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RICIN

Cette plante: avait produit 95 capsules et 285 graines. Les racines et les tiges contenaient 0,40 p. 100 d'azote, les feuilles 1,80, et les graines à l'état normal 7,63. De ces faits on peut conclure la quantité d'azote contenue dans 100 kilog. de graines et les tiges qui les ont produites :

Kil.

100 kilog. graines 7,03

195 — de tiges 1,98

153 — de feuilles 2,75

Total 12,36

Terrai» — A. Nature. — Le ricin doit être cultivé sur des terres un peu argileuses. Les sols argilo-siliceux ci argilo-calcaires lui conviennent bien. Il est nécessaire, en outre, que la couche arable conserve une certaine fraîcheur pendant l'été : le ricin absorbe beaucoup d'eau, parce que sa végétation est très-rapide, et qu'elle atteint en quelques mois seulement un très- grand développement.

Sa racine étant pivotante, on ne doit le cultiver que suides terres profondes.

B. Fertilité. — Cette plante demande des terres fertiles et bien fumées; en général, elle végète très-lentement sur les sols légers et pauvres et y donne peu de graines.

G. Préparation. — Les terres qu'on lui consacre doivent recevoir plusieurs labours et hersages.

Quantité d'engrais à appliquer — Le ricin est une plante exigeante et épuisante. Lorsqu'on le cultive sur des sols peu fertiles, on doit appliquer par hectare 3,100 kil. de fumier par chaque 100 kil. de graines qu'on espère recoller. Ainsi, une terre pouvant produire 500 kilog. de graines doit recevoir une fumure de 13,000 à 17.000 kilog. de fumier dosant 0,40 p. 100 d'azote.

i(l«S PLANTES INDUSTRIELLES.

Semis — A. Epoque. — On sème le ricin lorsque la température a atteint + 12° en moyenne, c'eSt-à-dire en mars ou avril. Si les semis étaient pratiqués plus tôt, les graines seraient sujettes à pourrir, et les plantes pourraient être détruites par les gelées tardives.

B. Exécution. — Les semis se font en place sur des lignes distantes de 0m,70 à im, ou en poquets éloignés les uns des autres de 0m,80.

On a souvent essayé de semer le ricin en pépinière, pour le transplanter au mois d'avril ou de mai, mais ce mode de culture n'a pas toujours donné de bons résultats. On ne peut l'adopter que pour de petites cultures. Alors on sème la graine sur couche en février ou mars. Il faut avoir le soin, quand on cultive ainsi le ricin, d'exécuter la mise en place des plants avec beaucoup de précaution. Le pivot de cette plante est très-tendre, il se brise souvent à l'arrachage Les plants transplantés restent comme flétris pendant une huitaine de jours.

Lorsqu'on pratique les semis en place , on enfouit les graines à 0œ,01 ou 0m,02 seulement de profondeur.

Les graines montrent leurs cotylédons entre le douzième et le quinzième jour.

Quantité de graines. — On emploie pour semer un hec tare en lignes ou en poquets, de 20 à 26 litres de graines, ou 9 à 12 kilog.

Un litre contient de 900 à 1000 graines.

Soins d'entretien. — A. Binages. — Lorsque les plants ont atteint 0m,04 à 0m,6 de hauteur, on exécute un binage sur toute la surface du champ.

On répète cette opération une ou deux fois pendant le cours de la végétation.

B. Eclaircissage. — Lorsque les plants ont 0m,12 à 0ra,15

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d'élévation , on les éclaircit de manière tjn'ils soient séparés les uns des autres de 0m,70 à l". Quand les semis ont été exécutés en poquet, on ne laisse sur leur surface que le pied le plus fort.

C. Arrosements. — Pendant les sécheresses, en juillet et août , on arrose si cette opération est nécessaire et possible. Le ricin ne prend un développement remarquable que sous l'influence simultanée de l'humidité et de la chaleur.

E. Buttage. — On doit butter les plants qui atteignent 2 mètres de hauteur. Cette opération augmente leur solidité et leur permet de mieux résister aux vents violents à l'époque de la maturité des graines.

Récolte. — Quand les fruits ou les coques ont pris uneteinte jaunâtre, qu'ils renferment des graines grises marbrées de blanc, on s'empresse de les cueillir. Cette récolte se continue depuis le mois dJaoût jusqu'aux premières gelées d'automne.

Il est utile d'enlever chaque semaine les coques qui sont arrivées à maturité. Lorsqu'on abandonne celles qui sont mûres, elles s'ouvrent d'elles-mêmes et lancent à plusieurs mètres de distance les graines qu'elles renferment.

Lorsque tous les fruits ne sont pas complètement mûrs à l'approche des temps froids , on coupe la cime des plantes qui portent encore des coques et on les suspend dans un local sain et aéré , afin que les graines puissent mûrir complètement.

Les tiges sont ensuite arrachées et liées en bottes.

Rendement. — D'après M. de Gasparin , 25 plantes peuvent donner 1 kilog. de graines. Comme un hectare eu contient de 10,000 à 12,000, il en résulte que le produit en graines doit varier entre 400 et 500 kilog.

Le ricin, cultivé sur de petites surfaces, a produit par arc de 14 a 15 kilog. de graines. De tels résultats ne peinent être obtenus qu'en Espagne et en Algérie.

Poids de l'Hectolitre — Un hectolitre de graine pèse de 42 à 44 kilog.

Quantité d'Huile fournie par ÎOO kilog. de graines. — La graine de ricin est très-oléagineuse : elle contient 60 pour 100 d'huile, mais l'industrie n'en retire ordinairement que 36 à 40.

La coque n'en contient pas, c'est l'amande seule qui la fournit. Les graines récoltées dans les parties méridionales de la France sont plus oléifères que celles que l'on obtient en Algérie. Ainsi, M. Mayet a constaté les faits suivants .

Ricin français. Ricin algérien.

Coques 2G,70 30,7(5

Amandes mondées .... 71,14 07,22

Débris et pertes 2,10 2,02

Huile obtenue par pression à froid. 37,40 30,40

Cette huile aune couleur jaune pâle, une odeur fade, une saveur d'abord douce, ensuite un peu acre; en vieillissant, elle rancit, s'épaissit, se colore et devient très-irritante. Sa densité est de 0,960.

Usages. — A. Huile. — L'huile de ricin est employée en médecine comme principe purgatif. Elle sert aussi cà la fabrication du savon.

A Cayenne, aux Antilles et dans la Tarlarie, cette huile sert à l'éclairage des habitations. En Amérique, on l'emploie pour éclairer les sucreries , les indigoteries et les cases des nègres. A Java et aux Moluques, on la mêle avec de la chaux pour former un ciment très-dur, avec lequel on enduit les habitations.

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