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PLANTE NARCOTIQUE

Planche XVI.

T. à feuilles rondes

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feuilles ont un tissu moins fin, un arôme moins agréable, un velouté moins prononcé, elle ont plus d'ampleur et plus de corps. Il demande des terres argilo-calcaires. Le tabac d'Amersfort jaune réussit très-bien sur les sols de moyenne consistance.

Le tabac de Nykerk a des feuilles moins larges que le tabac d'Amersfort noir, mais il mûrit et sèche très-promptement. Si les pluies détériorent facilement ses feuilles, il a l'avantage de végéter vigoureusement dans tous les terrains. L'administration des tabacs le propage dans les départements du sud-ouest et dans celui d'Ille-et-Vilaine. J'ai été à même l'an dernier d'apprécier à Gahors l'excellente qualité de ses feuilles.

2° Tabac à feuilles linéaires (Nicotiana lancifolia, Willd,Nicotiana auriculatAjL.) Tige de 0m,70 à 1 mètre de hauteur, velue, glutineuse ou visqueuse. Feuilles sessiles, linéaires, trèsvisqueuses, d'un très-beau vert et présentant de nombreuses boursouflures ; côte épaisse et saillante. Fleurs en corymbes paniculées de juillet à septembre ; corolle rouge ou purpurine deux fois au moins plus longue que le calice. Capsule ovoïde ou conique renfermée dans le calice.

Cette espèce qu'on a confondue avec le nicotiana angustifolia est originaire de l'Amérique méridionale. Elle a été importée en Europe en 1823.

Le tabac Maryland, qui mûrit mal en France, en est une variété.

11 en est de même du tabac d'Alsace et du tabac de Hollande.

B. La seconde section comprend les rustica, espèces à fleurs jaunes, à corolle tubuleuse et à lobes aigus.

Tabac rustique, tabac à feuilles rondes, tabac femelle (Nicotiana rustica, L). Tige ne dépassant pas un mètre de hauteur, velue et glutineuse. Feuilles ovales, obtuses, cordi-

formes, épaisses, peu pétiolées et d'un vert foncé. Fleurs petites de juillet à septembre en grappes terminales ; corolle jaune verdâtre à lobes arrondis. Capsule presque ronde dépassant à peine le calice.

Cette espèce fournit un tabac parfumé, mais moins fort que le tabac des espèces précédentes. Elle est peu délicate et très-répandue dans le midi de l'Europe, en Afrique et en Egypte. Elle a été importée d'Amérique en 1570.

C. La troisième classe comprend les petunoïdes, espèces velues et visqueuses, à fleurs blanches, à corolle en tube cylindrique divisé en lobes aigus ou obtus.

Tabac odorant (Nicotiana suaveolens, Leh., Nicotiana undulata, Y.). Tige haute de 0m,60 à 0m,70. Feuilles ovales oblongues, ondulées, légèrement velues, décurrentes sur le pétiole; les supérieures amplexicaules. Fleurs d'août à septembre, blanches, à odeur de jasmin; corolle à tube trèslong, grêle et à divisions inégales et obtuses.

Cette espèce est originaire de la Nouvelle-Hollande ; elle a été introduite en Europe en 1800. C'est elle qui fournit le meilleur tabac de Virginie et de Maryland.

Tabac ondulé (Nicotiana repanda, WilL, Nicotiana Lyrata, Kun.). Tige ne dépassant pas 0m,70 et presque glabre. Feuilles cordiformes, amplexicaules, arrondies et ondulées. Fleurs blanches en grappes lâches et terminales ; corolle à tube très-long , grêle et renflé au sommet. Capsule ovale plus courte que le calice.

Cette espèce est originaire de Cuba ; elle a été importée en 1820. Elle est cultivée en grand à la Havane; ses feuilles servent à la fabrication des cigares.

Terrain. A. Nature. — Le tabac demande des terrai'is profonds, argilo-sablonneux ou silico-argileux, c'est-à-uire des terres de consistance moyenne, à la fois meubles, fraîches,

et substantielles. Cultivé sur de tels terrains ou sur des alluvions sablonneuses , des terres douces , calcaires et plutôt légères qu'argileuses, il produit des feuilles développées, corsées, onctueuses et aromatiques.

Les terres argileuses, compactes et humides, les sols crayeux et les terres trop sablonneuses ne lui conviennent pas. Il en est de même des terrains qui se durcissent facilement pendant l'été et des sols gras ou d'une grande fertilité. "

Les feuilles qu'on récolte sur les tabacs plantés dans des terres humides, diminuent considérablement à la pente. En effet, après leur dessiccation, les feuilles sont minces, transparentes et acides.

