C. NÉCESSITÉ D*ALLIER LES VESCES A D* AUTRES PLAWTBS
Les vesces d'hiver ou de printemps ne se sèment pas ordinairement seules; on les associe à des plantes appartenant à la famille des céréales. Ce mélange a pour but de faciliter les vesces à s'élever, en leur permettant de s'attacher aux tiges de ces plantes culmifères à l'aide de leurs vrilles.
Semées seules, les vesces s'cièveut bien pendant quek^ue temps; mais il arrive toujours une époque, quand leur végétation est luxurieuse, où elles se renversent sur le sol, jaunissent et pourrissent.
Les plantes qui, par leur végétation, s'allient le mieux aux vesces d'automne sont Tavoine d'iûver ou l'escourgeon. Ces plantes sont préférables au seigle, qui végète et durcit trop promptement au printemps. Ainsi cette céréale épie en avril, et elle n'est plus alimentaire, pour ainsi dire, quand la lloraison est terminée. Il n'en est pas ainsi de l'avoine; elle ne développe sa panicule que lorsque les (leurs des vesces sont complètement épanouies. A cette époque cette céréale est
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4S8 LES PLANTES VOtTRRAGÈRES.
verte, très-nutritive, et les animaux la consomment plus j^isèment que le seigle. On ne doit préférer cette céréale à Tavoine que quand le climat et la nature des terres Texigent.
Les vesces de printemps ne s'allient qu'à l'avoine.
La quantité de semence des plantes destinées à soutenir les tiges de vesce varie suivant la nature de ces végétaux, leur aptitude et la richesse du sol. Nonobstant, on ne peut exéeu* 1er cette association au delà des l apports détermin(^'S par l'expérience. Aiusi^ on doit éviter, en général, de dépasser le rapport suivant :
Vesce ; avoine :: 100 : 10, l'a ou 20.
On commettrait une laute si l'on renversait les deux derniers termes de cette proportion, parce que l'avoine aurait au printemps une végétation trop forte et qu'elle anéantirait les
vesces.
Le terme représentant l'avoine, l'orge ou le seigle ne peut s'élever à 40 ou 50 que lorsque le sol est peu fertile ou que la vesce y redoute rinfluence des gelées, des dégels ou des sécheresses.
Les vesces assucifcs à l'avoine ou à l'escourgeon constituent le mélange auquel ou a donné les noms de dravière^ dragée, mékurde ou bargelade.
D. Execution. — Les vesces d*hiver ou de printemps se sèment ordinairement à la volée.
Avant d'exécuter i^s semis, il est souvent utile de iierser la terre.
Cette opération détruit les cavités que présente le labour
et elle contribue à rendre les ensemencements plus réguliers.
Bans le département du Puy-de-Déme on sème quelquefois la vesce en lignes.
VBSCE.
BMMmmmit des gMiae*. — Les semenoes des vesces doivent être parfaitement enterrées. Cet enfouissement s'exé-
cutt; à l'aide de la herse ù dents en fer sur les sols argileux et humides, et au moyen de ia charrue quaud les terrei^ bout légères, perméables, ou sèches.
Quelquefois on exécute au printemps ce recouvrement avec un scarificateur, afin d'enterrer les graines plus profondé- ^ menl que quand on emploie une herse, et de les soustraire ainsi aux pigeons, aux tourterelles, qui en sont excessivement avides.
Sur les terres sujettes à souffrir des sécheresses , on fait
suivre la herse par un rouleau. Cet instrument plombe la terre, unit la surface du sol, enfonce les pierres et reud par conséquent le fauchage plus facile à exécuter au moment où Ton récolte la production herbacée.
Soins d'entretien. — Les vesces d'Iîiver , couime celles de printemps, n'exigent aucune culture d'entretien peudoiit leur croissance. C'est que ces légumineuses, auxquelles on a donné le nom de plantes éicuffhntes^ arrêtent totyours la végétation des mauvaises herbes, si elles végètent sur une bonne terre et si une température à la l'ois chaude et liumide favorise au printemps leur développement. De là, on comprendra facilement combien il est utile d'avoir égard à la proprêté et à la fertilité du sol dans la détermination de la quantité de graine que l'on doit répandre par hectare.
oiaeaax nuisibles. — J^s oiseaux qui nuisent le plus aux vesces lorsqu'elles ont été semées ou lorsque leurs graines sont arrivées à maturité, sont les lourUrdle$(coumBA TtmTtm, L.) et les pigeons ramiers (cûlumba palumbus, L ). On doit donc prendre toutes les précautions possibles pour empêcher qu'ils ne nuisent aux semailles ou qu'ils mangent les semences à mesure qu*elles mûrissent.
LES PLANTES FODRRAGÂRES.
iMectM ■■isibiM. — Les iosectes qui attaquent les vesces pendant leur ?égétation sont aussi au nombre de deux:
A. — Les pucerons (aphis CROBCCiB) vivent principalement
sur les sommit('\s des vesces. Ces insectes sont parlbis&i nombreux qu'ils couvrent complètement toutes les parties supé* Heures des ramifications. On doit éviter de donner en vert les tiges que Tes pucerons ont fortement attaquées; il faut les faucher et les faner le plus tôt possible si on veut obtenir un fourrage de bonne qualité.
B. Les coccinelles ponctuées ou bêtes du bon Dieu (coca* kellapunctata), dont leslarvos se développent en juin, attaquent les sommités des vesces et empêchent leur floraison. Quand ces insectes sont nombreux, on doit s'empresser de faucher et dessécher les plantes; le fiuiage les oblige à abandonner les tiges et les ramifications.
Récolte. — A. Époque. — L'époque de la fauchaison des vesces varie suivant les latitudes et la.variété cultivée.
Les vesces iFhwer sé fauchent dans les provinces du Midi durant la première quinzaine de mai; dans les départements du Nord, on ne les coupe que pendant la première quinzaine de juin.
Ordinairement on fauche ces légumineuses entre la première et la seconde pousse du trèfle ou de la luzerne.
Les vesces de printemps se Juchent pendant l'été, plus ou moins tardivement, selon )]ue les semis ont été exécutés en mars, en avril, en mai ou en juin.
B. Fauchage. —Les vesces, quelles qu'elles soient, doivent être fiiuehées avant que toutes les fleurs soient disparues, c'est-à-dire lorsque les graines contenues dans les gousses produites par les premières fleurs sont déjà formées. Fauchées quand elles sont en pleine fleur, elles sont plus nutritives et secondent davantage la iecrétioo du lait.