 18800 kil. 5100 kiL.

flftodrt orientale 13 100 7900

Hainaut 2?» 900 7100

Kamur 18700 5600

Moyennes SUOOkil. 8400 kil.

J'ai extrait ces rendements de la statistique belge. En comparant les moyennes entre elles, on trouve que le

Produit vert est au foin :: 100 : 29.

Ce rapport confirme les chiffres que j'aî inscrits pré-

cf^tlemment en parlant du | it iluit vert qui contient en moyenne de 72 à 75 pour lûO d'immidité.

Les chiiïres suivants indiquent les produits moyens qu'on peut espérer de cette légumineuse :

Fottrra(je u rt. loin.

Très-bonne récolte.... 40000 kil. lûOOOkii.

Bonne récolte 30000 8 000

Récolte pasMlile 30000 &000

Récolte médiocre 13000 3 000

M. de Gasparin a récolté dans le Yauduse, en arrosant après chaque coupe, 15 000 kilog. defohi par hectare. On ne

peut espérer obtenir en France un produit plus élevé.

C. Produit par coupes. — La première pousse de la luzerne est toujours celle qui fournit le plus de foin. Quant à la seconde, elle est souvent nulle dans le Midi» parce qu'elle est

dévorée ]>ar l'eumolpe. La troisième est toujours taible sous

lecliinat de Paris; daus les provinces méridionales, elle ép:a1e qaelquefob la première. Voici quels sont les produits des diverses coupes :

Région é» Midi,

Tariï.

coupe 3000 kil.

— 2:jOO

— plturée

Totaui.

Haute-Oaronne.

4000 kil.

aooû

pfttttféd

7500 kil.

MOOkil.

aégion du Nord.

Vaucluse.

3 400 kil.

16000 kil.

DaiUy.

Pluohet.

l"* coupe

5300 kil.

^»500 kU.

Totaux. ..

8000 kil.

7100 kil.

!■« ooupe 6r>oo kil.

Total... U55u k l.

Vold le rendement que j'ai vu obtenir en Provence sur des luzernières arrosées :

Granfîipr.

coupe 5UUUkil.

Maiiïrcdy.

3aUÛ kil.

TotaQi. 15000 kit. 14500 kil.

Ces divers produits sont ceux que la luzerne fournit lorsqu'elle est en plein rapport, c'est-^i-dire âgée de deux à trois ans .

ses

Le regain que l'on tail souvent pâturer par les bétes à laine, est plus ou moins abondant, selon la température moyenne de rautomne. A Grignon» chaque hectare fournit 440 rations représentées chacune par 1 kîlog. 400 de luzerne sèche. C'est donc un produit de 600 kil<)g, d(; loin que la luzerne donne eu sus des deux coupes dont le produit total est de s»&00 kilog.

p*l«fl éu MéiM €mhe 4e f»ta. — Un mètre cuhe contient de 10 à 12 bottes de foin de luzerne; il renferme de 60 à 65 kiiog. de foin l^ien tassé et conservé en vrague, en meule ou dans une grange.

Cmrmmtèw dm foîm ei 4a McftiM. — Le foin de luzeme bien récolté est gros, un peu vert et assez aromatique. En vieillissant, il devient poudreux ^ perd iaciicmcnt ses feuilles et sa bonne odeur.

Le regain de hiseme a une couleur plus verte; les tiges sont plus petites, plus flexibles et moins grosses.

Réeoltedett graines. — A. ÉPOQUE. — On récoltC tOUjOUrS

les graines sur la seconde ou la troisième coupe, parce qu'au moment où a lieu cette opération, Tair est sec et la chaleur élevée. Les tiges de la première pousse ont trop d*élévation

et sont trop nombreuses pour qu'on les sacritie aux semences. D'ailleurs, plus les tiges sont courtes et bien fleuries, plus elles donnent de graines. Mais comme cette production diminue la vigueur des luzernes qui la fournissent, on ne

doit la demander (qu'aux vieilles luzernières, et pendaiiî Tannée qui précède Thiver durant lequel doit avoir lieu leur défrichement.

B. Opération. — Lorsque les graines sont bien formées

et presque mûres, on coupe les sommités des tiges et on expose ces parties à l'action de l'air et du soleil alin qu elles se dessèchent ainsi que les tètes. Cette dessiccation se fait

soit sur une aire, soit sur une grande bdclie ou une terrasse carrelée.

