‹ Les plantes fourragèresChapitre 8 sur 115 · oooo · texte numérisé non relu

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On profite souvent des éclaircissages pour combler les lacunes que présentent les lignes ou remplacer les plants qui

ont péri.

E. Troisième binage. — (ie dernier binage s'exécute en juillet et août avant que les feuilles couvrent en grande partie la surface du soU

Il se paye, exécuté à bras, 12 à 13 Ir. l'hectare.

F. Binage a la houe a cheval — Les binages que l'on donne en juin » juillet et août dans les betteraves semées en place ou repiiiuées, peuvent être exécutés au moyen d'une houe à cheval. Cet iublrumeut est d'une conduite facile j

30 LES PLANTES FOURRAGÈBES.

lorsqu'il est traîné par un cheval docile et djf igé par an ou- • vrier habile, il permet de biner en un Jour de 1 hectare 50 ares à 2 hectai-es.

On complète le travail la houe à cheval en faisant biner par des tâcherons les intervalles qui existent sur les lignes

entre les plants, espaces que cet instrument ne peut pas ameublir et nettoyer.

Ge binage complémentaire se paye de 6 à 8 fr. l'hectare.

6. BuTTAGE. — Schwerz a proposé, en 1823, de butter les bederaves qui VLgètenten partie hors de terre, aîiii de rciidi e celte même partie plus riche en matière saccharine. Cette opération a été pratiquée avec avantage dans le midi de la France et de l'Europe, où la betterave soufiï^e souvent des fortes chaleurs, où la lumière verdit forleincnt la partie supérieure de la racine et la rend bien moins saecharifère.

iMBspiaikiaara. — A. ÉPOQUE. — La transplantation des betteraves se fait dans la partie septentrionale de la France du 15 mai au 20 juin, sur des terres bien ameublies, lorsque les racines sont grosses comme un tuyau de plume.

On doit choisir, autant que possible, un temps pluvieux, car la sécheresse nuit beaucoup à la reprise des plants.

Cette opération n*est possible dans les contrées du Midi

que sur les terrains an o-siblub.

Les plants de bcllerave sont bons quand leurs racines ont, près du collet, à peu près la grosseur du petit doigt.

A. Arrachage des plahts. — Lorsque le moment d'effectuer la mise en i)lace des betteraves semées en pépinière est arrivé, on procède à Tarrachage en choisissant les plants les plus vigoureux. Ge travail doit être fait quelques heures seu» lement avant la transplantation. Si on l'exécute la veille du jour de la mise en place, les racines se fanent, perdent de leur humidité, et leur reprise est moins assurée.

Il iaut aussi, quand i arrachage a lieu par un beau temps, éviter de laisser les plants exposés à l'action du soleil.

L'arradiage des plants se fait à la main. On peut se servir de la bécbe si la végétation des plantes est uniforme, si toutes peuvent être transplantées. Lorsque leur enlèveniont présente quelques diliicultés, quand les racines se cassent ou qu'elles ont une grande fixité dans le sol, on arrose copieusement rétendue de la pépinière sur laquelle elles doivent être arrachées. Ces arrosages ramollissent la terre et rendent plus facile l'arrachage des betteraves.

G. Habillage des plakts. — Aussitôt qtie les plants bons k mettre en place ont été arrachés, ou au fur et à mesure que leur enlèvement s*effectue, on procède à leur hàbiUatj$, Celle opération consiste : 1* à supprimer avec l'on^^le, ou mieux avec un couteau, l'extrémité flexible de la racine pour qu'elle ne se replie pas lorsqu'on enfonce celle-ci dans le trou fait par le plantoir; 2* à couper les feuilles à 0<",0d ou 0",08 du collet des plants. Cette suppression d*uiie partie des feuilles a l'avantage de diminuer d'une niauièie sensible les effets toujours fâcheux de Tévaporation de Teau contenue dans les pétioles et les racines, et de faciliter dès lors la reprise des plants.

Dans le but d'empêcher l'air et le soleil d'agir défavorablement sur les racines, et de rendre leur reprise plus prompte, on trempe souvent les racines, aussitôt après leur habillage, dans un mélange liquidé de bouse de bètes bovines et de noir aiuuial, ou de suie, ou de cendre. Celte bouillie doit avoir un peu il»' consistance, afin de bien abriter les racines des rayons du soleil. Dans TOuest, où la culture de la betterave par la transplantation est souvent la seule possible avantageusement, j'ai^ employé de 1 à S hectolitres de noir animal par hectare.

