COUPE DE LA FLEUR
feuille
'bourgeon ordinaire Fig. 47. — Origine de la fleur.
Fig. 48. — Corolle.
a, de Renoncule ; b, de Bourrache ; c, de Vigne ; d, de Lamier ; e, de Pois.
Épidémie. ^Jin^ceaulibero-ligneiiy
VSar. pollinique
Cellule mère des
grains Je pollen
'conjonctif
Fig. 49.
Coupe d'une anthère mûre.
Sac
pollinique
Déhiscence de l'anthère.
l'autre arrondi, qui est le noyau végétatif ; la surface de ces grains est parfois recouverte de petites pointes, ou présente des parties visqueuses qui permettent l'adhérence aux corps étrangers, notamment aux insectes, ce qui assure leur transport (fig. 51 et 52). Ils sont destinés à germer et ils ont, pour faciliter ce phénomène, des points où la membrane est plus mince, par où sortent les boyaux polliniques : c'est ce que l'on appelle les pores ou plis germinatifs.
Le pollen, étant destiné à réaliser la mystérieuse opération de la fécondation, doit donc d'abord être mis en liberté, dès qu'il est arrivé à un état de maturité convenable. Le mécanisme de la déhiscence de l'étamine est des plus curieux. 11 s'opère, en général, deux fentes en long sur les côtés entre les deux sacs polliniques voisins de l'anthère (fig. 50), qui se fusionnent en une seule bge. Il y a, par suite, deux fentes qui correspondent aux deux loges.
Les bords de ces loges, par le jeu de la dessiccation des parois, se contractent et se rabattent soit en dehors, soit en dedans. Dans
Fig. 53. — Androcées.
A, à une étamine (Centranthe rouge) : B, à deux étamines (Saule) ; C, à trois étamines (Valériane) ; D, à quatre étamines (Germandrée) ; E, à cinq étamines (Vigne) ; F, à étamines soudées par leurs filets en deux groupes (Pois) : G, à nombreuses étamines (Millepertuis) ; H, à étamines soudées en un seul groupe (Oxalis) ; I, soudées par leurs filets en plusieurs groupes (Oranger) ; J, soudées par leurs anthères (Chardon) ; K, androcée inséré sur la corolle (Primevère) ; L, inséré sur le réceptacle (Renoncule); M, inséré sur le calice (Abricotier); N, inséré sur l'ovaire (Garance).
Fig. 51. — Pollen.
A, grain de pollen de Guimauve ; B, Orchidée ; C, de Cobea ; D, de Lis ; E, de Clarkie ; F, de Leschenaultie ; G, de Bourrache ; H et I, de Pelargonium ; J, de Fumeterre ; K, de Cerisier ; L, de Chicorée (grossissement : 100 fois).
Fig. 52. — Grain de pollen vu au microscope.
étamines, ainsi que dans les Onagres et les Fuchsia.
Les dimensions des étamines sont aussi susceptibles de variations méritant d'être signalées; il y en a parfois quatre, dont deux longues et deux plus courtes, comme chez les Labiées, ou quatre grandes et deux petites, comme chez les Crucifères.
Les étamines peuvent, en outre, garder leur individualité ou se souder ensemble, et cette coalescence s'étend parfois aux anthères : ce sont les Synanthérées ou Composées, comme les Chrysanthèmes. Si elle s'étend aux
Fig. 54. — Fleurs incomplètes.
Fleur apétale : A, de Châtaignier.
Fleurs nues : B, à étamines du Saule ;
C, à pistil du Saule ; D, du Frêne.
carpelle;;
'ovule
^-carpelle / -ovule
LA VIE VÉGÉTALE
Fig. 55. — Feuille carpellaire.
A, d'une Angiosperme ;
B, d'une Gymnosp3rme.
Papilles stigmatiques
Fig. 56.
Noisetier.
«, fleurs mâles ; b, fleurs à pistil.
Fig. 57.
Déhiscence.
A, longitudinale du Lis;
B, poricide de la Pomme de terre;
C, valvaire de l'Épine-vinette.
Fig. 58.
Pistil du Lis.
a, stigmate ; b, style ; c, ovaire.
Style
Fig. 59.
Coupe d'un stigmate.
Micropvle Primine Secondine Oosphère
Sac
embryonnaire
Nucelle
Fig. 61. — Coupe d'un ovule.
Fig. 60. — Sections transversales de pistils.
