‹ Les plantes fourragèresChapitre 5 sur 115 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

PLANTES A KACIHBS CHAnifUBS.

SECTION L Betterave.

( Db celtique krll, ronge ; alliMien k ta oonknr de te reeine. )

META VULGAHIS, L. — BbTA BAPA, DO M.

Plante dieotffiédmte de la famiUe én CHéwpoâéet.

Anglais. — Mangold Wurliel. Ksjiagnol — HetarraKa. AUemand, — Ruokelrûbe. l'ortuyais. — BeUra^a.

Italien» — Barbe.

Historique. — Climnt — Végétation. — Variélés. — Composition. — Sol ; nature, préparation et fertilité. Quantité d'cngrais à appliquer.— Semis : époque, en place à la main ou au lemoir, en pépinière, sur couche ; quantité de graines, trempagadee semences, espacement deslignes.— Cultures d'entretien: sarclages, binages, 6cla!rcis.«5age8et buttngn — Transplantatiun : époque, haiiillage des plants, mise en place. — Arrosage des plants. — Binages à la houe à dieval. — Insectes nuisibles. — ElTeuillai-» son. — Récolte : époque, arrachage à la l)6che, à la fourche, k la houe et à la charrue; dâcolletage, mise en tns. — Transport à la ferme. — ron«!ervation : en caves et en silos. — Rendement. — Poids de l'hectolitre et du mètre cube. -~ Quantité de feuilles. — Rapport entre les racines et les feuilles.'— Porte-graines : choix, conservation, mise en terre, récolte des graines. — Quantité de graines. — Produits divers fournis par la hetterave. — Valeur nutritive des racines et de la pulpe. — Préparation des racines.

Action de la betterave sur le bétail. Emploi des feuilles. — Action des feuilles sur les animaux. — Action de la pulpe sur le bétail. ~ Valeur commerciale des racines et de la pulpe. — Bibliographie.

Hietori^M. — La betterave est très-ancienne. Théophrasle a décrit deux variétés : la helteraiB rouge foncée et la betterave èUmehe, Olivier de Serres rapporte qu'elle avait été introduite

depuis peu d'Italie, mais il ne fait mention que de la betlerare rouge grosse et ohserve que le jus qu'elle fournit ressemble

BETTERATE. ^ 9

au sirop. Cette variété a été introduite en Angleterre en 1548; 1 variété blanche n'y fut connue qu'en 1570.

C'est à Vilmorin , mort en 1804, que nous devons la beUerave disette, que l'on croit être originaire d'Allemagne, et que Parkins introduisit en 1786 en Angleterre.

En 1782, suivant l'abbé Rozier, ou connaissait déjà quatre variétés de betterave; la petite et la grosse rouge; la jaune et la blanche.

En 1747, Margraff, constatant de nouveau dans la betterave la présence d'une substance analogue au sucre , chercha à l'extraire par des procédés économiques, et il eut le bonheur de réussir; mais c'est à Achard que revient l'honneur d'avoir créé , en 1790, la première fabrique de sucre indigène.

Ghaptal, Mathieu de Uouibasleet Grespel teutèi t ut en Europe, dans les premières années de ce siècle, d'extraire en grand je sucre que renferme la betterave de Silésie; mais malgré leurs efforts , l'industrie snccharifère ne fit pas de progrès. Elle ne devint réellement importa ute (ju'à dater de 1823 , époque à laquelle Figuier proposa de substituer le noir animal au lait et au sang que l'on employait alors dans la dariflcation des si rops .

Depuis cette découverte, la fabrication du sucre indigène a fait, on France, des progrès considérables, grâce nux lumières de Mathieu de Dombasle, de M. Schutzembach, et de M.'Payen. En 1831, la France ne produisait encore que 9 000000 kil. de succède betterave; en 1858-59, cette production avait atteint 132 651 uuu kilog.

cUatAt. — La betterave réussit très^bien dans les climats froids de l'Europe; on la cultive en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et en Hnssîe. Elle ne refuse pas de croître dans les contrées du Midi, mais si elle y soulire de la cha-

leur ou des sécheresses, sa racine reste petite , verte et n'es pas très-saccharine. On a voulu, dans la Loaibanlie, rendre sa végétation plus active en lui donnant pendant l'été de nombreux arrosages, mais ces arrosements lui ont été funestes, et les cultivateurs ont été forcés de recourir à d'au- « très moyens pour assurer sa réussite.

