ANIS
Dans les circonstances ordinaires, les cotylédons n'apparaissent que du 25e au 35e jour.
Soins d'entretien. — A. SARCLAGES. — Quelques jours
après le développement des cotylédons, on exécute un sarclage qui a pour but unique la destruction des mauvaises herbes.
On répète ordinairement cette opération avant la floraison, qui a lieu en juillet.
B. Arrosages. — On peut, lorsqu'on cultive l'anis sur des sols secs et qu'on a facilement de l'eau, exécuter quelques arrosages pendant les jours chauds de juin ou de juillet. Ces arrosements se font au moyen d'arrosoirs ou par infiltration. Dans ce dernier cas, on dirige l'eau dans les sentiers qui séparent les planches.
L'anis, a-t-on dit avec raison, aime à avoir le pied humide et la tête au soleil.
G. Éclaircissage. — Au deuxième sarclage, on arrache les pieds d'anis qui sont superflus. Cette opération est souvent nécessaire, parce que les graines se répandent dans une forte proportion.
Les femmes qui exécutent cette opération se placent dans les sentiers , et arrachent les pieds les plus faibles. Les plantes qu'elles laissent sur les planches doivent être éloignées les unes des autres de 0m, 1 5 à 0^,20 en tous sens.
Maturité. — L'anis mûrit en France dans la seconde quinzaine d'août. En Egypte, on l'arrache à la fin de février.
On doit le récolter quand ses graines forment des bouquets bruns verdâtres.
L'enlèvement des pieds et même des ombelles se fait à diverses reprises, car les graines ne mûrissent pas toujours en même temps.
Récolte. — La récolte des pieds qui ont mûri les graines
se fait de deux manières. Ici, on les arrache à la main; ailleurs, on les coupe à l'aide d'une faucille. Dans les deux cas, on les laisse en javelle sur le champ, ou on les met en faisceaux, comme s'il était question de récolter la gaude ou le sarrasin.
Dans quelques localités, on exécute la récolte d'une manière différente. Le matin à la rosée, des femmes, ayant devant elles un tablier relevé en forme de grande poche, ou un sac de 0m,50 à 0m560 de longueur, ou étant munies d'une hotte légère qu'elles posent debout dans les sentiers, parcourent la surface du champ, et coupent avec des ciseaux toutes les ombelles ou les ombellules qui présentent des graines mûres ou brunes. Ces bouquets sont ensuite mis à sécher sur une bâche placée au soleil. Ce procédé est évidemment plus long et plus coûteux que les autres, mais il permet de récolter des semences de belle qualité.
Toutes choses égales d'ailleurs, on ne doit pas oublier que la récolte de l'anis arrivé à maturité, oblige les ouvriers qui l'opèrent à agir avec beaucoup de précaution, à cause de la facilité avec laquelle les graines se détachent des ombelles et tombent à terre.'
Lorsqu'on arrache ou coupe l'anis, on doit éviter de le laisser en javelles au delà de deux ou trois jours. En outre, il est essentiel, lorsqu'on craint de la pluie, de rapporter les tiges à la ferme pour les déposer dans un local aéré. Les graines qui restent exposées à la pluie au delà de 6 à 8 heures, prennent toujours une teinte noirâtre ou vert brun.
Quand l'anis est cultivé sur une petite étendue, le mieux est de l'exposer sur des draps à l'action de l'air.
Battage. — Aussitôt que les tiges et les [ombelles sont sèches, on procède au battage. Cette opération se Ifait avec
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des baguettes, des gaules flexibles ou des fléaux ayant des battes très-légères.
On nettoie ensuite les graines en se servant d'un van et d'un crible, et on les expose sur un drap pendant quelques jours à l'action du soleil.
Conservation des graines. — Les graines d'anis doivent être conservées dans des sacs fermés ou dans des barils bien foncés, et placés dans un bâtiment ni trop sec ni trop humide.
Les graines qu'on dépose en vrague dans les greniers ne conservent pas longtemps l'arôme si pénétrant qu'elles possèdent encore à la deuxième et même à la troisième année, quand elles ont été ensachées aussitôt après avoir été récoltées.
Rendement par hectare. — L'anis, qu'on Cultive dans les
contrées où la température est à la fois chaude et humide, donne en moyenne de 600 à 700 kilog. de graines par hectare. Lorsqu'il survient des pluies et des brouillards pendant la floraison, le produit ne dépasse pas souvent 400 kilog.
Poids d'un hectolitre de graines. — Un hectolitre de
graines d'anis pèse en moyenne 35 kilog.
Valeur commerciale. — La valeur commerciale oscille entre 100 et 150 fr. les 100 kilog.; en moyenne, elle ne dépasse pas 125 fr.
Emballage. — En France, on emballe l'anis dans une simple toile, et le poids des balles varie de 100 à 150 kilog.
L'anis qu'on récolte en Espagne est expédié en balles pesant 100 kilog., et faites avec une toile grise de belle qualité.
Commerce. — La France importe chaque année, par Marseille et Strasbourg, autant d'anis qu'elle en reçoit d'Espagne et d'Italie.
Le commerce désigne les graines de l'anis sous le nom d'anis vert; les pharmaciens les appellent anisum. vu* 22
Vanis du Tarn ou Vanis cVAlby est vert blanchâtre, de moyenne grosseur, et très-aromatique.
Vanis de Tours est très-gros et très-vert; son odeur est un peu moins forte et sa saveur est plus douce.
Les anis d'Espagne, d'Italie ci de Malte sont très-estimés ; leur grosseur est moyenne.
L'anis de Russie est le plus petit de tous et le moins estimé.
valeur de l'essence. — L'essence d'anis se vend de 35 à 70 fr. le kilogr., suivant sa qualité.
I kilogr. de graine fournit environ 20 grammes d'huile essentielle.
Usages. — L'anis est employé par les liquoristes, les confiseurs, les pharmaciens et les parfumeurs.
II sert à faire l'anisette de Bordeaux et d'Amsterdam, et les dragées de Verdun appelés anis de Verdun.
En Egypte, on l'emploie pour aromatiser l'eau-de-vie; en Italie et en Allemagne, il entre dans le pain et les pâtisseries ; en Angleterre, on le mêle au pain d'épice.
L'anis de Tours est spécialement employé par les pâtissiers; ceux d'Alby et d'Italie sont recherchés par les fabricants d'anisette fine.
Capital que sa culture engage par hectare. — La CllltUie
de l'anis engage, dans le département du Tarn, de 220 à 240 fr. par hectare.