32 LES PLANTES FOURKAG£A£S.

On a proposé de remplacer cette composition par une solution un i)eu épaisse de guano. Toutes les betteraves que j'ai l'ait transplanter de cette manière ont toigours péri.

D. MisB EN PLACE. — La transplantation se fait à l'aide du plantoir. Le sol doit avoir été préalablement rayonné au moyen d'un rayon mur à cheval, si le dernier labour a disposé la terre à plat.

Chaque ouvrier doit être accompagné d'une femme ou d'un ' enfant. Cet aide dispose les plantes sur les rayons que présente le sol.

Les ouvriers cliargés de pratiquer la mise en place doivent éviter que les racines longues et déliées soient repliées sur elles-mêmes. Il faut aussi qu'ils placent les plants dans les trous, de manière que l'œil ou le cœur de chaque plante ne soit pas enterré.

Un plant est bleu planté quand la terre presse parlaiteuient contre toute sa racine. On obtient ce résultat en tfomani les plants par un second coup de plantoir. Ce travail n'est pas diflicile, mais il exif^^ede l'habitude pratique.

Lorsque M. iiodiii repique ia betterave sur des ados, il espace les plants de 0"*y4ô & 0"',&0.

Les ouvriers chargés de transplanter cette plante sur la partie médiane des billons doivent marcher dans les sillons et évilor de tasser le sommet des ados.

Autrefois on transplantait la Ijetterave à la charrue. Ce moyen n'est plus en usage en France.

Les betteraves, repiquées sur les places restées accidentellement vides dans les semis en place, ne reprennent bien et ne grossissent que lorsque la terre où la truusplanlalion doit être faite a été préalablement ameublie à la bêche ou à la houe fourchue. Les repiquages opérés dans un semis en place sur uu labour trop aucien ne réussissent jamais.

Uigiiizeo by LiOOgle

B£TT£aAV£. 33

Un ouvrier arrache et plante par jour de 1800 a 2ùû0 plants de betterave. On paye pour cette opération I fr. par chaque 1000.

AiMMi«« ëum piMiti. — La betterave soufiTre beaucoup s'il survient, après sa transplantation, des chaleurs intempestives et prolongées. C'est pour activer sa reprise qu'on l'arrose lorsque le sol est très-sec. Cette opération n'est pas tou* jours très-facile à exécuter» et elle occasionne souvent des dépenses assez élevées; aussi ne doit-on la pratiquer en grande culture que lorsqu'elle est absoluaiunt nécessaire.

Dans le Midi, et lorsque la betterave est cultivée sur ados ou sur billons, on i'arrose, lorsque les circonstances le permettent, deui ou trois fois pendant Tété, en faisant circuler une faible quantité d'eau dans les sillons, ou en rendant celle* ci presque stagnante pendant vingt-quatre heures environ. Ces arrosages à eau ruisselante ou par infiltration ont touours eu de bons résultats quand ils ont été pratiqués avec modération, et seulement pendant les grandes chaleurs de l'été.

MmamHtm aakUMea'. * La betterave est attaquée, pendant sa croissance, par la larve du hanneton, ap< pelée wr fdanc^ et par un très-petit insecte

de l'ordre dos coléoptères, observé pour la prennière fois, en 1839, par Armand Bazin.

Cet insecte, auquel on a donné le nom d'alomaria linwrU, appartient à la famille Fij[.4. -;-Atoinaria des clav icornes; il est étroit et long ii peine eo^fSl groiai ^.^^ millimètre et demi; sa couleur varie du rouge ferrugineux au brun noir. La £ig. k le représente grossi soixante^fois.

Ce petit insecte se montre en mai et en juin. Alors, il s'attaque aux jeunes betteraves, ronge le pivut de leurs racines et V 8

mange leurs feuilles. C'est pendaiit ie temps sec qu'il idit le plus de ravages.

La 0g. 5 représente une jeune betterave ayant subi les ra* vages de l'atomaria : A, A Indiquent des plaies; B rappelle

Fig. ô. — liellerave attaquée par latouiaria.

que le pivot a été coupé. La fig. 6 montre une betterave ayant péri à la suite de Tattaque de cet insecte.

