‹ Les plantes industrielles (volume 2)Chapitre 48 sur 92 · V. K oayer Fig. 33. Rose simple de Dama · texte numérisé non relu

V. K oayer Fig. 33. Rose simple de Dama

elle a des tiges nombreuses, grêles, hautes de 0m,70 à lm, et munies d'aiguillons nombreux, droits ou recourbés. Ses feuilles se composent de 5 à 7 folioles coriaces, roides et pubescentes. Ses fleurs sont portées par des pédoncules ordinairement solitaires; elles sont rouge pourpre, simples ou

semi-doubles, et fleurissent pendant les mois de juin et de juillet.

2° Rosier de Damas, rosier de tous les mois,- rose des quatre saisons (Rosa Damascena, Mill. ; Rosa kalendarum, Borkh.; Rosa semperflorens, Derf. ; Rosa bifera, Pers.). Cette espèce ( fig. 33 ) est originaire de Damas ; elle a été introduite en Europe en 1573. Ses tiges portent de nombreux aiguillons, inégaux, robustes et élargis à leur base, et des feuilles à 5 ou 7 folioles ovales et un peu roides. Ses fleurs sont rosées , disposées en corymbe, et présentent un tube calicinal allongé et souvent dilaté au sommet; elles se succèdent en juin et en juillet.

Les fleurs du rosier de Damas sont employées de préférence aux roses des autres espèces, pour la préparation de l'essence de rose et de l'eau distillée.

3° Rosier musqué, rose muscat (Rosa moschata, Ait.). Cette espèce a des tiges ascendantes hautes de 3. à 4 mètres, munies d'aiguillons recourbés, et de feuilles à 5 ou 7 folioles lancéolées. Ses fleurs présentent des pétales blancs à onglet jaune; elles sont très-odorantes, simples ou doubles, et se succèdent de juillet à octobre.

Cette variété est répandue dans l'Inde, la Turquie et l'Egypte. Les Arabes, en Algérie, la désignent sous le nom de nèceri musqué.

4° Rosier toujours vert (Rosa sempervirens, L.). Cette espèce a des jets sarmenteux munis d'aiguillons épars et un peu recourbés. Ses feuilles présentent 5 à 7 folioles elliptiques. Ses fleurs sont blanches ou blanc rosé, solitaires ou rapprochées en corymbe.

Cette rose fournit la fameuse essence de rose de Tunis. Multiplication. — On propage le rosier de Provins et le rosier de Damas en séparant de vieux pieds en autant de

parties qu'on peut les diviser; on les propage aussi au moyen de drageons.

Le rosier musqué et le rosier toujours vert fournissent trèspeu de rejets. On les multiplie de préférence de marcottes ou de boutures.

Le marcottage des rosiers consiste à coucher, au mois de février ou de mars, avant le moment où les yeux se développent, une tige encore verte dans une rigole ayant 0m,06 à 0m,10 de profondeur, et à la maintenir dans cette position à l'aide d'un crochet fixé dans le fond de la fosse. Quand la marcotte a été enterrée, on raccourcit l'extrémité de la tige qui est hors de terre, de manière qu'elle n'ait pas plus de 0m,08 à 0m,12 de longueur. On arrose ensuite de temps à autre si la terre manque de fraîcheur.

A la fin de l'hiver suivant, on sèvre la marcotte, c'est-àdire on la détache du pied mère et on la met en place.

Les boutures ne présentent aucune difficulté. On les opère dans un endroit frais et à mi-soleil, comme s'il était question de multiplier le groseillier à grappes. On peut mettre en place , au commencement du printemps suivant, celles qui ont poussé, et qui sont par conséquent munies de racines.

Plantation des éclats, des boutures ou des marcottes. —

La mise en place des éclats munis de racines, des rejets, des marcottes ou des boutures enracinés, se fait à la fin de l'hiver sur des terres labourées ou ameublies jusqu'à 0m,30 et même 0m,40 de profondeur.

On doit éviter de les planter sur des terres compactes et humides.

La plantation se fait en lignes distantes les unes des autres de 1 mètre.

Quelquefois on espace les pieds sur Jes lignes de 0m,50 à

0m,60; mais le plus ordinairement on les éloigne les uns des autres de 0M,90 à lM.

En général, on compte en France de 10 000 à 12 000 rosiers par hectare.

Dans le Fayoun (Egypte), on plante les rosiers à 0ra,65 de distance les uns des autres. La plantation exige 70 journées d'ouvrier par hectare. Les carrés au milieu desquels sont plantés les rosiers , sont séparés par des rigoles qui permettent de les arroser avec les eaux du Nil.

Soins d'entretien. — Chaque année, au printemps, on enlève le bois mort et les ramifications qui végètent lentement.

On rabat ensuite les pousses de. l'année précédente, et on courbe les rameaux vigoureux ou les gourmands en fixant leur extrémité sur les branches inférieures. La taille et l'arcure ont pour effet de favoriser le développement d'un plus grand nombre de rameaux à fleurs.

Quand ces opérations ont été exécutées, on fume le sol et on le laboure.

On opère pendant l'année les binages nécessaires.

En Egypte, on arrose les rosiers tous les 15 jours, et, à la sixième année , on renouvelle la plantation , parce que l'expérience a démontré que les rosiers, après cinq années d'existence, sont de moins en moins productifs.

