‹ Les plantes fourragèresChapitre 51 sur 115 · TRÈFLE ROUGE · texte numérisé non relu

TRÈFLE ROUGE

les eiiiiiiagasine dans des locaux secs, si on ne procède pas immôdiateiueat au battage des gousses.

Toutes ces opérations doivent être faites par un beau temps , car la belle qualité des graines dépend souvent de l'état de l'atmosphère au moment où elles sont é^ren«''es.

C. Battagk.— On bat les têtes du trèfle par un beau soleil, avec le fléau ou au moyen d'un rouleau en pierre ou en bois, soit en plein air, sur une aire garnie de bouse de vache délayée dans l'eau, soit sur l'aire d'une grange à battre. Cette opération est faite dans le but de détacher les tètes des tiges ou de séparer les gousses.

D. toREif A6E« — L'égrenage des capsules se pratique au moyen de machines spéciales ou d*une meule verticale. (Voir Luzerne, égrenage, p. 269.^

On ne doit exécuter cette opération, que l'on désigne en Normandie sous le nom à'ékouper^ que lorsque les gousses sont parfaitement sèches.

100 kilog. de gousses donnent 30 à 36 kilog. de graines nettoyées.

QvMCité dte gf«iB«« 4a*M pwt vée*iter. — Le rendement en graines de trèfle est très-variable. Ordinairement ce pro-

duit est en raison directe de la beauté du temps, du nombre des fleurs et en raison inverse de la longueur des tiges.

Schwerz évalue la quantité moyenne qu'on récolte par hectare en Belgique à 360 kilog. Cette production est celle que Ton obtient dans les départements du Tarn^ de TAude, de la Haute-Garonne, etc.

On a souvent dit qu'un hectare pouvait donner jusqu'à 1000 et même il 00 kilog. de graine; de tels produits s'obtiennent très-rarement.

Poids de rheetoiicre. — La ^a aine de trèfle est aussi pe» santé que celle de la luzerne; l'hectolitre, mesuré ras, pèse lu V. S4

à 80 kilog., quand la semence n'est pas môléeà du sabie et qu'elle est de première qualité.

vai««» Miritwe. — Les tiges et les feuilles vertes ou sèches du trèfle ont une valeur alimentaire presque égale à

celle que l'on assigne à la luzerne verte ou desséchée.

A. Production verte. — Le trèfle vert, si recherché par tous les animaui domestiques, doit être regardé comme un excellent fourrage.

M. Boussingault ayant égard à la quantité d'azote qu'il contient représente sa valeur nutritive par 230.

Voici la valeur alimentaire que lui assigne la pratique quand il a été fauché en pleine floraison :

Block 400 Polh 450

Flotow . . âOO Thaër 4^

Pabfk m

Moyeaoâ.... 44ô

Ainsi, 45 kilog. de trèfle vert peuvent remplacer 10 kilog. de loin de prairies naturelles.

B. Foin. — Le foin de trèfle est très-nutritif lorsqu'il a été convenablement récolté. M. Boussingault représente sa valeur alimentaire par 67. La pratique lui a assigné les chiffres suivants :

Btock

Crud.

Fabst Pétri.

Royar...

Schwcnt, Tiuiër...

Moyeima.... 100

Auisi, ie foin de trèfle ne serait pas plus nutritif que le foin des prairies naturelles. Ce fait ne surprendra aucun agriculteur. On sait que cette légumineuse perd fecilement ses feuilles, les parties les plus nutritives, qu'elle est difBcile à faner, et qu'elle subit de grands changements quand il sur-

TRÂFLE ROUGE. ' 371

vient des ploies abondantes ou des chaleurs très-ôlevées pendant le fhnage.

Quant au foin t]ui a porté graine et que l'on a récolté dans le mois d'août, il est bien moins nutritil. Block représente sa valeur alimentaire par 193.

