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CHAPITRE II

PLANTES BISANNUELLES.

SECTiON I.

(M irte, urott»; folhm, (MlUe t c'esiMire CeiiUla «ompoflée de Ifois Miolas.)

Tbifouum piuTnrfti, L.

FiaiUi dieotiflidOM de la famille det Léguminewes,

Anglais. ^ Red clOfer Xtpognoh ^ Tieliol.

AlUmaud. — Klee. Italien. — TrifogUo.

Flamand, — lUater.

Historique. — Oimat. — Végétation. — Vari6tés. — Espèces spéciales. -~ Composition. ~ Sol : nature, ]néparation, fertilité. — Quantité d'engrais

à ap[iliqucr. — Semis: époque, exécution, quanliié de graines, qualité des graines, recouvrement, germination — Soins d'entretien : épicrrement, plÀtrage, cendrage, fumure et couverture, chauhge, arrosages.— Assoeialion du trèfle rouge et du ray^grast vivace. — Plantes nuisibles.— Insectes nuisibles. — Récolte : ^«poquc , nombre «le coupes, fauch.iison , conversion du produit vert en foiu . bollelaye. pâturage. — Cunservatioii du produit sec. — Rajtport entre le fourruge sec el le fourrage vert. — Caractère du foin et du regain. — Rendement en vert, en sec et par coupes. — Poids du mètre cube de foin. — Récolle des graines : époque, rérolte, l)attagc. — Quantité de graines. — Poids de I heetfditre. — Valeur nutritive de la production verte, du foin et du regain. — Emploi du Uèfle tert. — Son action sur le bétail. Emploi du foin. Son action sur \ee animaux. — Durée d'existence des tréflières. — Défrichement. — Quantité de racines par hectare. — Amélioration du sol par le trèfle. — Plantes qui suivent le défrichement. — Valeur commerciale du foin et des grainea. — Piii de retient — Bibliographie»

■isfwi^TO. — Le trèfle rouge, suivant John Gerarde, formait en Italie, en 1597, d'excellentes prairies artificielles. Sa

culture a pris naissance en 1 laiidi e il y a près de deux siècles , et c'est de cette province qu'elle parvint sur les bords du Rhin, dans le Palatinat, en Angleterre et en France.

346 LES PLANrçS FOURRAGERES.

Cette légu mineuse eut pour aj>ôtre, en Allemagne , un habitant de la Saxe appelé Schubart, auquel l'empereur Joseph II donna des lettres de noblesse, en lui permettant d*a-

jouter à son nom celui de Kleefeld.

C'est Richard VVeston qui l'a fait connaître pour la première fois en Angleterre» en 1645, lorsqu'il publia son ouvrage intitulé : TraœU in Fkmdm^ et c'est Schrœder qui Ta proposée le preiniei' à l'Alsace, comme plante Ibun afrère.

C'est par l'induction de la culture de ccUe légumineuse que plusieurs provinces du nord de r£urope ont pu régénérer leur système agricole.

ciiflMit. — Le trèfle roujîe, appelé quelquefois trmènë ou tréiminCy ot cujte annuellement une plus grande surface de terrain dans le nord que dans le midi de l'Ëurope; c'est que sa réussite complète dépend plutôt de la fratdieur du sol et de l'huinidilé de l'atmosphère que d'une grande fertilité de la couche arable.

En général, il demande un climat plus brumeux qu*' sec, et très-tempéré , et il supporte très-bien les froids d'hiver les plus intenses si le sol où il est cultivé n'est pas humide. Par contre, il végète mal quand les printemps sont secs, et souffre beaucoup des longues sécheresses, surtout dans les sols sablonneux et les terrains compactes.

On le cultive avec succès sur les terres alluvionneuses, fertiles et fraîches de la vallée de la Garonne.