Récolte des fleurs, — La récolte des roses se fait, dans le département du Yar, depuis le commencement d'avril jusque vers la fin de mai. Aux environs de Paris, on l'exécute depuis la seconde quinzaine de mai jusqu'au commencement de juillet.

On doit, autant que possible, cueillir les roses le matin ou le soir, et aussitôt qu'elles sont bien épanouies. Elles perdent de leur parfum quand elles ont reçu une forte insolation.

La cueillette est répétée tous les deux jours sur les mêmes pieds.

En Egypte, on l'opère depuis les premiers jours d'avril jusqu'au commencement du mois de mai.

Produit par hectare. — Un rosier de Damas, âgé de 3 à 5 ans et en pleine végétation, fournit chaque année de 250 à 300 grammes de fleurs.

Le rosier de Provins en plein rapport en donne de 400 à 500 grammes.

Dans le premier cas, un hectare produit chaque année 2500 à 3000 kilogr. de rose; dans le second, il en fournit de 4000 à 5000 kilogr.

Un hectare de rosiers, dans le Fayoun (Egypte], donne seulement de 700 à 800 kilogr. de roses.

Quantité d'essence fournie par la rose. — La rose fournit très-peu d'essence pure, et la quantité qu'elle produit est en raison directe de la température de la contrée dans laquelle elle est cultivée.

En Egypte, 100 kilogr. de pétales en donnent de 30 à 40 grammes; en Provence, de 8 à 10 grammes, et à Paris de 2 à 4 grammes.

Quantité d'eau de rose fournie par les pétales. — En Orient, 100 kilogr. de fleurs et 80 kilogr. d'eau produisent environ 48 kilogr. d'eau de rose.

Valeur commerciale des roses. — Le prix des roses fraîches varie, à Grasse et à Cannes, de 0f45 à 0f65 le kilogr. Les cultivateurs de Puteaux (Seine) vendent à Paris les roses qu'ils récoltent, à raison de 0f60 à 0f75. En Egypte, on les vend de 0f40 à 0f65.

Valeur commerciale de l'essence. — L'essence pure de

rose est rare; elle se vend à un prix très-élevé. L'essence de Gonslantinople se vend de 1000 à 1200 fr. le kilogr.; quel-

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quefois même ce prix s'élève jusqu'à 1600 et 1800 fr. A Paris, on la vend de 1 100 à 1200 fr.

Kœmpfer rapporte dans ses Amœnilates exeticœy page 374, que l'huile qu'on extrait des roses de Chirâz se vend au poids de l'or.

Roses desséchées. — On dessèche quelquefois les roses pour les livrer ensuite aux droguistes ou aux pharmaciens.

Alors, au mois de mai ou de juin, on les cueille lorsqu'elles sont encore en boutons, c'est-à-dire lorsqu'elles sont sur le point de s'ouvrir, parce qu'elles sont plus astringentes que lorsqu'elles sont épanouies; on leur ôte leur calice, et on les étend sur des claies dans un local aéré, dans un grenier ou dans une étuve. Quand les boutons sont secs, on les agite sur un crible pour qu'ils s'ouvrent, et pour séparer les étamines des pétales. Après cette opération, on renferme les pétales dans une boîte bien close qu'on conserve dans un lieu sec.

100 kilogr. de boutons frais produisent :

Roses pâles 16 à 18 kil. de pétales.

— rouges 30 à 32 —

— blanches 15 à 16 —

Le commerce préfère les pétales d'un beau rouge velouté aux pétales roses ou blancs, parce qu'ils sont plus odorants.

Les pétales, en vieillissant, ou lorsqu'ils ont été conservés dans un lieu frais ou humide, perdent de leur couleur et surtout de leur parfum.

Falsification. — On falsifie l'essence de rose en y mêlant de l'essence de géranium.

On reconnaît aisément cette fraude. Il suffit de mettre un peu de l'essence qu'on soupçonne avoir été falsifiée, sur un verre de montre sur lequel on met un autre verre de même vu4 24

370 pla: ites toxjstrielles.

diamètre dans lequel on a verse une legcre quantité d'iode;

a ieux verres sont ensuite couverts avec une docoe. Si l'essence de rose est pure, elle ne change pas de couleur: si on y a mêlé de l'essence de géranium, elle devient noire.

Les Persans ajoutent aux pétales de rose, avant de les distiller, de la raclure de bois de sandal, qui donne plus de force au parfum; mais cette addition diminue beaucoup la finesse et la valeur de l'essence.

Usages. — A. Ksserce. — L'essence de rose fi: utilisée comme parfum. On l'emploie aussi pour aromatiser des liqueurs et des sucreries. Elle sert encore à parfumer les pommades et des onguents.

B. Eau de rose. — L'eau de rose esfl employée en médecine; on l'utilise aussi comme eau de senteur.

C. Roses desséchées. — On emploie les . vuges en médecine, à cause de leurs propriétés tonique et istringente. Elles font la base d'un grand nombre de pi ns pharmaceutiques : le miel rosat, le. vin rosat, le vinaigre, rosat, etc. Après avoir été pulvérisées, elles fonnenl la poudre de rose avec laquelle on prépare la conserve le rose.

LrS roses du rosier des quatre saisons servent à préparer les sirops de le sire composé et le sirof simple.

On désigne, dans les :::.- les roses :ilessous le nom de rosa pdllida.

Les pétales de la rose musquée sont purg

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