Ftg. 6. ~ BetterAve détruite par i'atomariA.

Les moyens qui ont le mieux réussi pour préserva* les

betteraves contre les ravages de l'atoiiiana, sont :

1*" Plomber le sol avec un ix)uleau afin de comprimer la terre autour des jeunes plantes et les empêcher de mourir;

BETTBRAYE. 35

2" Fumer forlement le sol pour que les plantes végètent activement et qu'elles réjMunent par de nouvelles feuilles les pertes que lui font éprouver les insectes.

La plupart des jeunes betteraves attaquées par l'atomai ia périssent quand on abandonne les semis k eux-mêmes.

On a essayé de saupoudrer les feuilles de cendres et de poussière de chaux, mais ce moyen n*a pas empêché .les insectes de continuer leurs ravages.

Le ver gris, larve de la noctuelle gamma (noctuella gamma, Fab.)> attaque la betterave à son collet et se nourrit aussi de ses feuilles.

La betterave a encore pour ennemis : 1* une mouche (hylemia coarcala) qui ronpe ses feuilles ; 2° un coléoptère (cryptophagus flavicornis) qui attaque ses racines. Ces deux insectes ont été signalés par H. Blanchard.

■•Mie. — La betterave est attaquée, depuis 1846, par une maladie à laquelle on a donné le nom de jtmHralion brune. Cette altération, dont la cause est encore inconnue, a été étudiée et décrite par M. Payen. Les betteraves sur lesquelles elle apparaît, ont leur chair marbrée de noir brun et leurs feuilles couvertes de taches brunes. Elle s'est ])i incipalement montrée dans les cultures de betteraves des déparlements du Nord et du Pas-de-Calais.

BiMiiniMa. — Dans plusieurs contrées de la France on effeuille encore la betterave pendant le mois d'août et de sej)tembre. Cet effeuillage n'est pas pratiqué sur les exploitations bien dirigées ; c'est qu'on le regarde avec juste raison comme pernicieux pour la betterave, en ce qu'il nuit- k l'accroissement de la racine, facilite le développement du collet, et le rend plus fibreux, ce qui l'oblige, au moment de l'arrachage, comme l'a observé Yvart, à faire de larges plaies qui nuisent à la conservation des racines.'

Schwerz a fait à cet égard des expériences qui lui ont permis de dire que 1 eileuillage pratiqué :

Une seule fois diminue la récolte de 7 pour 100;

Deux fois — — de 36 —

el que les betteraves qu'on n^effeuille pas donnent deux fols autant de feuilles que si on avait fait deux elTeuiliaisons.

0es expénences ayant aussi pour but de savoir si Teffeuillage de la betterave devait être considéré comme nuisible, ont été faites en 1835 à l'école de Hohenheim. Voici les faits que l'on a constatés sur trois parcelles ayant diacuue une étendue de IS ares :

Macines effemlliei* Raciucs non effemUéet.

septembre -2943 1111. 3189 kiU

13 octobre . 1789 1904

6 novembre. 1112 1582

Totaux 5844 kU. 6676 kîL

L'effeuillage a donc occasi onné une perte de 13 pour 100. Voici maintenant les résultats d'une expérience faite par Langenthal sur deux champs ayant l'un et l'autre 25 ares :

Époquet éet 9fftu4Uage$, QuaniiUt de feuitki enttvée$.

12 loût nsoku.

15 septembre 1840

29 octobre 2080

Total 6200 kU.

«Cette partie a fourni 9540 kilog. de racines. Le champ qui n'avait point été effeuillé a donné U200 kilog. de racines el 3840 kilog. de feuilles.

Ainsi, l'efleuillage a diminué le poids des racines de 33 pour 100.

La seule circonstance dans laquelle l'eireuiliage n a pas de conséquences défavorables, c'est lorsqu'on se borne à enlever des racines les feuilles obliques ou horizontales d^à jaunis*

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santés, quand on exécute cette opération huit jours seulement avant la récolte ou qu'on l'opère sur des betteraves végétant sur des terres d'une très-grande fécondité.

Quoi qn*il en soit, M. de Gasparin a constaté qu'une femme peut récolter en 10 heures de 180 à SOO kilog. de feuilles.

Arrachage. A. ÉPOQUE. — L'arrachage des betteraves a lieu du 15 septembre à la lin d'octobre, Suivant les latitudes et la nature des terres. En général, on arrache plus tdt lorsque les terrains sont humides ou argileux, et plus tard quand ils sont secs ou lé^ijers. Lorsqu'on attend, pour opérer, que les pluies d'automne soient arrivées et qu'elles aient détrempé la couche arable» non-seulement on a à vaincre dea difficultés plus grandes pour exécuter rapidement rarrach i^c, le transport des betteraves et leur mise en silos, mais on emiiiagdaine des racines chargées de beaucoup d'eau et susceptibles de mal se conserver. Mathieu de Dombasle a reconnu que si la densité du jus fourni par les racines de betteraves s'accrott d'un degré au moins qiiaïul il ^ui mchI, ù l'époque de l'ariachage, un très-beau temps, il dimmue dans la même proportion si la terre, à cette époque, a été détrempée par les pluies.

Les betteraves qui ont leurs racines complètement enterrées sont moins sensibles aux premières gelées que les variétés dont les racines excédent la couche arable de plusieurs décimètres; elles peufent supporter, si elles n'ont pas été décolletées, des froids de — 4 à 5*.

H. A LA BÊCHE ou AU LOUCHET. — La bêche est un liislrumeut très-commode pour arracher les betteraves; elle évite d'endommager les racines. C'est avec elle, ou le louchet, qu'on exécute Tarrachage des betteraves à sucre dans la plupart des fermes de la Flandre ou de la Picardie.

L'ouvrier qui opère implante le fer de l'instrument à une distance de 0",10 environ de la plante qu'il veut arracher, et

LES PLANTES FOXniRAOèBES.

abaisse le manche vers le sol/de manière à soulever la terre et la radné. Au (ur et à mesure qu'il agit, une femme ou un

enfant tire la betterave de bas en iiaut par les feuilles pour la déraciner entièrement.

G. A LA FOURCHE A. DENTS PLATES OU A LA HOUl FOURCBUB»

Ces deux instruments ne valent -pas la bôche, quoiquils

soient souvrnt omploy(^s; ils blessent et déchirent les racines, ce qui les expose à se gâter dans les silos. Ils ne sont réellement avantageux que lorsque les betteraves végètent sur des sols pierreux.

D. A LA CHARRUE. — Mathieu de lioFubasle a proposé d'arracher les betteraves au moyen d'un araire débarrassé de son versoir, et armé d'une pièce en fer de 0"*,10 de large fixée obliquement sur lesétançons, à partir de la partie postérieure du soc. Ce moyen est peu en usage aujourd'hui en France, mais en Bohème on le préfère à l'emploi de la bêche et de la houe. Les agriculteurs iirancais qui l'avaient adopté l'ont abandonné, parce que les betteraves étaient trop endommagées par la charrue et les pieds des animaux, et qu'elles étaient, après l'arrachage, plus sensibles aux gelées.

£. DicoLLETAGE ET NETTOTAGE. — Los bottoraves dolveut être décolletées aussitôt après qu'elles ont été arrachée». Cette opération consiste à couper, à Taide d'une serpe moyenne, d'une faucille ou d'un bout de faux fixé à un manclie, la partie de la racine à laquelle tiennent les feuilles^ et sur laquelle on observe des bourgeons. Elle a pom* but d'empêcher le développement de nouvelles feuilles, d'arrêter, de suspendre en grande partie la vitalité de la racine. Si la Y(''g(Hation continuait à se manifester d'une manière sensible, si les jeunes feuilles pouvaient se développer, les sucs nutritifs que contient la racine dtmmueraient en quantité de jour en jour. Des expériences faites à Gaen,en 1848,

par MM. Durand et Manoury» confirment complétemiBnt cette

opinion , que partagent la plupart des fabricants de sucre indigène. Deux lots de betteraves, l'un composé de racines entières, l'autre formé de racines décolletées, furent conservés avec toutes les précautions possibles jusqu'en février 1849. Le premier, qui avait montré des signes très-apparents de végétation, donna un jus qui marquait 2 à 3 degrés seulement; le jus fourni par le second pesait 6 à 7 d^rés, densité semblable à celle que Ton avait constatée au mois de no* vembre précédent à l'arrachage des racines.

