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PLANTE A CARDES

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ou celle produite par les rosées. Ses fleurs lilas sont réunies en capitules cylindriques, globuleux ou pyramidaux ; leur involucre est à folioles non épineuses, et leur réceptacle est armé de bractées ou paillettes recourbées au sommet. Ses graines sont allongées, striées, brunâtres et un peu plus grosses que celles de la chicorée sauvage.

Cette espèce diffère des deux cardères sauvages en ce que celles-ci ont une tige épineuse, des feuilles caulinaires crénelées ou très-découpées, et des paillettes droites et non réfléchies.

La cardère végète lentement pendant la première année; elle ne présente jusqu'au printemps qui suit l'époque à laquelle elle a été semée, que quelques feuilles radicales. Ces feuilles ont naturellement une belle teinte verte, mais ordinairement elles rougissent ou prennent une légère teinte violacée en automne et surtout en hiver quand la température descend au dessous de zéro.

Cette dipsacée résiste très-bien aux froids ordinaires de l'hiver quand elle n'a poussé que des feuilles radicales, qui sont plus lancéolées, plus étroites que les feuilles caulinaires. Dans les contrées du nord et du midi, sa tige périt pendant l'hiver si elle se développe en automne.

Sa tige apparaît et s'élève quand la température au printemps dépasse -f- 8°. C'est en mai, en juin ou juillet, selon les latitudes, que les fleurs s'épanouissent. Ces organes apparaissent d'abord à la base des capitules et toujours elles forment en se développant une couronne lilas qui gravit lentement de la partie inférieure au sommet du capitule.

La cardère termine ordinairement son existence lorsqu'elle a reçu pendant la seconde année, environ 3,000 de chaleur.

En général, cette plante ne végète convenablement que

lorsque la température pendant la première année a été régulière.

Terrain. — A. Naître. — La cardère doit être cultivée sur îles terres saines, aérées, exposées au sud. profondes el plutôt légères que compactes. Elle redoute les terrains humides et ceux sur lesquels les eaux sont stagnantes pendant l'hiver.

Les sols qui lui conviennent le mieux sont les terres silico-argileuses et silieo-ealeaires. les terrains a chanvre et les sols graveleux et pierreux.

Les terres sur lesquelles on eultivela cardère a Méxières <Seme-et-Oise). se louent en moyenne 200 t'r. l'hectare.

B. Fertilité. — Les terres qu'on consacre a cette plante ne doivent être ni trop riches, ni trop pauvres. Cultivée sur des terrains substantiels, elle fournit des tètes volumineuses et garnies de crochets qui manquent d'élasticité. C'est sur les sols sains et de fertilité moyenne, e'est-a-dire sur les terres à froment, qu'elle produit des tètes recherchées des industriels pour leur grosseur moyenne et uniforme et l'élasticité de leurs bractées. Ordinairement, la xaleur des produits qu'elle fournit quand on la cultive suides sols pauvres, des terres épuisées, ne couvre pas les dépenses qu'elle occasionne.

C. Préparation. — Les terres doivent recevoir une préparation complète. Ainsi, on doit, par des labours et des hersages, les diviser, les ameublir aussi profondément que le permet l'épaisseur de la couche arable, et les débarrasser des plantes vivaces :; racines traçantes qui l'ont envahie.

Quantité d'engrais à appliquer. — La cardère est épuisante et s'empare facilement des anciens engrais. Toutefois, elle n'exige pas. pour donner des produits

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abondants et égaux, que les terres soient fécondées par des engrais abondante. M. de Gasparin dit qu'il faut appliquer 5,000 kiloii. de fumier par chaque 100 kilog. de tètes qu'elle peut fournir. Ainsi, une terre qui fournirait en moyenne 700 kilog. de tèles devrait recevoir 35,000 kilog. Ce chiffre est beaucoup trop élevé. La quantité de fumier qu'elle exige est de 1,500 kilog. par 100 kilog. de têtes, quantité qui porte la fumure moyenne à 12,000 kilog. par hectare.

Semis. — On cultive la cardère de deux manières. Ici. on la sème en place; ailleurs, on la cultive d'abord en pépinière pour transplanter les plants lorsque la saison le permet.

A. semis en place. — Les semis en place se font tantôt sur une terre nue, tantôt sur des terrains occupés par une céréale d'hiver en végétation.

I. — Semis sur sol nu. — Ce procédé est celui qu'on adopte ordinairement en Normandie, dans l'Ile-de-France et les Ardennes. On le suit quelquefois dans la Provence.

•1° En lignes. — Lorsqu'on sème la cardère en lignes, on projette la graine avec la main dans des rayons traces avec un rayon neur, ou on la répand avec un semoir à brouette ou à cheval, ou bien encore on la sème sous raies.