A, du Pois, à un seul carpelle ; B, de l'Ancolie, à cinq
carpelles séparés ; C, du Lis, à trois carpelles soudés en un
ovaire à trois loges; D, du Pavot, à plusieurs carpelles
soudés en un ovaire à une loge.
Fleurs du Poirier.
Fig. 62. — Ovules.
A, détail du sac embryonnaire se ; B. ovule droit ;
C, ovule inverse.
filets, les étamines forment soit un seul faisceau (Genêt), soit deux (Lotier), ou plusieurs, comme chez le Millepertuis (fig. 53, G). On dit qu'il y a gynostème, quand il y a soudure des étamines et du pistil, comme dans le cas des Orchidées.
Les étamines sont d'ordinaire rapprochées du pistil, mais non soudées à lui, sur une même fleur qui est dite hermaphrodite : c'est ce qui arrive en particulier dans le cas de la fleur du Frêne (fig. 54, D) où il y a simplement un pistil et deux étamines; mais il arrive que les sexes soient séparés : on a parfois des fleurs mâles et des fleurs femelles sur un même pied, et on dit que la plante est monoïque : tel est le cas du Noisetier (fig. 56), ou sur deux pieds différents, et la plante est dite dioïque, comme le Chanvre, le Dattier, les Saules, etc. b^k
Pistil. — Le pistil constitue l'organe le plus central de la fleur (fig. 58 et 60). Il est formé de parties élémentaires que l'on appelle carpelles, et qui ne sont autre chose que des feuilles transformées (fig. 55). Ces feuilles sont, en général, dépourvues de pétiole, avec un limbe ventru dont les deux bords se rapprochent 1 un de l'autre pour se souder, de manière à former une cavité close que l'on appelle Y ovaire ; au-dessus de l'ovaire, la feuille carpellaire s'amincit et se transforme en une gouttière ouverte ou très souvent fermée, qui constitue le style, présentant à l'intérieur un tissu à moitié gélifié que l'on appelle tissu conducteur ; enfin, tout à fait à l'extrémité du style, s'observe un épatement couvert de cellules papilleuses et visqueuses; cette région est la continuation du tissu conducteur interne : c'est sur cette partie appelée stigmate (fig. 59) que le grain de pollen est retenu et fixé, et c'est là qu'il germe.
La description que nous venons de donner d un carpelle ne s'applique, en réalité, qu'aux carpelles clos et isolés. Il arrive très communément ou bien qu'ils s'ouvrent, ou bien qu'ils se soudent entre eux. Un exemple de carpelles ouverts est fourni par les Conifères, où la feuille carpellaire est étalée (fig. 55, B);
on voit alors qu'elle présente à sa base deux petits corps ovoïdes que l'on appelle ovules (fig. 61 et 62) ; ces petits corpuscules se retrouvent aussi à l'intérieur de la cavité ovarienne du carpelle clos isolé que nous venons de décrire plus haut. Ces ovules sont les parties essentielles de l'organe femelle ; ils méritent d'être considérés comme des lobes de feuilles dont la partie limbaire se serait creusée en forme d'une urne presque complètement close, ne laissant qu'un petit orifice terminal ; cette partie réceptaculaire n'est, en réalité, que l'enveloppe de l'ovule, et on la désigne sous le nom de tégument. La partie la plus essentielle est à l'intérieur ; c'est une sorte de mamelon ovoïde pluricellulaire né à la surface du lobe foliaire et complètement entouré par lui ; cette partie porte le nom de nucelle, et c'est dans sa région interne et apicale que se trouve une grosse cellule, allongée suivant l'axe de l'ovule, qui est désignée sous le nom de sac embryonnaire (fig. 62 se et 63). C'est ce sac qui contient, à son pôle antérieur, la cellule femelle ou oosphère (o), dépourvue de membrane, située dans le plan médian et encadrée de chaque côté par une cellule semblable ou synergide, mais qui n'est pas destinée à l'imprégna-
M. F. Kaideau.
Fleurs de Fuchsia.
Synergides
"Antipodes Tube Ipollinique
Synergide
Oosphère
j Noyau Secondaire
0osphèr£ Ovule
*v f Fig. 64. — Pénétration du tube pollinique dans l'ovaire.
Antipodes
Fig. 63. — Aspect du sac
embryonnaire
au moment de la fécondation.
Noyau végétatif-
Fig. 65. — Grain
de pollen,
avec son long tube
pollinique.
