AJONC HARIN
prairies d'ajonc que tous les deux ans. Alors les sommités servent de fourrage, les parties iaférieures ligneuses sont employées comme combustible ou comme litière. Cette manière d'agir ne doit pas être recommandée, quoique les pousses des ajoncs ainsi traités soient souvent plus longues, car elle occasionne des dépenses que la récolte aouueile ne nécessite jamais.
Ouoi qu'il en soit, on ne coupe Tajonc qu'une seule fois chaque année. C'est à tort que Sutières a dit qu'un pouvait le faucher annuellement cinq ou six lois à partir de Tautomne
ttatée «'extotmce émm a|ra«lèm. — On défhdie les prairies artificielles d'ajonc à la quatrième, sixième, huitième ou dixième aiuiée. Dans les terrains sains et profonds et les localités où les gelées à glace ne font pas périr les pousses et les pieds, r^onc est encore productif parfois à la quinzième et même vingtième année.
En Angleterre, Tajonc fait souvent partie des assolements; alors il ne dure que pendant quatre ans.
Ealèvratettl des p««M«s mmw Im lialea. — La récolte des
pousses annuelles des haies s'exécute de Ta manière suivante :
Un homme armé d'une faucille dans la uiain droite et d'un fort gant à Tautre, parcourt, pendant l'hiver, les ados de fossés et coupe toutes les pousses non ligneuses qui ont de 0",85 à 0",50 de longueur. Alors renversant les tiges avec la main gauche, il les coupe avec la faucille.
Souvent on ne se sert pas de gants. L'ouvrier tient dans sa main gauche une petite fourche en bois au moyen de laquelle il couche la pousse du cèté opposé où il se trouve placé. Cette maint rtî d'agir a un avantage très-;^raiid sur le premier procédé, car la pousse une fois séparée de la lige iigncuse reste engagée entre les dents de la fourche. Quand on opère la ré-
302 LES PLANTES FûUKRAG£aeS.
coite de cette maoière, on attend ordinairement que la
fourchette soit êiilièremenl remplie avant de li débarrasser.
Comme les pousses, par cette méthode, soot pressées les unes contre les autres dans Ja fourcliette, on peut les déposer sur une corde ou tout autre lien et les réunir en paquets ou fagots de hO h 50 kilog.
i^a récolte terminée, les pousses ou les bottes sont rapportées à la ferme.
Un homme peut récolter par heure, lorsque les haies sont garnies de pousses nombreuses et bien développées, de 25 à 40 kilog. Une femme n'en coupe dans le même laps de temps que 15 à 20 kilog.
PrépaimtiM 4«b p*«MM« — Avant d*étre donné aux animaux, Tajonc doit Atre soumis à une préparation particulière ; c'est qu'il importe de briser les épines nombreuses et très-fortes que présentent ses pousses ; sans cette précaution, les animaux refuseraient complètement ce fourrage. On conr 11, en effet, que des épines aussi longues et aussi roides que r 'llr> dp l'ajonc doivent blesser le palais des animaux qui s'en nourrissent ou irriter leurs membranes muqueuses.
Les chevaux qui vivent presque continuellement sur les landes de la Bretagne mangent avec facilité les jeunes pousses de cette It'guniiiicusL , mais ceux qui résident dans les écuries ne pouvant choisir les parties les plus tendres , doivent recevoir indispensablement des pousses préalablement préparées.
Voici les moyens mis en usage :
1* Dans quelques contrées de la Basse-Bretagne et de la Normandie, on se sert d*une roue en pierre semblable à celle que Ton emploie pour le pilage des pommes. Cette machine
est expéditive, mais elle broie mal les ajoncs. Il faut, lorsqu on s en sert, diviser préalablement les pousses avec un
JLiOKC MARIN*
hache-paiîle rotatif; alors l'action que la meule exerce sur les épinos est plus parfaite.
2» En Basse-Normandie, les cultivateurs forment, au'moyen de madriers, une plate-forme semblable à celle d'un pressoir; ils étal)lissent (les rebords et (^tendent alors les ajoncs sur la surface de l'aire. Pour opérer le pilage, ils ont des demaifelles analogues à celles qu'emploient les payeurs, et les promènent en tout sens sur la plate-forme. Ce moyen est encore vicieux, et il fàut beaucoup de temps et de fatigue pour pouvoir amortir les (''pines des pousses.
3" De tous les appareils employés jusqu'à ce jour pour préparer les ajoncs, il n'en est aucun qui soit plus économique que les machines à broyer le tan. Placés sous leur action, les ajoncs |)erdent en queli^ies instants leur propriété nuisible. On doit regretter que leur prix soit aussi élevé.