G. Regain. Le regain de trèfle est un peu plus nutritif que le foin que fournit cette légumi rieuse.

Emploi du trèfle vert. — Le trèfle vert qu'on destine au bétail ne doit être fauché que lorsque ses fleurs vont s*épanouir. Fauché avant la formation des boutons, Jl nourrit mal et peut météoriser les aninnaux, surtout s*il est donné en grande quantité. Fauché après la floraison, il est dur et le bétail le mange fort mal. Gomme il relâche les animaux quand ses capitules ne sont pas fleuris» on le donne alors peu à peu ou on le mélange à des fourrages secs. Plus tard on le dunue seul , en ayant, toutefois, la précaution de bien régler les rations.

Aetim ém tMt vwt wmr to Mtaii. — Le trèfle vert a Une action puissante sur les animaux de rente. Les vaches qui le consomment avec une grande avidité donnent, sous son influence, im lait très-abondant, mais moins riche en parties butyreuses que quand elles sont nourries avec de l'herbe d'excellentes prairies naturelles.

Les cochons redierchent aussi cette nourriture, qui les entretient et môme les engraisse parfaitement. On peut encore le donner avec succès aux bœu£s à l'engrais, aux jeunes poulinières et aux bétes à laine.

Les chevaux et les bœufs de travail aiment beaucoup le trèfle vert, qui est sans contredit la nourriture la plus agréable aux animaux, mais elle diminue leur énergie et les rend un peu mous. C'est pourquoi on évite ordinairement d*en donner aux chevaux qui ont des travaux pénibles à exécuter*

LES PLANTES FOURRiGÊRES.

Kw^tot ém Mm, — Le foîQ de trèfle perdant très-aisémeot ses feuilles, ne doit pas être secoué; il faut le transporter

avec précaution et le botteler avant de l'emporter du grenier aux bâtiments dans lesquels sont confinés les animaux aux* quels on le destine.

Quand il est moisi, on doit Tagiter avec une fourche» le laisser exposé h Tair pendant quelque temps et Tarroser d*eau salée.

On peut aussi, quand ses tiges sont dures, coriaces, insipides, le faire macérer dans de Teau légèrement salée. AellM ém Mm wmw le kéfail. — Le foin de trèfle est un

excelleiit aliment ; il convientàtous les aiinnaux; il engraisse avec succès les bêtes bovines et ovines; il favorise la production du lait; il augmente Ténergîe des animaux de travail; il engraisse et fortifie les chevaux; il donne beaucoup de force

aux agneaux.

Ouoiquo beaucoup moins échauffant que la luzerne, le foin de trèfle nouveau ne doit pas être donné seul aux animaux; car autant il est salubre lorsqu'il a ressué, autant il est échauflant lorsqu'il vient d*étre récolté.

Le regain doit être donné de préférence aux brebis et aux agneaux.

Hwrée «*existeua émm MMftm. La durée d'existence des tréflières varie suivant les assolements, les conditions locales et climatériques.

Dans les cultures bien dirigées et lorsque le trèfle n*a pas été associé au ray-grass ou au timothy, elles n'occupent le sol que pendant dix*huit mois.

Quand cette léguniineuse fait partie d'assolciiients appartenant à la culture pastorale mixte, ou qu'elle a été alliée à d'autres plantes, on la conserve ordinairement pendant deux ans et demi. Alors on la fauche la seconde année» et on la

TRÂFLE R0U6B.

fait pâturer par les bétes à cornes ou les moutons pendant la troisième.

DéfrtehMrat. — * Lorsque le trèfle ne doit durer que

pendant dix-huit mois ou deux années, on le défriche en septembre ou en octobre. Cette opération se lait à l'aide d'un seul labour profond. Il est très^important qull s'écoule plusieurs semaines entre le défrichement et la semaille de la céréale d'automne qui suit ce labour. Pendant ce laps de temps, les tiges du trèfle se décomposent et la terre se tasse. Alors le froment est moins sujet à soutfrir, à la iiu de l'hiver, des alternatives des gelées et des dégels. Lorsqu'on sème sur un labour récent, cette céréale est presque toujours exposée aux fâcheuses conséquences du déchaussement.

