ORTIE BLANCHE
SECTION III
Ortie blanche.
Urtica nivea, Lin, Bohœmeria nivea, Gaud.
Plante dicotylédone de la famille des Urticées.
Anglais. — China-grass. Chinois. — Ma. Japonais. — Tsjo.
Cette ortie est indigène en Chine. La filasse qu'elle fournit sert à fabriquer la toile d'été, appelée a-poo ou hia-pou. On la cultive aussi dans l'Inde, en Corée et au Japon. Elle a été introduite en Europe en 1809, époque à laquelle Barto-
lini de Sienne fit connaître aux Toscans les avantages quelle possédait comme plante textile.
Cette plante (fig. 14) a des racines pivotantes et des tiges ligneuses, fortes, droites, rougeâtres, velues et hautes de 01m,5 à 4 mètres. Ses feuilles sont grandes, ovales, crénelées, très-blanches en dessous et vert sombre en dessus. Ses fleurs sont en grappes cylindriques et situées aux aisselles des feuilles dans toute la partie supérieure de la plante ; dans le midi de la France, elles s'épanouissent facilement en septembre et octobre. Cette ortie ne produit pas de graines dans le centre et le nord de la France.
L'ortie blanche résiste aux hivers de notre climat, mais
Fig. 14. Ortie blanche.
ses tiges y gèlent chaque année. Elle commence à végéter en avril ou mai.
On la multiplie par graines, par éclats de pieds, ou à l'aide de boutures de racines.
Les semis se font au mois de mars, sur des terres riches et bien préparées: les graines doivent être peu enterrées. On transplante les jeunes pieds en mai ou en juin de la seconde année.
C'est aussi en mars qu'on sépare les anciens pieds.
Le bouturage des racines se fait en avril ou mai, après avoir divisé les racines en tronçons de 0m,l0 à 0m,15 de longueur.
La mise en place des plantes provenant des semis se fait à la pioche ou à la bêche, sur des terres fraîches qu'on a préalablement labourées.
On espace les pieds de 0m,50 à 0m,70 en tous sens.
Pendant la végétation, on donne les binages nécessaires.
En Chine, on coupe les tiges trois fois par an ; la dernière coupe se fait en octobre ou novembre, lorsque les feuilles ont été flétries par les froids.
En Espagne et en Algérie, on peut faire deux récoltes : l'une en août et l'autre en novembre, à l'époque de l'apparition des jets.
On coupe les tiges à 0m,03 ou 0m,04 au-dessus du collet, et on les fait sécher à l'air et au soleil. On les rouit à la rosée aussitôt qu'elles ont acquis une teinte blanche ou à l'eau courante, pendant les mois de mars ou avril.
On prépare ensuite les tiges comme s'il était question d'extraire la filasse des tiges du chanvre.
En Chine, les femmes teillent l'ortie blanche, en enroulant les fibres, qui sont blanc verdâtre et très-douces, sur des bambous, et en les disposant ensuite en pelotons.