4* Le moyen le plus répandu en Bretagne consiste à piler les ajoncs à bras. Voici comment on exécute cette opération :
Apr»''s fpriiiie partie des poussifs récoltées a été placée dans une auge en bois dont le fond n'a jamais moins de 0'",16 d'épaisseur, on la divise, on la coupe en tronçons de 0"*,03 à 0^,05 de largeur au moyen d*un instrument en forme de hache. On peut effectuer cette division beaucoup plus rapidement avec un iiache-paille rotatif. On a construit dernièrement en Bretagne des hache-ajoncs qui se recommandent par leur solidité et la facilité aveclaquelle ils coupent tes pousses.
L'auge ne doit pas être très^ande; S mètres de longueur et 0*, 50 de largeur sur 0"\35 de hauteur suffisent toujours. Si sa capacité était plus considérable, les opérations s exécuteraient mal» c'est-à-dire que toutes les tiges et les épines ne seraient pas coupées et broyées. Cette auge doit avoir un trou à .'ja partie basse, pour que l'eau que l'on verse sur le^ pousses puisse s éclmpper quand le moment tsi venu.
Quand tous les ajoncs récoltés ont été divisés oo coupés,
on les mouille et amortit leurs épines en les pilant. L'instrumebt dont on se sert pour cet usage est un long marteau en bois ayant beaucoup d'analogie avec celui que l'on emploie pour broyer les tuiles et les briques. La masse a de U'",35 h 0"\kO do longueur, et elle est garnie à sa partie inférieure de forts clous à tète plate.
On cesse le pilage. lorsqu'on pressant la masse herbacée entre les doigts, on n*éprouve plus l'action des épines. C'est à tort que Ton réduirait les ajoncs en p^Ue. Aussitôt que les piquants sont détruits, on relire de l'auge les pousses qui s'y trouvent et on les remplace par.de nouvelles : celles pilées sont placées dans une caisse ou un panier.
La quantité d*eau employée pour rendre le pilage plus facile est d'environ 20 litres par 100 kilog. de pousses.
11 est utile de bien connaître le moment de terminer la préparation des pousses. SI on pile les ajoncs le matin pour les donner le soîr aux animaux, la belle couleur vert foncé qu'ils possèdent se transforme en une teinte noire. L'i niasse n'a pas perdu, pour cela, de sa valeur nutritive, mais presque tonjout^ les chevaux la mangent avec moins d'avidité et de plaisir. On doit récolter et diviser les pousses dans la matinée et ne commencer à les piler que pend.iiiL l après-midi. En opérant de celte manière, la préparation des ajoncs est termmée le soir, au moment où les attelages rentrent des champs.
5* Wedlake a inventé un appareil propre à la préparation de l'ajonc. Ce broyeur, mû par deux hommes, prépare en une journée de 14 à 18 hectolitres d'<yonc. On y introduit les pousses telles qu'on les récolte.
Le hache-igonc de M. Bodin a beaucoup de rapport avec un haehe-pàille. Les pousses une fois hachées ou divisées sont soumises Ik l'action d'un broyeur, appareil qui rap-
AJONC UARIN.
pelle par sa disposition les concasseurs ou aplatisseurs de graines.
— Dans beaucoup de femes de la Bretagne, la récolte et la
préparation des ajoncs sont données à la lAclie.
Un homme actil peut diviser et piler jusqu'à 150 l^ilog. par jour, quand il se fait aider par une femme ou un enfant.
De Lorgeril a constaté que 100 kilog. de pousses d*ajonc convenablement préparées, exigent 3000 coups de hache et 1660 coups de marteau.
A GrandnJouan, où je faisais préparer chaque année, de 30000 à 40000 kilog. de pousses, je payais, pour la récolte et le pilage, 1 fr. 40 c. par 100 kilog. Chaque soir on pesait la quantité que l'ouvrier avait préparée dans sa journée.
Un ouvrier, chez M. Masset, cultivateur à Ostrohove (Pas* de-Galaîs), prépare par jour, au moyen d*tin hache-paîUe et d'un cylindre broyeur, 40 bottes de 9 kilog., soit 360 kilog.
Poids d'un hectolitre d'ajonc préparé. — Uo hectolitre
d'ajonc pilé pèse de 25 à 28 kilog.
MeMAcMsi. — L*ajonc cultivé sur des sols sains et profonds, où il prend un très-grand développement, fournit un
produil trùs-élevé. Uc Lorgeril a récolté, dans le département d'Ilîe-et-Vilaine, jusqu'à 33000 kilog. de pousses vertes par hectare. Dans le département du Morbihan, oh on coupe l'ajonc tous les deux ans, on obtient jusqu'à 40 000 kilog.
Suivant Spooner, le rendement d'un hectare d'ajonc varie, en Angleterre, entre 18 000 et 25 000 kilog.
Récolte te ^nâmtm, — C'est vers la ûn de juin ou dans la première quinzaine de juillet qu'a lieu la récolte des graines. Cette récolte présente des difficultés, à cause de la déhiscence dont jouissent les gousses qui ont atteint leur parlai te maturité.