On peut aussi faucher les tiges rez terre, les réunir en petites bottes et les dresser sur le sol. Cette disposition est celle qu'il feut adopter de préférence quand on redoute des

pluies abondantes ou continues.

G. Battage. — Dès que les tètes sont sèches et les gousses nolrfttres, on les bat au fléau ou au moyen d*une gaule» en ayant soin d'agir légèrement afin de ne pas écraser les grai-' nés. Cette opération a pour but de détacher les gousses delà partie supérieure des tiges. Uuand elie est terminée, on sépare le mieux possible^ à Taide d'un râteau, les gousses des débris de tiges.

D. Égrenage. — L'égrenage, qui consiste h séparer la graine de sou enveloppe, se fait de trois manières : 1* au fléau; 2« à Taide d'une meule verticale d'huilerie; d« au moyen d*une machine à égrener. Le premier procédé est long, difficile et coCiteux; les autres sont simples et trèsexpéditifs. Les industriels qui possèdent les appareils que je viens de nommer, entreprennent l'égrenage moyennant 10 cent, par kilog. de graines nettoyées.

Lorsque l'égrenage est terminé, on nettoie la graine au moyen d'un crible fin.

5 à 6 iLilog. de gousses donnent 1 kilog. de graines.

OMBtlCé Ûm ffMlMS qm'om pmnt wétmHtmr. — Il est difficile de préciser la quantité de graines qu'on peut récolter. Dans le Midi, où le climat favorise la formation des semences de la luzerne, on obtient souvent jusqu'à 700 et 900 kilog. par hectare; dans le Centre» où les pluies gênent souvent leur maturité, le produit dépasse bien rarement 400 et 100 kilog.

PoMs 4« l'kectoiitM. — La graine de luzerne de bonne

270 LLii PLANTES FOURRAGERES.

qualité est aussi lourde que le froment; ainsi, elle pèse de

76 à 78 kilog. l'hectolitre mesuré ras. On augmente quelquefois le poids des graines de qualité inférieure, en y ajoutant un peu de sable fin. Les belles graines jaunes sont plus pesantes que les semences brunes ou noires.

T*ie«F ■«critive. — La luzerne fournit trois produits qui ont cliacun une valeur alimentaire différente.

A. Production tertb. — La luzerne verte, si recherchée par les vaches laitières, est nutritive. H. Boussingault lui assigne, d'après la quantité d*azote qu'elle renferme, le chiffre 256. Voici la valeur alimentaire que lui attribue la pratique :

Bloek... 430 Polh 4&0

Flotow... MO ThaSr 4S0

Mwt 4fia

Moyeaae 4S6

Ainsi, pour remplacer 10 kilog. de foin, [il faut donner 46 kilog. de luzerne verte.

B. Foin. — Le foin de luzerne est plus nutritif que le bon foin des prairies naturelles quand il a été bien fané. M. Boussingault représente sa valeur alimentaire par 60. La pratique l'établit ainsi qu*il suit :

Pélri. . .

Rieder .

Scbwen,

.. lÛO

Moyenne 91

£n général, les qualités alimentaires du foin de luzerne diminuent un peu à mesure que cette légumineuse s'éloigne des contrées méridiofDales.

LUZBRNE. %7\

C. Regain. — Îxî regain de luzerne bien rr^coUt<, ayant une belle couleur verte et non une teinte noir«ttre comme cela arrive lorsque l'automne est pluvieux, est plus nutritif que le foin fourni par cette légumineuse.

Durée d'exlfitence des losernlères. — La luzcnie a UMe

existence plus ou moins longue, selon la nature et la propriété des terres sur lesquelles elle est cultivée. Dans les contrées du Midi , elle dure ordinairement de 6 à

10 ans, lorsqu'elle vc^irète sur des terres profondes cl sèches. Soumise annuellement aux etrets des irrigations, son existence, dans les mômes localités, est limitée à 6 ou 8 années , au plus.

Dans les (U^partements du Centre et du Nord, où elle redoute les plantes indigènes à racines traçantes, sa durée dépasse rarement 6 à 7 ans.