Pavot de jardin; ovaire libre.
tion de la substance mâle ; à la base du sac sont les antipodes (An/), également stériles; au milieu du sac il y a le noyau secondaire (n) résultant de la fusion des deux noyaux.
Les carpelles présentent des variations. Dans le Pin, ils sont ouverts et libres (fig. 55, B). Dans la Violette, il y a trois carpelles ouverts, mais soudés bords à bords. Il en résulte une cavité ovarienne unique avec trois lignes de suture ou placentas, sur lesquelles sont insérés les ovules par des cordons : on dit que la placentation est pariétale.
Il y a d'autres types de placentations. Dans le Lis, notamment (fig. 60, C), la placentation est dite axile : trois carpelles clos dont la section transversale est en forme de coin sont rapprochés et soudés de manière à former un ovaire à trois loges séparées, qui porte des ovules nombreux insérés sur la partie axiale. Dans la Primevère (fig. 53, K), la placentation est centrale, il y a une seule cavité et les ovules sont insérés sur un mamelon central.
L'ovaire est dit libre ou supère, comme dans le Tilleul, l'Abricotier (fig. 53, M) quand il est isolé au milieu de la fleur et qu'en écartant la corolle on l'aperçoit en entier. Il est adhérent ou infère quand, au contraire, il est soudé plus ou moins à la base des autres pièces florales et situé en apparence au - des sous de la fleur. Dans ce cas, qui est celui de l'Opuntia et de la Garance (fig. 53, N), la paroi de l'ovaire n'est pas formée seulement parle carpelle, mais encore par la base des étamines, des pétales et des sépales soudés ensemble.
Fécondation. — Nous venons de décrire la machine ; voyons maintenant à quoi elle sert et comment elle fonctionne. Supposons le grain de pollen transporté sur le stigmate, soit directement, soit par le vent, les insectes, ou même par 1 homme dans certaines cultures ; nous reviendrons ultérieurement sur ces points en parlant des rapports des plantes et des animaux.
Grâce aux petits aiguillons qui existent parfois à la surface du grain de pollen (fig. 51, A), grâce aux matières visqueuses des papilles stigmatiques, une adhérence intime s'établit entre cel organe femelle et le grain ; ce dernier ne tarde pas à bénéficier de tous les afflux de matières nutritives qui viennent au pistil ou qui s'élaborent dans sa partie supérieure. Le grain germe et le tube ou boyau pollinique (fig. 64 et 65) s'allonge, de manière à rechercher en s'avançant les matières nutritives dont il a besoin ; il suit ainsi le tissu conducteur qui est dans l'intérieur du style, et il arrive progressivement à la cavité ovarienne, qui offre à sa surface des arcs ou des méridiens de tissu conducteur analogue, de sorte que le tube pollinique est conduit ainsi jusqu'à l'ovule; le sommet du boyau pénètre tout naturellement par son orifice, ou micropyle, et s'avance, en digérant devant lui les membranes, jusqu'au sac embryonnaire. Pendant la marche, cachée aux yeux, du tube du pollen à travers l'organe femelle, les noyaux qu'il contient cheminent également (fig. 65 ) : le noyau végétatif en avant, le noyau reproducteur en arrière, ce dernier entouré d'une petite masse de protoplasma nu, de manière à constituer une cellule mâle, qui ne tarde pas à se diviser en deux cellules ; pendant quecescindement s'opère, le noyau végétatif s'altère et se résorbe peu à peu. Les deux cellules reproductrices mâles sont alors au plus complet voisinage de la cellule femelle ou oosphère. Tout est prêt pour l'acte fondamental de la fécondation, qui consiste dans la fusion intime de la cellule mâle et de la cellule femelle et dans la coalescence des deux protoplasmas. La première cellule passe dans l'oosphère et forme l'œuf, et le caractère de cellule mobile s'accuse par l'allongement du noyau en forme de virgule; la deuxième cellule mâle, à noyau également allongé et effilé, se rapproche du noyau secondaire du sac embryonnaire et se fusionne plus ou moins intimement avec lui. Ces deux fécondations simultanées donnent naissance à deux corps qui doivent avoir des destinées très différentes : le premier devient \embryon et, par les divisions répétées de ses cellules, se forme peu à peu la petite plantule nouvelle ; le deuxième forme un tissu appelé V albumen qui servira à la nutrition de la plantule dans son développement ulté- Opuntia en fleurs; ovaire infère ou adhérent, rieur.
Champ de Courges, eu Afrique du Sud.