306 LES PLi^ilES FOURRAGERES.
On (luit procéder à cette récolte lorsque les gousses commenceut à brunir, état où elles s'ouvrent difticilenient sous l'action du soleil. Alors on coupe les extrémités des tiges avec une faucille, et on les place sur des bâches ou sur des draps à mi-soleil. Quand elles sont sèches, on les bat au fléau avec précaution aliii de ne { as les faire sauter en dehors de la biclie, et on les nettoie ensuite au moyen de cribles ou du tarare.
Pmîëm d« l'hectoïKre sraism. — Un hectolitre de grai' nés d*ajonc marin pèse 70 h 78 kilog.
Valeur nuiriclve des pousKCM. — Volci, d"a])r('S la
pratique , les chiiïres représentant la valeur nutritive de Tajonc :
G. Heu7.é 144 De Lorgeril nnO
UboUsière lûO Pab$t !2Û0
Moyenne 198
D'après les expériences que j'ai faites à Grand -Jouau, il y a quinze ans, 12 kilog. d*ajonc pilé remplacent 5 litres d'avoine.
Action de I ajout* i*ur U* bctail. — ('.i.'ttc l('L;UlllillOUSe a UnC
action très- remarquable sur les chevaui : elle les entretient en bon état de santé, augmente leur embonpoint, leur énergie et rend leur poil luisant. Dans la basse Bretagne, la plupart des cbcvaux sont élevés à l'ajonc.
Les bètes à cornes cl les moutons man^^enl avec avidité ce fourrage vert. Les vaches qui en reçoivent journellement donnent un lait très-butyreux et très-agréable et elles se maintiennent en bon état.
M. Ciiouel, agriCLiUeur à Senonclies (Eure-et-Loir), donne par jour et par téte 18 à 20 kilog. d'ajonc pilé à ses chevaux et 10 à 11 kilog. à ses vaches. Ce fourrage vert à remplacé, en 1858-59, 14 000 kilog. de foin qui auraient coûté 980 fr.
AJO>-C BtABIN. 307
Valeur eesHMlAie. — M. Grussard et M. Saint->Martin attribuentà Tajonc préparé une valeurde 20 fr. les 1000 kilog.
La môme quantité, dans ledépartemeiUdesCùtes-du-Nord, se vend 6 fr. prise sur le champ.
M. Saint-Martin établit de la manière suivante le prix de revient des 100 kilog. dans le département des Landes :
Rteolte et transport 0 fr. 50
Préparation 1 50
2rr. 00
A cette somme il faut ajouter la valeur de l'ajonc, i>i ou veut avoir un prix de revient exact.
M. Masset^ cultivateur à Ostrohove, achète l'ajonc sur pied, pousse de Tannée» au prix de 58 fr* Thectare.
bibuographie:.
•■hamel. — filéments d'agric* 1779, in-12, t. ir, f 171.
ne iiintlèr«M. — Cmirs complet d'aprir. . 17H<î . n S , t. I . p. 213.
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Eloncf 'Statistique de Morlaix, 1849, in-4, p. 195.
irllmorin. — bon Jardinier, 16à5, io-12, p. â78.
SECTION V
Bay-gras8 anglais on Ivraie vlvnce.
(IHi odUque lofon, Itnte, qae les Lalin» ont raniln par foliiNii.)
LOUUM PEIIBHNÊ, L.
PhtUe monocotylédone de la famille des Graminies.
ÀngUnit, — Common ryc grass. Espagnol, — Dullico
ÂUtmattd* — Ausdaueroder lotcb. Fiamojid.— OTerbleyveod Roggsgiu.
Histoire. — Qiiuat. — Mode de végétation. >- Variétés. — Composition. — Temin : nature , préparation . fertilité. — Semis : époque . quantité de
graines, ]ii i!it 's des graines, recouviomcnl des semences. — Germination. — Association du ray prass et du trùne. — Soins d'entretien : Êpierremeatf engrais, arrosemcuts. — Altération. — Hécolte : produit verl et seo. — Rendement. — Récolte des semences; poids de l'iieetolitre. — Emploi de la paille. — Valeur nutritive. — Durée d'existence. '•Emploi (lu foin. — Son action sur le bétail. ^Action du ray-grtss ?ert snries animaux domestiques. — Bil)liograptiie.
Bistoire. — Le ray-grass vivace est la plante que l'on emploie dans les jardins, sous le nom de gazon anglais, pour former des tapis de verdure. En Angleterre, les agriculteurs la considèrent comme la meilleure graminée fourragèi e , et ils se plaisent à en recommander la culture. PJol i appoilc qu'ils le cultivaient dans TOxfordsliire en 1677, et qu'ils le désignaient alors sous le nom de gramm Miacewn.
C'est par erreur évidemment qu'on a soutenu dernièrement que le ray-grass anglais n'est pas en France une bonne plante à faucher. Il peut y former, comme en Angleterre, soit seul , soit allié au trèfle rouge ou au trèfle blanc et à la lupuline d'excellentes prairies artiflcielles.
