ML
82 PLAWTES INDUSTRIELLES.
In litre d'huile de pavot œillette pèse 0 kil. 9245.
Usage de l'huile. — Lorsque cctle huile a été extraite à froid, elle est très-fluide; sa saveur est douce, agréable, et rappelle un peu celle de la noisette; son odeur est à peine sensible, et sa couleur est légèrement citrine ou jaune d'or; elle supporte 10 à 12 degrés de froid sans se figer, et n'a aucune tendance à la rancidité. Cette huile est trèsédule et la meilleure après celle d'olive. On la désigne dans le commerce sous le nom d'huile blanche, et aujourd'hui, comme en 1717, on la mélange avec l'huile d'olive dans le but de réaliser, par cette mixtion, de plus grands bénéfices.
L'huile de pavot est la seule pour ainsi dire que Ton consomme dans le nord et l'est de la France et de l'Europe.
Quand elle a été fabriquée à chaud, elle a une couleur jaune brunâtre et est très-siccatixe; on lui donne le nom d'huile rousse. On l'emploie dans la peinture, l'éclairage, la fabrication du saxon.
]Iature et propriété «lu tourteau. — En fabrication, on obtient ordinairement, pour 100 de graines, de 52 a 50 de tourteau d'œillette ou par hectolitre 34 à 36 kilogr.
Ce résidu est grisâtre et aussi friable que celui du colza.
D'après MM. Soubeiran et Girardin, il contient :
Huile 14,2
Matières organiques 02,3
Sels minéraux 12,5
Eau 11,0
Il renferme, d'après ces observateurs, 7 p. 100 d'azote à l'état normal, et il est, sous ce rapport, le plus riche des tourteaux.
Emploi tles tiges. — Les tiges de pavot peuvent être
utilisées comme combustible dans les foyers ou pour chauffer les fours; elles brûlent facilement et donnent une flamme ardente, mais un peu passagère.
On peut aussi les employer pour couvrir les meules de grains ou comme matières excipientes dans les vacheries ou les bouveries, ou bien les répandre dans les cours de fermes pour qu'elles y soient brisées et imprégnées d'humidité, et qu'on puisse ensuite les mêler aux fumiers.
On a proposé de les donner comme aliment aux bêtes à laine; il n'a pas été bien démontré qu'elles fussent alimentaires et qu'on pût avec sécurité les leur administrer.
Valeur commerciale. — A. Graines. — La graine de pavot œillette se vend de 25 à 32 fr. l'hectolitre.
B. Huile. — L'huile blanche d'œillette se vend de 120 à 140 fr. les 100 kilog.
C. Tourteau. — Le prix du tourteau varie entre 10 et 14 fr. les 100 kilog.
D. Tiges sèches. — Les tiges sèches se vendent de 10 à 12 fr. les 100 bottes de 6 cà 8 kilog.
Prix de revient. — La culture du pavot œillette engage par hectare un capital moins considérable que la culture du colza. Voici un extrait de la comptabilité de Grignon. Ce compte représente la moyenne de deux cultures qui ont été faites en 1838 et 1843, sur une étendue de 10 hectares 18 ares :
Dépenses par hectare 371 fr. 22
Produit brut. 489 63
Bénéfices 118 il
Prix de revient de l'hectolitre. . . 17 46
Prix de vente 23 04
Bénéfice par hectolitre 5 58
L'hectare avait produit, en moyenne, 19 hectolitres
Si PLANTES INDUSTRIELLES.
90 litres et 1,800 kilog. de tiges sèches. On a appliqué pour fertiliser la terre 23 hectolitres de poudrettc.
Les dépenses se sont ainsi divisées : loyer 70 fr. -45; engrais 123 fr. 72; frais de culture 177 fr. 05.
D'après ces [résultats les 100 kilog. de graines ont coûté à produire 28 fr. 06. Ce prix de revient est plus vrai que les chitfres imaginaires que l'on observe dans plusieurs ouvrages.
BIBLIOGRAPHIE
Rozlcr. — Cours d'agriculture, 1786, in-4, t. vil, p. 457. Tessicr. — Encyclopédie méthodique, 1796, in-4, t. III, p. 594.