Nonobstant, par exception, cette légumineuse, dans l'une et l'autre région, donne quelquefois de très-bonnes coupes jusqu'à l'âge de 12 et même 15 ans.

DéM«beaeaf . — Lorsque la luzerne cesse de donner des récoltes moyennes, ou lorsque les plantes adventices se sont emparées de la couche arable, on procède à sondéfrichemenl. Cette opération s'exécute en automne lorsqu'elle doit être suivie par un blé d'hiver, et pendant les mois de décembre et de janvier, si le sol doit être ensemencé en février ou mars en avoine de printemps.

On se borne à exécuter un seul labour de 0'",18 à 0,25 de profondeur. Ce labour se fait avec une charrue à laquelle on a attelé 3 ou 4 chevaux ou bœufs, suivant la résistance que présentent les racines. Si l'on donnait deux labours, le second ramèiierait à la surface du sol le gazon et les racines de luzerne, et celles-ci rontinueraient à végéter l'année suivante au détriment de la céréale cultivée.

S7a LBS FIANTES FOUR^GÈRES.

Avant de semer, on pratique un léger hersage a lin de combler les cavités qui existent entre les bandes de terre« et après la semaille, on enterre les semences au moyen d*an scarificateur ou de deux hersages énergiques.

Quantité de racines laissées dans le sol. — La luzernc

laisse dans le sol, lorsqu'on la défriche, une grande quantité de racines. Cette quantité est d'autant plus forte que cette légumineuse végète sor un sol profond et sous un climat plus méridional. Ainsi :

M. de Gaspariu a recueilli, sur un hectare de luzerne, dans le département du Vaucluse, 37000 kilog.

Dans le département de Seine-et-Oise, f ai obtenu seule- .

ment, sur la même superficie, 20 000 kilog.

Anélioratioa du sol par la Inzerne — Comme tOUtes leâ

plantes, la luzerne diminue la fertilité du sol par les substances qu'elle y puise. Toutefois, si elle épuise la couche arable par son absorption, elle Taméliore par les racines

qu'elle y laisse lorsqu'elle cesse île végéter. C'est pourquoi on Ta toi^ours considérée à bon droit comme une plante améliorante.

J*ai dit, page 239, que les racines de cette légumineuse contenaient l,U pour 100 d'azote. M. de Gasparin n'en a trouvé que O.bO pour 100. Si l'on prend la moyenne de ces deux données, et si on rapplique aux quantités de racines de luzerne recueillies dans le midi et le nord de la France, on aura:

1* 37,000 X 0,95 = 351 kil. d*anU pftr hecUre. 3*20,000X0,95 = 190 —

Ainsi, une luzerne défHdiée laisse dans le sol une quantité d'azote équivalant dans

le Midi, à K.'iOOO kil. de fumier dfmùi 0,40 d'axole. le Nord, à 47 500 —

LUZiiRNK. 273

Cette fertilité explique pourquoi , après le défrichement des

luzernières, on demande au sol plusieurs récoltes consécutives de céréales.

. Plaate» qmÈ salvcat le défrichenest. — La plaDte qui

réussit le mieux après défrichement de luzerne est TaToine. Dans les environs de Paris, cette céréale, ainsi cultivée, donne

jusqu'à 60 et même 70 hectolitres par liectare. Ce produit considérable n'empêche pas souvent de faire suivre l'avoine par un froment d'hiver cultivé sans engrais. Un exemple justifiera cette pratique :

Dans les environs de Paris, on récolle souvent sur une luzerne défrichée :

1 • bectolitiet de Ué qui absorbent 13 0.10 kil. de famier. 2-60 — d'atoiae — nnoo ^

Total du fumier absorbé... ao 000 kil.

Il restera doue dans le sol, après ces deux récoltes, une fertilité représentée par 17000 kilog. de fumier. Ce reliquat

ne paraîtra pas extraordinaire. On sait que les racines de la

luzerne ne sont pas toutes décomposées deux ans après le •

défrichement.

