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C. Eclaircissage. — Lorscjue les plants ont de 0,iyl0 à

PAVDI OEILLETTE. 71

0°yi 5 d'élévation, on procède à l'enlèvement des pieds superflus. Cet éclaircissagc est nécessaire si on veut obtenir des pieds bien bran cb us et des capsules plus grosses et mieux remplies. Quand les plantes sont nombreuses, qu'elles se touchent toutes, les pieds se développent trèsdifficilement, et ils donnent ordinairement de très-petites têtes. C'est souvent lorsqu'on pratique le deuxième binage que l'on exécute cette opération, qui se fait à l'aide d'une binette. Pratiquée à la main, elle serait longue et trèscoûteuse.

L'éloignement des pieds varie entre 0n\16 et 0m,25.

En général, l'espacement entre les pieds est d'autant plus grand que la couche arable est plus fertile ; mais il y a bien peu de cultivateurs qui éclaircissent les pavots de manière à ce que les pieds soient éloignés les uns des autres de 0n,,40 à 0m,50, ainsi que plusieurs auteurs l'ont recommandé.

Les plantes trop espacées sont plus sujettes à être renversées par les vents.

D. Troisième binage. — Quant au troisième binage, qu'il faut regarder comme une opération accidentelle , parce que les deux premiers suffisent ordinairement pour détruire les herbes qui pourraient nuire aux pavots, on doit l'exécuter avant que les plantes aient plus de 0m,40a 0,n,50 de hauteur, afin que les ouvriers ne brisent pas les ramifications et les boutons.

E Buttage. — Souvent, lors du dernier binage, soit le deuxième ou le troisième, on butte légèrement les pavots dans le but d'augmenter leur fixité et pour qu'ils résistent mieux aux vents violents, et on arrache les pieds maladifs, ceux qui ont une couleur jaunâtre.

Insectes nuisibles. — Les pavots sont quelquefois

attaqués, pendant leur développement, par le cloporte (oniscus asellus, L.). Les racines ont un ennemi dans le ver blanc, ou larve du hanneton, qui les ronge et occasionne alors la mortalité des pieds qu'il a attaqués. Dans certaines années, cette larve fait assez de mal aux cultures.

Suivant M. le Docte, le grand ennemi du pavot serait le mulot; cet animal rongerait les tiges à leur base et les ferait ainsi tomber pour s'attaquer ensuite aux capsules. Ce fait, déjà signalé par Scliwertz et Thaër, n'a pas encore ete observé par les cultivateurs des départements du Nord, comme ayant de fâcheuses conséquences. Jusqu'à ce jour, en effet, on n'a pas dit que les mulots causassent beaucoup de dégâts dans les cultures de pavots de la Flandre et de l'Artois.

Les pigeons et les tourterelles ne s'attaquent jamais aux pavots, quoiqu'on ait avancé le contraire.

Agents atmosphériques nuisibles — Les vents violents, lorsqu'ils se font sentir à l'époque de la maturité des graines, sont toujours très- pernicieux : ils renversent les tiges ou les agitent fortement, et font sortir alors beaucoup de graines des capsules quand on cultive la variété ayant des têtes munies d'opercules. En 1830, des vents impétueux venus quelques jours avant la récolle occasionnèrent à M. Rousseau, cultivateur à Angerville (Seine -et- Oise ) , des pertes telles, qu'il récolta à peine 8 hectolitres de graines à l'hectare. On évite souvent de semblables pertes en arrachant les tiges avant la maturité complète des têtes principales.

Récolte. — A. Epoque. — La récolte du pavot a lieu en août dans les contrées du Nord et de l'Est, et on la pratique en juin dans celles du Midi.

B. Exécution. — Toutes les tètes ne mûrissent pas en

thème temps; néanmoins on arrache, quand les capsules qui proviennent des premières fleurs, et qui sont les pins supérieures, sont en partie sèches; alors, les feuilles sont flétries, les tiges sont desséchées et jaunâtres, et les graines sont libres et résonnent dans les tètes lorsqu'on agite celles-ci.

Cordier recommande de laisser les plantes sur pied jusqu'à ce que les graines soient grises; ce conseil ne doit pas être suivi. Si l'on attendait pour opérer les récoltes que les opercules de toutes les capsules fussent ouvertes, on pourrait perdre beaucoup de graines par l'égrenage. On ne peut agir ainsi que lorsqu'on cultive l'œillette aveugle.