? — Instruction sur la culture de l'œillette, ir.-8. Tessier. — Mém. delà Soc. centrale d'agr., 1820, in-8, t. i, p. 152. Re Rombnsle. — Mém. de la Soc. cent. d:agric, 1822, in-8, I. II, p. 372. Yvart. — Cours complet d'agric., 1823, in-8, t. XV, p. 113. Confier. — Agriculture de la Flandre, 1823, in-8, p. 327. Rousseau. — Mém. de la Soc. centr. d'agr., 1 831 , in-8, p. 103. Thaër. — Principes raisonnes d'agriculture, -1831, in-8, t. IV, p. 273. ©Dry. — Le Cultivateur, 1837, in-8, t. XIII, p. 641. Crud. — Économie de l'agriculture, 1839, in-8, I. II, p. 107. Rurger. — Economie rurale, 1839, in-4, p. 252. Schweria. — Assolement de l'Alsace, 1839, in-8, p. 291. Laure. — Manuel du Cultivateur provençal, 1839, in-8, t. II,, p. 394. Vivien — Cours complet d'agric, 1839, in-8, t. XIV, p. 230. Rendu. — Agriculture du Nord, 1843, in-8, p. 248. Re Rombaslc. — Calendrier du hon Cultivateur, 1846, in -1 2, p. 40. Vilmorin et Lcclerç-Thouin. — Maison rustique du XIXe siècle, 4 846,
gr. in-8, t. Il, p. 8.
Scuwertz, — Culture des plantes économiques, 1847, in-8, p 127. Kossobudzki. — Annales de Grignon, 1847, 16e livraison, p. 9. Re Gasparin. —Cours d'agriculture, 1848, in-8, t. JV, p. 273. IiOBuilIet. — Encyclopédie moderne, 1850, in-8, t. XXIII, p. 443. Richard et Paycn. — Précis d'agriculture, 1851, in-8, t. Il, p. 520. E,c Rocte. — Culture des plantes oléagineuses, 1852, in- 1 2 , p. 68. Girardin et BMibreuil. — Cours élém. d'agric, 4 852, in- 12, t. il, p. 392. Vilmorin. — Bon jardinier, 1857, in-12, p. 679.
CAMELINE. 85
SECTION II
Cameliiie.
(De ^«uaî iivov, petit lin; plante à graine oléifère comme le lia.)
Camelina sativa, Cr. Myagrum sativlm, L. Plante dicotylédone de la famille des Crucifères.
Anglais. — Gold of pleasure Hollandais. — Kamille.
Allemand. — Leindotter. Espagnol. — Miagro.
Flamand. — Doorezaad. Italien. — Alisso.
Danois. — Horrurt. Russe. — Ryschik.
Sue'dois. — Dodra. Polonais. — Krowia.
Historique. — Climat. — Mode de végétation. — Terrain : nature, fertilité, préparation. — Quantité d'engrais nécessaire. — Semis : époque, quantité de graine, mode de semaille, recouvrement des semences. — Soins d'entretien : éclaircissage et sarclage. — Insectes nuisibles. — Récolte : époque, caractères de maturité, exécution, dessiccation des tiges, battage. — Nettoiement et conservation des graines. — Rendement : en graines et en paille. — Poids de l'hectolitre. — Quantité d'huile et de tourteau par 100 kilog. de graines. — Usages de l'huile, du tourteau et des tiges sèches. — Valeur commerciale de l'huile et du tourteau. — Bibliographie.
Historique. — La cameline est cultivée depuis près d'un siècle dans la région du nord de l'Europe. On la rencontre principalement en France dans les départements du Pas-de-Calais, de la Somme et du Nord. Dans ces contrées elle remplace souvent les colzas d'hiver et les lins qui ont péri. Cette plante est culthée depuis longtemps dans la Normandie, la Champagne, la Bourgogne, l'Alsace et la Franche-Comté.
La cameline est désignée sous des noms divers. Dans les environs de Cambrai, on la nomme cabai; à Montdidier, camomène; à Lille, camomille; en Alsace, dotter. Climat. — Cette crucifère végète sous tous les climats parce qu'on la sème très-tardivement et qu'elle résiste très-bien aux sécheresses.
