PERSICA1RE DES TEINTURIERS
quinzaine de juillet. On la fait tous les mois ou tous les six semaines, suivant le climat qu'on habite.
B. Mode d'opération. — 1° Cueillette des feuilles. — Les femmes qui récoltent les feuilles détachent celles-ci une à une des tiges en cassant ou en coupant les pétioles, et les déposent dans un panier ou dans le tablier qu'elles ont devant elles. On ne doit pas déchirer les feuilles.
Lorsque ces objets sont pleins on les vide dans des sacs ou de grands paniers.
Une femme peut récolter de 80 à 100 kilog. de feuilles vertes par jour.
2° Fauchage des tiges. — Philippar a proposé de faucher les tiges à O^OG ou 0",10 du sol, c'est-à-dire au-dessus des nœuds inférieurs, de les conduire à la ferme et de détacher ensuite leurs feuilles.
Ce procédé n'est pas plus économique que le premier. Ainsi, si la fauchaison permet de faire la récolte des tiges plus promptement, elle rend l'effeuillage plus difficile; en outre, elle a l'inconvénient d'affaiblir les plantes et d'amoindrir les récoltes suivantes.
Cette méthode, que l'on a adoptée en Chine, n'est réellement utile que quand la persicaire végète sur des sols très-fertiles et qu'on peut arroser par infiltration tous les dix ou douze jours.
C. Séchage des feuilles. — Les feuilles, après avoir été détachées des tiges, sont exposées sur des toiles à l'action du soleil pour qu'elles se sèchent. On peut aussi les étendre dans des granges ou des greniers.
D. Aspect des feuilles séchèes. — Les feuilles qui ont perdu leur humidité, ont une teinte presque bleue. Cette coloration particulière est due à l'oxygénation de l'indigotine incolore qu'elles contiennent.
Produit par Hectare. — La persicaire des teinturiers que Ton a effeuillée trois ou quatre fois depuis la tin de juin jusqu'à la fin de septembre, fournit ordinairement de 100 à 150 kilog. de feuilles fraîehes par are, soit de 10,000 à 15,000 kilog. par hectare.
M. Margueron a constaté que chaque pied fournit de 125 à 140 grammes de feuilles.
Extraction de l'indigo. — On s'est beaucoup occupé, depuis 1835, des moyens d'extraire l'indigo de la persicaire.
MM. Baudrimont, Robiquet, Bérard, Gbapel ont agi comme cela se pratique en Chine, sur des feuilles fraîches.
MM. Vilmorin fils, Girardin ont opéré sur des feuilles sèches.
Les procédés proposés se divisent en trois classes :
1° Le procédé à l'eau de chaux;
2° Le procédé à l'acide sulfurique;
3° Le procédé à l'acide chlorhydrique.
Le premier procédé fournit un indigo de qualité inférieure.
Le second un indigo contenant beaucoup de matière verte.
Le troisième un indigo d'une très-belle nuance et trèsléger.
Voici comment on opère, lorsqu'on suit le troisième procédé, qu'on doit aux recherches de M. Girardin :
On met les feuilles dans un cuvier long, étroit et muni d'un robinet à sa partie inférieure, et on verse par dessus de l'eau à 30° dans la proportion de trois fois environ le poids des feuilles On couvre ensuite la cuve et on abandonne l'opération à elle-même. Lorsque l'eau a acquis une teinte verdâtre et qu'elle présente à sa surface de belles écumes irisées, on la soutire rapidement en comprimant