‹ Les plantes industriellesChapitre 53 sur 71 · SORGHO A BALAIS · texte numérisé non relu

SORGHO A BALAIS

mode de végétation. — Cette graminée a une tige fîstuleuse, raide, à nœuds pubescents, et haute de 2m, 50 à 3"\ Ses feuilles sont grandes, larges, et ressemblent beaucoup aux feuilles du mais. Ses tiges sont terminées par une panicule oblongue, rameuse, un peu resserrée et longue de 0,n,20 à 0n\30. Les graines sont ovoïdes, jaunâtres, rougeàtres ou noirâtres, et aussi grosses que les semences que produit le chanvre; elles adhèrent aux glumelles.

Le sorgho à balais est plus sensible aux froids que les millets, et il exige environ 4000° de chaleur pour mûrir ses graines. C'est pourquoi on ne l'a adopté en France et en Europe, comme plante industrielle, que dans les contrées où le maïs mûrit facilement ses graines.

Terrain. — A. Natube. — On le cultive sur les allusions et sur les terres sablonneuses, graveleuses, argïlosiliceuses et argilo-calcaires, profondes, fraîches et à soussols imperméables. Il réussit mal sur les terrains compacts ou argileux, et sur les sols non exposés au midi, et sur ceux qui sont ombragés par des essences forestières ou fruitières.

B. Fertilité. — Cette plante est aussi épuisante que le maïs. Ainsi, elle exige des terres riches ou bien fumées. (Voir t. vi, Plantes a grains farineux : Mais.)

C. Préparation. — Les terres qu'on lui consacre doivent être bien ameublies. On les prépare ordinairement par plusieurs labours, le premier étant aussi profond que le permet l'épaisseur de la couche arable. On complète la préparation par des hersages et des roulages, si ees derniers sont nécessaires.

Sentis — A. Epoque. — Les semis se font en avril et mai, et quelquefois en juin. En général, on doit attendre.

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pour les pratiquer, qu'on n'ait plus à redouter de froids tardifs.

B. Exécution. — On Jes exécute en lignes distantes les unes des autres de 0m,90 à lm. Dans le Languedoc, on les pratique quelquefois en lignes autour des champs consacrés au maïs.

C. Quantité de graines. — On répand par hectare de 25 à 10 litres de graines.

Dans d'autres contrées, on lui allie la culture des haricots à raines.

D. Recouvrement des graines — On recouvre les semences par un hersage ou un râtelage. On doit les enterrer à 0in,(H ou 0m,06, pour éviter que les oiseaux les mangent.

Soins d'entretien — A. Binage. — On donne à la terre un binage aussitôt que les mauvaises herbes commencent à apparaître Ce travail se fait avec une binette.

On renouvelle une ou deux fois cette opération pendant la végétation. Alors on peut l'exécuter avec une houe à cheval.

B. Eclaircissage. — On éclaircit les plantes quand elles ont de 0"y)4 à 0ra,08 d'élévation, de manière qu'elles soient séparés les unes des autres de 0m,20 à 0'",30.

G. Buttage. — Au commencement d'août ou à la fin de juillet, on exécute un buttage. Cette opération est favorable au sorgho à balais; elle lui donne plus de fixité, ce qui lui permet de mieux résister aux vents violents quand ses panicules sont chargées de graines; en outre, elle a pour effet de concentrer plus de fraîcheur à la base des plantes.

D. Enlèvement des drageons. — On doit supprimer avec soin les drageons parce qu'ils affament les pieds.

Kéeolte des panieules- — A. EPOQUE. — On procède a la récolte des panicules lorsque les tiges jaunissent et

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qu'elles sont teintées çà et là de brun, et lorsque les graines ont pris une couleur roussâtre ou brunâtre.

Dans le Languedoc et le Maçonnais, cette opération se fait en septembre. En Anjou, on ne l'effectue quelquefois que dans la première quinzaine d'octobre.

B. Exécution. — On coupe les tiges avec une serpe ou une faucille au premier nœud de la partie supérieure. Alors, les panicules ont une queue longue de 0m,(J0 à 0m,s0.

À mesure qu'on opère, on réunit les panicules en bottes pour pouvoir les transporter facilement à la ferme et les déposer dans un bâtiment à l'abri de la pluie.

C. Séchage des panicules. - Pour faire sécher les panicules, on les suspend à des cordes tendues dans un grenier, une grange, ou sous un hangar, ou à des clous en bois enfoncés sur un mur abrité par un large auvent. Dans les deux circonstances, les tiges des panicules doivent être dirigées vers le sol, afin que leurs pédicelles, en séchant, restent, autant que possible, parallèles à l'axe de la queue.

Cette dessiccation dure de huit à quinze jours, suivant Tétat de l'atmosphère.

Quelquefois, on combe l'extrémité des tiges. 15 jours avant la maturité, pour conserver les pédicelles droits.

Arrachage des tiges. — Lorsque la récolte des panicules est terminée, on procède à l'enlèvement des tiges. Cette opération s'exécute, soit en les arrachant, soit en les coupant à l'aide d'une serpe.

