‹ Les plantesChapitre 19 sur 115 · CI. de M. Alluaud · texte numérisé non relu

CI. de M. Alluaud

fourmis dans des galles ; région de Kilimandjaro.

Vegetaliombilder.

Jardin de fourmis (Camponotas femoratus), à Manaos.

d'une plante et d'un animal, car ils ne peuvent pas se passer l'un de lautre. Les nids de termites, qui atteignent de si grandes dimensions, sont aussi remplis par le mycélium de Champignons qui poussent et fructifient souvent à leur surface.

L association d'une fourmi et d'un végétal peut se présenter avec d'autres caractères, qui sont très différents des précédents et très singuliers. Dans les pays où pullulent les fourmis coupeuses de feuilles, dont il vient d'être question, la persistance de certaines espèces attire tout de suite l'attention. Parmi ces espèces, on a signalé au Brésil, par exemple, les Cecropia, qui sont des arbres de la famille des Urticacées.

Quand on vient à secouer un de ces arbres, on comprend immédiatement la raison de l'immunité qu'il possède vis-à-vis des fourmis saccageuses : aussitôt après, les premières secousses, on voit apparaître une armée de fourmis à la surface de l'arbre, qui se rassemblent en hâte et sur tous les points pour arrêter les attaques de tous les ennemis. Quand ces derniers sont formés par une troupe de coupeuses de feuilles, ils sont immédiatement repoussés avec perte. C'est à l'intérieur de l'arbre, dans les cavités de la moelle, que les fourmis protectrices appartenantau genre Azteca (A. instabilis, par exemple, vivant dans la moelle du Cecropia adenopus) font leur nid : chacune des logettes servant d'habitation est percée d'un orifice (fig. 105, J), qui est la porte de la chambre, permettant à la troupe d'Azteca d'apparaître au dehors au moindre danger. On voit donc que les fourmis rendent à 1 arbre un service signalé, mais l'arbre n'est pas ingrat avec ses défenseurs, car il leur donne le vivre et le couvert. Quand on observe la légion des fourmis dans une période de paix, au lieu du branle-bas guerrier que nous signalions plus haut, on voit les animaux cheminer le long de l'arbre, en se dirigeant vers la partie supérieure, où se trouvent les feuilles ; d'autres fourmis reviennent vers leur nid en longues files et sont chargées de sortes de corpuscules ovoïdes ressemblant à de gros oeufs qu'elles portent vers les logettes. C'est ce qu'on appelle les corpuscules de Millier (fig. 105, L), qui ont été enlevés aux feuilles qui les produisent en grand nombre à la basé du pétiole, sur une surface de quelques centimètres carrés, au milieu de poils effilés. Ces corpuscules, gorgés de matières albuminoïdes et oléagineuses, constituent un aliment très riche pour les fourmis qui ne vivent que de cela et ne sauraient s'en passer. Ce qu'il y a de plus curieux à constater, c'est que les organes de Millier n'existent que sur les espèces de Cecropia présentant des fourmis. On retrouve des arbres habités par des fourmis dans les régions tropicales, par exemple, les Acacia sph<srocephala(fig. 105, N). Les Acacia rencontrés sur la route du Kilimandjaro par Alluaud sont curieux; Le Cerf y a vu une chenille de Lyçénide (Lépidoptère) élevée dans les galles avec des feuilles d'Acacia par des fourmis du genre Crematogaster.

11 existe un certain nombre de végétaux appartenant à des familles diverses, qui sont susceptibles de donner asile à des fourmis (fig. 105) et qui présentent des cavités et des renflements dans la tige et dans la feuille, avec des fentes ou des orifices, qui mettent en communication ces nids avec le milieu extérieur ; parmi eux, on peut citer les Myrmecodia, les Hydnophytum, les Duroia, qui sont des Rubiacées, les Tococa (Mélastomacées).

Parmi ces plantes myrmécophiles, mentionnons les Cordia nodosa (Borraginée) qui, dans l'Amérique du Sud, sont habités par les Azteca Ulei et Trailei dans de grands renflements en ampoule, à la base des dernières ramifications des branches. Comme les nids à l'intérieur de la plante ne suffisent pas, les fourmis en construisent au dehors et y parviennent en devenant agriculteurs : elles accumulent de la terre sur les arbres et y déposent des graines de différentes plantes : Nidulaire myrmécophile, Figuier myrmécophile, Marckea de fourmis, Ectozoma d'Ule, Codonanthe de fourmis, Philodendron myrmécophile, qui y germent et, entre leurs racines, les Azteca construisent leur nid. Il est curieux de

LA VIE VEGETALE

constater que ce sont toujours les mêmes espèces de plantes que l'on voit sortir de ces nids, et elles constituent ce que 1 on appelle les « jardins fleuris » de fourmis que l'on retrouve sur des territoires immenses, avec des caractères constants et composés d espèces très distinctes. En outre, parmi ces espèces ainsi cultivées sur les arbres par les fourmis, la plupart sont épiphytes. On conçoit que le choix de ces animaux se soit porté vers des plantes qui devaient réussir dans les conditions où ils les plaçaient et qui, de plus, avaient un système de racines pas trop envahissant pour le nid : on ne s'étonnera pas de trouver, comme plantes de ces nids, des Aroïdées, des Broméliacées, des Pipéracées, des Moracées. