‹ Les plantes fourragèresChapitre 42 sur 115 · RAY-GRASS D*1TAL1B · texte numérisé non relu

RAY-GRASS D*1TAL1B

plantes donnent toujours trois bonnes coupes chaque année: rune en mai ou juin, l'autre en juillet ou août, la troisième en septembre ou octobre.

Lorsqu'on Tassocie en Angleterre au trèfle rouge, on ré- |)ciiid par hectare de 6 à lû kilog. de graines de trèfle et de 10 à 20 kilog. de ray-grass. '

Bée»ite. — On fauche le ray-grass d'Italie lorsque les plantes commencent à fleurir.

Une première coupe a donné à Grignon, en 1860, 25 000 kilog. de fourrage vert.

■•■4«Mi«mt. — Les produits fournis par le ray-grass d'Italie sont parfois extraordinaires, parce qu'il repousse avec une extrême facilité quand il ( st cultivé sur de bons terrains. M. Desjardins a obtenu dans la Mayenne, pendant plus de six années, des récoltes annuelles qui s'élevaient jusqu'à 7500 kilog. de foin sec par hectare. Dans le Milanais, les prairies delà même plante, soumises à l'arrosement, fuuniisscnt cliaque année jusqu'à huit coupes de fourrage vert et 15 ooo kilog. de foin sec. Ce résultat a été obtenu , dans ces dernières années, en Angleterre, par M. Kennedy et M. Mechy.

A JJelli'-IslL', où le ray-grass d'Iialio forme d'excellentes prairies artilicielies, Al. Trochu évalue le produit moyen des quatre coupes qu'il obtient, à 10 000 kilog. de foin sec par hectare.

En général, le ray-grass d'Italie est plus ou moins productif selon la iiature du sol sur lequel il \v<^v[e et selon aussi les engrais solides et liquides qu'on lui applique. On peut, par des arrosements exécutés avec de Feau tenant en dissolution ou en suspension des parties actives salines ou organiques, le faire croître pour ainsi dire continuelieuient. On en jugera par les détails suivants .

324 LES PLANTES FOURRAGÀAES.

M.Tclfer, à Cunning-Park , a fauché 6 fois le ray-grass d'Italie, depuis la fin de mars jusqu'au commencemeat d'octobre. Voici la hauteur rooyemie des povme» qu'il a récoltées:

cûupe 0",4i !• — 0-,56 »• — 1-,10 4« — 1-,10

Total. 4-, 27

M. Teifer arrose copieusement après chaque coupe avec des engrais liquides très-fertilisants.

Le ray-grass d'IUilie, semé le 7 septembre 1858 par M. \ uidercolme, àDunkerque, sur un champ qui avait porté une récolte de blé^ adonné Tannée suivante les produits suivants:

]■* €Oupe, 28 mai 8 9u<) kil. de foin &ec.

2' — Tjaillel 4 000 —

3* — SOaoût 1500 —

Begain» octobre 1700 —

Total nOQOkil.

Après chaque coupe, M. Vandercolme l'ait répanire 113 11* très de guano du Pérou par hectare.

On obtient dans le Midi sur des terres constamment arrosables des produits aussi remarquables, surtout si l'on fait usage d'eau limoneuse comme celle de la Durance.

Récolte dM gnOMs. — Le ray-grass d'Italie produit plus de semences que le ray-grass anglais.

En Angleterre , on en récolte de 30 à 50 hectolitres , ou de 750 à 12(mj kilof^. par hectare.

A Hohenheini, cette graminée a fourni |)ar hectare 665 kilog. de graines et 3870 kilog. de paille. M. Trochu

RAT-6RAS8 D*1TAUB

récolle, sur la même superficie, de 1200 à 1600 kilog. de graines.

Mi« ë% i*iM€»««iltM. — Un hectolitre de graines de raygrass d'Italie, ne contenant pas de semence de plantes indigènes, pèse de %k à 36 kilog.

BaiFi*i 1* pAiite. — La paille de ray-grass d'Italie est mangée par les bétes à cornes et les chevaux.

Durée d'existence. — Les prairies artificielles formées par le ray-grass dltalie ont une durée plus ou moins longue, selon les circonstances. Quand les terres sont de bonne qualité et fraîches, le ray-grass est encore fauchable à la quatrième aiiiiée; dans les sols secs on limite son existence à deux ans«

BIBLIOGRAPHIE

BMMkMd*. Annales de RoTiIle, 1832, in-8, 8* nvr., p. 367. mm «•■Uevllle. — Le Cultivateur. 183S, m-8. t. XI , p. 453.