Végétation. — La cameline [fig. 11) est originaire de l'Asie, mais on la rencontre aujourd'hui indigène dans toute l'Europe. Sa racine est blanche, fusiforme; sa tige est cylindrique et rameuse, haute de 0m,30 à 0m,65 et garnie de feuilles alternes, semiembrassantes, auriculées, velues et ciliées sur leurs bords. Les feuilles inférieures, celles qui partent directement du collet sont oblongues et presque spatulées; ses fleurs sont jaune-clair; sa graine un peu oblongue, jaunâtre et renfermée dans une silicule ovoïde {fig. 12), ressemble beaucoup a celle du cresson alcnois que l'on cultive dans les jardins comme plante alimentaire. Cette graine offre un sillon sur sa partie médiane et sa saveur est alliacée; en vieillissant elle prend une teinte migeàtre assez foncée.
Fig. 12. — Silicule:
[grandeur naturelle).
Fiy. 11. — Cameline.
CAMELINE. 87
Tessioi' a calcule qu'un pied de cameline portail en moyenne 20 rameaux, chaque rameau 20 capsules et chaque fruit 10 graines, soit au total 9,600 graines.
Cette plante végète plus rapidement que la navette et le colza de printemps, et elle résiste mieux que ces végétaux oléifères aux grandes chaleurs. Cette grande aptitude à croître dans les sols arides et secs permet de la considérer comme une plante précieuse quand elle doit remplacer les cultures industrielles qui ont péri par suite des froids de l'hiver ou d'inondations tardives ou prolongées. Dans les circonstances ordinaires, elle n'exige que trois mois pour mûrir complètement ses graines.
Terrain. — A. Nature. — La cameline n'est pas une plante exigeante ; elle végète très-bien sur les terres à seigle, les sols légers, sablonneux et peu profonds. On peut aussi la cultiver sur les terres à froment, les terrains argilo-siliceux ou argilo-calcaires. Elle redoute les terres fortes et compactes.
B. Fertilité. — Son aptitude à réussir sur les sols légers et médiocres, permet dédire qu'elle n'exige pas que les terres qu'on lui consacre soient très-fertiles. Toutefois, comme ses produits sont toujours en raison directe de la fécondité de la terre, il est utile, lorsqu'on lui demande une récolte abondante, de la faire précéder par l'application d'une fumure moyenne ou d'un engrais pulvérulent.
La cameline cultivée sur des terres très-riches, donne beaucoup de paille et peu de graines.
C. Préparation. — On sème ordinairement la cameline après un labour et un ou plusieurs hersages et sur des terres disposées à plat. 11 faut que la terre soit argileuse ou qu'elle ait été envahie par de nombreuses plantes nuisibles pour qu'il soit nécessaire de lui donner une préparation plus complète
Quantité d'engrais nécessaire. — Plusieurs écrivains considèrent la cameline comme très-épuisante. et ils pensent quelle enlevé au sol, par chaque hectolitre de graines qu'elle produit, 1,000 kilog. de fumier. Cette plante n'est pas aussi épuisante. J'ai fait connaître la quanttié d'engrais que réclame la navette d'hiver; la cameline n'en exige pas au delà de 700 kilog. par 100 kilog. de graines, soit 500 kilog. environ par hectolitre.
Dans quelques localités on emploie de préférence le tourteau que fournit sa graine. Cet engrais a l'avantage, par l'odeur qu'il développe et qui rappelle celle de l'ail, d'éloigner les vers blancs des jeunes plantes. On peut remplacer cette substance fertilisante par de la poudrette, du noir animal ou des cendres pyriteuses.
Semis. — A. Epoque. — Dans le Midi, on sème la cameline du 1er au 15 mai; quelquefois on exécute les semis à la fin d'avril, c'est-à-dire après la fin des gelées.
Dans le Nord et l'Est, les semis se font de la tin de mai au commencement de juillet.
En général, les semailles exécutées sur les sols sujets à souffrir de la sécheresse ne donnent de bons résultats que lorsqu'elles ont été exécutées de bonne heure. Ceci explique pourquoi les semis ont toujours lieu plus tôt dans les pays méridionaux que dans les contrées du nord.
B. Mode de semaille. — On sème ordinairement la cameline à la volée. On peut aussi la semer en lignes distantes de 0m,16 à 0ra,20, mais ce mode de culture entraîne toujours un binage dont la valeur diminue sensiblement le bénéfice que cette plante peut donner.