Le trèfle qui a végété pendaut trois années doit être suivi par une culture de seigle ou par une récolte d'avoine d'hiver ou de printemps. Dans ce dernier cas, on n'exécute le défrichement de kl tréniùre que vers la fin de l'automne ou pendant l'hiver. (Vojr Luzerne, dèfridiement, p. 271.)

QMBlllé ém raeiMM laissées dus le m1. — Le trèfle laisse toujours moins de racines dans le sol que la luzerne.

La quantité de racines recueillies en Alsace, par M. Boussingault, s'est élevée seulement , après avoir été desséchées au soleil, à 2500 kilog. par hectare.

Dans le département de Seine-et-Oise, j*ai obtenu sur la même superficie 5200 kilog. de racines. Ces parties, avant le pesage, avaient élé rx posées pendant plusieurs heures à l'action de la chaleur solaire.

AMéilMitio» dm Ml 9WP le Mfle. ^ Le trèfle améliore la terre sur laquelle il a végété , par ses racines et les tiges et les feuilles vertes et sèches que Ton enfouit lorsqu'on le défriche. Mais cette amélioration est bien moindre que celle que fait naître la luzerne. Nonobstant» elle est sufGsamment

374 LES PLAXfTES FOURRAGÈRES.

apparente pour qu on ne puisse la mettre en doute. A Bechelbronn, elle accrott la production moyenne du blé de 3 à 4 hectolitres par hectare. Cette augmentation permet de dire que le trèfle enrichit la terre d'une fertilité égaie à près de 2ÙUÛ kilog. de fumier dosant 0,40 d'azote, puisque chaque hectolitre de blé enlevé au sol une richesse équivalente à 450 kilog. de cet engrais.

Les faits observés par M. Boussiogault justifient cette hy* pothèse. Ainsi , les racines de trèfle recueillies par ce savant renferiiu iu 50 kilog. d'azote , quantité qui correspond trèsexactement avec celle que contiennent les ?.0 hectolitres produits par le froment qu*U cultive après le défrichement de cette légumineuse.

I^s remarques que j'ai faites à Grignon confirment tous ces résultats, qui expliquent pourquoi une tréflière ne permet pas au sol de produire, sans engrais supplémentaires, plusieurs récoltes consécutives de céréales.

FiMitM q«i le AéffHefcMoit. » le froment est

la plante que l'on cultive de préférence sur le défrichement de trèfle de dix-huit mois. Lorsque cette légumineuse réussit, qu'elle fournit de belles coupes, le froment est toujours exempt de mauvaise herbes et il produit tout ce que la fertilité de la terre permet d'obtenir. Mois il est nécessaire, pour que la réussite de celte céréale soit complète, eu égard à la richesse de la couche arable, que le défrichement soit pratiqué» ainsi que je Tai dit page 311 , quelque temps avant le moment de procéder à Texécution des semailles.

Le trèfle de trois années a de trop fortes racines pour qu'il soit possible de compter obtenir sur son défrichement une bonne récolte de blé. J'iyouterai que la couche herbue qui couvre le sol contribue aussi à rendre incertaine la réussite de cette céréale.

IRKFUl RÛUG£.

Toutefois, si les tréflières qui ont occupé le sol pendant trois années, ne permettent pas ordinairement au froment d'être productif, par contre elles sont très-favorables à' la végétation du seigle et de ravoine. Ces deux céréales y don*

nent presque toujours d'excellentes récoltes. (Voir Assolement, t, VIII.)

VAiem «MMeMiato. — A. FoxH. Le foin de trèfle se vend toujours plus cher sur les marchés des environs de

Paris, que le foin de luzerne. Les 100 bottes valent en moyenne de 28 à 35 fr.

