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dent ou au vent, afin qu'il sèche le plus promptement possible. Quand il est entièrement sec, on le réunit à ceux qui ont été préparés et qu'on appelle blanqueries.
Exposition des drapeaux à l'action de l'ammoniaque. — Le lendemain du jour où les chiffons ont été imbibés de suc de maurelle, on les expose à l'action d'une couche de fumier de cheval, de mulet ou de mule. Cette couche de fumier doit être en pleine fermentation et a^oir été couverte soit d'une couche de paille fraîche, ' soit de plusieurs morceaux de bois; son épaisseur varie entre 0m,30 et 0m,50. Les Gallardois la nomment aluminadou. Quand la couche est prête, on met par dessus les chiffons entassés les uns sur les autres. Ces chiffons doivent être couverts d'un drap ou d'une couche de paille fraiche. Au bout d'une heure, on les \isite pour s'assurer de leur état. Si les toiles commencent à se colorer en bleu, on les retourne. Une heure après on les visite de nouveau et lorsqu'elles ont pris une teinte bleu foncé ou bleu violet, on les retire et on les expose une seconde fois à l'influence du soleil.
En général une heure et demie à deux heures suffisent, lorsque la meule est en pleine fermentation, pour que les drapeaux soient fortement colorés.
Les couches de fumier qui fermentent lentement et qui dégagent très-peu de gaz ammoniacaux, obligent le maurellier à laisser les chiffons trois, quatre et six heures exposés à leur action.
On doit éviter que les toiles ne séjournent trop longtemps sur les meules de fumier parce qu'elles perdraient la teinte bleue qu'elles y ont acquise. Ainsi un drapeau qui reste sur une meule au delà du temps nécessaire prend toujours une teinte jaunâtre.
Le plus ordinairement on n'expose qu'une seule fois les drapeaux à l'influence de l'aluminadou.
Lorsqu'on fabriquait chaque année 15,000 kilos:, seulement de drapeaux, on exposait les toiles à l'action de l'urine. Il y a bientôt un siècle qu'on a commencé à abandonner ce procédé. L'emploi de l'urine avait une supériorité sur les fumiers : les drapeaux qu'on soumettait à l'ammoniaque qu'elle dégage ne prenaient jamais d'autre teinte que le bleu.
L'ammoniaque de l'urine ou des fumiers ne fait que rendre apparente la couleur bleue qui réside dans le suc vert de la maurelle.
Deuxième i inhibition. — Lorsque les chiffons ont été préparés suivant les procédés qui précèdent, on les imbibe quelquefois de nouveau de suc de maurelle sans les exposer une seconde fois à l'action de l'aluminadou. Ce second trempage a pour effet de rendre la teinte des drapeaux plus foncée. Quand ceux-ci sont bleu foncé ou violet noirâtre, on les retire du baquet et on les expose une troisième fois au soleil et au vent.
Quantité de drapeaux qu'on prépare avec le produit de 1 hectare. — 100 kilog. de plantes vertes fournissent assez de suc pour préparer 25 kilog. de chiffons.
La quantité de production verte qu'on récolte par hectare permet d'en préparer environ 1/200 kilog
Etat des drapeaux préparés. — Le suc de la maurelle dit bleu du Languedoc, s'interpose entre les fibres du chanvre et il rend la toile si roide qu'on dirait qu'on l'a encollée.
Les drapeaux ont une odeur un peu désagréable et ils se décolorent tjès-aisément dans l'eau froide.
Chaque drapeau pèse de 800 à 900 grammes.
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Récolte des graines. — La récolte des graines n'est pas une opération facile, parce que les capsules qui les contiennent sont très-déhiscentes.
On parvient à en obtenir en faisant cueillir chaque jour les fruits qui sont arrivés à presque maturité. Cette cueillette se fait à la main. On la confie à des femmes ou des enfants.
On expose ensuite les capsules à l'action de l'air dans une chambre aérée ou sur une toile placée dans une grange ou sous un hangar. Alors, elles se sèchent et ne tardent pas à s'ouvrir pour laisser échapper les graines qu'elles renferment.
Chaque jour, il mûrit sur chaque plante conservée pour graines, une ou deux capsules seulement.
Valeur commerciale. — 1) y a un siècle, en 1754, les drapeaux de tournesol se vendaient en moyenne 60 et 64 fr. les 100 kilog. Sous l'Empire, à l'époque du blotus continental, leur valeur a varié entre 300 et 400 fr. Aujourd'hui, le commerce les paye en moyenne de 100 à 120 fr. On les a vendus en 1856, 140 fr.
La vente des drapeaux se fait ordinaipement pendant les mois de septembre, octobre et novembre.
Emballage des drapeaux. — Lorsque les drapeaux sont bien secs, on les emballe dans des toiles après les avoir serrés. Quelquefois on les garantit par un second emballage et de la paille.
Chaque balle pèse 200 kilog.
Usage des drapeaux. — Les chiffons préparés par les Gallardois sont expédiés en Hollande, par les ports de Cette et de Marseille.
Les Hollandais emploient la matière colorante dont ils ont été imprégnés pour donner une teinte rouge violàtre à
la croûte du fromage dit tête de Maur. Er outre, ils la mêlent à de la craie ou du plâtre en poudre et fabriquent ainsi à Amsterdam, le tournesol en pain qu'ils nous expédient chaque année.
En Angleterre et en Allemagne, elle sert à colorer les liqueurs, les gelées et les conserves.
Enfin, dans quelques parties de l'Europe, on l'emploie pour colorer les papiers et augmenter la couleur du vin.
Prix de revient des drapeaux. — D'après M. Hugues, la préparation de 100 kilog. de drapeaux occasionne les dépenses suivantes :
Toile 20 fr. 70
Fabrication 18 30
Total . . . 39 fr. 00
M. de Gasparin porte le prix de revient de 100 kilog. de plantes vertes à 7 fr. 80. Les 400 kilog. nécessaires à la préparation des 100 kilog. de chiffons coûtent donc 31 fr. 20. Cette somme élève la dépense totale à 70 fr. 20.
Il résulte de ces chiffres que le compte de 1 hectare doit être établi comme il suit :
Dépenses 842 fr. 40
Recettes l ,200 00
Bénéfices 357 00
Ce bénéfice est suffisant pour que les Gallardois continuent la culture et la préparation de la maurelle.
BIBLIOGRAPHIE
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De Gasparlft — Cours d'agriculture, 1848, in-8, t. IV, p. 29 5.
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