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et haute de lra à lm,20. Les feuilles radicales sont ovales, oblongues, charnues et pétiolées; leur longueur varie entre 0m,30 et 0m,40. Les feuilles defJa tige sont amplexicaules, lancéolées, sagittées et alternes. Les unes et les autres sont d'un beau vert glauque. Les fleurs ont quatre pétales de couleur jaune et sont disposées en corymbe. Le fruit est une silicnle pendante, ovale, à deux valves carénées et ailées qui contiennent chacune une graine.
Variété*. — On connaît deux variétés de pastel :
A. Le pastel cultivé qui a des feuilles entièrement lisses et des fruits d'un noir violet.
B. Le pastel sauvage, qui a des feuilles velues, plus étroites, moins charnues et moins glauques, et des fruits jaunâtres.
Le pastel sauvage est moins riche en matière colorante. On le désigne dans le Lauraguais sous les noms de pastel bâtard, bourg ou bourdain.
Le pastel cultivé s'abâtardit, se rapproche par degrés du pastel sauvage, si on néglige de bien choisir les portegraines et si on le cultive dans des lieux ombragés ei frais.
Terrain. — A. Nature. — Cette plante tinctoriale doit être cultivée sur des terres profondes, riches, propres et de consistance moyenne. Elle réussit mal sur les sols très-argileux, les terres compactes et humides.
Les terres calcaires, les sols siliceux et argilo-siliceux, chaulés ou marnés et exposés au soleil ont une très-grande influence sur sa réussite et sa richesse colorante.
B. Fertilité. — Le pastel végète très-bien sur des sols de fertilité moyenne, mais ses produits n'y sont jamais aussi abondants que .lorsqu'il croît sur des terres substantielles ou bien fumées.
Il réussit parfaitement sur un défrichement de prairie
naturelle ou artificielle, ainsi que le prouve Fadage des cultivateurs de la Thuringe, ainsi conçu : terre de prairie, terre de pastel (1).
Enfin, on a toujours constaté que la matière colorante qu'on oh tient de feuilles du pastel qui a végété sur des sols riches, a plus d'éclat, plus de brillant que celle que fournissent les feuilles obtenues de pieds ayant poussé sur des sols de médiocre fertilité.
A Alby on répand par hectare 1,500 kilog. seulement de fumier, soit 800 à 1,000 kilog. d'engrais par 1,000 kilog. de feuilles récoltées vertes. Cette faible quantité permet aux feuilles d'être riches en matière colorante, et elle prouve que c'est à tort qu'on a considéré le pastel comme une plante épuisante.
On peut remplacer le fumier par des engrais animaux : poudrette, chair de cheval desséchée, colombine, etc. On doit préférer le fumier décomposé au fumier pailleux.
La chaux, les plâtras sont employés avantageusement à Alby et à Quiers (Italie).
C. Préparation. — La terre qu'on consacre à la culture du pastel doit avoir été bien préparée pendant l'hiver par des labours exécutés soit à la charrue, soit à la bêche et suivis par des hersages, afin qu'elle soit meuble et exempte de plantes à racines traçantes à l'époque des semailles.
Les terrains à sous-sols imperméables doivent être labourés en petits billons si on les ensemence à la fin de Tété.
Semailles. — A. Époque. — Le pastel se sème soit au printemps, soit en automne.
On accorde dans le midi de la France, en Italie et même
(1) Weizenland auch waidland.
en Allemagne, la préférence aux semailles exécutées en automne, parce que les plantes qui proviennent de tels semis fournissent l'année suivante une plus grande abondance de feuilles.
Les semis d'automne se font du 15 septembre au 15 novembre.
Les semis de printemps se pratiquent depuis le 15 février jusqu'à la fin de mars.
On sème quelquefois le pastel en juillet: mais les plantes qui proviennent de ces semis montent plus tôt et plus promptement à graines.
Dans quelques parties de l'Allemagne, on sème parfois le pastel quand la terre est couverte de neige. Alors on enterre les graines lorsque celle-ci a disparu.
B. Préparation des semences. — On a proposé de faire gonfler les graines qu'on confie à la terre pendant le mois de juillet: mais l'expérience n'a pas démontré l'utilité de cette opération.
C. Qualité des graines. — Les graines de bonne qualité sont renflées et elles ont nue couleur violet noir. Celles qui n'ont pas bien mûri ont une teinte gris violet ou gris jaunâtre.