En Provence, on désigne cette gt aminée sous le nom de margal,
ciiMi. — Cette graminée végète naturellement sous tous
RAT-6RAS8 ANGLAIS. 309
les climats, mais elle ne réussit comme plante fourragère ^ que lorsqu'elle est cultivée sous des climats brumeux. En Angleterre, où les brouillards sont fréquents et où les sécheresses ne sont jamais aussi vives qifen France, elle fournit un fourrage aboiidaiil et presque continuel, iians les provinces du Midi, elle ne donne de bons produits que sur les terres fraîches et sur celles où les irrigations sont possibles.
On cultive le ray-grass en gran<l et avec succès dans le nord, le centre et l'ouest de la ii'rance.
■•ée de ▼éfféfftcleB. — Le ray-grass a une racine fibreuse et des tiges lisses ascendantes, droites et hautes de 0",30 à 0**,80 ; ses feuilles sont étroit»s, glabres et d'aIjorJ pliécs en longj ses épillets sont sans arêtes, dépassent la glume et renferment de 6 à IS fleurs; ses graines sont oblongues, à dos convexe et à face creusée en gouttière.
Sa végétation n'est interrompue que pendant les sécheresses et les gelées. Quand il existe sur des sols sains, il sup* porte les froids les plus rigoureux.
Sous Tinfluence des vents secs et froids du nord et de Test, il prend au printemps, et aussi pendant l'été, une teinte plus ou moins rouge<ltre; cette coloration disparait, toiyours lorsque la température s'adoucit.
Cette ivraie est commune sur les bords des chemins, dans les pâturages et les prairies naturelles.
On ne doit pas confondre l'ivraie vivace ou ray-grass anglais avec Yivraie des champs (lolium artbnsb, Schrod}, espèce qui est aussi mutique, mais qui est annuelle.
Vftriétéfi. — On cultive en Angleterre plusieurs variétés de ray-grass. Les plus répandues sont:
1* Le ray-grass wivace écossais ;
2* Le ray-grass vivace d'Orlfney ;
3» Le ray-grass vivace de Pacey; ' 4* Le ray-grass vivace de Wbitworth.
On préfère ces variétés au ray-grass ordinaire. Nous nous proposons de les étudier comparativement.
Compositioir. — Le ra\-{^rass anglais contient, suivant M. Anderson, les substances suivantes :
Matières ni trogénées 3,37
— grasses 0,91
Amidon, sucre, gomme. ... n ,08
Fibres végétales ÎO.OG
Matières minérales 2,15
Eau 71,43
Cette graminée contient, d'après M.Yiimorin, les quantités d'azote ci-après :
A l'état frais 0*63
A l'état sec 1 ,48
Terrain. — A. Nature, — Le ray-grass demande des terres fraîches sans être humides, des terrains plutôt argileux que légers. 11 végète bien sur les terres argilo-calcaires ou argilor siliceuses*
Sur les terres sablonneuses , sèches et brûlantes , et sur les sols très-crayeux, il languit et meurt souvent dès la seconde année de sa végétation, ou il reste si faible qu'on ne peut le faire pÂturer avantageusement que par les bétes à laine.
B. Préparation. — On ne prépare pas directement le sol pour lu lay-gras^, parce que la graine est ordinairement répandue sur des terres occupées par des céréales d'hiver ou de printemps.
'Quand on exécute les semis en automne, sur des terres nues et saines ou jn i inéables, on ameublit bi(^i la couche ar;ilile par des labours et des hersages et on la dispose à plat. Lors-
RAT'GRASS ANGLAIS
que les terres s<m[ peu profondes et qu'elles sont situées sur des sous-sols imperméables, on les laboure en planches convexes et étroites.
Cette graminée se défend mal des plantes envahissantes à racines vivaces. Ainsi le chiendent, Vagrostis, \a petite oseille ^ Tarrétent presque toujours dans sa végétation quand ils 8*einparent de la superficie du sol. On comprend dès lors combien il est utile que la terre soit débarrassée, avant les semis, des plantes à racines traçantes qui l'ont envahie.
(i. Fertiuté. — Le ray-grass détruit, alfaiblit plutôt li fertilité des terres qu'il ne l'accroît ou la maintient au Aegré qu'elle avait atteint. C'est pour ce motif que les cultivateurs anglais le regardent comme une mauvaise plante quand il doit précéder un froment.
Dans les contrées où cette graminée est bien cultivée , elle suit la première céréale qui vient après 'la fumure. Ainsi placée, elle est productive si le sol lui offre suffisamment d'Iiuiuidité pendant les temps de sécheresse, et elle n'amoindrit pas sensiblement la fertilité de la terre.
Toutefois cette prostration de richesse n'est sensible qu'autant qu'il est cultivé seul. Quand on l'allie au trèfle rôuge, on peut le re^^arder comme une plante un peu améliorante.
Le ray-grass qui mûrit ses graines épuise fortement le sol. SomUs. — A. ÉPOQUE. — Lorsque les terres sont fraîches
et fertiles, uii [h iii()ue les s<'niis en mars ou avril. Dans les terres sujettes à âoutrrir de la sécheresse pendant Tété , on les exécute de préférence en septembre.