Lorsqu'on opère trop tôt. les graines restent presque toujours un peu rougeàtres.

t° Œillette ordinaire. — J. Arrachage des tiges. — Quand on cultive le pavot à capsules ouvertes, on examine d'abord les parties du champ sur lesquelles la maturité est plus avancée, et c'est sur ces endroits que l'on doit de préférence commencer l'arrachage. Les ouvriers qui exécutent ce travail portent suspendue à leur côté gauche, au moyen d'une petite corde ou d'une lanière de cuir, de la paille de seigle humectée, afin qu'elle forme des liens moins cassants. Cette paille doit avoir de 0m,60 à 0m,70 de longueur.

Alors les ouvriers saisissent par la main droite toutes les tiges provenant d'un même pied aux deux tiers de sa hauteur, et arrachent ce dernier aussi verticalement que possible. Lorsque la terre est légère ou qu'elle a été détrempée par des pluies, cet arrachage se fait très-iacilement; il n'en est pas de même quand le sol est un peu argileux ou qu'il a été durci par le soleil; alors on

se trouve dans la nécessité, après avoir saisi toutes les tiges, de donner un coup de pied à la partie inférieure de la plante que l'on veut arracher. Comme le pavot est presque sec, ce coup casse la tige principale au collet, et évite que la main de l'ouvrier ne facilite la chute d'une certaine quantité de graines. On comprend combien il est utile que l'opérateur évite, pendant cette rapide cassure, d'incliner ou de secouer violemment les capsules. C'est en roidissant son bras qu'il parvient à maintenir les tiges très-droites ou verticales.

Au fur et à mesure que l'ouvrier opère, il maintient, à l'aide de son bras gauche, tous les pieds contre lui-même. Lorsque les plantes arrachées forment un<^ forte poignée, il prend celle-ci à l'aide de ses deux mains, l'appuie sur le sol, saisit trois à quatre brins de paille, lie toutes les tiges audessous des capsules les plus inférieures, et remet ensuite la botte à Faide qui l'accompagne.

Cet aide est chargé de la confection des faisceaux ou des chaînes. 11 seconde ordinairement deux ou trois ouvriers arracheurs.

2. Dessiccation des tiges. — Dans ces derniers temps, on a beaucoup insisté pour que les poignées ou petites bottes fussent disposées suivant des lignes courant selon la longueur ou la largeur du champ, et que l'on formerait en appuyant deux poignées l'une contre l'autre, de manière à ce qu'elles présentassent une section analogue à un V renversé (Aj. Cette disposition est mauvaise et doit être abandonnée. Si elle a l'avantage de permettre au soleil et à l'air de mieux agir sur les tiges et les capsules, cl de rendre la maturité plus rapide, elle a d'abord l'inconvénient d'être difficile à exécuter, parce qu'il n'est pas facile de maintenir inclinées deux poignées sans autre appui que celui qu'elles

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trouvent sur le sol, ensuite parce qu'elle résiste bien rarement à l'action du vent. Aussi se trouye-t-on souvent dans la nécessité, quand on suit ce procédé, de relever chaque jour un nombre plus ou moins grand de poignées que le vent a renversées, et qui ont laissé échapper une partie des graines que leurs capsules renfermaient.

La méthode la plus facile et la plus prompte, celle qui offre au cultivateur le plus de sécurité, consiste à disposer les poignées en faisceaux ou en monts. Pour confectionner un faisceau, on place trois poignées sur un endroit donné du champ, de manière à ce que leurs têtes s'appuient mutuellement, et que leurs bases soient éloignées les unes des autres de 0m,65 environ. On peut remplacer ces trois poignées par un pieu implanté dans le sol. Une fois les trois petites bottes disposées en forme de trépied, on adosse contre elles d'autres poignées en les disposant de manière à ce qu'elles forment des rangées concentriques et obliques à la ligne de terre. Cette obliquité est nécessaire pour que les poignées formant la rangée la plus externe ne soient pas renversées par le vent. On leur donne plus de solidité encore en entourant les faisceaux d'un grand lien, ou en jetant avec une bêche un peu de terre au pied des poignées qui limitent leur diamètre. On peut ainsi réunir jusqu'à 60, 80 et même 100 petites bottes de pavot si le temps est beau.

Dans les années pluvieuses, les faisceaux ayant un trèsgrand diamètre ne sont pas toujours très- avantageux, car les tiges conservent plus longtemps l'humidité, ce qui empêche le battage d'avoir lieu aussitôt.

Lorsque tous les pavots ont été arrachés et mis en faisceaux, on les abandonne à eux-mêmes. Je dois faire observer qu'il n'est pas rare, quand les pavots offrent de grandes

différences dans leur végétation, qu'on soit obligé de luire l'arrachage en deux ou trois fois.

