‹ Les plantesChapitre 16 sur 115 · DES PLANTES ENTRE ELLES · texte numérisé non relu

DES PLANTES ENTRE ELLES

On peut diviser les plantes en deux groupes : 1 ° les plantes autotrophes (du grec autos, soi-même, et trophé, nourriture) qui prennent directement leur nourriture dans la matière minérale: ce sont les plantes à chlorophylle, et 2° les plantes allotrophes (du grec allos, autre) qui se nourrissent par l'intermédiaire d'un autre organisme. Certaines plantes autotrophes ont cependant besoin des autres végétaux, mais elles se bornent à leur demander un support : ce sont les plantes grimpantes et les épiphytes. Quant aux plantes allotrophes, on peut les répartir en trois groupes : les saprophytes, les mutualistes formant avec une autre plante une association à bénéfices réciproques ou symbiose, enfin les parasites.

Les plantes grimpantes. — Parmi les mouvements, sujet étudié au précédent chapitre, nous aurions encore à mentionner ceux qui ont pour but de permettre à une espèce de s'enrouler autour d'une autre : ce sont les mouvements de circumnutalion, qui se manifestent à l'extrémité d'une tige qui, au lieu de s'accroître verticalement de bas en haut, décrit une spirale dont les

Jeune arbre euserré par une liane de Chèvrefeuille.

Cl F. l'aideau.

Érable sycomore envahi par un Lierre géant.

tours sont très surbaissés et apparaissent comme des cercles ou des ellipses. Grâce à cette propriété, le sommet de la plante explore l'espace et peut s'enrouler autour d'un objet : bâton de bois, colonne de fonte ou tige d'une autre plante, qui lui sert de support et qui permet à une plante faible de s'élever dans l'air à une grande hauteur, tandis que seule elle tomberait à la surface du sol en se transformant en une plante rampante. Une fois que l'enroulement est produit autour de la tige d'une autre espèce, des rapports intimes, des actions réciproques s'établissent entre les deux êtres mis en présence l'un de l'autre. L'arbre qui sert de support continue à grossir et la liane enroulée autour de lui ne tarde pas à enfoncer ses tours de spire dans son écorce, qui se trouve fortement entravée dans sa croissance en certaines places ; mais le tuteur réagit à son tour et, en continuant à croître, il aplatit la plante grimpante qui l'encercle et contribue ainsi à la déformer.

Dans le cas que nous venons d'envisager, les rapports entre les deux végétaux en contact sont aussi intimes que possible, mais ils peuvent être rendus presque aussi parfaits par d'autres procédés. Dans un Lierre, par exemple, il n'y a pas enroulement autour d'un arbre, mais accolement contre lui et adhésion puissante par une multitude de petites racines-crampons qui restent courtes et qui s'enfoncent dans toutes les anfractuosités de l'écorce du support. Comme ces organes d'adhérence sont extrêmement nombreux, la fixation est parfaite et l'arbre ainsi emprisonné à l'intérieur des ramifications du Lierre est fortement gêné dans sa croissance : il prend un air maladif; la rapidité avec laquelle les jeunes pousses du faux parasite s'accroissent sur l'écorce et la force de leur adhésion sont tout à fait merveilleuses, et quand on voit un arbre puissant aux prises avec cet ennemi qui l'étouffé, on constate par le ralentissement de sa croissance, par l'avortement de sa ramification, par le petit nombre de ses feuilles, qu'il souffre grandement. Ce n'est cependant pas un parasite qui l'attaque; l'emprisonnement est superficiel, les crampons ne pénètrent pas dans les tissus vivants de l'arbre et, malgré cela, quand le développement du réseau du Lierre est vigoureux, son action est redoutable. On peut observer d'autres procédés d'adhésion chez les plantes grimpantes (fig. 95). Elles peuvent avoir des organes réduits à l'état de simples filaments délicats, susceptibles de s'enrouler en spirale autour des objets à la façon de la queue prenante d'un singe. Lorsqu'une espèce,

( Cl. de M. Alluautl.

Page 1