RICIN. III
B. Feuilles. — Dans 1 Indoustan , les feuilles de ricin servent à l'alimentation du ver à soie Bombyx cynthia, Fab.. que l'on cherche en ce moment à naturaliser en Europe.
G. Tiges. — Les tiges sèches sont employées comme combustible ou comme litière.
1). Tourteau. — Le tourteau de ricin ne doit pas être donné aux animaux ; on ne peut l'utiliser que comme engrais.
Valeur commerciale. — A. Graines. — Les graines de ricin se vendent de 30 k 40 fr. les 100 kilog. En 1813, année pendant laquelle les relations commerciales avec l'Inde et l'Amérique étaient pour ainsi dire suspendues, cette graine se vendit 1 fr. 50 c. le kilog. C'est ce haut prix qui engagea, à cette époque, un grand nombre d'agriculteurs à cultiver le ricin dans les départements de l'Hérault, de l'Aube et de la Haute-Garonne.
Les graines de ricin que la France reçoit d'Amérique sont plus grosses, plus marbrées que celles que l'on récolte en Europe; leur enveloppe est aussi plus argentée. Celles qui viennent de l'Inde et des Antilles sont remarquables par leur volume et leur couleur foncée.
Ces graines s'expédient en balles de 100 kilog.
B. Huile. — L'huile de ricin se vend ordinairement par baril de 100 kilog., à raison de 2 à 3 fr. le kilog.
BIBLIOGRAPHIE
Bosc. — Encyclopédie méthodique, in-8, -1797, I. vi, p. IGÎ. De Gaspnrin. — Cours d'agriculture, 1858, in-S. t. IV, p. 175. Bonafous. — Journal d'agi, pratique, ij>50, gr. in-S, â" série, I. I, p. 548. Mayet, — Journal des Connaissances médicales, 1854, in-8, octobre Pépin. — Bulletin île la Soc. d'acclimatation, iSoî, in-8. t. I, p. S0.S.
SEC1 i<i\ \ ||.
Ararhicle.
x, privatif; P^'/.^ii branche; allusion au port ':e ia piaule
Arachis hypog.ea, L.
Plante dicotyïédone de la famille des Légum-
Anglais. — America earth-nut. Italien. — Pistachio di terra.
Allemand. — Die erdpistazia. Portugais. — Amenduinas.
Hollandais. — Aardaker. Chinois. — Thon-Than.
Suédois. — Jardpistacie. Japonais. — Kat;an. Espagnol. — Cocahueta.
Historique. — Climat. — Végétation. — Terrain : nature, fertilité, préparation. — Semis : époque, exécution, préparation des graines, quantité de semences, enfouissement des graines. — Cultures d'entretien : binages, buttages, arrosages. — Animaux nuisibles. — Récolte : époque, signes de maturité, exécution, dessiccation, battage. — Conservation des arachides. — Rendement. — Poids de l'hectolitre. — Quantité d'huile et de tourteau fournie par les graines. — Usages de l'huile, du tourteau et des racines. — Valeur commerciale de l'huile, des graines et du tourteau. — Bibliographie.
Historique. — L'arachide, que Ion nomme pistache de terre, noix de terre, pois de terre, est cultivée depuis
longtemps en Espagne et en Italie. On la dit originaire de l'Asie. Elle croît naturellement en Afrique. On la connaissait en France au commencement du siècle dernier : en 1723, Xissole en a donné une excellente description d'après les pieds qu'il avait observes dans le jardin royal de Montpellier, où on ne pat les conserver longtemps. Ce tut seulement au commencement du siècle actuel
ARACHIDE. il 3
qu'on se préoccupa de ses propriétés oléagineuses. En 1801 , Lucien Bonaparte, alors ambassadeur a la cour de Madrid, en adressa des graines à M. Méchin, préfet du département des Landes, en l'invitant à les faire semer sur les terres sablonneuses de cette contrée. Les premiers essais ayant réussi, M. Méchin fit imprimer une instruction détaillée sur la culture de celte plante et l'adressa à tous les agriculteurs qui se proposaient de répéter ces expériences. Cette publication eut d'autres résultats : elle fut cause que la culture de L'arachide fut aussi expérimentée en grand dans les départements de^ Basses-Pyrénées, des Pyrénées- Orientales, du Gard, des Bouehes-du-Rhône, de Vaucluse, de l'Isère, de l'Aude et de la Drôme. Dans toutes ces contrées, on resta convaincu que l'aracbide était une excellente oléifère et qu'on parviendrait très-certainement à la naturaliser. Les événements politiques qui survinrent de 1808 à 1815, ne permirent pas de donner suite à ces essais, et la culture de l'arachide fut abandonnée. Ces expériences furent reprises de 1820 à 1822, époque où les oliviers furent en partie détruits par les gelées; mais mal connues, mal dirigées, elles n'eurent aucun résultat. Les agriculteurs qui les avaient entreprises les abandonnèrent en disant : 1° que l'épluchage de la graine était nécessaire dans l'extraction de l'huile et que cette opération était difficile; 2° que le commerce refusait d'acheter l'huile d'arachide.
M. Chaise, qui avait été témoin des produits considérables que l'arachide donne au Sénégal, expérimenta de nouveau cette plante en 1839 et 1840 aux environs de Dax, sur une étendue de 5 hectares. Les résultats que lui donnèrent ces essais dépassèrent toutes ses espérances. On pensa alors que cette culture se propagerait. Il n'en fut rien. Pourquoi? Ce problème est encore à résoudre,
\ l'époque où II. Chaise regardai! L'arachide comme naturalisée dans les landes de la Gascogne, il arrivait du Sénégal à Marseille 72-2 kilog. de gousses. Ces graines furent aussitôt traitées dans les huileries. Leur rendement en huile fut si favorable que le commerce de cette ville en demanda aussitôt à la Sénégambie. Cette importation s'est accrue d'année en année: en 185-4. les arachides envoyées du Sénégal avaient atteint le chiffre énorme de 4,820,063 kilog. représentant 796,448 francs La quantité importée de l'Egypte, d'Espagne, etc.. en 1856, a dépasse 30 millions de kilogrammes.
Ces faits sont suffisants pour qu'on continue les expériences de M. Chaise, essais si remarquables dans leurs résultats.
Climat. — L'arachide ne peut être cultivée que dans les parties méridionales de l'Europe. Elle réussit très-bien en Espagne, dans le royaume de Valejice, et en Italie. On la cultive aussi en Algérie.
En France, elle ne mûrit parfaitement ses graines que dans les départements situés tout à fait au sud et au sudouest. C'est que les froids tardifs du printemps ainsi que ceux d'automne lui sont très-nuisibles.
On doit la cultiver de préférence dans ces localités, dans les vallées ouvertes, sur les coteaux abrités des gelées tardives de printemps et hâtives de l'automne. Les situations sèches, aérées et chaudes, sont celles qui lui conviennent le mieux.
Végétation. — L'arachide fig. 14 présente, pendant sa végétation, une remarquable anomalie. Sa tige s'élève à 0m,25 ou 0m,35 de hauteur, et elle donne naissance cà des ramifications qui ont ordinairement de 0m,25 à 0'\35 de longueur. La base de sa tige est arrondie ; sa partie supe-
ARACHIDK.
neure est presque quadra ngulaire. Les rameaux présentent à chaque pétiole une paire de stipules lancéolées. Les feuilles sont alternes et composées de deu\ paires de folioles obovales ; ces feuilles sont un peu duvetecses en dessous et lisses à leur page supérieure. Les fleurs naissent a l'aisselle des stipules, et sont portées sur de petits pédoncules ; elles sont jaunes et ordinairement géminées. Après la fécondation, le stipe des fleurs femelles s'allonge peu à peu, et s'élève au-dessus du tube ealicinal, lequel persiste sous forme de pédoncule. Alors, l'ovaire se courbe vers la terre, s'effile, s'épointe, s'allonge rapidement, et au bout de cinq à six jours il s'y enfonce de quelques millimètres et commence à grossir. A mesure que le fruit se développe, il pénètre davantage dans la couche arable. C'est a 0a\0o ou 0m,10 au-dessous de la surface du sol qu'il parvient à tout son développement. Lorsqu'il est arrivé à maturité parfaite, il forme une gousse oblongue, presque cylindrique, réticulée, longue de 0m,(V2à 0m.03, et
Fig. 14. — Arachide.
I Mi PLANTES INDUSTRIELLES.
toujours remplie de deux graines ayant la grosseur d'une petite amande de noisette. Ces graines sont couleur de chair; elles renferment une substance blanche, farineuse et oléagineuse. Cette amande, crue ou cuite, a un goût qui rappelle celui de la noisette.
Terrain. — A. Nature. — L'arachide ne peut être cultivée que sur des terres légères, sablonneuses ou silicoargileuses; les sols argileux, compacts, ne lui conviennent pas, parce quelle y enterre très-difficilement ses fruits.
Une expérience faite par M. Chaise en 1841 dans les environs de Mont-de-Marsan, a démontré une fois encore que l'arachide ne végétait facilement que sur les terres légères, fraîches et profondes. Ainsi, il a constaté qu'elle avait produil :
Sur les sols si'iceu\. . . . 72 pour 1. Sur les terres compactes . . 29 —
Cette plante réussit très-bien sur les sols d'alluvion et sur les terrains sablonneux, susceptibles d'être arrosés pendant les grandes chaleurs.
B. Fertilité. — L'arachide est épuisante. C'est pour ce motif qu'on la cultive sur des terres riches ou bien fumées. La rapidité avec laquelle cette oléifère accomplit ses phases d'existence, exige qu'on emploie de préférence des fumiers à demi décomposés ou des engrais d'une prompte solubilité.
C. Préparai iois. — Le fruit de l'arachide ne pouvant se développer qu'à l'intérieur de la couche arable, il est nécessaire de bien préparer les terrains qu'on lui consacre. Selon sa nature et son état, on exécute cette préparation au moyen de plusieurs labours et hersages.
Semis. — A. Epoque. — Les semis se font en France et