B. Graines. — Les graines de trèfle bien nourries et remarquables par leur belle couleur, se vendent de 100 à 125 fr. les 100 kilog. Celles de deux ans et que Ton désigne sous le nom de vieilles f/raines de (rrpe, se vendent oncore de 60 à 80 fr. Lorsque leur couleur n'est pas très-brune, on les emploie pour frauder les graines nouvelles.

Ces graines se vendent en balles; chaque balle pèse 100 kWog,

Pri& de revient. — La culture du Irèile engage peu de capitaux par hectare. Voici un résumé de deux comptabilités concernant cette légumineuse. Les chiffres de Grignon

représentent la moyenne de dix années de culture , de 1843 à 1853 :

Le produit récolté par M. Gélarié s'est élevé à 7500 kiiog par hectare.

M. de Gasparin , qui admet une production moyenne de

6000 kilog. de foin par hectare, porte le prix de revient à S fr. 20 les 100 kilog.

Dépenses

Bénéfices

Prix de nvient de tÛO kil. de foin. . .

164 fr. 35

CHarfé.

infr. 63

3 ao

BIfiUOGAAPHIE.

I»f Forrand. — Mc'Tnoiro sur la ciiltucc du IrrHc, Î7C9. in 12. Ckaveii.— Hém. sur ia manière de récolter la graine de Uèile, 1174, in-12. MilMHMi. — ClémenU d'agriculture, 1779» in-13, t. II» p. 164. VMMUMi. — Théorie de la culture du trèfle, 1784, in^B. Blancliol. — Du trèfle, 1786. in 1?.

»^ AnIlèreM. — Cours d'ap.iciiltuio, 1788, in-8, t. 1, p, ICU. B»alrr. — Cours complet d'agriculture, 1*96, t. IX, p. 471. VMMAltor. — Traité da la culture des grains, 1802 , in-8, 1. 1, p. 385.

t Richesse d« cuItiTatenrs, 1803 * In-S, p. 9.

De Père. — Manuel d'agriculture pratique, 1806, in-8, p. 5*2. morne. — EncyclopédiP méthodique, 18i:î, in-4, t. VI, p., 607. IBornot. — Culture du trèlle, 1817 , in-8. p. 9. ■.nllln. — Traité des prairies artiOciélles, I8IB. in-S, p. 65. cwpAler. — Mémoire sur la Flandre française, 1833, in^, p. 380. ■Me. " Cours complet d^agriculture, 1823, in>8, t. xv, é" irwt. - — - t. XIV. p. ',7G.

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— — dp la Haute-Garonno. 1843. in-8, p. 220.

— — de Usère, 1843, in-H, p. 266.

W Myte-Marto. ^ Agriculture des C6(es du-Nprd, 1844, in-8, p- 203. ■■««•«.— Traité des plantes fourragères, 1844 , in-8, p. 390. Rrntln — Agriculture du Tarn, 18'i.'). in-8, p. 318. Biarhard. — Essai sur les prairies arltficielles, 1847, in 8, p. 76. lie «iiMiMirln. — Cours d'agriculture, 1848, in-8, t. IV, p. 445. ■•wwlasmdt. — économie rurale, 1851, In-S, t II, p. 167. mieluu*d et Payen. — Précis d'agricullare, 1861 . in-8, t. I. p. 3â4. «irardln cf nubreiill. — Cours élém. d';igr. . ]HW} in 12, t. II. p. 160. lie Ylllcneuve. — Manuel d'agric. pratique, 18.'(3, iu-8, t. I, p. 109. irilmarla. — Bon jardinier, 1805, in-12, p. 593.

f.UPULINE. 377

SECTION II

L«p«llM mm Mimttm,

(N^lti^« nom «loané par Tliéoplinêie à la luitrnc.)

MCDICAOO LOPUUMA, L.

Flanit dteoê^done de la famille des UgwHimeuKt, AnglaU. — Téllow trefoil.

Hi'itnrifjn*^. — riîmnt. — Mode do vt'-prtation. — Compo.-îitron. — Terrain,

— t>€iui*4. — Soins d'entretien. — Récoite : fauchage, fanage, pâturage. ^ Rendement.^ Emploi de la lupuline verte. ^ Son action sur le Utail.