Dans les départements du Midi, on observe des faits complètement analogues. Ainsi, on ne se borne pas à demander deux récolles céréales à la terre qui a produit de la luzerne ; on exige d'elle très-souvent deux et trois récoltes de blé et une d'avoine. Dans le déparlement de l'Aube, où cette pratique est en usage, le froment produit 20 hectolitres par hectare, et l'avoine 35 hectolitres. Ces trois récoltes enlèvent donc au sol, pendant les trois années qui suivent le défrichement des luzernières :

1« (iO bectolUreâ de Lié al UOO kil. d'engrais.

35 — d'awine 10000

Tout 41000 kil.

Y. ' Ifi

Ces récoltes sont cilles qu'il faut seulement demander au sol si Ton ne peut pas épuiser toute la fertilité qu'il a acquise par les racines de la luzerne. Dans le canton de Vienne (Isère), les luzernes défrichées sont suivies dô cinq récoltes

épuisantes : avoim , Iroment, méteil, seii^le et colza. Ces plantes enlèvent à la couche arable la fertilité suivante :

1° 30 hecloUlrea avoine 2" 20 — blé. . .

3* 25 — iiiét«il V 30 — seiglo.

5* 20 ^ coin.

Tota].

Ainsi, pour que ces récoltes successives n'occ-asionnenl pas de prostration de ferlilité, il est nécessaire que la luzerne laisse dans ie sol la quantité de racines constatée par M. de Gasparin. Une telle suite de cultures serait impossible dans les provinces qui forment la région septentrionale. Quoi qu'il en soit, c'est mal comprendre les avanta^os que présententent les luzernes défrichées que de demander à la terre des récoltes successives aussi nombreuses. Dans les circonstances ordinaires, on doit se borner, dans les contrées du Midi, à la culture de deux ou trois céréales ; une avoijie, un blé et un seigle, et fumer ensuite le sol avant de cultiver d*autres plantes. (Voy* t. Ylll, ÀtsolmenU)

Knptoi 4e la ivscrae vwce* — La luzeme ne doit pas ^trc donnée trop jeune aux animaux, car, à ccl âge, elle e5t aqueuse; on ne doit pas non plus i'aduimistrer trop vieille, à cause de la grande consistance que présentent ses tiges. .

La première pousse peut être fauchée un peu avant la fleur ; quant aux autres, on ne les fauclic que lorsque les fleurs vont se dtvv tiopper.

Cette légumineuse doit être donnée à l'état vert avec pré-

9 oOO ktl. d'engrais.

l.'iOOO —

60000 kil.

LUZEBNE.

caution, p.ircc qu'elle occasionne aux animaux qui en ronsommenl beaucoup des indigestions ou des météorisations. On évite ces accidents en laissant les tiges se flétrir sur le terrain après qu'elles ont été coupées.

Action de la lu#.ernc verte sur le bélnil. — La luzenie

verte convient particulièrement aux vaches laitières, parce qu'elle est à la fois nutritive et rafraîchissante.

D'après Arthur .Young« les porcs la préfèrent au trèfle rouge ; mais Mathieu de Dombasle a reconnu que ces animaux ne lu consomment avec avidité que lorsque les tiges sont encore jeunes et tendres. £n général, la luzerne verte ne convient pas très-bien aux animaux de travail, à moins qu'ils ne reçoivent en même temps une ration ordinaire d'avoine; car, en les rendant plus gras et plus gais, elle les rend plus mous et de moins longue haleine.

BflipUi éu foiAde ivm«»c»»Le foin de luzerne ne subit aucune préparation avant d'être donné aux animaux : cependant. quand ses tiges sont très-Jures, ligneuses, on peut les laire tremper dans de l'eau salée.

Lorsqu'une botte de foin de luzerne doit être divisée, partagée entre plusieurs animaux, on doit agir avec précaution et éviter de faciliter la chute des feuilles.

Quand le foin est vieux, Agf' et jinudreiix, il faut le secouer en dehors du bâtiment et l'apporter aux animaux tout prêt à être consommé.

AeilM ém Mm 4e laserae mmv le Mtell. — Ce foln est

très-recherché des chevaux, des vaches et des bûles à laiiic. U rend le lait plus butireux,. enlietient les animaux en bonne santé et favorise l'engraissement des bêtes bovines et et des moutons.

Le regain est mauge avec avidité par les brebis et les agneaux.

276 • LES FUIMES FOURRAGÈRES.

