MOUTARDE NOIRE. M
triss Clément, du comté de Durham (Angleterre). Quand elle a été réduite en poudre, on arrose celle-ci avec du vinaigre ou du moût de raisin, pour la convertir en une pâte homogène brune jaunâtre, piquante, et ayant une consistance fluide. La pâte est ensuite passée an travers d'un tamis de crin, et renfermée dans des vases en verre, en grès ou en faïence, qu'on scelle avec un bouchon de liège.
On mêle souvent à la moutarde ainsi fabriquée, des aromates, des anchois ou des épices.
Les moutardes françaises les plus estimées sont celles de Dijon, de Bordeaux, de Paris et de Brives. Cette dernière moutarde se fait au moût de raisin. On recherche ta l'étranger, la moutarde de Durham (Angleterre), de Krems (Autriche).
Huile — L'huile qu'on extrait des graines de moutarde noire est jaune; elle a une odeur forte et est très-siccative. On l'emploie, au Japon et au Bengale, pour l'éclairage. En France, elle sert à fabriquer le savon jaune.
100 kilog. de graines fournissent de 1 8 à 20 kilog. d'huile.
Farine de moutarde. — La farine s'obtient en réduisant les graines en poudre, au moyen d'un moulin ordinaire.
Prix de revient. — Mathieu de Dombasle évalue les dépenses qu'occasionne la culture delà moutarde noire sur un hectare, à 254 fr., et le prix de revient de l'hectolitre, à 17 francs.
BIBLIOGRAPHIE
De BoHihiisle. — Mémoires de la Sociùic centrale d'agriculture) 1822,
in 8, i. i, p. 30(3. De G a* purin — Cou: s d'agriculture, -I8Î8, iu-8, I. iv, p. 153.
SECTION 111
Fenu-grec.
(De rpEtç, trois et ywviot, angle ; allusion à la forme triangulaire de la corolle)
Trigonella foenum gr^ecum, L.
Plante dicotylédone de la famille des Légumineuses.
Anglais. — Fenugreek. Italien. — Fienogreco.
Allemand. — Bakshorn. Espagnol.— Fenogreco.
Historique.— Mode de végétation.— Terrain. — Semis. — Soins d'entretien. Récolte. — Produit. — Poids de l'hectolitre. — Usages des graines et des tiges. — Valeur commerciale des graines.
■Historique. — Cette plante est très-ancienne. ïhéophraste, Dioscoride, Pline, etc. , l'ont mentionnée dans leurs écrits. En Egypte, on emploie ses semences depuis fort longtemps dans l'engraissement des bétes à cornes; cet usage est aussi très-répandu de nos jours, dans un grand nombre de provinces de la France.
Le tenu-grec, que l'on désigne souvent sous le nom de senegrain, est cultivé comme plante industrielle dans l'arrondissement de Bourgueil (Indre-et-Loire).
On le cultive aussi en Allemagne, en Suisse et en Italie.
Mode de végétation* — Le fenu-grec est une plante annuelle; ses racines sont pivotantes, grêles et fibreuses ; sa tige est droite, fistuleuse, rameuse, légèrement velue et haute de 0m,30 à 0m,60. Ses feuilles sont composées de trois
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folioles ovales, rétrécies à leur base et un peu dentées à leur sommet. Les Heurs sont blanchâtres ou jaunâtres, axillaires, solitaires ou géminées; elles produisent des gousses glabres, étroites, longues de 0r-,10 à O'VS, comprimées, courbées et contenant de 12 à la graines jaunâtres et bosselées. Ces semences répandent une odeur fragrante, analogue à celle du mélilot.
Terrain. — Cette légumineuse doit être cultivée sur des terres légères, sèches, calcaires et de moyenne fertilité. Elle réussit ordinairement mal sur les terres argileuses et humides et sur les sols pauvres.
On doit éviter de fumer les terres qu'on lui consacre, à moins qu'elles soient arides. Quand elle végète sur des sols riches et bien fumés, elle pousse vigoureusement, fleurit facilement, mais produit toujours très-peu de graines.
Semis. — On sème le fenu-grec du 15 février au 15 de mars. Dans les provinces du midi, on le sème souvent en automne.
Les semis se font à la volée ou en lignes.
On répand par hectare de 8 à 10 kilogr. de graines.
Les semences doivent être enterrées par un hersage.
Soins d' entretien. — Aussitôt que le fenu-grec a quelques feuilles, on le sarcle, pour débarrasser le sol des plantes indigènes qui pourraient nuire à son développement.
Quand le semis a bien réussi et que les plantes sont trèsnombreuses, on les éclaircit de manière qu'elles soient espacées les unes des autres de 0m,15 à 0n,,25.
Récolte. — Le fenu-grec est en pleine fleur vers la fin de juin ou pendant la première quinzaine de juillet.
Il mûrit ses graines vers la fin de juillet ou au commencement d'août.
On coupe ses tiges avec une faucille ou à l'aide dune petite
faux, que l'on nomme petit fauchard, dans la Touraine.
Lorsque les tiges et les gousses sont sèches, on les met en bottes, qu'on rentre dans une grange ou dans un grenier.
On opère l'égrenage des siliques avec le fléau.
Produit. — Un hectare, dans les circonstances ordinaires, produit de 1,000 à 4,200 kilogr. de graines.
Poids de l'hectolitre. — Un hectolitre de graines pèse de 68 à 70 kilogrammes.
Usages des graines et des tiges sèches. — Les graines de cette plante sont données aux bêtes à cornes, aux porcs et aux chevaux qu'on veut engraisser, à la dose de 25 à 40 grammes par jour. Il faut éviter de leur en donner au delà de 50 grammes.
Ces semences excitent les animaux à boire et à digérer; elles renferment une très-forte proportion de mucilage et un principe actif dont la nature est encore inconnue. C'est très -probablement ce principe qui leur permet de faire naître, sur les animaux auxquels on en donne, un embonpoint factice.
Les tiges qui ont produit des graines , n'ont aucune valeur alimentaire; on doit les employer comme litière
Valeur commea'ciale des graines. — La graine de fenu-grec se vend chez les herboristes ou les épiciers, soit au kilogramme, soit au litre.
En général, son prix varie entre 0 fr. 40 cent, et 0 fr. 80 le litre.