On peut aussi projeter les graines en mai ou en juin sur
. * les terres qui ont été semées en vesce, pois gris ou sarrasin. Ainsi cultivé, le ray grass fournit en automne un bon pûturage.
LES PLANTES FOUaRACiRES.
Uuand on sème en automne, il faut, autant que possible, projeter les graines sur des terres nues. Les graines que l'on répand pendant cette saison dans des céréales d'hiver, nuisent souvent à ces plantes soit en épuisant le sol, soit en produisant au printemps des tiges très-élevées.
Ën général, on doit préférer les semis du printemps aux ensemencements de septembre et d'octobre.
B. QuANTiré DE GRAINES. ^ La quantité de graines qu'on emploie par hectare varie entre 40 et 60 kîlog.
C'est par erreur que plusit'urs auteurs ont soutenu qu'il fallait en répandre 250 à 2ô0 liti es.
On sème les graines à la volée. A cause de leur légèreté, on ne doit les répandre que quand l'air est calme.
C. OiTALFriv DES GRAINES. — La gralnc de ray-grass anglais est dépourvue d'arôte.
On doit préférer celle qui est bien nourrie, lourde et qui n'est pas associée à des graines de houlque laineuse, de fétuques et de renoncule des chrimps.
D. Aecouvbement des semences. — On enterre les se* raences avec une herse ou un râteau selon l'état et la nature du sol. 11 importe qu'elles soient bien couvertes si on veut empêcher les oiseaux de les manger.
En automne et au printemps, on peut abandonner la graine à elle-même sur le sol, s'il survient aussitôt après les semis des pluies continues ou violentes.
Germination. — Quand le sol est frais , la graine de raygrass lève en 12 ou 14 jours au plus tard.
AssMiatloa du trèl« mage m ny-gMM. — • On peut
allier avec avantage le trèfle rouge au ray-grass. Cette gra>
minée, étant trés-hâlive, le protège des gelées tardives printanières.
Toutefois celte association n'est utile que lorsque les
Digitize<lby GQûgle
RAT-GRASS ANGLAIS
terres sont encore dans les périodes de fertilité pacagère et fourragère. Le trèfle a trop d'aptitade sur 1^ terres riches pour qu'il soit utile d'y associer le ray-grass.
C'est lorsque la réussite de celte lé^^umincuse est incertaine, ou qu'on veut accroître la valeur nutritive du raygrass, que la culture simultanée de ces deux plantes fourragères devient une nécessité.
On peut aussi associer ces deux plantes lorsque la production de la prairie artiiiçielle doit être pâturée. Le raygrass a l'avantage de tempérer, par sa nature plus sèche, plus fibreuse, l'action défavorable que le trèfle exerce sur les animaux par son eau de végétation, lorsqu'il est consommé en grande quantité à l'état vert. En outre, cette graminée rend le pâturage presque permanent par la rapidité avec laquelle elle repousse au fur et à mesure qu'elle est pAturée par le bétail.
Quand on cultive simultanément cos deux plantes, on ne répand par hectare que 25 à 30 kilog. de graines de raygniss et 8 à 10 kilog. de semence de trèfle.
On a dit dans ces derniers temps qu'il fallait mêler ces deux graines. C'est uiu; erreur! Quand on les mélange, la graine de trèfle, qui est plus petite et plus pesante que celle de ray-grass, tombe au fond du sac; alors on sème d'abord la seconde et ensuite la première. Pour que ces deux plantes couvrent bien le sol , il faut répandre la graine de ray-grass et l'enterrer par un hersage, et projeter ensuite la semence de trèfle. Un roulage suffit pour couvrir cette dernière graine.
On peut aussi lui associer la lupuline, s'il doit être pâturé.
On le sème encore avec le trèlle incarnat , avec lequel il rivalise de précocité.
Mm reatreiiMi. — Le ray-grass exige peu de soins d'entretien pendant son existence.
A. Épierrement. — Lorsqu'on cultive le ray-grass sur des sols caillouteux , on fait ramasser pendant l'hiver les pu rres existant à la surface du champ , afin de pouvoir faucher Tan* née suivante aussi près de terre que possible.
B. Enghais. — Quand le ray-grass végète mu des terres peu fertiles on peut, dans les premiers jours du printemps, lui appli(iuer des engrais pulvérulents, dans le but d'exciter sa végétation et de le rendre plus productif.
Le guano est de toutes les substances f<'rti)isanles celle qui agit avec le plus de prouiplitude et de succès sur le raygrass. On remploie à la dose de 150 à 300 kilog. à l'hectare (Voir ^fio, t. II).
A défaut de guano , on peut employer le noir animal dans la proportion de 4 hectolitres i)ar hectare.