En général, les terres silico-calcaires, argilo-calcaires ou silico-argileuses, caillouteuses ou non, profondes, fraîches, fertiles et qui se refroidissent lentement en automne, sont éminemment propres à la culture du tabac.

Le carbonate de chaux rend le tabac plus odorant.

Voici quelques analyses de terre à tabac du département du Lot-et-Garonne. Ces analyses et les observations qui les accompagnent ont été faites par M. Petit-Lafitte :

Localités. Argile. Sable. Calcaire. Qualité des tabacs.

Senestris 83,00 9,50 7,50 Lourd, mou et peu de sève.

Mas d'Agenais. 89,00 10,50 0,50 Moins lourd, bonne sève, mais mou.

— 82,60 17,50 traces Léger , corsé, très-bonne sève.

Birac 57,00 41,50 1,00 Léger , corsé , sève excellente.

Ainsi, la qualité du tabac est en raison directe de la quantité de sable que contient la couche arable. Si le tabac récolté en Flandre sert à fabriquer d'excellents cigares , c'est qu'on le cultive sur des sols de consistance moyenne ou sur des terres franches de bonne qualité.

Les tabacs du département d'Ille-et-Vilaine doivent leur

qualité secondaire à la nature argileuse et humide des marais sur lesquels on le cultive. Le tabac qu'on récolte en Belgique et en Hollande sur les polders argileux et humides est acre, peu odorant et manque d'onctuosité.

Les terres sur lesquelles on cultive le tabac se louent de 120 à 200 fr. l'hectare.

B. Configuration. — Les plaines non abritées des vents du nord et du nord-ouest par des élévations ou des plantations élevées, sont moins favorables au tabac que les vallées et les coteaux.

Les terres basses , humides , ombragées et mal aérées ne fournissent jamais de tabac de premier choix; en outre, sur de tels terrains les feuilles inférieures sont sujettes à pourrir ou à se couvrir de taches de rouille , surtout quand l'été est pluvieux.

En général, les terres exposées au levant ou au midi, garanties du nord par des élévations et bien aérées, sont celles qui conviennent le mieux à la culture du tabac , parce que cette plante y subit l'influence de la lumière et d'une chaleur continue , douce et vivifiante. Si ses feuilles ne présentent pas un développement aussi grand que l'ampleur qu'elles possèdent quand le tabac végète sur des terres situées à la base de versants, elles y mûrissent plus complètement et y acquièrent plus de force, plus de finesse et un arôme plus pénétrant.

Nonobstant, il est utile d'éloigner les cultures de tabac des routes qui deviennent poudreuses pendant l'été, si les champs où elles sont établies ne sont pas entourés d'une haie vive.

Permis de culture. — Pour être autorisé à cultiver le tabac, il faut habiter l'un des départements précités (voy. page 146), et être fermier ou propriétaire dans l'une des communes désignées dans le tableau publié par le préfet.

D'après l'article 180 de la loi du 28 avril 1816, l'étendue cultivée par chaque planteur ne peut être moindre de 20 ares. Dans le Bas-Rhin cette surface peut être formée de deux pièces de 10 ares chacune. Suivant la même loi, nul ne peut se livrer à la culture du tabac sans avoir fait préalablement une déclaration1, et sans en avoir obtenu la permission2.

Les déclarants sont forcés de produire un certificat de solvabilité3.

Les cultivateurs autorisés à planter du tabac sont tenus :

1° De faire connaître aux employés de la régie les pièces de terre déclarées ; de se soumettre en tout temps aux exercices des mêmes employés, et de leur donner entrée à toute réquisition dans leurs séchoirs, magasins, maison d'habitation et autres parties de leur domicile depuis le lever jusqu'au coucher du soleil ;

2° De ne cultiver en tabac que les pièces de terres déclarées ;

3° De planter au moins les quatre cinquièmes de la surface autorisée ;

4° De livrer fidèlement à la régie la totalité du tabac qu'ils ont récolté ;

5° De conduire leur tabac au magasin que la régie indiquera ;

Sous les peines prononcées par les articles 182, 195 et 199 de la loi mentionnée ci-dessus.

1 . Les procès-verbaux relatifs à la culture illicite du tabac se sont élevés en 1834 à 699. Les pieds saisis par la régie ont atteint 133 734.

Les départements où cette culture est le plus pratiquée sont : les Bouchesdu-Rhône, l'Aisne, la Meurthe, la Meuse, la Moselle, les Basses-Pyrénées et la Somme. .

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