La graine, à cause de sa fmessc; doit être préalablement mêlée avec du sable. Ainsi mélangée, le semeur la répand plus uniformément et avec plus de facilite.
CAMELINE. 89
On recouvre la semence soit avec un râteau, soit au moyen d'une herse légère. Lorsqu'on craint une sécheresse, on pratique ensuite un roulage.
C. Quantité de graines. — On répand par hectare de 3 à Ei kilog. ou 6 à 10 litres de graines. Il faut éviter de semer trop dru.
Soins d'entretien. — A. Ecuaircissage, — Lorsque les plantes ont de O'^OS à 0m,12 d'élévation et qu'on reconnaît qu'elles sont trop nombreuses, on les éclaircit de manière qu'elles soient éloignées les unes des autres de 0n\10 à 0m,16. Cette opération peut être faite au moyen de la herse. [Voir Navette d'hiver, p. 48.)
B. Sarclage. — On doit arracher les mauvaises herbes qui peuvent nuire par leur développement à la végétation de cette plante oléagineuse. Cette opération se fait avant que les plantes aient atteint 0m,15 de hauteur.
Insectes nuisibles. — Aucun insecte n'attaque la cameline pendant sa végétation.
Récolte. — A. Epoque. — On récolte la cameline en août ou septembre, suivant l'époque h laquelle les semis ont été pratiqués.
B. Signes de maturité. — Lorsque les plantes jaunissent et que les silicules commencent à se dessécher et contiennent des graines jaune-rougeâlre, on procède à la récolte. On ne doit pas attendre que toutes les silicules soient mûres parce que la cameline s'égrène facilement.
G. Exécution. — Dans quelques localités, on arrache les tiges par poignées; dans d'autres, on les coupe à la faucille.
Dans les terres légères l'arrachage se fait plus promptement que le faucillage; cette opération a, en outre, l'avantage de moins faciliter la chute des graines.
D. Dessiccation des tigçs. — On peut laisser les tiges en
MO PLANTES lMUSTKIELLlv
javelles sur le sol pendant quelques jours, mais lorsque toutes n'ont pas perdu leur couleur verte, on doil les dis poser en moyetles. Ce moyen prévient l'ég renage.
E. Battage. — On bat au fléau ou a la gaule sur une bâche ou sur une aire de grange. On peut aussi exécuter cette opération avec une machine à battre, mais alors on brise fortement les tiges et celles-ci perdent beaucoup de leur valeur.
Lorsque la graine est nettoyée on la dépose en couche mince dans un grenier ni trop sec. ni trop humide.
Rendement. — A. Graines. — Le rendement moyen de la cameline est de 15 à 16 hectolitres par hectare. Ce produit est satisfaisant si cette plante est cultivée sur des terres légères. Quand elle végète sur des terres douces et fertiles, elle donne souvent 20 hectolitres.
Rapport «les graines aux tiges. — En gênerai la graine est aux tiges :: 100 : 250. Ainsi. 1 hectare qui produit 15 hectolitres ou 1,000 kilog. de graines, donne 2,500 kilog. environ de tiges sèches.
Poids de l'hectolitre. — Un hectolitre de graine pèse de 68 a 70 kilog. Chaque litre contient environ 850,000 graines.
Rendement. — A. Huile. — La graine de cameline contient en moyenne 35 p. 100 d'huile. Four une bonne fabrication 100 kilog. de graine en donnent de 27 à 31 kilog.
Un hectolitre de semences fournit donc de 20 à 22 kilog. d'huile, et 1 hectare produisant 1 5 hectolitres ou 1,000 kilog. de graines, de 300 à 330 kilog. d'huile.
B. Tourteau. — Le tourteau de cameline est rougeàtre. 100 kilog. de graine en donnent de 60 a 65 kilog.
Ainsi. 1 hectolitre fournil de 40 à 12 kiloi;. de tourteau.
CAMLLINE. 91
Usages. — A. Hi île. — L'huile de cameline sert ;i briller; elle est intérieure à eelle que fournit le eolza et la navette, mais elle a moins d'odeur et produit moins de fumée. On remploie aussi pour la peinture. Elle supporte sans se figer de 15 à 18 degrés de froid.
