CHAPITRE PREMIER
PLANTES BISANNUELLES.
SECTION I
Colza d'Hiver.
(De bressic, nom celtique <!u chou).
Brassica oleifera, D. C. Brassica arvensis, T.
Brassica oleracea, Lam. Brassica campestris, L.
Plante dicotylcdone de la famille des Crucifères.
Anglais. — Râpe, cole-seed. Hollandais. — Koolzaad.
Allemand. — Raps. Polonais. — Rzcpak.
Historique. — Climat. — Végétation. — Composition. — Variétés. — Sol : nature, préparation, fertilité. — Quantité d'engrais à appliquer. — Semis: époque; semis en place : préparation du sol, exécution des semis à la volée et en lignes; semis en pépinière : préparation du sol, exécution des semis en plein et en rayons ; quantité de graines, trempage et germination des graine»; espacement des lignes. — Etendue de la pépinière.— Propagation par boutures. — Transplantation : époque, préparation du sol, arrachage et qualités des plants, exécution de la plantation : au plantoir simple, au plantoir double, à la béquille, à la bêche et à la charrue. — Espacement des lignes et des plants. — Opérations qui suivent la mise en place : palotage, purinage. — Soins d'entretein : écîaircissage, binage à bras et à lahoue à cheval et buttage. - Ecimage.— Insectes et oiseaux nuisibles. — Maladie. — Maturité. — Récolle : coupe des tiges, javelage et battage sur place et à la grange. — Nécessité de rentrer les graines avec des siliques. - Nettoyage et conservation des graines. —Rapport de la paille et des siliques à la semence. — Poids de l'hectolitre. — Rendement en graines, en paille. — Usage des graines, des siliques et de la paille. — Quantité d'huile et de tourteau par 100 kil. de graines. — Valeur de la graine et du tourteau. — Prix de revient. — Bibliographie.
Historique. — Le colza est cultivé depuis longtemps en Allemagne et en Flandre. Il y a un siècle, il n'était pas
connu dans les autres parties de la Franc1 comme plante oléagineuse. L'ouvrage de Duhamel, publié en 1762, ne le mentionne pas. En 17 74, Rozier a publié un mémoire sur la meilleure manière de le cultiver et d'extraire l'huile que contient sa graine. Cet ouvrage a beaucoup contribue à sa propagation.
D'après Dupuy-Dem porte, on ne cultivait, en Flandre, en 1 762, que le colzade mars, auquel on donnait le nom de colza chaud. C'était seulement aux environs de Lille qu'on rencontrait le colza d'hiver, que l'on nommait alors colza froid. En 184 8, la culture de cette plante était déjà répandue en Angleterre, en Lombardie, dans les États de Venise et dans plusieurs provinces de la région septentrionale de la France. Cette crucifère couvre annuellement, de nos jours, des surfaces étendues dans les départements du Nord, de FEsL du Centre et de l'Ouest. Depuis quelques années, on la cultive dans plusieurs contrées de la région du Sud-Ouest et du Sud-Est. Les départements qui possèdent les plus grandes cultures de colza sont : le Nord, le Pas-de-Calais, le Calvados, la Somme, la Seine-Inférieure et Seine-et-Oise. En 1840, le colza occupait en France 173,506 hectares, et il produisait 2,279,362 hectolitres ayant une valeur de 51,126,700 fr. Cette production, quoique très-élcvéc, ne suffit pas aux besoins du commerce. En 1855, on a importé de l'Allemagne et d'Angleterre, 23,331 hectolitres de graines.
Le mot colza vient de kool-zaai, nom flamand qui signifie graine de chou.
Climat. — Le colza demande un climat tempéré. Il redoute les longues sécheresses et les chaleurs brûlantes lorsqu'il arrive à maturité. C'est pour ces causes qu'il occupe annuellement une faible surface dans le Midi.
http://archive.org/details/lesplantesindust01heuz