Les bonnes graines conservent leur faculté germinative pendant deux ou trois ans: mais on doit préférer celles de la dernière récolte.
D. Quantité de graines qu'on répand par hectare. — On semé par hectare 150 litres de graines de pastel lorsqu'on répand les semences à la volée.
100 à 120 litres suffisent lorsqu'on sème les graines en lignes.
E. Exécution des semailles. — On exécute ordinairement les semis a la volée. Quand on les pratique en ligne on
espace les rayons de 0m,25 à 0m,35, suivant la fertilité de la terre.
La graine de pastel étant très-légère doit être semée par un temps calme, afin qu'elle soit répandue le plus uniformément possible.
Cette semence est difficile à semer au moyen d'un semoir parce qu'elle est aplatie et peu pesante.
F. Recouvrement des semences. — On enterre la graine soit à la herse, soit au râteau. C'est commettre une faute que d'abandonner les semences sans les enterrer, parce que les plantes n'ont jamais la force, la vigueur que présentent les pieds qui proviennent de graines enfouies à O^Ol ou 0m,02.
On doit rouler après le hersage ou le ràtelage, si les semis sont exécutés au printemps sur les sols sujets à souffrir des sécheresses.
G. Germination des graines. — La graine de pastel lève ordinairement au bout de quinze à vingt jours si elle est de bonne qualité et si elle a été confiée à la terre avant ou après les gelées.
Culture pour transplantation. — On peut semer le pastel en pépinière au mois d'août ou sur couche en janvier, pour le repiquer en octobre ou en mars, au moyen du plantoir.
Le premier mode de culture a été pratiqué avec succès à Turin, en 1810, par M. Yalfré; le second a été recommandé en Allemagne.
Soins d'entretien. — A. Premier BINAGE. —On donne un premier binage un mois environ après la semaille, c'est-à-dire lorsque les plantes ont quatre à cinq feuilles et 0m,05 à 0m,06 de hauteur.
B. Enlèvement du pastel bâtard. — Lorsque le pastel
a Om,l° à 0m,l5 d'élévation, on arrache les pieds de pastel bâtard. Ces pieds se distinguent du pastel cultivé par leurs feuilles velues et leur couleur moins glauque.
G. Eclaircissage. — On profite souvent du premier binage pour procéder à l'éclaircissage des pieds qui se trouvent trop rapprochés les uns des autres.
On doit agir de manière que les pieds soient placés à une dislance de 0m,20 à 0m,25.
D. Garnissage des places vides. — Les champs présentent quelquefois des places vides. On garnit ces endroits en y transplantant les pieds qu'on a arrachés pendant l'éelaircissage. Cette opération se fait à l'aide d'un plantoir.
E. Deuxième rinage. — On donne au pastel un second binage avant la première récolte de feuilles.
Si les circonstances l'exigent, on répète cette opération après la seconde et quelquefois aussi la troisième récolte.
F. Arrosements. — On a proposé d'arroser le pastel pendant les grandes chaleurs; il faut que la température soit très-élevée et le sol entièrement privé d'humidité pour que les arrosements ne nuisent pas à la matière colorante.
Animaux et insectes nuisibles. — Le pastel a pour ennemis l'altise, le ver blanc, le limaçon, la chenille du papillon du chou et les sauterelles. Les uns et les autres s'attaquent à ses feuilles et les détruisent. On doit donc, quand ces insectes sont nombreux, chercher à les détruire par tous les moyens possibles.
maladie du pastel. — Les feuilles de cette plante se couvrent quelquefois de taches ou de pustules jaunes. Cette altération ne permet pas aux feuilles de contenir autant de matière colorante. On attribue cette rouille à des changements subits qui se manifestent dans l'atmosphère lorsque le pastel est en végétation.
On met un terme au développement de ces taches en procédant à la récolte des feuilles lors même qu'elles ne sont pas arrivées à leur complète maturité.
Récolte. — À. Signes de maturité des feuilles. — La matière colorante existe dans les feuilles cà toutes les périodes de leur végétation. Toutefois, elle est :
Bleu tendre, dans les jeunes feuilles;
Bleu foncé, dans les feuilles développées;
Bleu noirâtre, clans les feuilles complètement mûres.