On peut la cultiver en France sous toutes les latitudes, lorsque les terres répondent par leur nature à ses exigences. ' tuémàm végéifttiMi. — La iietterave est une plante bisan* nuelle, à racine souterraine, fusiforme, charnue et saccharifère; elle forme sa racine la première année el développe sa tige l'année suivante; celle-ci est anguleuse, glabre et rameuse ; ses feuilles sont pétiolées et entières ; ses fruits sont rugueux, brun jaunfttre , sessiles, disposés en épi simple et ont la grosseur d'un pois ; lis renferment deux à quatre graines rouge foncé, aplaties, déprimées, a^uat un embryon embrassant l'albumen farineux.

Cette plante est rustique lorsqu'elle a deux ou trois feuilles : mais elle soufX^ au printemps quand il survient des gelées intenses et qu'elle n'a que ses cotylédons. Pendant Télé, elle ct;>se puui" ainsi dire de végéter lorsque les chaleurs sont élevées, mais elle ne périt pas. C'est sous l'influence des pluies d'août et de septembre que sa racine atteint son développement maximum. On l'arrache en automme quand la tem pérature moyenne du jour est descendue à -J- 10| parce qu'alors il n'y a plus de végétation à espérer.

Elle exige, d'après les observations de M. de Gasparin, plus de 5000 d^prés de chaleur totale pour germer, végéter et grossir sa racine.

Variétés. — Onconnalt aujourd'hui 24 variétés de betterave. Gellesque l'on cultive en grand sont au nombre de 10, savoir:

1** BetUravê dif»iU ou ehampHre, — Racine très-développée,

BETTERAVE. Il

Aisifonne, obtuse au sommet, plus ou moins efGlée à la base

et sortant à moitié au moins hors de la terre»; ppau roiisre violacée sur la partie souterraine, rouge brun sur la partie hors de terre; chair blanche veinée ou zonée de rouge; feuilles vertes à pétioles colorés de rose.

Vanetc très-r<'|)andue et productive.

La sous-variété désignée sous les noms de Betterave corne de vache, betterave corne de bcBuf, végète presque entièrement hors de terre* Sa racine est contournée , souvent sillonnée dans sa longueur et à chair blanc verdfttre zonée de rouge; sa peau est rouge lie de vin. Ses feuilles sont dressées, peu développées; ses pétioles sont rosés.

2* BeUerave disette blanche aablancheà coUet vert hors de terre ou de Puitbareau, — Racine très^volumineuse, cylindrique, sortant à moitif^ hors de terre; peau verte sur la partie aérienne et blanctie sur la partie inférieure j chair blanche.

Variété digne d'être propagée.

3* Betterave rouge grotte ou rouge écarlate, — Racine longue, cylindrique, régulière, sortant aui deux tiers hors de terre;

peau rouge noir ou rouvre violacé; chair ferme, sucrée, rouge foncé; feuilles rouge très-foncé à pétioles rouge sang.

Variété souvent cultivée pour cujre.

Betterave blanche de Silésie ou à eucre. — Racine Aisiforme, rétrécie au collet, régulière, })resque enterrée ou oilranl un petit collet vert: peau et chair l)lanche très-sucrf^e.

C'est à cette variété que la prééminence en richesse saccharine a été conservée*

La betterave de Silésie dégénérée, c*est-à*dire celle qui développe sa racine en partie hors de terre, est désignée dans le département du Nord sous le nom de betterave bouttoire. D'après M. Yasse, cette sous-variété contient de S à 3 pour 100 moins de sucre que la betterave de Silésie pure.

Fig 1 . — Betterave blanche de M.'igdebourg. — Au G*.

La racine dite betterave de Silésie à peau ou à collet rose, si vivement recommandée par Mathieu de Dombasle, a les caractères de la betterave blanche de Silésie, sauf que sa racine est un peu plus petite et que sa partie supérieure est colorée de rose.

La sous -race, dite betterave blanche de Matfdebourg, a une racine petite; racineuse, élargie au sommet et très-effilée, ses feuilles sont assez petites et ondulées ou frisées sur les bords.

Cette betterave (////. 1) est très-estimée en Prusse; on la regarde comme plus saccharine que les autres betteraves de Silésie. Cette opinion est justifiée par les faits recueillis dans les sucreries.

Ainsi,àMagdebourg, la betterave fournit 8 à 10 p. 100 de sucre et son jus marque de 8 à 10 degrés; en France, la betterave blanche de Silésie ne donne que 5 à 6 p. 100 de sucre et son jus n'a que 6 à 8 degrés.

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