Vlqnrt — Moniteur de la propriélé, 1818, in-8, t. III, p. G9Î. »e La aottc-Boase. — Revue agricole, 18<i3, ia-8, p. 15. Troeliv. — Ferme de Bruté, 1847, in-8, p. 185. VUoMrfn. — Bon jardinier, 1855, in- 12, p. 569.

326 LES PUNTES FOURRAGERES.

SECTION vu.

^ (4U>in|C, raaafd; qo«M; «lluloa k k foMM de ré|ti.)

Alopecobus pratensis, L.

PlantÊ monoeofyUdone dt la famUk <Ui Gnmitiitt.

Anglais. — Meadow iox uni gras».

\je vulpin d(îs prés, que Linné regardait à juste litre comme une excelleate graminée fourragère, est très-répandu dans le nord de l'Europe; il se recommande par sa grande pricocUi et Tabondance de ses produits.

Cette pldiiie est vivace; ses racines sont (il)reuses; ses tiges sont ascendantes, hautes de û"*,8û à l"\30, et souvent glauques; ses épis sont velus, soyeux et cylindriques; elle croit dans les prairies naturelles situées sur des sols riches et un peu humides ; elle fleurit en mai.

Suivant M. Vilmorin lils, elle contient:

À l'état frftU 0,46d'asote.

A l'état sec 1 ,33 —

On la cultive de préférence sur les terrains fertiles et frais , les sols tourbeux et les étangs desséchés; elle redoute les sols humides et les eaux stagnantes.

Le vulpin des prés se cultive comme le ray-grass vivace. (Voir p. 310.)

On le sème à raison de 20 kilog. de graines par hectare. La graine du vulpin des prés est très-légère, blanchâtre et

munie d'une petite ar^te. Son faible poids exige qu'on la sème le matin ou le soir, lorsque l'air est calme. , Un hectolitre de semence pèse 1 1 kilog.

VULPIN DES PAÉS.

Son foin n'est pas aussi fin que le foin de ray-grass, mais il est nutritif et assez odorant; les rumioants en sont trèsavides.

Lorsque le vulf^in végite sur des terrains frais et fertiles

et qu'il a été fauché de bonne heure, il donne presque toujours une seconde coupe aussi a])on(lante (}ue la première, qu'on peut évaluer de Sôoo à 3000 kilog. de foia sec par hectare.

On peut associer cette graminée au ray-grass, au fromen-

taî, au trèfle rouge et à la luzerne.

C'est À la deuxième et parfois à la troisième année seule-

ment que le volpin est en plein rapport. A Hohenheim, cette plante a donné par liectare 155 kilog.

de graines et 1532 kil. de j)aille.

La durée des prairies, que forme le vulpin cultivé seul, n'est pas très-longue, à moins que le sol soit de bonne qualité. Dans les circonstances ordinaires on défriche les prairies à la quatrième ou cinquième année de leur existence.

BIBLIÛGAAPUIË.

Vvart. — Cours d'aprinilturo. in-8, t. XVî, p. '^T,. liCcoq. — Traite plantes fourrap.Ves, IHV», m-ti, p. k2, Vllvorla. — Bon jardinier, mbb, id-12, p. à77.

LES PtAlTTES POUBRACàRES.

SECTION VIII

Tlmothy ou Fléole den prés.

(De fWtSbondtiit; tlliiclon u déwloppenent 4«t tige» ei de» feuillM.)

PlILEUH TRATENSEj L.

Rhmti numœoiiylédùne de la /bmill< 4e$ Gramnéa,

ilitfl/aw. ~ Timolhy grass.

Le timothy a été très- vanté» comme plante fourragère, par Timothy, Haller et Hartmann; on le caltive beaucoup en Angleterre, où il est connu sous le nom de Cats Uni grass; les Amérirains l'emploient aussi pour former d 'excellentes prairies arlilicieiles; ils l appcUent Timothy grass.

Cette plante est vivace et indigène en Europe (tig. 31); elle a des tiges droites, un peu coudées intérieurement, hautes de 0'",75 à l^'j^o, et garnies de feuilles plane?? et assez larges; ses épis sont verdâtres, serrés et cylindriques ; on la rencontre dans les bonnes prairies naturelles.

Suivant Vilmorin fils, elle contient :

A rétti lirais O.fiO d'osote.

