STIPE TRES-TENACE
Quand les tiges sont sèches, on les fait rouir pendant un mois environ dans une eau douce et stagnante. Après cette opération, on les expose de nouveau à l'air. Lorsqu'elles ont perdu la plus grande partie de leur humidité et qu'elles ont pris une teinte blanchâtre, on les bat sur une pierre avec un maillet. La filasse qu'on obtient sert à fabriquer des cordages qui ont beaucoup de force.
On emploie aussi les feuilles après les avoir ramollies seulement dans l'eau de mer, pour faire des paniers, des corbeilles , des nattes, des tresses avec lesquelles on fait les semelles des espadrilles, des tapis, etc.
Les cordes fabriquées avec le stipe très-tenace sont excellentes et n'ont pas l'inconvénient de tacher le linge. Les nattes ne donnent aucune crainte d'incendie , car elles cessent de brûler quand elles ne sont plus en contact avec un objet embrasé ou allumé.
La marine espagnole fait un grand usage de cordes de stipe très-tenace ayant divers diamètres.
Les feuilles de la l'ujèe sparte (Ligeum spartum, L.) servent aux mêmes usages.
SECTION VII
Corètes textiles.
CORCHORUS TEXTILIS, ?, et CORCHORUS CAPSULARIS, L.
Plantes dicotylédones de la famille des Tilliacées.
Les Chinois utilisent aussi deux corètes comme plantes filamenteuses. Ces espèces, qu'ils nomment tsing-ma, existent à l'état sauvage dans les montagnes de la Chine et dans l'Inde; elles fournissent trois récoltes par an. On les multiplie par éclats de pieds ou par graines.
M. Hardy a cultivé la corele textile (Corchorus textilis) avec succès à la pépinière centrale à Alger. Semées le 15 mai, les plantes atteignirent en novembre lm,25 à lm,50 de hauteur. Les tiges, après 10 jours de rouissage, donnèrent 2000 kilog. de filasse à l'hectare.
En Chine, selon M. Hier, on prépare les tiges des corètes en les plaçant verticalement au-dessus d'une chaudière peu profonde et remplie d'eau en ébullition. Au bout de quelques heures, on les retire pour les faire sécher au soleil. Quand elles sont sèches, on les trempe dans l'eau froide et on détache l'écorce, qu'on divise ensuite à l'aide de peignes. Le fil se fait sans torsion en réunissant les fibres bout à bout.
La filasse des corètes manque de ténuité, mais on peut l'utiliser dans la confection des tapis et de la passementerie. M. Hargraeve en a obtenu, en 1845, des résultats satisfaisants.
Les Anglais en reçoivent annuellement des quantités considérables de l'Inde. Ils l'appellent jute et la mêlent avec le chanvre et le lin dans la confection des étoffes. Au Bengale,
CORÈTES -TEXTILES. 133
d'après le docteur O'Rorke, elle sert à faire des vêtements ou des toiles d'emballage. Le sucre, le riz sont importés de l'Inde en Europe dans des sacs de jute.
J'ai inscrit en tête de cette section la corète textile signalée pour la première fois par M. Hardy ; cette espèce n'est peutêtre que la corète capsulaire. Nonobstant, le genre corchorus renferme plusieurs espèces filamenteuses qui servent en Chine et dans la Gochinchine à faire des toiles et des cordes.
La corète capsulaire atteint , en Chine , de 2 à 3 mètres de hauteur. Elle a été introduite en Europe en 1725.
On croit qu'on parviendra à la naturaliser dans les parties méridionales de l'Europe.
SECTION VIII
Mélilot blanc.
(Mi).t, miel; Auto;, lutier; lotier recherché par les abeilles.)
Melilotus alba , Lam. , Melilotus vulgabjs , "W'ilkl.
Plante dicotylédone de la famille des Légumineuses.
M. Bailly, de Château-Renard (Loiret), a proposé, il y a quelques années, de cultiver le mélilot blanc comme plante textile. Il a présenté, au concours général d'Orléans de 1853 et à l'Exposition universelle de 1855, de la filasse, du fil et de la toile qui paraissait, quoique un peu grossière, de trèsbonne qualité. L'an dernier j'ai admiré, au concours régional de Cahors, des filasses fort belles exposées par M. Montely, à Saint-George de Lunençais (Aveyron). Le temps et l'expérience peuvent seuls faire connaître quel sera l'avenir de cette nouvelle plante textile.
Le mélilot blanc est originaire de la Sibérie, c'est pourquoi on le désigne souvent sous le nom de mélilot de Sibérie; il est bisannuel et sa racine est pivotante; ses tiges sont dressées et hautes de 1 mètre à lm,50; les feuilles sont pennées à 3 paires de folioles, oblongues et dentées, ses fleurs sont blanches et disposées en grappes plus longues que les feuilles ; ses graines sont renfermées dans des gousses glabres.
Cette plante se sème au printemps sur une terre emblavée en avoine ou en orge de mars. On répand de 15 à -20 kilogr. de graines à l'hectare.
Au mois de juillet de l'année suivante, on la coupe à la faux, on met les tiges à sécher pour opérer ensuite leur rouissage. Après cette opération, on procède au teillage et au sérançage.
MELILOT BLANC. 135
Un hectare a donné, à M. Bailly, de 7 à 8000 kilogr. de tiges sèches.
La filasse du méïilot blanc est grise, avec un reflet légèrement argenté, un peu rude au toucher et d'une moyenne finesse.
D'après les observations de M. Bailly, 1000 kilogr. de tiges sèches reviendraient à 10 fr.
La rusticité du mélilot de Sibérie, la facilité avec laquelle il végète sur les terres calcaires de médiocre qualité, doivent engager à l'expérimenter comme plante textile.
On peut aussi cultiver, à titre d'essai , la variété que l'on a désignée sous le nom de trèfle de Bokhara. Elle est plus hâtive que le mélilot de Sibérie ; ses tiges sont un peu moins développées, quoiqu'elles atteignent souvent 2 mètres de hauteur. *
Les folioles de cette variété ont une légère teinte bleuâtre.
SECTION IX
Aselëpiadc de Syrie.
- - :.-. Esculape, dieu de la méùi