Cette huile a une densité de 0,915.
Cette huile est quelquefois désignée dans le commerce sous les noms d'huile de camomille, huile de sésame d'Allemagne.
B. Paille. — Les tiges de la cameline servent à l'aire des balais et à couvrir les habitations. On les utilise aussi comme litière ou pour chauffer les fours.
La confection des balais se paie de 2 fr. 50 à 3 fr. le cent.
C. Tourteau. — Le tourteau de cameline est rarement donné comme aliment aux animaux domestiques. Le plus ordinairement on remploie comme engrais.
D'après MM. Soubeiran et Girardin, il contient :
Huile 12,2
Matières organique.- 05,1
Substances minérales. ... 8,2
Les matières organiques renferment 5,57 p. 100 d'azote.
Valeur commerciale. — A. Graines. — La graine de cameline se vend ordinairement de 20 à 21 fr. l'hectolitre.
B. Huile. — Le prix de l'huile est un peu inférieur à celui des huiles de colza et de navette.
C. Balais. — Les balais se vendent en Hollande, en Belgique et en Flandre, de 5 à 6 fr. le cent. Ils pèsent chacun 1 kilog. environ.
Un hectare fournit de 1.000 à 1,200 balais.
On a proposé, il y a quelques années, de remplacer la
cameline ordinaire par l'espèce à laquelle on a donne le nom de cameline majeure ou cameline de Riga (Myagulm dentatum). Cette oléifère diffère de la précédente par la grosseur de sa graine. On a\ait pensé qu'elle donnerait des produits plus abondants que la cameline commune, mais l'expérience a démontré qu'elle n'avait pas les avantages qu'on lui avait attribués.
Cette espèce croît naturellement dans la Livonie, la Lithuanje, etc. Les graines de lin qui nous viennent de ces pays en contiennent toujours. {Voir 1. m, Lin.)
BIBLIOGRAPHIE
Tessicr. — Encyclopédie mélhodique, 1796, in-4, t. III, p Ô(M.
Parmcntlcr. — Cours d'agriculture. 1 805, in- 4, I. XI, p. 291.
Rose. — Cours complet d'agriculture, 1821, in-8, t. 111, p. 34 2.
Vvart. — Cours complet d'agricult., 1822, in-8, t. Xiv, p. 208.
We Ronibasle. — Mém. de la Soc. cenir. d'agr., Î822, in-8, l. I, p. 384.
Cordier. — Agriculture de la Flandre, 1823, in 8, p, 325.
£.aure. — Manuel du Cultivateur provençal, 1838, in-8. I. I. p. 278.
Rendu. — Agriculture du Nord, 4 843, in-8, p 245.
De Douhct. — Bulletin agric. du Puy-de-Dôme, 1844, in-8, L III, p. I 15,
»c Dombasle. — Calendrier du bon Cultivateur, -1846, in-12, p. 641.
Vilmorin et liCClcrc-Thouin. — Maison rustique du XIXe siècle, IS^G,
gr. in-8, t. Il, p. 8.
I>oeu*Het. — Encyclopédie moderne, 1847, in-8, !. Vil, p. 357. Oe Ciasparin. — Cours d'agriculture, 1848, in-8, t. IV, p. 151. Richard et Paycn. — Précis élément, d'agric, 1851, in-8, t. I, p. 518. (■irardin et Dubronil. — Cours élém. d'ugric, 4851, in-12, 1. Il, p. 518. Roitel. — Recueil encyclop. d'agriculture, 1852, in-8, t. H, p. 161.
COLZA DE PRINTEMPS. i>3
SECTION III
Colza <le printemps
Brassîca campestris yerna, Vil.
Plante dicotylédone de la famille des Crucifères.
Dans les provinces du nord de 1 Europe, on cultive une variété du colza d'hiver à laquelle on a donné les noms de colza de printemps, colza de mars, colza d'été.
Cette oléagineuse végète promptement; elle n "exige, pour mûrir ses graines, que 1200 à 1300° de chaleur totale. On la cultive sur des terres riches et fraîches. Elle réussit très-bien sur les terrains que les eaux des fleuves et des rivières couvrent pendant l'hiver ou le printemps, sur les fonds d'étangs ou des marais nouvellement desséchés. On doit éviter de la cultiver sur des sols légers calcaires ou siliceux, car elle y redoute les sécheresses.