L'instruction officielle publiée en 1812, rapporte que des expériences faites à Alby, ont prouvé que les coques provenant de feuilles récoltées avant qu'elles jaunissent ou s'inclinent vers la terre, au moment où elles offrent sur leurs bords une nuance d'un violet clair, produisent une couleur bleue plus belle et plus intense que les coques qu'on obtient de feuilles cueillies plus tôt ou plus tard.
Les feuilles arrivées à maturité sont épaisses, grasses, luisantes et glauques.
La matière colorante que contiennent les jeunes feuilles se précipite difficilement. Ainsi, elle reste très-longtemps en suspension dans l'eau après le battage. 11 est vrai que les jeunes feuilles cou tiennent plus de matière colorante que les feuilles parvenues à maturité, mais l'indigo qu'elles fournissent est de qualité très-inférieure.
Giobert a constaté à l'aide d'expériences, que la proportion de fécule ou d'indigo que contiennent les feuilles augmente depuis le onzième jusqu'au seizième jour de leur végétation, qu'elle reste alors stationnai re pendant quatre à cinq jours et qu'elle faiblit ensuite. Il faut conclure de ces faits que l'époque la plus convenable pour opérer la récolte est entre le seizième et le vingt-et unième jour de leur développement.
B. Nombre de cueillettes. — Le nombre des cueillettes varie suivant les latitudes. On fait ordinairement dans les environs d'Alby, cinq récoltes.
La première a lieu pendant la deuxième quinzaine de juin, c'est-à-dire à l'époque de la maturité du froment.
La dernière s'exécute vers le milieu du mois d'octobre.
Ainsi, les récoltes ne se répètent que de mois en mois.
En Italie, on les renouvelle tous les vingt ou vingt-cinq jours.
En Allemagne, on en fait trois et en Normandie deux seulement.
On peut encore en automne, récolter les feuilles qui ont été frappées par la gelée blanche, si elles sont arrivées à maturité. La fécule qu'elles contiennent est de belle qualité.
Autrefois il était interdit dans l'Albigeois de faire une sixième récolte de feuilles. Cette récolte et la cinquième sont désignées sous le nom de marouchins. Elles se font ordinairement à un intervalle de cinq à six semaines parce qu'en automne, les feuilles du pastel se développent toujours moins rapidement.
C. Mode de récolte. — La cueille des feuilles se fait en cassant le pétiole avec le pouce et l'index ou en tordant avec la main tout ce qu'elle peut contenir.
Il faut éviter d'arracher les feuilles dans la crainte de déraciner les pieds.
On a proposé de substituer à l'emploi de la main celui d'une paire de ciseaux ou de la faucille. Ce moyen est plus expéditif et plus économique et il ne nuit pas au développement des plantes. Aussi est-ce bien à tort que l'ordonnance de 1699 défendit l'emploi des outils dans la cueille des feuilles.
Les feuilles une fois récoltées sont déposées dans des paniers qui servent à les transporter du champ à la ferme. On doit éviter d'ensacher les feuilles, car elles s'y échauffent et fermentent promptement.
Quand elles arrivent à laferme, on les dépose dans l'atelier. On ne doit pas les laisser soit au soleil, soit à la pluie, si on veut qu'elles conservent leurs propriétés tinctoriales.
La récolte des feuilles doit être faite par un beau temps.
Quantité de feuilles récoltées par Hectare. — Un hectare de pastel effeuillé cinq fois, donne à Alby de 15,000 à 20,000 kilog. de feuilles fraîches.
Chaptal porte le produit moyen à 22,000 kilog. Ce ehiffre est trop élevé. La statistique générale l'évalue à 15,000 kilogrammes.
Transformation des feuilles en coques — A. Opération préliminaire. — Avant de triturer les feuilles, on les laisse un peu se flétrir. Ainsi, on les abandonne à ellesmêmes afin qu'elles perdent une partie de leur humidité et qu'elles ne fournissent pas une trop grande quantité de jus pendant le tri tu rage. On a soin de les remuer de temps à autre pour qu'elles ne puissent s'échauffer.
Cette méthode, en usage à Alby, n'est pas celle qu'on suit en Angleterre. Dans cette contrée, les feuilles sont triturées aussitôt qu'elles ont été récoltées. Ce procédé ne doit pas être imité.