Valeur comnerciaie. — A. FoiN. — Le foîn de luzerne se

vend bottelé sur tous les marchés des environs de Paris. Les 100 bottes valent de 30 à 45 fr.« suivant les années; soit de 6 à 9 fr. les 100 kilog. Dans le Tarn, cette même quantité se vend l'hiver de 7 à 8 fr. 50. Dans cette dernière contrée, le foin des diverses coupes a une valeur* i)articulière qui répond exactement à sa valeur nutritive. Gelui qui provient de la première coupe se vend» au moment où on le récolte, 6 fr. les 100 kilog. ; celui de la deuxième et de la troisième, 5 fr. ; celui de la quatrième et de la cinquième, 4 fr. 50.

général, le prix du foin de luzerne est en rapport avec sa qualité et en raison inverse du produit des autres prairies artificiel s ou naturelles»

B. Regain. ^ Le regain a une valeur moindre que le foin.

On le vend aux alentours de l'arisde 25 à 30 fr. les 500 kilogrammes,

G. Graines. — Les graines de luurw dt Provence^ belles, bien mûres et exemptes de semences brunes, se vendent,

quelques mois après qu'elles ont été récoltées, de 1 40 à 1 50 fr. les 100 kilog. Celles de la luzerne du pays du du Poitou sont ordinairement cotées de 180 à 130 fr. la môme quantité. Les mêmes graines âgées é^un an perdent de 20 à 40 pour 100 de leur valeur. Celles de deux ans se vendent encore de -70 à 80 fr. les 100 kilog., quand elles sont de belle qualité et qu'on peut les préparer pour les mêler aux graines nouvelles.

Nous rappellerons qu'on doit examiner avec soin les graines qu'on veut acheter, afin de s'assurer si elles sont nouvelles, de bonne qualité et si elies ne contiennent pas de graines de cuscute. Les semences récoltées dans le Midi sont ordinairement bien nourries et elles ont une couleur jaune légèrement verdAtre. C'est pourquoi elles se vendent toi^ours plus cher que les semences provenant d autres localités.

Prix de MYloit. — La culture de la luzerne engage peu de capitaux par hectare. Voici un résumé de la comptabilité de Grignon concernant cette plante fourragère. Les chiffres

représentent la moyenne de huit années de culture, de 1846 à 1853 :

Par hect<ire.

I^épeiises^ 176 fr. 47

Bénéfices 83 ' 72

Prix de revient d« 100 kil. de foin . 3 40

Ce prix de revient est considérable ; il a pour cause l'élévation des dépenses.

Voici trois autres comptes de :

Dépenses. m fir. 61 120 fr. 02 108 fr. 12

Bénéfices 261 61 29 25 304 50

Prix de revient «k 100 kil... ? H 3 '24 1 14

Produit de Tiiectare 62UUkil. 3900 kil. 9000 kil.

M. de Gasparin porte ce prix de revient, pour 1 s contrées du Midi, à 1 fr. 59.

Le prix de revient constaté à Mettray, par M. Minangoin, est aussi élevé. Il résulte du faible produit fourni par lia lu* zerne.

Gilbert, il y a un demi siècle, établissait pour 4a culture des environs de Paris le compte de la luzerne de la manière suivante :

Dépenses ttiniielles ? . . 73 fr^ SO

Ix>7erdasol 44 50

Total 118 00

La luzerne produisait en moyenne 6700 kilog. de foin qu'on vendait à raison de 40 tt, les 100 kilog.

Le foin de prairie naturelle revient à un prix moindre, mais sa valeur nutritive uesi pas aussi grande que la valeur alimentaire du foin fourni par la luzerne.

278 LBS PLANTES FOURRAG^R£i».

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SECTION IL SalBf»Ui •« Bourgogne»

(Ds Am; <tftm* braire, c'Mt-Mir» fonmga denaiidé pur im 4om.)

Uedysahom onûbrychls, L. — Onobrycius sativa, Lam. Plante duoiyUdoM dé la fmilU det JL^iritiiiiMitfef.

Anglais. — t^ainfoin. , Espagnol. — Ksparciila.

Aikniand. — Sasskuee. Italien. — Jauu-iieno.

