‹ Les plantes industrielles (volume 2)Chapitre 67 sur 92 · PAVOT BLANC · texte numérisé non relu

PAVOT BLANC

races bien distinctes : 1° à celle qui produit des capsules oblongues (fig . 36); 2° à celle qui fournit des capsules déprimées ou un peu aplaties.

La variété à capsules déprimées est recherchée depuis

quelques années par la pharmacie. On la cultive à Aubervilliers, près Paris, et dans le canton de Gonesse (Seine-et-Oise). M. Guibourt l'a désignée sous le nom de papaver album depressum.

Mode de culture. — Le

pavot médicinal se cultive comme le pavot œillette. Il demande aussi des terres douces, profondes et substantielles. (Voy. Ire Partie, p. 64.)

Récolte.— Le pavot blanc étant principalement cultivé pour ses capsules, il est utile de ne pas les laisser trop longtemps sur pied .

Les têtes bien mûres qui restent exposées à l'action des pluies, prennent une teinte brunâtre ou se couvrent çà et là de taches brunes ou noires. Les capsules qui ont été ainsi altérées perdent beaucoup de leur valeur commerciale.

On récolte les capsules au fur et à mesure qu'elles mûrj^

Fig. 35. Pavot blanc.

sent, en ayant soin de leur laisser une portion des tiges qui les portent longue de ûm,20à 0m,30.

On les réunit ensuite en glanes ou chapelets de 200, et on les suspend dans des greniers ou des bâtiments à l'abri des rats et des souris.

Fig. 36. Tête de pavot blanc.

Lorsqu'elles sont sèches, on les livre au commerce.

Suivant M". Cazin, les capsules recueillies dans le Midi un peu avant leur complète maturité, séchées à l'ombre et mise en caisse, se vendent comme têtes de pavot' blanc du Levant.

PAVOT BLANC. 41 l

Produit par hectare. — Un pied de pavot blanc produit en moyenne 4 à 6 têtes. Gomme un hectare ne contient pas au delà de 50 000 pieds, il en résulte qu'il fournit de 250 000 à 30 000 capsules ayant une valeur brut maximum de 2000 à 2 500 fr.

valeur commerciale. — Les têtes les plus estimées par le commerce sont celles qui ont une forme ronde. C'est par erreur que l'on répète que les capsules oblongues sont employées de préférence en médecine. On n'utilise ces dernières têtes qu'à défaut d'autres, et dans le commerce elles se vendent plus difficilement.

La glane se vend ordinairement comme suit :

Les grosses têtes de 3 fr. ». à 3 fr. 50

Les têtes moyennes 1 75 2 »

Les petites têtes » 90 1 25

Les têtes de pavot récoltées dans le centre et le nord de la France jouissent des mêmes propriétés médicinales que les têtes que l'on obtient dans les provinces méridionales.

Usages. — Les têtes sèches du pavot blanc servent à faire des décoctions calmantes ou à préparer le sirop de diacode. Leurs graines ne jouissent pas de propriétés narcotiques, mais on en extrait une huile grasse.

SECTION II

Réglisse.

(jioÊ&ç, doux. ?t;a, racine; allusion à saveur sucrée du Rhizome.

Glycyrrhiza glabra, L.

Plante dicotylédone de la famille des légumineuses.

Anglais. — Licorice. Italien. — Regolizia.

Allemand. — Sussholz. Espagnol. — Regaliza.

Danois. — Lakrizrol. Portugais. — Regaliz.

Russe. — Dubez. Polonais. — Lakrycya.

Historique. — Mode de végétation. — Terrain: nature, préparation, multiplication. — Époque de la mise en place des boutures. — Mode de plantation. — Soins d'entretien. — Arrachage des racines. — Conservation des boutures. — Produit par hectare. —Valeur commerciale. — Emballage. — Usages.

Historique. — La réglisse est une plante ancienne; Dioscoride et Pline la signalent comme une plante médicinale. Théophraste l'appelle racine de Scythie, parce que les Scythes s'en nourrissaient.

Elle croît spontanément dans l'Europe méridionale.

On la cultive en Italie, en Espagne, en Allemagne, et en France à Bourgueil (Indre-et-Loire).

Mode de végétation. — Cette plante (fig. 37) est vivace. Ses racines ont souvent 1 et même 2 mètres de longueur; elles sont rampantes, cylindriques, d'un gris rougeâtre en dehors, et d'un jaune plus ou moins foncé en dedans suivant l'âge. Ses tiges ont lm à lm,50 de hauteur, sont arrondies, presque ligneuses et à rameaux légèrement pubescents. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, à 15 ou 19 folioles ovales, obtuses, presque sessiles et recouvertes d'un enduit visqueux. Ses fleurs sont petites, rougeàtres ou purpurines, et disposées en épis allongés et un. peu lâches. Ses fruits ont la forme de

Fig. 37. Réglisse.

gousses ovales, glabres, pointues, contenant 2 à 4 graines réni formes.

Terrain. — A. Nature. — La réglisse exige des sols profonds, silico-argileux, argilo-siliceux, fertiles et bien exposés. Elle redoute les terres argileuses et humides, et les terrains sablonneux sujets à se dessécher pendant l'été.

B. Préparation. — Le sol qu'on destine à la réglisse doit être parfaitement préparé. Ordinairement, on le laboure à la charrue aussitôt après les semailles d'automne, et au mois de février ou de mars on l'ameublit à la bêche.

Multiplication. — On multiplie la réglisse à l'aide de pousses récoltées sur les vieilles racines ou de bourgeons enracinés. Les pousses doivent avoir 0m,10 à 0m,l5 de longueur, et être munies de 2 à 3 yeux.

Époque de la mise en place des boutures. — La mise en

place des pousses ou des boutures se fait suivant la latitude, ou à la fin de février, ou pendant le mois de mars.

Mode de plantation. — La plantation des boutures ou des pousses se fait en lignes distantes de 0m,50 à 0n\80 les unes des autres, suivant la fertilité et la profondeur du terrain.

Les plants, sur les lignes, sont espacés de 0m,25 à 0m,50.

On doit avoir le soin, lorsqu'on plante des bourgeons enracinés, de laisser leur extrémité supérieure dépasser la surface du sol de 0m,02 à 0m,03.

Soins d'entretien. — Pendant la première année, on exécute les binages nécessaires. En automne, on coupe les tiges lorsqu'elles sont sèches, et on exécute un labour à la bêche entre les lignes. Puis on applique une fumure en couverture.

Au mois de mars suivant, on enterre le fumier par un deuxième labour à la bêche.

En mai ou en juin, on exécute un binage qu'on répète au printemps de la troisième année, si l'état du sol l'exige.

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