Al*6tatMe 1,37 —

On a constaté en Amérique qu'elle renferme, lorsqu'elle

est en pleine fleur :

Eau 70 à 75 pour 100.

Ifatito«s sèches 25 à 30 ^

Les cendres que fournit le timothy contiennent sur lOû parties : potasse, :iO; phosphate, 16; chlorure de sodium, 2,50. La fléole des prés fleurit en juin, végète de préférence sur

TUfOTHT-

les sols argileux frais sans être humides. Elle réussit aussi . sur les terres légères et profondes. A Bonny (Loiret)* elle a produit par hectare , sur d'excellentes terres sablonneuses ,

de 5000 à 7000 kilog. de foin.

On cultive le Uniotliy comme le ray-grass vivaccn (Voir p. 310.)

La graine est petite « luisante, de couleur grise et nous

Fig. 31.— Timolby. ~ Au lO».

vient ordinairement d'Amérique ;'elle se répand à raison de

8 kilog. par hectare. On doit l'enterrer par un roulage ou un léger hersage.

Un hectolitre de graines pèse 63 kilog.

On peut allier la fléole des prés au trèfle rouge.

On ne doit pas associer cette graminée. qui est trèS'tardive, avec des espèces hfltfyes.

Le timothy donne un foin un peu gros , mais excellent. Fauché quand il commence à épier, il fournit des tiges vertes ou sèches que les bètes à cornes et les chevaux consomment totyoors avec avidité.

Le timothy fournit en moyenne 4000 kilog. de foin sec par hectare.

Son produit maximum n'a pas dépassé 8000 kiiog. £n 1860, il a donné à Grignon 18500 kilog. de fourrage vert ou 6000 kilog. de foin sec.

Le regain qu'il fournit est quelquefois tros-abondaut.

A Hotieiiliciin , le tiuioUiy a donné 32^ kiiog. de graines et 4150 Idlog. de paille par hectare.

En résumé, cette graminée peut former en France* dans les localités où le lr*'!le rouge ne réussit pas parfaitLMneiit, des prairies arliliciciles aussi productives que celles que possèdent annuellement les agriculteurs américains.

Ces prairies, bien entretenues, donnent encore des produits abondants à leur troisième et quatrième année d'existence.

' BIBLiÛClUPHIE.

s. BMli. — Mémoire mr !• Uai«tii7, 176T, in-tl. TVMt. — Coats d'agriculture, 1823, ln-8. t. XIV, p. 331. I/eeo^. — Traité des prairies, 1855. in-Si p. 40. vilai*rlM. — Bon jardinier. 18^, io-12t p. 566.

FBOMENTAL.-

S£GTiON IX.

Fromenlal «n AvélM élevée.

(Oedlf fv, nUa; i^e» V^ÀtA» ; «llasioo «apédIoèlledIM qui accoaiiMgoe le» flean mâlw.) AniBniATBBioii avuiâcbck, ûaQd. Avkha UAnoa. L.

/'tonte tnonoeofyl^donc de familU du Graminéfi, Anglais. — Oat lîke grass. ÀlUmaind. Hohor gltttthafer.

Cette graminée a été cultivée en Lorraine il y a plus d'un siècle par ordre de Stanislas. A la même date, Dom Miroudot

]a proposait comme une bonne plante fourragère pour les terres pauvres.

Les Anglais Tutilisent avec avantage dans la formation des prairies naturelles et artificielles. Le fromental a été souvent désigné sous le nom de ray-grass de France ou fenasse.

Cette plante est indigène et vivace; ses lacines sont fibreuses; ses tiges ont plus d'un mètre de hauteur et elles sont glabres; ses feuilles sont planes , larges et glabres; ses panicûles sont d'abord diffuses et ensuite lancéolées ; elles sont composées d'épillets luisants, blanchâtres ou violacés.

On rencontre le fromental dans toute l'Europe; il est trèscommun dans les prairies du Lyonnais et dans les marcUes du Milanais.

Le principal nui ite de l'avoine élevée est de résister aux grands froids, de re()ousser facilement après avoir été £aiudiée ou pâturée, surtout sur les sols frais, et de réussir sur des sols secs, pierreux et peu fertiles, sablonneux , calcaires et gra<*

nitiques.

Cette plante végète mal sur les terrains humides et marécageux.

]je fromental se cultive comme le ray-grass mvace. (Voir p. 310.)

On répand 50 kilog. de graines par hectare.

Un hectolitre de semence pèse 17 kilog.