A Alby, on secoue toujours les feuilles couvertes de terre; en Allemagne, on les lave dans un ruisseau et on les fait sécher sur une prairie. Cette méthode présente de grandes difficultés lorsqu'on agit sur de grandes masses et lorsqu'il survient des pluies pendant qu'on l'exécute.
B. Disposition de l'atelier. — Le local dans lequel on prépare le pastel est un hangar entouré d'une muraille sur
trois côtés. Le quatrième est ouvert et exposé au midi. Le sol est carrelé en briques ou en dalles de pierre et légèrement incliné du nord au midi; il aboutit à une rigole parallèle au mur du fond.
Le moulin se compose d'une auge circulaire, crénelée, à bords évasés, dans laquelle roule une meule verticale avant des rainures sur sa circonférence, afin qu'elle ne glisse pas sur les feuilles. Cette meule est traversée ta son centre par un arbre auquel on attelle le cheval qui lui donne le mouvement de rotation.
C. Broyage des feuilles.— Lorsqu'on veut réduire les feuilles en pâte, on en jette une certaine quantité dans l'auge et on les broie jusqu'à ce qu'on ne distingue plus leurs nervures.
Le mouvement de la meule ne doit pas être très-rapide, pour ne point échauffer la pâte et aussi pour qu'on puisse la remuer facilement avec une pelle et rendre ainsi la trituration des feuilles plus rapide et plus parfaite.
D. Compression de la pâte. — Au furet à mesure qu'on retire la pâte de l'auge, on la comprime avec les pieds ou les mains, et on la dispose en tas longitudinaux qu'on bat ensuite avec une pelle.
Lestas doivent être convexes à leur partie supérieure et leur surface bien unie.
L'eau de végétation qui s'écoulede la masse n'entraîne pas de parties colorantes, car celles-ci restent fixées dans la pâte.
E. Fermentation de la pâte.— La pâte ainsi disposée est abandonnée à elle-même sous le hangar, afin qu'elle fermente et se mûrisse. Au bout de quatre à six jours on divise la masse, on la mélange et on la remet en tas pour qu'elle fermente de nouveau. On répète cette opération chaque semaine.
La pâte en fermentation se gonfle et se dessèche ; sa surface devient noirâtre et se couvre de crevasses plus ou moins profondes qu'on doit s'empresser de bouclier en battant la pâte avec une pelle. Si on négligeait cette opération, la masse s'éventerait, se couvrirait de filaments blanchâtres, et il s'engendrerait dans les crevasses une foule de petits vers.
Il est utile pendant cette opération, qui dure de un à deux mois pour chaque cueillette, d'enlever avec soin les parties rnoisies et celles attaquées parles vers.
La pâte saisie par la gelée perd une notable partie de ses propriétés colorantes.
F. Formation des coques. — Lorsque la pâte a suffisamment fermenté, on procède à son moulage. Alors, on la soumet à un deuxième broyage, afin qu'elle soit plus homogène et on l'expose ensuite sur des claies à l'action du soleil et non de la pluie, et lorsqu'elle est à demi desséchée on la moule en coques ou cocagnes. Ces pains ont la forme d'une poire allongée ou d'un cône tronqué.
Le moulage se fait au moyen de deux moules en bois qu'on presse fortement l'un contre l'autre.
G. Séchage des coques. — Au fur et à mesure du moulage, on range les coques sur des claies qu'on place sous des hangars ou dans un grenier parfaitement aérés et éclairés.
Cette dessiccation dure environ un mois.
H. Conditions de réussite. — Toutes les opérations qui précèdent doivent être faites par un beau temps. Lorsqu'on les opère par un temps humide, la pâte prend une teinte jaune, ce qui rend le pastel roux.
Dessiccation des feuilles. — Depuis plusieurs années, on a substitué, dans quelques fermesdu Tarn, la dessic-
cation des feuilles à leur transformation en coques. Ce procédé est pratiqué depuis longtemps en Allemagne.
Voici comment on l'exécute :
Lorsque les feuilles ont été récoltées, on les étend pendant deux ou trois jours sur des toiles au soleil ou dans un local bien aéré. On les retourne deux ou trois fois par jour.
Quand la dessiccation est complète, on les emballe et on les conserve dans des locaux secs et aérés.
Le commerce accorde aujourd'hui la préférence aux feuilles qui ont été ainsi préparées.