— Récolte des graines. — Poids de l'hectolitre de gnUnes. — Valeur dutrîtire. — Défrichement. — Bibliogrtptiie.

Historique. — Lû iupuline, que Ton appelle souvent minetie dorée^ trèfle jaune, mignomette, bujolim, est connue depuis fort longtemps, parce qu'elle croit naturellement dans les prairies et les champs de toute TEurope; mais son introduction comme plante propre k former des prairies artificielles ne remonte pas à plus de soixante-dix ans. Duliamel, Aozier et • Gilbert ne l'ont pas mentionnée dans les ouvrages qu'ils ont publiés avant les premières années de ce siècle.

On l'emploie souvent dans le nord de la France pour utiliser les jachères.

cilmit. — Getle légumineuse est rustique; elle végète aussi bien dans le midi que dans le nord de la France.

Mode de végétation. — lupulinC CSt VellK* ; cllc a df»S

racmes hbreuses, des tiges étalées et anguleuses, des folioles obovales, dentelées au sommet ou entières. Ses fleurs d'un très-beau jaune et au nombre de 8 à 12, réunies en téte serrée

sur un long pédoncule, s't'panouissent vers le 15 de mai. Ses gousses ont leur sommet courbé en spirale ; elles sont noires, réniformes et renferment une graine ovoîde.

CenpMitiM. — Anderson a constaté par Tanalyse que la lupuline conteaait les substances suivantes:

Matières nitrogéDées 6,70

Gomme , sucre, amidoo.. * . . • 7 J3

Fibres végétales 6,32

Matières grasses 0 , ^

— mioérales 2,50

Eau 76,80

TcmOa. — La lupuline se plait principalement sur les terres calcaires et les coteaux crayeux et arides, parce qu elle

résiste très-avaatageuseinent aux graudes sécheresses. C'est sur les sols argilo-calcaires qu'elle végète le plus facilement. On peut aussi la cultiver sur les terres sablonneuses.

Cette plante ne demande pas des terres riches; mais ses tiges prennent d'autant plus de développement qu'elle croît sur des sols frais et fertiles.

s«aito. On la sème en automne ou au printemps selon le climat sous lequel elle est cultivée. Dans le Midi, les semis se font ordinairement en septembre ou en octobre. Dans le Nord, on la sème généralement en mars.

Lessemis ont topjours lieu sur des terres couvertes par des céréales en végétation. (Voir Ldzernb, ternis^ p. 242.)

On répand 15 kilog. de graines par hectare.

iji graine de cette léf^umnicuse est plus aplatie que la graine de trèfle et moins allongée que celle de la luzerne; sa couleur est uniforme : elle est jaune verdÂtre.

En germant, elle donne naissance à deux cotylédons aussi larges, mais plus allongés que ceux du trèfle. La feuille primordiale de la lupuline est mucronée et comme tronquée à sa base.

s*iM é'enCMttoM. — La lupuline ne demande aucun soin

d'entretien pendant sa végétation , à moins que les semis

LUPOUNE. 379

aient mal réussi ou qu*ils aient été exécutt^s sur des terres très-pauvres. Alors, on lui applique à la fin de l'automne ou pendant rhiver une fùmure en couverture » afin que ses tiges soient plus nombreuses , plus rameuses « et qu'elles couvrent mieux le sol au printemps suivant.

On doit éviter de la faire pâturer. la première année, car ce pâturage nuit toujours à son développement.

B^iie. — A. Fauchage. — On fiiuche rarement la lujiiilino pour convertir sps tiges on foin.

En général , on n'extcule celle opération que quand elle a été alliée au trèfle, au sainfoin ou au ray-grass, ou lorsque ses tiges ont atteint leur maximum de développement, 0",40 à O'^^eo de hauteur.

On ne fauche qu'une seule fois.