£n général , les substances riches en principes organiques ont beaucoup plus d'action sur le ray-grass que celles qui renferment des matières minérales dans une grande proportion. Ainsi , jusqu'à ce jour, les cendres ont toujours produit moins d'ellet sur cette plante que les engrais ani* maux.
Le plâtre ne doit pas être appliqué, car ses effets sont nuls sur les graminées.
G. Arrosement. Les irrigations, celles faites surtout avec des eaux riches en sels solubles, ont plus d'action sur le développement du ray*grass que le guano. Quand ces arrosements sont convenablement pratiqués , lorsque l'eau ne ruisselle pas pendant longtemps sur les mêmes endroits et qu'elle cesse de circuler à rapproche des grands Iroids, le ray-grass talle beaucoup et donne alors des produits abondants.
Toutefois il ne suflit pas de cesser de teiii| s à auin les arrosements pour permettre aux rayons du solei) d'agir sur
RAT-GRASS ANGLAIS
le sol et sur les plantes , il faut aussi les pratiquer après chaque coupe à diverses reprises pendant quelques jours. C'est en agissant ainsi en Italie et en Angleterre que Ton a forcé pour ainsi dire le ray-grass à donner, depuis le printemps jusqu'à id lin de i duLuUiiie, de nombreuses coupes successives.
£n Angleterre, on obtient jusqu'à 5 , 6 et même 8 coupes par an, lorsqu'on purîne après chaque récolte.
AltérttttoB. — Le' ray-^rass, quoique très-rustique, est quclqiK'fois sujet à la rouille. C'est ce champignon qui a élé souvent cause que plusieurs cultivateurs ont renoncé à la culture de cette plante. On combat facilement cette altération en soumettant le ray-grass à Faction d'arosages prai\q\]^s à Taide d'eaux riches en matières organiques, ou en répandant à la surface du guano ou d'autres engrais très^ctifs. Le purin arrête aussi le développement de cette maladie.
C'est la rouille qui a forcé Mathieu de Dombasle à renoncer à la culture de cette i,Tauiinée,
Béc^ite. - - On cultive le ray-grass pour faire consommer sa production en vert ou en sec.
A. Produit vert. — Uuand il doit iHre consommé en vert, il faut le couper de bonne iieure. Fauché quand ses épis ' sont développés , il est dur, et le bétail ne le consomme pas très-bien.
La fauchaison hâtive a un autre avantage : elle permet
aux plantes de reposer plus promptenient et de donner par conséquent des coupes et des produits plus abondants. Toutefois cette coupe précipitée n'est utile que lorsque le ray-grass est cultivé seul. Allié au trèfle, ses tiges durcissent
moins promptenient, et il peut être fauché lorsque les fleurs de cette légumineuse sont complètement épanouies.
B. Produit sec. — î^e ray-grass n'est faiicht^ qu'une seule fois chaque année> lorsqu'il végèle sur des terres ordinaires et un peu sèches.
Lorsqu'on veut convertir l'ivraie vlvacê'en foin, il est urgent de la faucher avant que ses fleurs soient toutes développées. Il est vrai qu'en agissant ainsi, la production en vert subit un grand déchet par le fanage; mais lorsque lesgraines sont formées I on' perd beaucoup plus en qualité qu'on ne gagne en quantité, parce que les tiges restent dures et semiligneuses.
La fenaison doit être conduite avec la plus grande activité t>ossible. G*est qu'il .importe que les tiges et les feuilles, restent peu de temps exposées à Faction de l'air et du soleiL Quand le fanage a lieu avec lenteur, la production herbacée se décolore, prend une teinte blanchâtre, et le foin qu'elle forme n'a pour ainsi dire pas d*arome.
Pour que la production sèche soit aussi nutritive que possiljle, il faut exécuter la mise en meules quand les tiges ont été desséchées aux trois quarts. Alors il s'établit au sein de la masse une légère fermentation qui rend le foin meilleur et plus vert. *
PâturaKo. — La dernière pousse, et quelquefois même la première, sont consommées sur place par les animaux Ce pâturage ne nuit pas au ray-grass, parce qu'il repousse au fùr et à mesure qu'il est brouté et qu'il se fortifie toqiours en tallant quand on le coupe sans cesse.
Le pâturage que forme l'ivraie vivace est excellent. Dans la plaine de la Grau (Bouches-du-Rhône) , où elle est connue sous le nom de margaou des eaussous^ les bétes à laine qui pâturent sur cette vaste plaine caillouteuse , vont jusqu'à soulever les pierres à l'aide de leur nez pour la rechercher, et le peu qu'elles consomment sufiit pour les nourrir.
RAT-GRASS ANGLAIS. 317
Aussi les bergers de la Provence ont-ils coutume de dire en parlant de cette plante : Bouccado vao mUrado^ bouchée fait ventrée I
ft«i««aiMit. ^Le ray-grass est d'autant plus productif que
le sol est riche et frais liendîintle printemps et Télé.