On paie par hectare, pour l'arrachage et la mise eu faisceaux, de 15 à 10 fr.

3. Premier battage . — Le battage /?>/. 10 a lieu huit a quinze jours après l'arrachage. Pour exécuter cette operation, qui ne doit être faite que par un beau temps et après la disparition de la rosée, on place près d'un des faisceaux une cuve à lessive ; alors un ouvrier reçoit d'une femme ou d'un enfant une poignée , l'incline , la plonge dans le cuveau et la frappe de petits coups secs avec un bâtonnet de 0m,40 h 0m,o0 de longueur et de 0m,03 environ de diamètre, en ayant soin pendant cette opération, qui dure peu, de la retourner sur elle-même plusieurs fois. Quand il ne sort plus de graines par les opercules, l'ouvrier remet la poignée à l'aide et en reçoit une autre pour la battre comme la première.

Pendant que l'ouvrier bat cette seconde poignée, l'aide doit placer celle battue sur un endroit un peu éloigné du faisceau, mais à sa portée. C'est que, vu l'impossibilité d'extraire par un seul battage toutes les graines que contiennent les têtes, on se trouve dans la nécessité de mettre de nouveau toutes les tiges en tas pour les battre une seconde fois quelque temps après. On ne peut se soustraire à cette manière d'opérer qu'en renonçant aux graines qui adhèrent encore aux fausses cloisons des capsules.

Quand, pendant le battage, les graines remplissent à moitié le cuveau, il faut les enlever et les mettre dans des sacs. Si la cuve n'était vidée que lorsque les graines la remplissent presque complètement, l'ouvrier ne pourrait plus abaisser assez bas la tète de la poignée, et une partie de la gVaine tomberai! sur le sol.

Les ouvriers habitués a celle opération ne se servent pas toujours d'un bâton pour faciliter la sortie des graines des

capsules; souvent ils saisissent deux poignées, une par chaque main, les plongent dans les cuves, appuient leurs parties

inférieures entre leurs côtes et leurs bras, et les frappent l'une contre l'autre. Cette manière d'agir est plus expéditive, mais elle demande, de la part des ouvriers qui la pratiquent, plus d'habitude et de dextérité.

Lorsque les bottes qui composent les premiers faisceaux ont toutes été battues et remises en tas, les ouvriers transportent la cuve près du faisceau suivant à l'aide d'une civière ou d'une brouette ordinaire à claire voie, et continuent le battage.

A défaut de cuves ta lessive, on peut se servir de civière à colza, dont l'intérieur a été garni d'un drap ou d'une toile.

11 est utile, dans les temps orageux, de munir les ouvriers de bâches, afin qu'ils puissent garantir d'une pluie intempestive les graines mises en sac et celles qui existent dans les cuves.

Schwertz conseille d'agir autrement. Ainsi il recommande de prendre des sacs et d'y secouer les têtes les plus développées et les plus mûres. Une fois cette opération terminée, on arracherait les tiges et on les mettrait en tas pour qu'elles y achèvent leur maturation. Ce procédé peu pratique, à cause de la rigidité des tiges, ne peut être adopté que lorsque l'œillette est cultivée sur une petite étendue. Il avait été, du reste, proposé par Yvart, qui a aussi recommandé de couper les têtes arrivées à maturité, et de les transporter à couvert dans des sacs pour les vider en les secouant et en les brisant. Ce procédé n'est pas plus pratique que le précédent.

Le battage du pavot œillette est payé à raison de 1 fr. 25 à 1 fr. 50 l'hectolitre.

4. Deuxième battage. — Quand les faisceaux reformés sont restés pendant six h huit jours exposés à l'action de l'air et

du soleil, on procède à un nouveau battage. Cette seconde opération est beaucoup plus expéditive que la première; ce fait résulte de ce que les capsules ne contiennent que très-peu de graines et qu'il n'est plus nécessaire de remettre les poignées en tas.

Le deuxième battage fournit souvent plus de 2 hectolitres par hectare dont la valeur suffit bien au delà pour payer les ouvriers.

«° œuiettc aveugle. — La récolte du pavot à capsules fermées est beaucoup plus simple. Quand les pieds sont arrivés à maturité, on les coupe ou on les arrache sans aucune précaution, on les lie en bottes et on les met en tas. Aussitôt que toutes les têtes sont sèches, on les rentre à la ferme, après avoir retranché tout ce que l'on peut de la partie inférieure des tiges, et on les entasse dans des bâtiments secs et aérés où on peut les conserver pendant plusieurs mois.