On peut lui associer la houlque laineuse, lorsqu'il doit être irrigué. On lui associe aussi le sainroin ou la lupuline quand on le cultive sur des terrains calcaires.

Quand TaYoine élevée végète sur une terre pauvre, elle demande à ne pas être pâturée la première année.

Ce n'est qu'à la seconde et souvent môme à la troisième année de culture qu'elle commence à donner de bonnes coupes.

Le fromental est très-précoce; on doit le faucher ayant le complet développement de sa panicule, parce qu'il a le défaut de sécher sur pied. 11 est facile à faner.

Son foin est de bonne qualité, mais il est inférieur à celui que fournit le ray-g^rass; il contient 0,85 d'azote.

Le fromental , cultivé en Provence et soumis à des irrigations de printemps et d'été et convenablement exécutées, dure cinq à six ans et donne chaque année plusieurs coupes abondantes.

A Flottbeck , il a produit 1 1 200 kiiog. de fourrage vert par hectare.

100 kilog. de parties vertes se réduisent k 35 kilog. par le fanage.

A Hohenheim, cette j^raminéea donné435 kilog. de graines et 3300 kilog. de paille par hectare.

La durée d'existence du fromental est toujours limitée à la fécondité et surtout à la niture et à la fraîcheur du sol sur lequel on le cultive. Moretti cite une prairie de fromental située près de Pavie qui fournissait dopuis dix-sept ans quatre bonnes coupes chaque année. M . Vilmorin en possède

FAOMSNTAL. 333

plusieurs dans le Gâtinais qui ont été créées il y a vingt ans sur de trèa-mauvais sols et qui sont encore passablement vives et garnies, quoiqu'elles n'aient jamais été fumées.

Schwerz s'est trompé quand il a blâmé les agriculteurs qui proposaient cette graininée comme plante fourragère pour les terres sèches et arides.

Le foin du fromental est un peu gros» mais il est assez souple, n convient surtout aux bêtes à cornes. Dans la Pro* vence, le Languedoc, le Ségala, etc., contrées où cette graminée est cultivée très eu grand, le foin qu'elle fournit est regardé comme excellent quand elle a été fauchée en temps convenable.

Sans cette plante, beaucoup de localités dans le midi de la France et les montagnes du Lyonnais ne pourraient conserver les animaux domestiques qu'on y observe annuellement.

BIBLIOGRAPHIE

Mlroudut. — Mémoire sur le fromcnlal, i7tK). in-8. VvMPt. — ' Cours d'agricoltUK, 1833, iii-8. t. XIV. p. 390. Cillkarl. — Trait6 des prairies arUficiclIcs. IH'ifi. in-8> p. 135. Crud. — Economie (la^ricalliirc, 1S:19, iii-8, t, II, p. 233. ' VilaMrln. — Bou jardinier, liHtb, ïa Vi, p. ô()2.

334 L£3 PLANT£S FOUARAG£R£S.

SECTION X

(Xii*f«, nom grfMï de la chicorée.) ClCaOMUM IRTTBOS, L.

Plante dicotylédone de la [amilte des Composées.

àhqIûû, — Ghioory. ilaltmi. Cicorea.

AUmand* — Wegwart gemiener

tiislorique. — Mode de végétation. ~ Composition. — Variété. — Terrain. Semis. — Soins d'entrelieu. — RécoUe. — Conclusious.

— La chicorée sauvage est connue depuis les

temps les plus reculés, fille a été très-recommandée pour la première fois, en 1784, comme plante lourragùre par Cretté, de Pailuel. £u Angleterre , Arthur Young a beaucoup contribué à la propagation de sa culture.

de ▼éfétotiem. — Elle a des racines vîvaces et pivotantes» des tiges dressées, rameuses, hautes de 1 mètreà r",50; les feuilles inférieures sont lissées à lobes aigus, larges de 0«,08 à 0",10 et longues de 0",25 à 0« 30 ; les feuilles cauli* naires sont petites et demi-embrassantes ; ses fleurs sont en capitules a^^glomérés et d'un buiu bleu.

La chicorée sauvage végète naturellement sur ks terres calcaires dans le nord comme dansle midi de l'Europe.

Elle est commune sur le bord des chemins et sur les lieux incultes, dans les contrées calcaires ou crayeuses, où elle se marie souvent à la mille-lcuiiie ou à la primprenelle.

Elle résiste très-bien aux grandes sécheresses et aux froids les plus intenses.

cmpMitiM* — On ne connaît pas encore d'analyse complète de la chicorée sauvage.

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