Le colza de mars demande, comme le colza d'hiver, des terres bien préparées et ameublies.
On doit, à cause de sa végétation rapide, fertiliser les terres avec des engrais qui se décomposent promptement. Les semis se font à la volée en mars, avril ou mai. On répand de 8 à 10 litres de graines par hectare. On recouvre les semences à la herse. Il faut autant que possible exécuter les semis après une pluie ou lorsque le temps est couvert et la terre encore fraîche, afin que lesaltises nuisent le moins possible au développement des cotylédons et des plantes.
94 PLAHTES WDUSTEI1LL1S.
Le colza de printemps ne se sème en lignes que lorsque la terre peut être envahie par de mauvaises herbes.
Lorsque les plantes, après la germination, sont trop nombreuses, on les éclaireit à la main ou avec une herse. On se dispense presque toujours de les biner.
La récolte des tiges se fait en juillet ou en août et quelquefois seulement en septembre, suivant l'époque à laquelle les semis ont été exécutés. Les tiges, plus faibles et moins élevées que celles du colza d'hiver, peuvent être coupées à la faucille.
Le battage s'exécute de la même manière que l'égrenage du colza d'automne.
Voir pour tous les travaux similaires : la culture, la récolte et la conservation des graines, les détails concernant le Colza d'hiver, p. 3 et suiv.)
Le colza de printemps ne produit jamais autant que le colza d'hiver. 11 rend, en moyenne, lorsqu'il est cultivé sur des terres argileuses ou des alluvions de bonne qualité, de 14 à 16 hectolitres par hectare. Il faut que le sol soit très-fertile et l'année un peu humide, pour obtenir sur la même superficie des produits presque égaux à ceux que fournit le colza d hiver.
L'hectolitre de colza de mars pèse de 63 à 65 kilog.
La graine fournit autant d'huile que celle du colza d'automne; 400 kilog. en rendent 30 à 32 kilog.
Ainsi 1 hectare qui produit en moyenne 15 hectolitres ou 1,000 kilog. de graines, fournit environ 300 kilog. d'huile.
Le colza de printemps remplace quelquefois dans les cultures la variété d'automne et le pavot œillette qui ont été détruits par les froids, les oiseaux ou les inondations.
NAVETTE DE l'KINTEMPS. 95
SECTION IV
Navette ile printemps.
Bbassica napus pr.f.cox, De C.
Plante dicotylédone de la famille des Crucifères.
La navette de printemps , appelée quelquefois navette d'été, navette de mai, navette annuelle , est moins cultivée que la navette d'hiver. Elle a l'avantage de pouvoir être semée très- tard, et de remplacer, par conséquent, les oléagineuses printanières, le colza de mars et le pavot œillette, qui n'ont pas réussi. On la cultive aussi sur les terres qui ont été inondées en mai ou en juin.
Cette plante est peu cultivée dans les contrées du midi, parce que les chaleurs intenses et prolongées nuisent au développement des fleurs et à la maturité des siliques. On la* rencontre principalement dans les parties septentrionales. En Allemagne, elle est souvent l'objet d'une culture spéciale et étendue. En France, elle est assez répandue dans la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace et les parties montueuses du Dauphiné, où la navette d'hiver réussit trèsdifticilement.
La navette de printemps réussit très-bien sur les terres en plaines, légères, calcaires ou sablonneuses, si elles conservent un peu de fraîcheur pendant les fortes chaleurs. Elle est plus exigeante que la navette d'hiver, et doit être cultivée sur des terres de bonne qualité. Lorsque la ri-
m; PLANTES INDUSTRIELLES.
chesse du sol n'est pas très-grande, on applique sur Les
champs qu'on lui consacre, des engrais pulvérulents : de la poudrette, des cendres ou du guano, ou des engrais végétaux verts.
Les semis se font à la volée sur des terres bien préparées par des labours et des hersages. On les exécute en mai et en juin dans les contrées du nord, et en mars et avril dans celles du sud-est.