Tous les cultivateurs ne font pas décolleter les betteraves qu ils récoltent. Il en est plusieurs qui se bornent à faire enlever seulement les feuilles ; ils croient que les racines décolletées sont plus sujettes à se détériorer que celles qui sont restées entières. Cette opinion est le résultat d'une erreur. Il n'y a pas de danger de détérioration si on coupe seulement le collet sans attaquer la racine proprement dite. Les faits ont prouvé cent fois que la plaie qui résulte du décoUetage ne devient jamais une cause d'altération pouvant amener la pourriture des racines, si elle s'est cicali isée avant la mise en silos, sous Tiniluenoe d*une température sèche de lâ à lb\ Aussi est-ce toujours avec raison que l'on a recommandé de ne procéder à l'arrachage de la betloravo que par un beau temps.

Le décolletage s'exécute de deux manières : à l'aide d'une faucille avant l'arrachage dà racines, au moyen d'une serpe

quand cette opération est faite. Dans le premier cas, la coupe est oblique ou diamantce; on la regarde à bon droit comme mauvaise. Dans le second, l'ouvrier prend la racine par la main gauche, la tient horizontalement, et avec l'instrument

tranchant qu'il a dans sa main droite, et d'un seul coup, il coupe le collet dans le pian perpendiculaire à l'axe de la

racine. La section doit être nette , régulière et peu étendue ,

car plus elle est petite et moins la racine est sujette à se décomposer.

Dans les environs de lille , les collets sont enlevés au lou* chet; ce procédé est expéditîf , mais il est bien imparfait.

Quoi qu'il en soit , Tenlèvement des collets n'est utile que lorsque les betteraves doivent être conservées pendant l'hi* ▼er. Quand les racines, après leur arrachage, sont livrées à une fabrique de sucre et soumises aussitôt à l'action d*un cuiii)e-raciiies ou d'une r.qic, on se borne souveal à enlever leurs feuiiies par la torsion.

Le poids des collets et des feuilles est plus considérable qu'on ne le pense généralement. Pour le déterminer aussi . exactement que possible , M. Boitel a fait décolleter avec soin diverses variétés de Lelleiaves; il a obtenu, par chaque 1000 kilog. de racines récoltées, les quantités suivantes :

Disette 271 kil.

. blânehe 166

Jaune grone 886

Silésie 279

Globe jaune 270

— rouge 204

Moyenne 330 ktl.

■ Ainsi , les collets et les feuilles forment en mo>enne environ le quart du produit total que fournit un hectare. Le nettoyage des racines suit toujours le décoUetage. Il

consisté à détacher la terre qui est adhérente aux racines et

à enlever le chevelu qu'elles présentent. Ce nettoiement se fait à Taide du dos d une faucille ou d un couteau de bois.

Quelquefois, les ouvriers frappent les racines les unes contre les autres pour faire tomber la terre quelles présentent

à leur surface ou qu'elles retiennent entre leurs bifurcar tions, mais ce moyen est mauvais; car en opérant de cette

namère, on brise les pivots, on détermine des meurtrissures , ce qui occasionne des pertes assez considérables et expose les racines à la pourriture.

F. Mise en tas. Les racines une fois décolletées doivent être mises en tas, afln qu'elles ne restent pas eiposées à l'air. Quand on les abandonne à elles-mêmes sur le champ, après leur avoir enlevé leur collet, elles se dessèchent, se rident et ensuite se conservent mal.

On doit surveiller les ouvriers pendant ce travail , afin qu'ils évitent de heurter les betteraves les unes contre les autres et qu'ils aient le soin de séparer et de mettre de c6té 1* les racines que les instruments ont fortement déchirées pendant Tarrachage; i* celles qui sont creuses, montées ou attaquées par la gelée. Les betteraves creuses se conservent difficilement; on les reconnaît au son particulier qu'elles produisent quand on les frappe.

A la fin de chaque journée, on couvre les tas de feuilles pour les garantir de Faction de Tair > et du froid qui pourrait survenir pendant la nuit.

G. Prix de revient de l'arrachage. — Dans le Nord, on paye ordinairement 30 fr. pour arracher, décolleter, nettoyer et charger les betteraves k sucre qui ont végété sur un heotare. A Grignon, on donne 25 fr. j)0ur arracher un hectare de betterave disette, et 30 fr. à 40 fr. pour un hectare de betterave blanche de Silésie*

Mathieu de Dombasle comptait 3S journées de femmes pour le nettoyage. Ce chiffre est élevé. Un homme arrache par jour ;

Betterave disette 10 à U ares

- de SUéflie.... 8 à S

Ainsi , un liectare exige de 9 à 13 journées.