Récolte des graines. — Le pastel étant sujet à dégénérer, exige qu'on choisisse sévèrement les porte-graines. Les plantes les plus vigoureuses, celles qui n'ont aucun des caractères qui distinguent le pastel bâtard, sont celles qu'il faut réserver. Toutefois, c'est à tort qu'on attacherait une importance très-grande à la coloration des silicules. L'expérience a prouvé que lorsque le pastel cultivé commence à passer au pastel sauvage, il produit encore des graines qui ont une teinte aussi violette que celle des graines du pastel cultivé réputé de premier choix.
Les graines mûrissent en juin.
On coupe les tiges à la rosée afin de perdre le moins possible de semences par l'égrenage, quand les silicules ont une belle couleur violet noirâtre.
On les rentre ensuite dans une grange et on les étend sur l'aire ou on les expose sur une bâche à l'action du soleil. Quand elles sont sèches, on les bat avec des fléaux ou des perches légères, on sépare les tiges des graines avec un râteau et on nettoie ensuite celles-ci avec un van ou un tarare.
Quantité de graines que fournit un Itectare. — Un hectare de pastel peut produire de 300 à 600 kilog. de graines.
vu. 12
Poids île l'hectolitre. — « Un hectolitre de graines de pastel pèse 10 à 12 kilog.
Poids des coques. — Le poids des coques est assez variable; celles de la grosseurd'un œuf pèsent 60 grammes environ. Les moyennes pèsent ordinairement 500 grammes. Le poids des plus grosses ne dépasse pas 1 kilog. 500.
Rapport des feuilles fraîches aux coques — Un kilog. de feuilles fraîches produit une petite coque. Ainsi, les feuilles vertes : petites coques :: 100 : 6. Quantité de coques que fournit \m hectare. — La quantité de feuilles vertes qu'on récolte par hectare dans Farrondissement d'Alby permet de fabriquer en moyenne 20,000 coques, pesant ensemble 1,200 kilog.
Rapport des feuilles vertes aux feuilles sèches — 20,000 kilog. de feuilles fraîches donnent en moyenne 5,000 kilog. de feuilles desséchées. Ainsi, les feuilles vertes : feuilles sèches :: 100 : 25. Qualité des coques. — Les coques de première qualité ont une cassure grossière, exhalent une odeur assez agréable, ont une teinte violette intérieurement et elles bleuissent lorsqu'on les frotte.
Le pastel en coques augmente de qualité en vieillissant. On peut le conserver dix années si le local dans lequel on Ta déposé est sec et aéré.
Sophistication du pastel. — Les pasteliers d'Alby fraudent souvent le pastel, en ajoutant à la pâte du sable fin, afin de le rendre plus pesant.
C'est ce moyen de fraude (fui a conduit le commerce à accorder la préférence aux feuilles desséchées.
Quantité d'indigo contenu dans les feuilles. — Les feuilles vertes contiennent, d'après les expériences faites en 1810, de 18 à 20 millièmes d'indigo.
PASTEL. i79
Un hectare qui produit 20,000 kilog.de feuilles fraîches ou 1,200 kilog. de coques, fournit donc 36 à M kilog. d'indigo.
Valeur commerciale. — A. Coques. — Les coques se vendent 2 fr. 50 le 100.
B. Feuilles sèches. — Le prix des feuilles séchées varie entre 18 et 20 fr. les 100 kilog.
Emballage des coques. — Les coques de pastel sont livrées au commerce dans des balles de 50 kilog.
Usage du pastel. — On emploie les coques pour monter les cuves d'indigo; elles ont l'avantage de rendre la teinture bleue solide. On les emploie rarement seules, parce que la couleur qu'elles donnent n'est pas assez brillante.
Raffinage du pastel. — Le cultivateur ne se livre pas au raffinage du pastel. Cette opération constitue une industrie spéciale.
Prix de revient. — M. de Gasparin évalue le prix de revient des feuilles sèches à 9 fr. 79 les 100 kil. et celui du kilog. d'indigo à 19 fr. 91 .
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SECTION II
Rlaiirelle on Tournesol.
(De yûwris. teinture; ospsiv, porter; allusion à la matière tinctoriale).
Crozophora tinctoria, Neck.— Croton tinctorium, L.
Plante dicotylédone de la famille des FAiphorbiacées .