Les rayons doivent être espacés les uns des autres de 0n,,40 à 0m,70, selon la fertilité du sol et les plantes qu'on doit cultiver entre les lignes, pendant la première année. Nonobstant, celles-ci doivent être assez espacées pour que les ramifications qui s'écartent de 0"',30 à 0m,35 de la tige principale puissent se développer facilement.

Dans les circonstances ordinaires, 0n,,50 de distance entre les lignes sont suffisants pour que la cardère puisse végéter librement.

On recouvre légèrement les graines par un hersage ou à l'aide d'un fagot d épines ou dïin râteau. L'enfouissement

au râteau est souvent pratiqué par les femmes ou les enfants qui projettent les graines dans les rayons.

C'est à tort qu'on a recommandé de ne pas enterrer les semences. Si ces graines restaient sur la terre ou dans les rayons sans être enterrées, les oiseaux, qui en sont trèsfriands. désensemenceraient en partie le champ.

2° Semis à la volée. — Autrefois on semait la cardere a la Aolée. La plupart des agriculteurs la cultivent aujourd'hui en lignes, parce qu'ils ont reconnu que ce procédé était beaucoup plus avantageux sous tous les rapports.

II. — Semis sur sol ombragé far une céréale. — Dans la Provence et le Languedoc, on sème ordinairement la graine de cardère sur les champs ombragés par une céréale d'hiver ou en même temps qu'on exécute les semailles de blé. de seigle ou d'avoine.

Voici comment on exécute ces semis spéciaux :

On sème deux raies de charrue en blé ou en seigle et on évite d'ensemencer la troisième, puis on sème les deux suivantes en négligeant encore d'ensemencer la sixième,, et ainsi de suite jusqu'à la fin du champ. En suivant ce procédé, la ligne non occupée par la céréale est séparée par deux bandes ou sillons de blé ayant environ 0in,50 à 0m,60 de largeur. Cette distance est suffisante pour que la cardère puisse librement se développer l'année suivante. J'obserxerai que la semaille de la céréale a lieu sous raies.

Lorsque le moment de semer la cardère est arrive, on trace un sillon ou rayon sur le milieu des bandes non ensemencées. Ce travail se fait de diverses manières. Tantôt on le pratique avec un araire traîné par un cheval et appelé fourcat, tantôt on l'exécute avec la houe à main ou

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au moyen d'un petit sep d'araire armé dune faible pointe de fer.

A mesure que l'ouvrier trace les rayons, une femme le suit et y laisse tomber de la graine de cardère. On recouvre ensuite celle-ci avec un râteau, avec une planche traînée en guise de herse on avec l'araire fourcat Quand on se sert de ce dernier instrument, on trace une légère raie à côté de celles qui ont été ensemencées, de manière à les combler en partie de terre.

On peut aussi exécuter les semis à l'aide d'un semoir à cheval muni de trois tubes espacés les uns des autres de 0m,20 à 0m,23. Ainsi, si Ton dispose le réservoir à graines de manière qu'il alimente le tube médian de graines de cardère et les deux autres de semences de blé, on sèmera à chaque ravage deux lignes de froment et une ligne de cardère. Alors les lignes de cardère seront séparées par deux lignes de blé occupant un espace ayant 0m,40 à 0m,S0 de largeur.

L'expérience a démontré qu'il faut, autant (pic possible, tracer les rayons de l'est à l'ouest, afin que les cardères puissent profiter largement de l'influence de la lumière et de la chaleur du soleil pendant l'été de la seconde année.

Cette culture simultanée présente un avantage incontestable, en ce qu elle permet d'occuper utilement la terre pendant l'année qui suit le semis.

Cet avantage explique pourquoi on a l'habitude, dans les contrées où les ensemencements sont exécutés sur un sol nu, de cultiver entre les lignes de cardère. durant la première année de végétation de cette plante, des haricots, des carottes, des pommes de terre, des betteraves, etc. Cette association est rationnelle : elle n'oblige pas a porter au compte de cette plante industrielle deux années de lover;

en outre, les laçons d'entretien que réclament les carottes, haricots, etc., lui sont favorables et l'aident dans son développement, puisqu'elles sont faites dans le but d'ameublir et nettoyer la couche arable.

III. — Quantité de graines.— On répand par hectare de huit à dix litres de graine.

Cette quantité n'est pas trop élevée. En général, les bonnes graines sont mêlées à des graines infertiles qui proviennent de la partie supérieure des capitules ou de la base de têtes récoltées trop prématurément.

Les graines de mauvaise qualité ont une teinte blanchâtre et elles sont très-légères. Celles qui peuvent germer sont grises et lourdes.

Poids tle l'heeto litre. - Un hectolitre de graines de bonne qualité pèse 36 à 40 kil.

IV. — Epoque des semis. — La cardère se sème soit en automne, soit au printemps.

Dans le Midi, aux environs de Saint-Kemy, d'Eyragues, de Tarascon, etc., on confie ordinairement la graine à la terre en automne au mois de septembre ou octobre. Ce n'est qu'accidentellement qu'on la sème en août ou pendant les mois de février ou de mars.