B. Fanage. — La lupuline se fane très-aisément. Le foin qu'elle fournit est toiigours vert si elle n*est pas restée très^ longtemps sur le sol à Taction du soleil.

100 kilog. de lupuline verte donnent v33 kilog. de foin.

C. PÂTURAGE. — Le plus ordinairement on fait consommer la lupuline sur place par les bétes à laine qui en sont très» avides. On peut aussi la faire pâturer par des bétes à cornes

ou des chevaux.

Cette iégumiiieuse ne météorise pas les animaux.

C'est en mai, alors que ses petites fleurs jaunes sont développées, que ce p&turage a lieu. Cette consommation sur place dure une quinzaine de jours.

r/est c\ tort qu'on a dit qu'elle continuait à fournir un bon pâturage pendant l'été, car elle cesse pour ainsi dire de végéter après le pâturage de mai ou de juin.

B«aJMeat. — La lupuline est bien moins productive que le trèfle et le sainfoin.

Sur les bonnes terres à blé, elle ne donne jamais au delà

380 LES PLANTES FOORRAGÈRES.

de 3000 k 4000 kiiog. de foin sec par hectare. Ce rendement suppose une production de 9000 à 12000 kilog. de tiges et feuilles vertes.

En Belgique, on récolle en moyenne 12 000 kilog. de fourrage vert par hectare dans les provinces du Hainaut et de Nainur«

Les chiffres suivants caractérisent les divers rendements

de la lupuline :

Fourrage vert, F&m, Trèf-bonne récolte.. .. 16000 kil. 5000 kîl.

Bonne récolte 1*2 000 3ô00

Récolte passable. . KOOO 2500

Récolte médiocre GOGO 1500

aéc«iie éûm gr«iaM. — La lupuline mûrit ses graines en juin.

On la fauche lorsque ses tiges sont presque sèches et que

ses gousses sont noin'itres.

Le La II âge se fait avec le fléau j il est très- facile.

On égrène les gousses au moyen des appareils que Ton emploie pour exécuter la même opération dans la culture du trèfle,

Un hectare garni de tiges nouilireuses et développées peut donner de 400 à 600 kilog. de graines nettoyées.

rpMs âm nicct#ittM é» «HitoM. — Un hectolitre de graines pèse de 80 à 81 kilog.

vaievr Buiritivc. — - Le fourrage vert qui fournit la lupuline est très-recherciié de tous les animaux : il est sain, sapide et très-nourrissant. Il a beaucoup contribué dans les provinces du Nord à la propagation de la race ovine mérinos et à l'amélioration des troupeaux.

Emploi de la lupullae verle. — La lupulilie peut être

donnée sans précaution aux animaux, car elle ne les météorise pas y quand bien même elle serait couverte de rosée ou d'eau.

LUPUUNS

A«tl«B M» iM aBlMivx. — Les tiges et feuilles vertes de la lupuline sont très-recherchées des animaux; elles forment

un t ou n age tendre et très-nutrilif. Elles conviennent spécialement aux bêtes à laine et aux vaches.

9éfrleh«MBt.^Iie défrichement des prairies artificielles de lupuline a toujours lieu en juin. C'est à tort qu*on les uhandoime avec l'espérance d'obtenir une seconde pousse. On ne peut compter sur un nouveau pùturaj^^e que quand la lupuline a été fauchée ou pâturée vers la lin d'avril ou dans les premiers jours de mai.

Lorsque cette prairie artificielle doit être suivie par un colza, une vesce de printemps ou une 1 1 i eale d'automne, on doit la défricher aussitôt qu'elle a été pâturée, alin d'enfouir les tiges, les feuilles et les excréments qui existent à la surlace du sol. Ces substances ont l'avantage d'acerottre la fertilité delà terre.