Anglais, — Tornsol. Danois. — Tornesol.
Allemand. — Torn sol. Italien. — Tornasole
Hollandais. — Tournesol. Espagnol. — Tormasol.
Historique. — Végétation. — Terrain : nature, fertilité et préparation. — Semis : époque, mode d'exécution, quantité de graines. — Soins d'entretien : sarclage et binages. — Récolte : époque et opération. — Extraction du suc. — Quantité de suc qu'elle fournit. — Chiffons ou drapeaux. — Trempage des drapeaux. — Séchage des chiffons. — Exposition des drapeaux à l'action de l'ammoniaque. — Deuxième imbibition. — Quantité de drapeaux qu'on prépare avec les produits d'un hectare. — État des drapeaux préparés. — Récolte des graines. — Valeur commerciale. — Emballage. — Usages des drapeaux. — Prix de revient. — Bibliographie.
Historique. — Cette plante est connue sous le nom de croton des teinturiers. Elle croit spontanément dans la partie de la région des oliviers comprise entre les bords de la Méditerranée et le 44° de latitude. Ainsi on la rencontre dans la partie du Bas-Languedoc appelée la tannage, dans la Provence, le Roussillon et le Dauphiné.
Autrefois les habitants du Grand Gallargues (Gard) quittaient leur commune pendant les mois de juillet, août et septembre et parcouraient les départements des Bouches-du- Rhône, du Var, du Gard, de l'Hérault, des Pvrénées-Orien-
MAURELLE. 181
taies et du Vaucluse pour récolter la maurelle et la préparer sur les lieux mêmes où elle végétait en abondance.
Cette récolte ne pouvait être faite, suivant un ancien règlement, que lorsque les Gallardois avaient obtenu l'autorisation de maires et des consuls du lieu où ils se trouvaient, et pas avant le 25 juillet.
Cette manière d'utiliser la maurelle, Ta rendue aujourd'hui très-rare dans la Provence et le Gevaudan. Ce fait n'a rien d'extraordinaire. En récoltant ainsi cette plante tinctoriale, les voyageurs gallardois l'empêchaient de se propager puisqu'ils la coupaient avant qu'elle eût pu mûrir ses graines.
Cette diminution a rendu la culture de cette plante indispensable. Les premiers essais faits remontent à vingtcinq ans environ; ils ont été entrepris par M. Yvan, à Perthuis (Vaucluse). Aujourd'hui, l'exploitation nomade est entièrement abandonnée et la culture de la maurelle occupe chaque année une étendue assez considérable sur le territoire de Gallargues.
Végétation. — La maurelle est annuelle ; sa tige , haute de 0,n,30 ta 0m,40, est cylindrique, rameuse, cotonneuse et blanchâtre; ses feuilles sont alternes, ovales et longuement pétiolées. Les fleurs mâles sont disposées en grappes courtes et sessiles au sommet des rameaux; les fleurs femelles sont situées à la base des grappes et produisent des capsules à trois coques, globuleuses, écailleuses, tuberculeuses, pendantes et d'un vert foncé. Les unes et les autres sont jaunâtres. Les capsules sont très-déhiscentes.
Terrain. — A. Nature. — La maurelle doit être cultivée sur des sols secs et caillouteux, semblables à ceux sur lesquels elle croît spontanément. Elle végète bien sur les sols calcaires des terrains tertiaires, mais elle réussit diffi-
cilement sur les terrains primitifs : granitiques, porphyriques, schisteux, etc., et sur les sols calcaires jurassiques. A Gallargues, on la cultive sur la mollasse, le terrain néocomien et les sables et les marnes du terrain sub-apennin.
Les sols argileux^ les terrains (Talluvion humides ne sont pas favorables à la maurelle. Sur de tels terrains le suc qu'elle contient reste vert d'oignon.
B. Fertilité. — On a dit que cette plante tinctoriale exigeait des terres très-fertiles. J'ai constaté le contraire à Grand-Gallargues. Ainsi, j'ai vu que les terrains qu'on lui consacre annuellement, sans être aussi arides que ceux sur lesquels elle croît naturellement dans la région méditerranéenne, sont de qualité très-ordinaire.
On fume ces terrains avec des fumiers dans lesquels il entre des tiges et des feuilles de typha et de sparganium.