Les cultivateurs des communes d'Aix, Salon. Charleval, Orgon (Bouches-du-Rhône), sèment souvent la cardère au printemps.

Aux environs d'Elbeuf, de Louviers, de Mantes, de Verviers, d'Aix-la-Chapelle, de Mézières, etc., on exécute presque toujours les semis en mars ou avril.

B. semis en pépinière. — Quelques cultivateurs de Mézières (Ardennes) , Mézières (Seine-et-Oise) , Louviers (Eure), sèment la cardère en pépinière. Ce mode de culture présente quelques avantages sur les semis en place.

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Ainsi, par celte méthode, la cardère occupe la terre pendant moins de temps, drageon ne peu, résiste mieux aux froids rigoureux de l'hiver et pousse plus régulièrement.

I. — Exécution. — Ces semis se t'ont toujours plus tardivement que les semis en place. Ordinairement on les exécute en mai ou en juin sur des terres de bonne qualité et fraîches que l'on a préalablement labourées à la bêche et fumées.

II. — Etendue que doivent avoir les pépinières. — Un hectare bien garni de plants suffit à la transplantation de 8 à 12 hectares, suivant l'écartement qu'on met entre les lignes et les plants.

III. — Transplantation. — La mise en place des plants a lieu dans le nord delà France pendant le mois de septembre. En Allemagne, on l'exécute en juillet et août.

Cette opération doit être faite avec beaucoup de soin; on l'exécute soit au plantoir, soit à la bêche, sur des terres labourées en planches de 3 à 5 mètres de largeur, afin que les dérayures servent de rigoles d'écoulement aux eaux pluviales pendant l'automne et l'hiver. Il est utile de la pratiquer autant que possible par un temps couvert ou pluvieux, afin que la reprise des plants soit plus assurée.

Il est utile aussi de bien choisir les plants. On doit planter de préférence ceux qui sont forts et vigoureux, parce qu'il sont moins sujets à produire des rejets.

IV. — Prix de revient de la plantation.— Un homme aidé par un enfant ou une femme plante un hectare en dix a douze journées.

Ce travail, qui constitue une opération assez longue, a cause du développement que présentent les racines, est payé à Mézières ( Seine-et-Oise ), où l'hectare contient 20,000 pieds, de 50 à 00 fr.

Soins d'entretien. — I. Première année. — A. Premier binage. — On donne un binage quelques semaines après la levée des graines, afin d'ameublir la terre et de détruire les mauvaises herbes.

B. Eclaircissage. — Aussitôt que les feuilles ont de 0m,0o à 0m,08 de longueur, on éclaircit les plants de manière qu'ils soient espacés sur les lignes de 0m,30 à 0m,40.

Il est utile de mettre en réserve un certain nombre de pieds superflus pour pouvoir regarnir les places vides au mois de septembre suivant.

Souvent on exécute cet eclaircissage lorsqu'on pratique le deuxième binage.

C. Binage exécuté pendant l'été. — Cette seconde culture d'entretien s'exécute en juin ou juillet.

Lorsque la cardère a été associée au froment, on lui donne un bon binage aussitôt que la récolte de cette céréale a eu lieu. Cette opération détruit la dureté que le sol a acquise pendant la végétation du froment et le débarrasse des mauvaises herbes qui envahissent sa surface. On ne doit pas oublier que la cardère qui provient d'un semis exécuté dans une céréale, soit à l'automne, soit au printemps, ne commence véritablement à végéter qu'après la moisson

D. Arrosement. — Dans le Midi, on arrose quelquefois les cardères après la récolte de la céréale à l'abri de laquelle elle s'est développée. Cette irrigation, si elle est modérée, excite la végétation des plantes et les rend plus robustes, plus rustiques.

On a constaté dans le département de Vaucluse, qu'un débit de 48 centilitres, par hectare et par seconde, était suffisant pour pratiquer cet arrosement.

E. Buttage. — Au mois de septembre ou octobre, on

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exécute un buttage soit avec la boue ou la pioche, soit au moyen d'une charrue à deux versoirs ou d'un Imttoir. Cette opération, que l'on pratique ordinairement en Angleterre et en Belgique, est faite dans le but de garantir les plantes du froid pendant l'hiver et de faciliter l'écoulement des eaux pluviales. Quelquefois, on ne l'opère que partiellement, c'est-à-dire on se borne à chausser les plantes au nord seulement des rayons. Alors on se sert d'une charrue légère traînée par un seul animal.

F. Abris pendant l'hiver. - Quand les plantes sont faibles et qu'on craint des gelées très-intenses pendant l'biver, on répand, sur toute la surface du champ, une couverture de paille ou de fumier pailleux.

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