LSS PLAMTIS FOURRAGERES

A Grlguon» ua homme accompagné d'un aide nettoie et charge par Jour le produit de IS à 15 ares.

En Allemagne, on donne pour l'arrachage seulement de 13 à 14 fr. par hectare. Ce chiilre est très-laibie.

THUMp«v« A 1* rente, — Un ouvrier charge un tombe* reau d*un mètre cube en quinze minutes.

CeMMrratlen. — Les betteraves s'altèrent trop facilement sous l'action des agents atmosphériques , pour qu'on puisse les abandonner à elles-mômes après Tarrachage. Pour qu'elles se conservent saines jusqu'à la fin de Thiver, Il faut les déposer dans une cave ou un cellier ou dans des fosses ou des silos. En les conservant de cette manière, on les prive de l'influence des gelées, des pluies et de la lumière.

A. En caves ou en celliers. — Ces b&timents ne doivent être ni trop secs ni trop humides ; en outre , il faut qu'ils présentent à leur partie supérieure des ouvertures susceptibles d'être bouchées pendant les temps de gelée ou lorsqu'on veut y empêcher l'accès de la lumière. Ces ouvertures sont destinées à établir à l'intérieur une ventilation convenable, et à empêcher que la température y devienne trop élevée. Lorsque, dans une cave, la température atteint + e k+lO degrés, et lorsque la lumière y pénètre et que l'humidité y est très-grande , les bourgeons du collet des racines se développent et diminuent leur richesse saccharine et leur Acuité nutritive.

A l'approche des gèlées à glace, on ferme toutes les ouvertures. Souvent, pour que le froid n'y ait pas accès, on les garantit extérieurement avec du fumier, de k paille ou des feuilles.

Lorsque les betteraves sont rentrées sèches et par un beau

temps, et que le bAtimenl dans lequel on veut les conserver

8KTTBRATS. 48

n*e0t pas humide » on les entaue les unes sur les autres Jus* qu*à i et 3 mètres de hauteur.

Si les véhictiles ne peuvent pénétrer dans le local où doit avoir lieu l'emmagasinage, on décharge les racines avec précaution à rentrée de la porte principale , et on les fait transporter ensuite dans Tintérieur en recommandant aux ouvriers de ne pas les meurtrir.

B. SujQS, — Les silos dans lesquels on conserve les bet* teraves sont de deux sortes : l* kt siios à demeure ; Sr la sUoi len^porairis ou annuels.

ijes premiers ressemblent beaucoup à une cave , h l'exception qu'ils sont dominés pas un toit de chaume ; ils doivent présentier les mêmes conditions que les caves et les celliers. Les silos à demeure de M. Dailly, à Trappes, peuvent être cités comme d'excellents modèles, à cause de leur parfaite disposition et de leur bonne construction économique.

Les silos temporaires sont très^simples; ils consistent dans une fosse de 0«,d0de profondeur sur 1«*,50 de largeur, creu* sée ;>ui un endroit élevé et dans un sol très-sain, dans laquelle on dépose les racines. Lorsque cette fosse a été remplie de betteraves, on continue Temmagasinage des racines jusqu'à 0*,80 de hauteur à partir de la surface du sol, en ' les disposant en forme de prisme triangulaire, de manière que leur masse représente deux pentes ou le comble d'un bâtiment. Au fur et à mesure que les betteraves sont ainsi déposées on les couvre d'une couche de paille de seigle, sur laquelle on répand souvent des feuilles, et on creuse sur chaque côté de la fosse à 0'^,bO de ses bords intérieurs, des fossés profonds de 0">,50 à 0»,60, afin que leur fond soit en contre-bas de la base de la fosse du silo. La terre qui provient de ces fossés est appliquée sur la paille ou les feuilles , de manière à les couvrir entièrement. Cette couche de terre doit

kk LES PLANTES FOURRAGÈRES.

aroir au moins 0"*,30 d'épaisseur. Lorsque le silo est tenniné il a les formes d'une masse de terre primastique. On bat

avec le dos d'une pelle en fer toute la surface pour que la terre ne retombe pas dans les fossés et que les eaux pluvia* les ne puissent la pénétrer et arriver jusqu'aux racines. Les

fossés latéraux sont destinés à faciliter l'écoulement des eaux pendant les saisons pluvieuses.

n est utile d'établir, tous les quatre mètres environ, des êoupiraux ou ehminieSf aûn de pouvoir renouveler l'air intérieur et empêcher les racines de s'échauffer. Ces cheminées se composent de quatre petits rondins reliés les uns aux autres de distance à distance , par de petites planchettes « et elles doivent dépasser le silo de 0",S0 à 0*,40; oh bouche leur ouverture avec de la paille quand le temps est pluvieux ou qu'on craint des gelées.

