C. Racines fraîches. — On les vend 1 fr. 23 c le 100 aux
jardiniers, qui les emploient pour obtenir de la barbe de capucin.
Prix de revient des cossettes. — En Belgique, on
estime que le produit brut que fournit un heetare de chicorée s'élève en moyenne à 1,000 fr. Si l'on déduit de cette somme les dépenses, qui ne dépassent pas 500 à 000 fr., il restera pour bénéfice net 400 à 500 fr., et le prix de relient des racines touraillées variera entre 10 et 13 fr. les 100 kilog., si l'on admet qu'un hectare donne en moyenne 5,00C kilog. de cossettes.
Fabrication de la pondre — A. Torréfaction. — Lorsque les cossettes ont été préparées, on les torréfie dans des brûloirs ou grands cylindres, auxquels on imprime un mouvement continuel de rotation, soit par un manège, soit par une machine ta vapeur.
Lorsque la torréfaction est arrivée au point voulu, on ajoute aux cossettes environ 2 p. 100 de mélasse ou de beurre, et on agite de nouveau le brûloir pendant quelques minutes. La mélasse ou le beurre lustre les cossettes et leur donne l'apparence du café brûlé.
Quand le grillage est terminé, on retire les cossettes des brûloirs et on les dépose dans de grands vases en tôle appelés rafraîchissoirs.
100 kilog. de cossettes fournissent en moyenne 75 kilog. de cossettes torréfiées.
B. Moutlrage. — Lorsque les cossettes sont refroidies, on les pulvérise au moyen de meules ou de cylindres. Le but qu'on doit chercher à remplir consiste à faire le moins de poudre et le plus de grain possible.
G, Blutage. — On complète la fabrication de la poudre en la soumettant à un blutage. Les blutoirs qu'on emploie séparent le produit broyé en quatre sortes : 1° en poudre ,
2° en grain ; 3° en moyen grain; 4° en semoule, gros grain.
D. Poudre fournie par les cossettes. — 100 kilog. broyés
avec les meules donnent parle blutage les résultats suivants:
Poudre . . .
40 kil.
Fin grain. . .
Moyen grain. .
Gros grain . .
Les fabricants qui se servent de cylindres pour concasser les cossettes et les taire ensuite passer sous les meules, obtiennent, par le blutage, les qualités suivantes :
Poudre. . . .
25 kil.
Fin grain . . .
Moyen grain . .
Gros grain . .
On doit regretter que ce genre de broyage soit plus long que la mouture ordinaire, car il donne des résultats plus satisfaisants que le procédé qu'emploient la plupart des fabricants.
En général, 100 kilog de cossettes bien tou raillées donnent 75 à 80 kilog. de poudre ou de grain.
Les cossettes qui ont été mal préparées subissent un décbet de 25 à 28 p. 100.
Ainsi un hectare qui fournit 5,000 kilog. de cossettes permet de fabriquer en moyenne 3,75C à 4,000 kilog. de chicorée en poudre.
Valeur commerciale de la poudre. — Les grains, beaucoup plus recherchés que les poudres, se vendent en fabrique, emballage non compris, de 45 à 50 fr.les 100 kil. Le prix des poudres ne dépasse pas de 40 à 45 fr.
Emballage «le la poudre. — La poudre s'emballe dans des paquets de 125, 250 et 500 grammes. On la livre aussi en vrague dans des tonneaux ou des caisses carrées de bois blanc pesant de 25, 50 à 200 kilog.
Poids «le la poudre et «les grains — La chicorée en poudre pèse de 15 à 20 pour 100 de plus que la chicorée en grain.
Falsification. — La chicorée en poudre, à laquelle on a donné les noms de moka surfin, café des dames, crème de moka, café des Indiens, cafépectoral, etc., est souvent falsifiée avant d'être livrée à la consommation.
On la fraude avec de l'ocre, de la terre pulvérisée, du marc de café, des cossettes de betteraves, de la brique pilée, du pain, des restes de semoule, de vermicelle, et des semences de pois, de fèves, de haricots torréfiés, etc. Aux termes de l'instruction publiée par le ministre de l'agriculture et du commerce, le 25 juillet 1853, la chicorée en poudre est pure quand elle ne donne pas au delà de 5 à 6 p. 100 d'une cendre grisâtre après avoir été incinérée.
On surveille aujourd'hui la vente de la chicorée-café, et chaque année les tribunaux prononcent de sévères condamnations contre les fabricants frauduleux.
La chicorée -grain est toujours moins falsifiée que la chicorée-poudre; mais on doit préférer la dernière, parce qu'elle est plus riche en matières extractives. Ainsi, elle abandonne G0 p. 100 par l'épuisement h l'eau chaude; la chicorée-grain n'en perd que 56 p. 100.