Pour procéder à l'extraction des graines, opération que l'on peut réserver pour les mauvais jours de l'automne et de l'hiver, et faire exécuter par des femmes ou des hommes âgés, on ouvre les capsules à l'aide de la main ou d'un couteau, et on les secoue dans une caisse ou dans un panier garni intérieurement d'une toile. Schwertz ne veut pas que ces capsules soient soumises à un battage, parce qu'il est difficile, dit-il, de séparer les parties terreuses qui se trouvent mêlées à la graine. Cette recommandation n'a aucune valeur, et M. Vilmorin a raison d'engager les cultivateurs à battre les têtes de cette variété au fléau, méthode expéditive et qui n'a aucun inconvénient si on possède les ustensiles nécessaires pour nettoyer la graine.

Nettoiement des graines. — En arrivant à la ferme, les graines d'œillette ordinaire doivent être conduites dans un grenier où on les étend aussitôt en une couche

de 0m,15 à 0°y25 d'épaisseur. On ne doit pas les réunir en couche plus épaisse, dans la crainte qu'elles ne s'échauf. fent et qu'elles ne perdent de leur qualité. Leur réunion en las volumineux ne peut avoir lieu que quand elles sont entièrement sèches. Ces graines sont ensuite remuées une ou deux fois par semaine, selon leur degré de siccité.

Lorsqu'elles sont sèches ou qu'elles doivent être vendues, on les soumet à l'action d'un crible dont les trous sont un peu plus grands que leur diamètre. Cette opération a pour but de les séparer des débris de feuilles, de tiges et de capsules qui y sont mêlés et qui restent sur la peau ou sur la toile métallique du crible.

La graine, qui a passé à travers les trous ou les mailles du crible, n'est pas définitivement nettoyée, car elle retient ordinairement une certaine quantité dépoussière. Pour la séparer de celle-ci il faut la tararer. A défaut de tarare on peut se servir d'un van. Quand on emploie le tarare, il faut adapter à l'auget la passoire la plus fine et tourner la manivelle plus vivement que s'il était question de nettoyer des graines de seigle, parce que celles de pavot, à cause de leur finesse, traversent les grillages très-rapidement.

La graine de pavot est bien nettoyée quand elle est exempte de débris de la plante qui l'a produite et de poussière ou de terre.

Conservation des graines. — Si la graine devait être conservée en magasin pendant plusieurs mois, il faudrait de temps à autre, tous les mois par exemple, la soumettre à un tararage, afin d'empêcher les mites de l'attaquer et de s'y multiplier.

On a proposé de laisser la graine dans les sacs dans lesquels on la met après le battage. Ce moyen ne doit pas être adopté, car la graine peut se détériorer en s'échauffant.

si

PoÉds tle l'hectolitre. — Un hectolitre de graine de pavot œillette bien nettoyée pesé 60 à 65 kilog. Son poids moyen est de 62 kilog.

Rendement. — Le produit du pavot œillette varie suivant la nature, la fertilité et surtout la propreté du sol et le mode de culture. On obtient par hectare, d'après :

Bonnet (Provence) .... 24 à 25 hectolitres.

Schwertz (Alsace) 20 à 25 —

Thiriot (Lorraine) 20 à 25 —

Rendu ; Flandre) 20 à 30 —

Dailly Seine-et-Oise . . . 18 —

Cormier (Flandre) .... 18 —

Movenne 20 à 2G hectolitres.

Rapport des graines aux tiges sèches. — Suivant M. de Gasparin, 4 00 kilog. de graines sont produits par 256 kilog. de tiges. Pour la même quantité de graines, M. Dailly en a obtenu 233 kilog.

Ainsi, en supputant un rendement de 20 hectolitres par hectare, on pourrait donc compter, d'après la moyenne de ces produits, qui est 245 kilog., un rendement en tiges de 3,000 kilog., ou 500 bottes de 6 kilog. par hectare.

Quantité d'huile contenue dans les graines. — La graine de pavot est très-riche en huile; elle en renferme, quand elle est sèche, suivant M. Moride de Nantes, 43 p. 100. Toutefois, en fabrique, elle n'en fournit que 28 à 35 p. 100. On obtient, suivant :

Par 100 kilog Par heclol.

De Gasparin 35 kilog. 20 kilog.

Moll 35 - 25 - .

Schwertz 39 — 22 —

Payen 3i - 22 —

Bonnet 30 — »

Moyenne. ... 34 kilog. 23 kilog.

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