On répand de 10 a 12 litres de graines par hectare. Il n'y a pas d'inconvénients à ce que les semis soient un peu drus. Lorsqu'on agit ainsi, la navette couvre mieux la terre et résiste plus facilement aux sécheresses; on pallie aussi auv dégâts des altises.
La navette d'été, semée en mai; arrive a maturité dans les contrées du centre et du nord, vers la fin d'août. Lorsque les semis n'ont été exécutés que vers la Saint-Jean, la récolte n'a lieu que dans le courant de septembre.
On coupe les tiges à la faucille ou à la faux, et on les laisse en javelles sur le sol pendant plusieurs jours. Lorsque les siliques sont sèches et les graines mures, on procède au battage. Cette opération se fait sur le champ ou dans une grange. Voir Navette d'hiver, Récolte, p. 49.
Cette oléagineuse, cultivée sur terres fraîches et fertiles, ne produit pas par hectare au delà de 12 à 16 hectolitres.
Un hectolitre de graines pèse de 60 a 65 kilog., et un litre contient 250,000 graines.
100 kilog. de graines rendent 27 à 29 kilog. d'huile, 1 hectolitre, de 17 à 18 kilog. d'huile . et 40 à 42 kilog. de tourteau.
Ainsi, 1 hectare qui produit 14 hectolitres ou 900 kilog. de graines, fournit en moyenne 250 kilog. d'huile.
UAim. 97
SECTION V
Tlatlia.
Dr mâili, nom donné à eette plante pai les Chiliens.
Maïi.-v sauva, Mol. M.\i!i\ viscosAj C.a\.
Plante dicoiylédotiB de la famille des Composées.
Historique. — Climat. — Végétation. — Terrain : nature, fertilité, préparation. — Semis : époque, exécution, quantité de semences» germination des graines. — Soins d'entretien : binages, éclaircissage. — Insectes nuisibles. — Récolte : époque, caractères de maturité, exécution, dessiccation des tiges, battage. — Conservation et nettoyage des graines. — Rendement : graines, tiges. — Poids de l'hectolitre. — Rendement en huile et en tourteau. — Usages : huile, tourteau, fanes. — Valeur de la graine. — Prix de revient. — Bibliographie.
Historique — Le madia est originaire du Cliili. Il a été importé en Europe en 1794 par le R. P. Feuille. On le cultive en France depuis une quinzaine d'années comme plante oléifère, et c'est M. Bosch de Stuttgard (Wurtemberg), qui Fa recommandé pour la première t'ois en 1835 pour limite que fournissent ses graines. L'agriculture européenne a accepté cette plante avec enthousiasme; mais de jour en jour elle l'abandonne pour lui préférer ou le pavot ou la cameline. C'est bien à tort que l'on renonce, dans les localités pauvres, à la cultiver : elle a le double mérite de réussir sur les terrains de médiocre qualité et d'y donner des produits abondants. Les faits que je vais transcrire prouveront, je n'en dotite pas, qu'elle a bien vu. 7
«.•S PLANTES IM'l STRIBLI RS
L'importance qu'on lui avait assigné quand tilt- fui pn sée pour la première fois comme oléagineuse.
Climat- — Le madia esl très-rustique, el il résiste trèsbien aux froids pendant l'hiver, quand la température ne descend pas a — 1*2 et — 15-; en outre il a l'avantage de ne point souffrir pendant les sécheresses.
Celte plante demande un climat plutôt sec qu'humide. Lorsqu'il survient des pluies continues pendant sa végétation, ou lorsqu'on la cultive sous un climat brumeux, - \ tiges s'allongent, ne présentent qu'un petit nombre de fleurs, et ses semences avortent, restent vides et deviennent brunes Le madia appartient donc plutôt a la culture méridionale qu'à celle des contrées ou l'atmosphère est chargée (l'une humidité abondante et continuelle.
Végétation. — Le madia a une racine pivotante. Sa tige, cylindrique, est seulement ramifiée au sommet: sa hauteur moyenne ne dépasse pas 0m.G0: elle est garnie de feuilles sessiles. lancéolées, aiguës, a trois nervures. S< fleurs terminales sont jaunes et reunies en capitules axiltaires recouverts d'écaillés foliacées. Les graines sont b rement anguleuses et d'une couleur grise: elles ont, en moyenne, cp.hht de longueur et o .002 de largeur.