Dans les terres produisant 16 hectolitres de froment , on obtient rarement au delà de 3000 kilog. de foin sec à Thectare, mais dans les terrains qui donnent de 20 à s& hectolitres de blé, il en produit ordinairement de 4000 à 5000 kilogrammes.
Quand on turrose après chaque coupe, Il n'est pas rare d'obtezdr en 3 à 4 coupes jusqu'à 8000 et 10 000 kilog« de
foin sur la môme superficie.
Comme le ray-grass, fauché au moment où les fleurs sedéveloppent, perd par la fenaison environ 50 pour 100 de son poids, il en résulte que :
3000 kil. de foin nprétentent 6000 kil. de tiges et feuiUei Ter tes. 8000 ^ 16000
Le ray-grass, allié au trèfle, fournit toujours un rendement supérieur au produit qu'il donne dans les circonstances ordinaires, lorsqu'on le cultive seul.
Bé««ite [dmm gnOsM. — Lorsqu'on veut obtenir des graines, on ne doit commencer la fauchaison que quand les plantes sont défleuries.
Le ray-gass s'égrène assez facilement quand il reste sur pied après la maturité des semences.
On fane la production comme à l'ordinaire, et lorsqu'elle est sèche, on la met en bottes On la bat à Vaide de fléaux ou d'une niacliine à battre. On nettoie la graine au moyen d'un crible ou d'un tarare. On peut demander ces graines à la première ou à la deuxième potisse.
Qv»BCité de graines. — On récoUe Ordinairement par
hectare de 12 à 15 hectolitres do p:raincs.
La quantité de semence qu^on récolte par hectare en Angleterre atteint souvent S5 hectolitres.
A Hohenheîm , le ray grass a donné 580 kilog. par hectare, soit U hoctolitros 50 litres. Ces semences provenaient de 2330kilo^^ de tiges et feuilles.
Les graines étaient donc à la paille :: 100 : 400.
rMm ém TiieetoiitM. — Un hectolitre de graines pures et
de bonne qualité pèse 38 à 40 kilog.
Emploi de la paille. — Les tiges qui Ont mûri leurs semences peuvent être données aux bétes à cornes» alors qu'elles consomment des racines.
Il faut que la paille du ray-grass soit couverte de rouille poui qu'on ne puisse pendant l'hiver l'utiliser dans l'alimentation du bétail.
Vfti«wm«4ritfTed« Mm, — Lordque le foin de ray-grass a été bien récolté, il a, bien que les tiges soient peu garnies de feuilles et un peu f^rossières i l dures, une sa\eur douce et sucrée, et il platt à tous les animaux. Sa couleur est verdàtre et il est pesant.
Le ray-grass qu'on a récolté tardivement fournit un foin presque blanchâtre, dur, cassant, n'ayant pas d'odeur.
J'ai cultivé lou^^teuips le ray-grass et ai toujours reconnu que lorsqu'il a été fauché en fleurs, moment où ses tiges contiennent beaucoup de parties saccharines et albumineuses, il formait un bon foin. D'après mes observations, le foin de prairies naturelles est au foin de l'ivraie vivace :: 100 : 130.
Suivant M. de Gasparin, 100 kilog. de foin normal de ray-grass renferment 0,98 d'azole. D'après ces.chiffires» sa
valeur nutritive moyenne, comparée au loin de prairies na-
RAY-GRASS ANGLAIS. 319
turelles , qui contient de 1,15 à 1,50 d'azote, serait représentée par 135.
Lorsque le ray-grass est allié au trèHe rouge, son foia est presque égal à celui que fournit cette légumineuse.
Baipui 4m fota. — Le foin de ray-grass ne subit aucune préparation avant d'être donnée aux animaux. Toutefois, lorsqu'il est poudreux, on le secoue fortement et on le réserve pour les bétes à cornes qu'on hiverne.
Ac«iM 4a foim mu» le bétoU. — Le bou foin de ray-grass plaît à tous les animaux de travail et de rente. Dans Tengraissement , on le donoe de préférence au début, car il développe plutôt la viande que la graisse.
n a une faible action sur la production du lait.
AetioB dn ray-grmss ft Vétmt ▼ert. — ToUS leS animaUX
mangent le ray-grass à l'état vert s'il a été coupé eû temps convenable.
Il est à la fois rafratciiissant et nutritif. Il convient trèsbien aux vadies laitières.
Dorée d'eiilstence. — On a Icaucoup discuté sur la durée de cette graminée. Les uns ont soutenu qu'elle pourrait donner de bons produits pendant quatre années ; les autres ont avancé qu'elle était encore très -productive & la huitième et même à la dixième année. Ordinairement sa durée d'existenr.' (l('pend de la nature, de la fraîcheur et de la fécondité du sol où elle est cultivée et de la manière dont elle est consommée. Je l'ai vue dans d'excellentes situations donner de fort bomies coupes pendant sept années. Nonobstant, dans des circonstances ordinaires , c'est-à-dire sur des terres non arrosées , le ray-grass vivace et les huit variétés que l'on cultive en Angleterre sont rarement fauchables au delà de trois années.