On les laisse ensuite sur le sol pendant quelques jours, et lorsqu'elles sont sèches, on les réunit en bottes pour les conserver en meules ou sous un hangar.

Egrenage tles panicules. — Pendant les a cillées, ou lorsque le temps ne permet pas de travailler extérieurement, on égrène les panicules.

Cet égrenage s'exécute de plusieurs manières. Dans quelques localités, on bat les panicules avec un fléau léger. Ailleurs, les ouvriers ont devant eux un tablier de cuir sur lequel ils posent les panicules; alors, avec la lame d'un couteau, ils raclent avec précaution les pédicelles pour en détacher les graines. Enfin, dans quelques localités, les ouvriers qui exécutent cet égrenage se servent du tranchant d'une béclie dont le manche est fixé en terre. Le second procédé doit être préféré aux deux autres.

On compte qu'il faut de 230 à 300 veillées d'un homme pour égrener les panicules qu'on récolte par hectare.

Chaque veillée étant évaluée à 0 fr. Jo c, le prix de revient de celle opération varie entre 37 et Ad fr.

Nonobstant, il est nécessaire, quel que soit le procédé qu'on adopte, d'agir avec précaution, afin de ne pas endommager les pédicelles et amoindrir leur valeur.

Conservation des graines. — Les semences, après l'égrenage, doivent être étendues en couche mince dans un grenier, afin qu'elles ne fermentent pas.

Quand elles sont bien sèches, on peut les réunir en tas, en ayant soin toutefois de les remuer tous les quinze jours ou une fois au moins par mois.

Poids de l'hectolitre. — Un hectolitre de graines de sorgho à balais pèse de 55 a 63 kilog.

Confection des balais. — Les balais sont souvent fabriqués dans les fermes. On reunit la queue des pédicelles avec de l'osier blanc, en se servant d'une corde fixée à l'extrémité d'une planche inclinée et longue de 3 mètres environ.

Lorsque la ligature est faite, on coupe les queues a 0m,02 ou 0!n,03 de l'osier, en agissant de manière qu'elles forment une partie légèrement convexe.

SORGHO A RALAIS. 297

Les liens d'osier couvrent les queues sur une longueur deOm,45 à0m,50.

En général, les balais cylindriques ordinaires ont en moyenne O^O à 0m,80 de longueur.

Leur poids varie entre 500 et 600 grammes.

Le manche a généralement 0m,90 de longueur et 0n\03 de diamètre.

Produits. — A. Panicules ou balais. — Les panicules qu'on récolte sur un hectare permettent de fabriquer de 1,000 ta 1,200 balais moyens, soit de 600 à 700 kilog. de panicules.

M. de Gasparin porte le nombre des balais à plus de 4,000; ce chiffre ne s'identifie pas avec les faits pratiques.

B. Graines. — Un hectare produit de 30 à 70 hectolitres de graines, suivant la fertilité du sol.

C. Tiges sèches. — On récolte ordinairement par hectare de 2,500 à 3,000 kilog. de tiges sèches.

Prix de fabrication des balais. — Lu balai de sorgho coûte à fabriquer de 0 fr. 05 à 0 fr. 07.

Les manches coûtent, lorsqu'on les achète en gros, de 5 à 6 fr. le cent.

Valeur commerciale. — A. Balais. — Les balais simples ou cylindriques, et sans manches, se vendent, en gros, de 35 à 50 fr. le 100. Ordinairement, on les vend par douzaine.

Le prix des panicules varie entre 30 et 40 fr. les 100 kilog.

Le commerce les vend de 0 fr. 90 à l fr. pièce.

B. Graines. — Un hectolitre de graines de sorgho se vend de 6 à 10 fr.

Usages. — A. Balais. — On emploie les balais à l'intérieur des habitations.

21! g PLANTES INDUSTRIELLES.

B. Graines. — Les graines servent à la nourriture des oiseaux de basse-cour. Aux Antilles, les nègres les décortiquent, les réduisent en farine, avec laquelle ils composent une bouillie qu'ils appellent moussa.

On ne les utilise pas dans l'alimentation de l'homme, parce que la fécule est mêlée à un principe amer et âpre.

C. Tiges. — On utilise les tiges pour chauffer les fours ou pour faire des palissades temporaires. On peut aussi les employer comme litière.

Qualités des balais. — Les balais de sorgho qu'on importe d'Italie sont très-blancs, mais ils sont généralement plus cassants que ceux qu'on fabrique en France. Ces derniers ont une teinte jaune rougeâlre.

Les balais formés de pédicelles récoltés trop tardivement sont secs, et manquent de souplesse. Ceux qu'on a fabriqués avec des pédicelles ayant perdu leur perpendicularilé à cause du poids des graines, sont toujours lâches et volumineux; on ne les estime pas.

Ces balais sont plus légers, plus solides et plus durables que ceux de bouleau.

BIBLIOGRAPHIE

Giraud. — Traité élémentaire d'agriculi., 1842, in- 12, p. 196.

Do Gasparin.

Modère Thouin.

Grailler. - L'agrieiiMwe d*livié<-, l 8 5 î , iu-8°, p. 20U.

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