C. Préparation. — Les terres du Grand-Gallargues, sont ordinairement labourées à la bêche à 0m,16 ou 0m,21 de profondeur parce qu'elles sont généralement morcelées. Cette préparation se fait pendant les mois de décembre et de janvier.
Lorsqu'on prépare les champs avec la charrue on complète ce travail par un second labour et un hersage.
Semis* — A. Époque. — Les semis se font ordinairement au mois de février. C'est par exception qu'on les exécute avant l'hiver.
B. Mode d'exécution. — Les Gallardois sèment la maurelle soit à la volée, soit en lignes espacées de 0n,,30 à 0m,40.
On enterre les semences au moyen d'un râtelage.
C. Quantité de graines. — On répand de 4 à 6 kilog. de graines par hectare.
1 kilog. contient environ 1,300,000 graines. Germination. — Les cotylédons n'apparaissent ordi-
MAURELLE. 183
nairement que trois mois environ après le semis, c'est-àdire au commencement de juin.
Soins tl' entretien. — A. Sarclage. — L'apparition très-tardive des cotylédons oblige à sarcler le [dus tôt possible. Cette opération est ordinairement confiée à des femmes ou des enfants.
B. Binages. — Lorsque les plantes ont été débarrassées sur les lignes des herbes nuisibles qui les enveloppaient, on exécute un binage.
On répète cette opération vers la fin de juin ou dans le. commencement de juillet, si elle est nécessaire.
Récolte. — A. Epoque. — La récolte se fait depuis la fin de juillet jusque dans les premiers jours de septembre.
B. Mode d'opération. — Cette opération consiste à faucher les plantes lorsqu'elles sont développées et encore vertes, et que les feuilles inférieures commencent à se détacher. Rentrées sèches, elles ne fournissent, suivant l'expression des maurelliers de Gallargues, qu'un suc vert brûlé.
Extraction du site. — Lorsqu'on a récolté une certaine quantité de tiges, on les écrase cà l'aide d'une meule verticale de 0,n,33 d'épaisseur et de lm,C5 de diamètre. Cette meule roule dans une auge circulaire ; elle pèse de 2,500 à 3,000 kilog.
Quand les filantes sont réduites en pâte, on en remplit un cabas, sorte de panier de jonc tressé ayant une forme circulaire, et on le presse fortement. Le suc exprimé coule dans un vase en bois que les Gallardois appellent sémaou; sa couleur est vert foncé et avec le temps il devient trèsvisqueux.
Lorsque le suc cesse de couler, on retire le cabas de la presse, on imbibe le marc d'urine et on le presse de nou-
veau. Le liquide qu'on obtient par cette opération est mélangé au premier.
Un cabas contient environ 12 kilog. de pâte.
On emploie environ 32 kilog. d'urine pour 100 kilog. de tiges vertes. m
Quantité de suc fournie par la maurelle. — 100 kilog. de plantes fraîches, après avoir été pressées deux fois, donnent environ 50 kilog. de suc.
Chiffons on drapeaux. — On fait ensuite absorber le suc obtenu, par des chiffons ou drapeaux.
On donne ces noms à un morceau de toile de chanvre très-grossière, entièrement semblable à celle qu'on emploie pour emballer. Cette toile à tissu très-peu serré, à maille ayant 0m,004 à 0m,005 d'ouverture, ne doit pas avoir été blanchie par la lessive ou la rosée, probablement parce qu'elle serait alors moins absorbante et moins favorable à la vue puisque la teinture la rendrait moins colorée.
Ces chiffons ont 0m,90 de longueur sur 1 mètre de largeur.
Trempage des drapeaux. — Le trempage des drapeaux doit être exécuté le plus tôt possible; autrement le jus ne tarderait pas à passer. Voici comment on les charge de suc de maurelle.
Une femme met un drapeau dans un baquet appelé gamata et y verse environ 2 litres de suc. Alors, elle froisse la toile avec les mains jusqu'à ce qu'elle soit entièrement imbibée de liquide, et la retire pour la tremper dans le liquide qui contient de l'urine.
Les chiffons qui ont été ainsi préparés sont souples, moites et très-colorés.
Séchage de chiffons. — Lorsqu'un drapeau a été bien imprégné des deux sucs, on relève deux de ses angles et on l'étend sur des cordes exposées au soleil le plus ar-