D'après M. de Behague, cette graminée ne serait plus pro-
380 LES PlANTlkS FOURRAGÈRES.
ductive api es la deuxième annce. P/est, en effet, sa durée ordinaire sur des terres pauvres pendant l été.
Les prairies artiûcielles de ray-grass anglais qu'on soumet annuellement aux effets des irrigations peuvent durer e , Set même 10 annt^es si on a soin de les terreauter de temps à autre. Celte opération rechausse les plantes et facilite la végétation des pieds provenaot de la germinaison des graines qui tombent sur le sol au moment de la fauchaison et du fanage.
BIBUÛGHAPUIE. •
Dubamel. — Éléments d'agriculture, 1779, iu-12, t. I!, p. W, Vvarl. Cours d'agriculture, 1823, in-S, t. XIV, p. 332. Cll^ert. — Traité des prairies artificielles, 18:6, in S, p. VtÈ* Cnid. — Économie d'agriculture, 1839, in-8, p- 230. I.ec«i|. — Traité des plantes fourragères, 18'i'*. in-8, p. 90. mielMHI et Payes. — Précis d'agriculture» IHbl, ia-8* 1. 1, p. 326*
RAT-GRASS D^ITAUB.
SECTION YI.
Hajr-grasa ou Ivraie d'itmlie.
LOLtim mucDic, Braun.
Plante monocotylédone de la famille des Graminées.
Ànglaû. — Italian rye-grass. ÂUmoÊtd. — 'imi«iii«eb loloti.
Historique. — Mode do végétation. — Ck)mposition. — Terraia. — Semis. — AttodAtion du trèfle au niy-grass d'ItaÛe. — Rieolte. — Reod«ment — Récolte des graÎDee. — poids de l'hectolitre. — Emploi de la paille.
■iBtortqae. — ray-gras8 d'Italie est originaire de l'Italie
septentrionale.
Il a été propagé en France, en 1818, jiar A. Thouin, qui l'avait reçu de Genève, où il formait de très-belles prairies artificielles et d'excellents p&turages dans les parties élevées des Apennins.
Le ray-^rass d'Italie, par la rapidité avec laquelle il végète, les produits extraordinaires qu il fournit, la qualité de son foin, quand celui-ci a été bien récolté, est une des meilleures graminées fourragères vivaces que Tagrlculture ait acquises depuis un siècle.
11 a été introduit eu Ecosse en 1831 par M. Lawson, d'Édimbourg. La quantité de graines importée cette année-là s'est élevée à 58 hectolitres. La vente faite par le même importateur, en 1855, a atteint 12 300 hectolitres.
Umée de végétaUM. — Cette graminée diffère du raygrass ordinaire par ses tiges qui sont beaucoup plus élevées, ses feuilles plus larges et d'un vert plus foncé et par ses épillets et ses graines qui sont plus nombreux et constamment barbus, c'est-à-dire nnniis d'une arête droite.
Cette espèce est aussi trè^précoce, mais si elle végète
LES PLANTES FOUARAGÈafiS.
beaucoup plus rapidement que le ray-grass anglais pendani la première année, elle a l'inconvénieiil de moins tailer.
CmpMitiM. — Anderson a analysé le ray-grass d'Italie; il a trouvé qu'il contenait :
Matières nîlropénées 2.4ô
— grasses u,80
AmidoD, sucre, gominQ... 14,11
Fîbreâ 4,82
Mnii^rei minérâle»... ... 2,21
Eau 7ô,6l
Le ray*grass d'Italie contient moins de libres et plus de parties nutritiYes que l'ivraie vivace.
M. Vilmorin a constaté qu'il contenait à Tétat frais 0,57
d'azote, et à l'tMat sec 1,80.
Terrain. — Le ray-grass d'Italie réussit très-bien sur les terres à froment qui ne sont pas très-calcaires. Il végète mal surlesterrainslégersysecset médiocres et sur les sols humides et tourljeux; sur ces derniers terrains, il reste pelit, s'il ne périt pas , et prend souvent une teinte rougeâlre. Cultivé sur des sols irais et fertiles , sa vigueur et ses produits sont très-remarquables.
Cette espèce est plus exigeante que Tivraie vivace.
Semis. — Les semis se font à la même époque et dans les mêmes circonstances que les semailles du ray-grass anglais.
On emploie de 50 à 60 kilog. de graines par hectare.
Aa«oel«ftoB ém trèSe mu vay.ffrMS «^Italie. — On peut
semer le ray-grass d'Italie seul , quoiqu'il ne ^razonne pas «iutaDt que l'ivraie vivace; c'est ainsi qu'on le cultive en Angleterre, et que le sème M. Trochu, à Belle-Isle-en-mer» depuis 1818. Mais dans les terres qui souChnent en été de la
sécheresse, il y a avantage à lui associer le trèfle rouge. Cultivées simultanément sur dts terre:» non arrosables, ces deux