‹ Les plantes industriellesChapitre 65 sur 71 · GC · texte numérisé non relu

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M. Portai de Moux, à Conques (Aude), divise les cardères qu'il récolte en cinq classes, savoir :

N° 0 Têtes de cardères n'ayant que Om,027 de largeur.

Les têtes qui appartiennent à ces classes pèsent en moyenne les poids suivants :

N° 1 9 grammes, et 1 kilog. contient 100 à 110 têtes.

Moyennes 4 gr. 1/2

307 à 325 têtes.

Toutes ces têtes sont calibrées à l'aide d'un appareil inventé par M. Portai de Moux.

Ailleurs, on les partage en trois catégories :

La première comprend les têtes des tiges principales qu'on n'a pas taillées; ces tètes portent le nom de maîtres.

La seconde embrasse les têtes des tiges secondaires; ces tètes sont connues sous le nom d'ailes.

La troisième comprend les petites têtes qu'on nomme turlupins. On donne ordinairement deux twiupins pour une aile. Ces petites têtes entrent pour un vingtième dans la récolte totale d'un hectare.

Enfin, le commerce de Paris divise les cardères en deux classes :

La première comprend les mâles, que l'on appelle quelquefois reines ou bourdons. Ces têtes sont celles qui ont une

CARDÈRE. .141

grosseur uniforme, qui sont les plus longues et qui ont les bractées les plus résistantes.

La seconde embrasse les femelles. Ces têtes sont rondes et ont des bractées moins raides.

Quoi qu'il en soit , plus les cardères sont droites t allongées, cylindriques, et armées de beaux crochets recourbés en bas, et plus elles sont recherchées par les drapiers.

Valeur commerciale tles cardères. — Le prix des cardères non classées varie de 80 à 1 20 fr. les 100 kilog., ou 45 à 50 fr. la balle contenant 10,000 tètes et le kilogramme en moyenne 200 tètes.

Les mâles, ou cardères de premier choix, se vendent de 5 à 7 fr. les 100 tètes, et les femelles de 2 à 3 fr.

Le prix des turlupins varie de 200 à 240 fr.

A Tarascon, les 100 kilog. de tètes classées se vendaient, en 1857, ainsi qu'il suit :

N° 1 avec bractées rapprochées, de 289 à 350 fr.

— 2 avec bractées ordinaires, de 300 à 320 »

— 6 — 80 à iGO «

Les cardères calibrées avec l'appareil de M. Portai de Moux, sont cotées comme il suit :

N° 0 les 100 kil. 1G0 fr.

Le cultivateur a intérêt à vendre les têtes qu'il a récoltées dans le mois de septembre. En agissant ainsi, il évite les pertes qu'occasionnent les rats et l'humidité de l'atmosphère.

Emballage. — On livre les cardères au commerce dans des balles ou de grands paniers contenant environ 10,000 tètes.

Lorsqu'on les destine à l'exportation lointaine, on les emballe dans des tonneaux de 2 met. de hauteur suri met. de diamètre, et pesant en moyenne 45 kilog. Ces tonneaux, une fois remplis, pèsent, brut, 230 à 240 kilog., et net, environ 180 kilog.

Un ouvrier emballe 10,000 tètes dans une journée.

Usages. — A. Tètes. — Les tètes mâles servent pour peigner les couvertures et les bas dits drapés; on emploie les tètes femelles pour peigner les draps fins.

B. Graixes. — Les graines senent k nourrir les volailles, ou on les convertit en terreau après les avoir imbibées d'urine.

G. Tiges. — On emploie les tiges pour chauffer les fours; on les utilise rarement dans les foyers, parce qu'elles ont l'inconvénient de pétiller.

Elles servent aussi à faire des haies sèches ou des abris.

Prix de revient. — M. de Gasparin évalue les dépenses d'un hectare à 301 fr. 7o, et le prix de revient des 100 kilog. de tètes à 60 fr. 21.

Ces dépenses sont faibles. M. de Gasparin é\aluela rente du sol à 98 fr. 29, et il porte le produit à 500 kilog. de tètes.

BIBLIOGRAPHIE

De Bce. — Annales provençales, 1 8 4 r> , iii-8°.

De Gasparin. — Ceins d'agriculture, in-S°, 1848. I. IV, |>. 221

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