La tige, les ramifications, les feuilles el les capitules sont couverts de poils longs: les parties supérieures sont glandulifères, visqueuses et tres-aromatiques. L'odeur forte et même désagréable qu'elles exhalent, a beaucoup nui a la propagation de cette oléifère. Cet arôme est ;«i prononce. qu'il i"este longtemps adhèrent aux mains et aux vêtements des ouvriers qui la sarclent et l'arrachent.
Le madia fleurit en juillet ou août lorsqu'il a été semé au printemps. Il exige, d'après M. de Gaspariu, -2 500 de chaleur totale pour arriver a maturité complète.
MADI.X. 9<»
Terrain. — A. Nature. — On cultive cette plante sur des sols légers et secs. Elle réussit très-bien sur les terres silico-argileusesj siliceuses, granitiques et calcaires -siliceuses. Elle végète mal sur les terres argileuses.
Comme elle craint l'humidité pendant l'hiver, on ne doit la semer en automne, que sur des sols perméables.
B. Fertitité. — Le madia ne demande pas des terres très-riches, 1° parce qu'il végète bien sur des sols de moyenne fertilité ou appartenant à la période céréale; 2° parce que la quantité de graines qu'il fournit est toujours en raison inverse du développement des tiges.
Lorsqu'on applique des engrais, il faut employer de préférence de la poudrette, du tourteau ou du guano.
C. Préparation. — Les terres que Ton consacre à la culture du madia doivent être bien préparées et ameublies. (Voir Pavot, Préparation du sol, p. 64.)
Semis — A. Epoque. — Les semis se font à deux époques : à l'automne et au printemps.
Dans le Midi, on 'doit les exécuter en octobre ou novembre. Dans le Nord, il est prudent de ne les pratiquer que du 1er avril à la fin de mai, lorsqu'on ne redoute plus de gelées printanières.
13. Exécution. — On répand la graine en lignes distantes de 0",30 à 0"\40. On peut aussi semer le madia à la volée, mais ce mode de culture rend plus difficiles et plus coûteux les sarclages et les binages.
Le madia ne supporte pas la transplantation.
C. Quantité de semences. — Lorsque les semis se font en lignes, on emploie par hectare de 8 à 10 kilog. de graines. Les semis à la volée en exigent environ 15 kilog. Ces quantités sont fortes; mais toutes les graines ne germent pas.
D. Germination des graines. — Lorsque les graines sont
de bonne qualité et qu'elles ont été confiées à la terre par une température de + 12 à -f- 1S% elles germent au bout de huit à douze jours.
Soins d'entretien. — A. Binages. — Les progrès de
la végétation du madia sont lents d'abord, puis rapides.
On donne un premier sarclage lorsque les plantes ont de 0m,08 à 0m,12 de hauteur. On renouvelle cette façon quand les tiges commencent à se ramifier.
B. Eclaircissage. — Aussitôt que le premier binage a été exécuté, on éclaircifc les plantes à la main de manière qu'elles soient éloignées sur les lignes, de 0n\12 à 0m,15.
Insectes nuisibles. — Nul insecte n'attaque le madia.
l&éeolte. — A. Epoque. — La maturité des graines a lieu entre le troisième et le quatrième mois qui suivent !a semaille quand celle-ci a été faite au printemps. Lorsque les semis ont eu lieu avant l'hiver, on procède ordinairement à la récolte en juin ou juillet, suivant les latitudes.
B. Caractères. — Le moment d'opérer la récolte est arrivé lorsque les graines ont perdu leur teinte noire et ont pris une couleur grise ou grisâtre.
C. Exécution. — On arrache ou on coupe les tiges à la faucille. Les tiges arrivées à maturité étant cassantes, on peut les rompre avec la main.
Quel que soit le procédé adopté, il est nécessaire d'agir sans brusques secousses le matin à la rosée ou le soir, afin de ne pas faciliter la chute des graines. Le madia s'égrène assez facilement si on penche les tiges quand les graines sont complètement mûres.
D. Dessiccation des tiges. — Les tiges une fois arrachées, coupées ou rompues, sont dressées sur le sol et réunies en petits tas. On les laisse ainsi pendant quatre ou huit jours jusqu'à la parfaite maturité des semences.