Végétation. — Le trèfle rouge a une racine pivotante; sa tige est ascendante, rameuse, et haute de û'",40 à O^.âS; ses feuilles se composent de trois folioles ovales ou elliptiques quelquefois maculées; ses fleurs roses sont d'abord globuleuses, puis ovales , et entourées à leur base de deux feuilles opposées; ses gousses sont ovales, et elles s'ouvrent par un opercule; enfin ses graines, de couleur jaunâtre ou violette.

THÈFLE ROUGE

sont ovoïdes , et présentent à leur partie presque médiane une échancrure très-apparente.

Cette légumineuse entre en végétation au mois de mars et quelquefois vers la fln de février, lorsque la température moyenne de l'atmosphère a atteint + 7** Elle exige, pour fleurir, 1242* de chaleur totale. En général, elle montre deux fois ses Heurs chaque année , d'al>ord au mois de mai ou de juin, ensuite aux mois d'août et de septembre.

▼ariétés. — - On a décrit depuis le commencement de ce sit'cle diverses variétés du trèfle rou^e, auxquelles on a donné les noms de trèfle de Hollande^ trèfle de Normandie^ trèfie de StyrU^ etc. ; ces trèfles divers ne forment pas des variétés. S'il existe une différence très-apparente entre le trèfle que l'on cultivt dans la Brie, la Touraine, etc., et ceux qui végètent en Hollande, dans le Holstein, etc. , elle résulte, sans nul doute» de la fertilité du sol, de l'état physique du climat, et des soins que les cultivateurs apportent dans la récolte et le choix des semences. Ainsi, lorsque la terre est uivilo-calcaire ou argileuse, quelle a été chaulée ou marnée, et qu'elle appartient, quant à sa fertilité , à la période commerciale, le trèfle présente des feuilles larges et d'un vert trèsprononcé , et des fleurs remarquables par leur développementet leur couleui iu.se Irès-foncée. Quand, au cnnirairc, la terre est siliceuse et encore dans la période fourragère, cette légumineuse est toujours moins élevée, son feuillage est moins vert noir, et ses fleurs sont plus petites et plus roses.

Eitpéees spéciales. — On a proposé, depuis quinze ans environ, de remplacer le trèfle ordinaire , quand sa réussite est douteuse , par les deux espèces suivantes :

A. Trèfle hybride ou trèfle ^alsike ( TRiFOinnc HTBRiDmf, L. ) ^ Cette espèce croît naturellement en Suède, où on l'emploie chaque année, depuis près d'un demi-siècle , pour for-

mer des prairies arULicielles. Elle a des liges moins grosses que celles du trètle rouge, mais plus longues et plus nom- Inreuses; ces tiges forment des touffes arrondies très-larges lorsque les pieds ne sont pas nombreux. Ses fleurs sont plus

fortes que celles du trèfle blanc, et elles sont nuancées de rose vif.

Le principal mérite de cette espèce est de bien végéter sur les sols froids et humides, fille réussit en Écosse.

B. Trèfle élégant (trifolium elegans, Savi). — Cette espèce croit naturellement en France dans les prés et les bois. Ses tiges sont moins développées, mais plus nombreuses et plus étalées et ramiflées que celles du trèfle hybride; ses fleurs sont rose rougeâtre uniforme.

Cette plante végète et fleurit quinze jours plus tard que le trèfle hybride; mais elle est beaucoup plus durable. M. Vilmorin a constaté que le trèfle élégant persistait pendant quatre années, tandis que le trèfle hybride disparaît ordinal» rement à sa troisième année d'existence. En outre, le trèlle élégant réussit très-bien sur les sols pauvres* siliceux ou argilo- siliceux à sous-sols ferrugineux.

Les aptitudes de ces deux espèces à réussir sur des terrains où le trèfle roujze vf'^'cLe difficilement, doivent engager les agriculteurs des conU ces pauvres à les expérimenter.

c«ai»Miit«a. ^ D'après M. Boussingault, le trèfle rouge présente la composition suivante :

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