Lorsqu'on craint de fortes gelées, on doit couvrir les silos en terre, d'une bonne eoudie de feuilles d'arbres , de paille ou de fùmler d'écurie.

Vn silo qui aurait les dimensions que je viens d'indiquer, devrait avoir environ 50 mètres de longueur pour contenir le produit d'un hectare de betteraves à sucre, soit 30000 kilogrammes de racines.

Dans quelques localités du Nord, on donne aux silos jusqu'à 1 mètre de profondeur sur 1 mètre de largeur et 3 à 5 mètres seulement de longueur.

Ces sUos soutirrains ont une forme cubique, car les racines ne dépassent pas le niveau du sol : on ne doit les préférer aux précédents que lorsque la terre dans laquelle on les creuse est perméable et très-saine.

Les silos peuvent être construits près des habitations ou sur lescliamps mômes sur lesquels les betteraves ont végété. Leur direction doit être dans le sens de la plus grande pente du sol.

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BKTTBRAVE. 45

Quelquerois, on réunit les racines en masse circulaire et conique , en plaçant au dehors toutes les tètes ou les collets. Ce mode de conservation est moins économique que lës précédents, en ce que la couverture , pour être bien faite, exige plus de frais de main-d œuvre. Cette disposition ne • ' peut être adoptée que lorsque les betteraves doivent séjour* ner quelques semaines seulement dans ces silos coniques.

A Grignon, rensilotage, c'est-à-dire la main-d'œuvre nécessaire pour entasser les betteraves dans les silos et les couvrir de paille ou de feuilles ou de terre > revient à 0 fr. 10 rhectolitre. A Hohenheim, cette opération' coûte 3 fr. 45 par hectolitre , et la mise en magasin 2 fr. 10. Ces derniers prix comprennent très certainement les frais de transport des betteraves du champ au silo ou au magasin.

Déelieto ^mm 1m vmtÊmtm nUasmit êmmm !«• sIIm. — > Pendant l'hiver les betteraves ptt^«tt i/io, 1/8 et quelquefois 1/6 de leur poids primitif.

BABdeMest. — La quantité de racines que fournit un hectare , varie suivant la variété et la fertilité de la terre sur laquelle elle est cultivée.

Voici les produits moyens que Ton a obtenus :

Betterave cultivée pour BeUerace cultivée pour

7» animaux.

Ut suertritt.

STSOÛka.

DombMlfl ....

noookii.

Sehwent ....

Bohenhcim. . .

MoêlliDger...

Pas-<le<CaIais(l)

Bella ..

42UOO

Dailly

3'JOOU

Sfiine-et-Marae

Lecoaf ein . . .

as 000

Eléouet

42&0OiU.

Moyenno,.,

2S000 kil.

(1) Ce renseigDement ot ceux qui suivent sout extraits de la Statistique génirate publiée en 1860.

46 LES PLANTES rOUftRAGÂRSS.

La âtatiàUque de la Belgique constate les reDdemeots moyens suivants pour les années de 1851 à iaâ4 :

PfûiwUt.

nsookit.

Flandre occidentale ....

Flaudre orientale

Hàiiuttt f ••>• • •

31 100 kll.

M. Manoury a obtenu les produits suivants :

Racinei. Feuilles.

fiettmw disette blanche 85000 kil. 24 500 kii.

^ globe jaune 750OO 19ÔO0

— disette 54000 isooo

— globe rouge 47000 17000

— jatae grosse 45 son 13500

KoyeDDe 61 100 kil. 18600 kll.

Les produits les plus élevés que l'on connaît et qu'on regarde comme des rendmmU exc^^Honnéit^ sont les suivants :

LeioL 86000 kU,

Bodin 100000 à 130.000.

La betterave cultivée sur billons ou ados a donné par hectare les produits moyens :

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