ORTIE BLANCHE
La filasse que fournit cette urticée sert à fabriquer des étoffes très-solides, des cordes et des cordages. Les toiles qu'on en obtient ont l'apparence et l'éclat des étoffes de soie. En Angleterre, la filasse, après avoir été peignée, blanchie et filée, sert à confectionner les étoffes appelées grass-cloth; on la teint facilement de différentes couleurs.
La filasse que fournissent les tiges de la première récolte est dure et résistante; celle qui provient de la deuxième et troisième coupe est plus ténue et elle sert à la fabrication des tissus fins et légers.
On connaît, en Chine, trois sortes de filasse : lre qualité, celle qui provient de l'écorce ; 2e qualité, celle que fournit la seconde couche; 3e qualité, celle qu'on extrait de la couche fibreuse.
Les filaments bruts se vendent à l'écheveau. Le n° 1, qui se compose de 500 brins de lm,38 de longueur, vaut 1 fr. 97 ; le n° 2 comprend 2000 brins de lm,17 de longueur, et se vend 1 fr. 13.
La filasse de l'ortie blanche a un peu de rapport avec des fils de laine un peu roussâtre réunis en écheveaux.
SECTION IV
Ortie utile ou ramie.
Urtica utilis. Bl. , Urttca tenacissima. Rox. Plante dicotylédone de la famille des Urticéa.
Cette plante, que les Malais appellent caloee ou ramieh et les Chinois tchou-,na, est originaire des Indes Orientales. On la cultive en Chine, dans l'Inde et au Japon, comme plante textile. Elle fournit une filasse excellente et de très-belle qualité. On a admiré, à l'Exposition universelle de 1855, de la batiste tissée avec de la filasse d'ortie utile que M. Léclanger avait recueillie, en 1844, à 120 kilomètres de l'embouchure du Yan-tse-Kiang en descendant le Nanking.
Cette ortie a des tiges hautes de 1 à 2 mètres, très-rameuses, à branches étalées; ses feuilles sont alternes, longuement pétiolées, cordiformes, dentelées et couvertes en dessous de poils nombreux et grisâtres; ses fleurs sont petites et réunies en tètes globuleuses.
La ramie est cultivée en Chine sur des terrains un peu frais, voisins des rivières et ombragés. On la multiplie de rejetons. A Calcutta, elle fournit 4 à 5 récoltes par an.
On coupe les tiges quand elles ont atteint tout leur développement, c'est-à-dire lorsqu'elles commencent à fleurir. On les dépouille de leurs feuilles et on les fait rouir à eau dormante pendant quelques jours seulement. Alors on les débarrasse de leur écorce par un grattage fait sur une planche avec un couteau, et on les fait rouir de nouveau. Les lanières fibreuses qu'on obtient au moyen de ces trois opérations sont mises à sécher sur des bambous.
On termine la préparation, en sérançant la filasse.