On a proposé, dans ces dernières années, de cultiver la Imerne maculée (kbdicaoo maculata , Wild.) de préférence a la lupuline. Cette espèce fournît , il est vrai, un fourrage

très-abondant et nutritif, et elle croît avec beaucoup de vigueur sur les sols humides; mais jusqu'à ce jour il a été presque impossible d'égrener les gousses qu'elle produit en abondance. Ces fruits sont comprimés, forment quatre à cinq « spires, et ils sont garnis d aiguillons très-divergents. On doit désirer qu'on parvienne à vaincre cette ditiiculté , car la luzerne maculée peut être cultivée avec succès sur les terres oîi la lupuline réussit diflicilement.

LES PLAlfTES FOURRAGÈRES

Cette légumioeuse est annuelle et végète de très-bonne • heure au printemps.

Elle se distingue de la Lupuline par la i^randi- lon^aicur de ses tigeSy qui sont généralement étalées, par ses loUoies ObovaleSy dentées et nuiculées par une tache noire et ses feuilles Jaunes disposées au nombre de 3 à 5 au sommet de ses pédoncules.

BIBUÛGRAPHIfi.

psrmeatler. — Cours complet d'agriculture , I So:> . in-4 , t. XII , p. ti6* W«r«. — Cours complet d'agriculture , 1823. iii-H, t. XIV, p. 16%. Lec«%. — Traité des prairies artificielles, 1844, iii-8, p. 436. ai«har« «t wmj9m. — Précis d'agriculture, tS51 » iii-8 , 1. 1 , p 3S3. «Iraréte et Dabreall. Cours élém. d'agr., iii-12, 1863, t. U, p. 21S. vilm«Hm. — Boa jardinier, 1866, ia-12,p. 585.

CHOUX NON POHIUÎS.

SECTION ilL

Choux Bon i^ommés.

(De Brmitt nom eeltiqoe dn diou.)

BRJkSSICA OLERACKA ACSPHALA , DeC.

PkmU dkotyUdone â» la fcmilte det Crueifint.

Anglais. — Gre«u-Kaie. Espaynol. — Berzas.

ÀUemand, — Blatter-Kolfa.

Historique. — Climat. — V<ariétés. — Composition. — Terrain. — Quantité d'engrais nécessaire. — Semis : pépinières , époque, éducation des plants. — "fnnsplântatiofi. — Espacement des lignes et des pUmta. — Soins d*entretien. — Insectes nuifibies. — Récolte : efTeuillago d'automne, enlève- • mont dos [lic îs pendant l'hiver, efleuillage de prititcnijis . enlèvement des pieds garnis de lleurs. etTeuillage d'été. ■— Enlèvement des tronçons. — RendemeDt. — Récolte des graines. — Poids des graines. — Vabur nutritive. — Bibliographie.

■tot«ri4«e. — Les choux non pommés sont cultivés en

France depuis ftrt lon^emps; mais c'est en Bretagne, dans le Poitou, l'Anjou et la Flandre, qu'on a le mieux apprécié les avantages qu'ils présentent dans ralimentation du bétail.

ciimttC. — Ces plantes fourragères exigent les mêmes conditions climatériques que les choux pommés. (Voir Chou

CAB1XS, p. 221.)

vmwiéÊêm, — Les variétés que Ton cultive en grand appartiennent à deux classes : 1* les choux à feuilles lisses; S* les

choux i\ feuilles frisées. Les unes et les autres ont des avantages particuliers.

A. Choux à feuiUes listes.

Cette classe renferme quatre varétés distinctes : l"* Le Chou cavalibr ou chou arbn de Laponie, ou grand chou à vacheSf ou grand chou de Bretagne, La tige de cette va-*

riélé (fig. 32) s'élève à la hauteur de 1"',60 à 2 mètres; elle est garnie dans sa partie supérieure de feuilles très-longues, presque entières, arrondies, unies et d'un beau vert glauque;

Fig. 3î. — Chou cavalier. — Au ]'!'.

le pétiole de ces feuilles est ordinairement nu , niais il est souvent accompagné d'oreillettes épaisses. Ses lleurs sont entièrement blanches.

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