Histnriqiio. — Himal. — Mode de vi'cétatinn. — Vnrit-tô. — Tcrnin : nature, préparation, fertilité. — Quantité d'engrais à ap[iliquer. — Seriii> ; époque, sur aol nu ou ombragé, quantité de graines. — Scuieuces. — > ReoouTrement d«i graines. — GerminatiiM). — > Aaio^tion du sainroin et d'autres plantes. — Soins d'entretien. — Plantes nui.siMcs. — Récolte : épnquc. fanage, linitrlape. — Conservation du produit soc. — !*Alurage. — Happori entre ie fourrage verlel le produit sec. — Rendement. — Réeolte des graines. Quantité de graines. Poids de l'tiectoiitre. — Valeur nutritive. — Emploi à l'état verl. — Kmploi du foin. «~ Sun action sur In bi^lail. — Durée d'existence. — Défrichement. — nuantité f?c rncines laissées dans le sol par le sainfoin. — Amélioiation du sol. — Plantes qui sdfentle défricsbement. — Valeur comniensiale du foin et des graines. — Bibliographie.

■iscovl^m. — Le sainfoin, appelé autrefois sainei fom, est

originaire des parties méridionales de TEurope. Il a été signalé en Belgique, en 1552, par iiodoens. Delachamp Ta désigné, en 1586, dans son Hisioria plantanm, sous le nom à*OnobryehU, A cette épociué, les Dauphinois l'appelaient sparse. Il a été Introduit, en 16M, en Angleterre.

Dans quelques contrées, on le connaît sous les noms de Bottrgogne^ Esparcetu ou Sainfoin d» montagne.

Despommier contribua beaucoup par ses écrits, en 1768, Il en répandre la culture en France.

Climat. — Celle k'^uiiiineuse résiste |jartaitenient aux froids de nos hivt is; aussi est-elle cultivée dans toute TËurope sur les sols qui lui conviennent.

LES PLANTES POURRAGÈRES.

Ëlle craint peu les grandes sécheresses; aussi la regarde* t-on dans le Midi comme la plante par excellence. H«die é% TëséiaaM. » Le sainfoin a une racine pivotante

tr4s-longuc ; sa tige est dressée, rameuse, pubescente et haute de 0'",40 à û^'^ôô ; ses feuilles sont composées de 13 à 19 folioles oblongues, droites, linéaires et un peu pubescentes en dessous ; ses fleurs sont roses ou purpurines, presque sessiles et disposées en épis coniques et terminaux; ses gousses sont droites, orbiculaires, à une seule loge, arrondies, marquées de fossettes dentées et épineuses sur leur face et leurs bords.

Le sainfoin commence à végéter lorsque la température de Tair à atteint + 9+ 10"; il épanouit ses fleurs quand cette même température s'est élevée à + i^** et 13^.

Il résiste plus qu'aucune autre légùmineuse à la sécheresse. Cependant, quand, pendant Tété, le sol où il est cultivé ne contient pas au delà de 10 pour 100 d'eau, il reste stationnaire et ne végète de nouveau qu'avec les pluies d*aoûtet de septembre.

vwiéié. — On connaît une variété originaire de la Suisse et introduite en France il y a bientôt un siècle, par Pincepré, que l'on désigne sous les noms de sainfoin chaud, sainfoin à deux coupes, sainfoin giatU et sainfoin grand» grame. Cette variété a les mêmes caractères que le sainfoin or-

dinaire ou sainfoin peliic ijraine ; mais elle en diilère par ses tiges, qui sont plus développées, plus vigoureuses et qui fournissent toiyours^ quand on la cultive sur des u/rre» bonne qualité, une excellente seconde coupe.

Le sainfoin à deux coupes est liès-répandu en Picardie, dans la Brie et eu .Normaudie.

CMfMiUm. — On n'a pas encore donné une analyse complète des tiges vertes ou sèches du sainfoin.

On a stulemeiii trouvé que le sainfoin ordinaire contenait les matières ci-après :

Way Woeîelcer.

Matières n i irogénées 4,3? ' H , r. 1

— non azotées 17,20 17,44

— minènlas. 1,64 1,73

Ban 76,64 77,33

D'après M. Le Gorbeiller, les racines de cette légumioeuse ont la composition suivante à l*état normal :

Eau 65,20 pour 0

Cendres 4,52 —

Azote 1,04 —

Desséchées, elles renferment 3,01 pour 100 d'azote.

Terrain. — A. Nature. — Le grand avantage du sainfoin est de réussir dans les mauvais terrains calcaires, les terres sèches , sablonneuses et graveleuses à sous-sols per* méables.

Les terres argileuses , froides et compactes ne lui con\ lennent pas ^ car il redoute un excès d'humidité et surtout les eaux stagnantes. U réussit aussi très-mal sur les terres de bruyères , les sols granitiques et tourbeux.

A cause de la forme très-pivotante de sa racine, on doit le cultiver de préférence sur les points élevés, les sols eu pente à sous-sols friables. Dans les sols calcaires secs à sous-sols crayeux ou à roches calcaires à Gssures, ses racines atteir gnent souvent plus d'un mètre de lungueur.

On ne cultive pas ordinairement le sainfoin sur des terres argilo-):alcaires ou calcaires-siliceuses profondes et fertiles. Ces terrains sont très-fat orables à la luzerne , et cette léguroineuse y donne des produits qu on ne peut jamais obtenir avec le sainfoin.

Les Causses, plateaux calcaires de l'Auvergne et du Rouer-

sas LES PLANTES FOURRAGÈRES.

gue, et situés à une hauteur de 3û0 à 600 mèlres au -dessus du niveau de la mer» présentent ctiaque année de magniliques cultures de sainfoin.

\\. I*RÉPARATiON. — Les terres sur lesquelles on cultive cette plante fourragère doivent être préparées comme s'il s'agissait de semer la luzerne. (Voir Luzerne, préparation du Mi, p. 240.)

C. Fertilité. — La fertilité avec laquelle le sainfoin végète sur les terres calcaires pauvres , indique qu'il n'exige pas que la couche arable soit abondamment pourvue de substances nutritives, et qu'elle ait été fertilisée par de fortes fumures.

Nonobslant, ses produits, romme ceux de la luzerne, sont toujours en raison directe de la perméabilité» de la propreté et de la fécondité de la couche arable.

Oiiutité d*cBcrftia a ftppiiqoer. — Le saînfoin étant la

plante fourragère vivace des <:oiili i cs pauvres, les terres sur lesquelles on le cultive ne reçoivent jamais de très-fortes fumures. Celles qu'on lui consacre ordinairement «ont semblables aux fàmures que Ton applique dans la culture des céréales. En général , on doit tu mer les terros qu'on lui destine à raison de 8000 à 10 000 kilog. de fumier par chaque 1000 kilog. de foin qu'il produit. Cette ftimure est la quantité minimum qu'on puisse appliquer. Ainsi, pour obtenir des récoltes annuelles de 3000 kilog., le sol devra être fumé à raison de 25 000 à 30 000 kilog. avant de recevoir la céréale qui doit protéger les premières phases d'existence du sainfoin. En Champagne , où les terres arables pauvres ne reçoivent que 15 000 kilog. de fumier par hectare, le sainfoin donne seulement sur la même superlicie de 1200 à 1500 kilog. de foin.

SeaUa. — A. Ëpoque. — Le sainfoin se sème en automne

SA|]«FOm.

OU au printemps. Dans le Midi, on choisit de préférence la première époque^ parce que les plantes résistent mieux aut sécheresses de la fin du printemps. Cependant, quand la graine doit être confiée à des terres sur lesquelles les céréales

sont sujettes à être déchaussées par les gelées et les dégels, on n'exécute les semis qu'en mars et avril. Dans la région septentrionale, c'est toujours vers la fin de l'hiver, lorsque la température moyenne de Tair a atteint + 6** à + ^\ qu'on

pratique les ensenK act uicuLs.

Les graines se répandent toujours à la volée.

B. Semis sur sol ombragé ou nu. — Lorsqu'on sème en automne ou au printemps, on répand ordinairement les ^1 ailles sur les terres qui viennent d'être ensemencées en céréales. On agit ainsi pour que le sainioin soit abrité au printemps de l'action du soleil.

Par exception, dans quelques localités du Midi, on sème sur des terres nues et que l'on ;i préparées spécialement pour cette légumineuse. Cette méthode n'est avantageuse que lorsque lies terres restent fraîches sans être humides pendant le printemps.

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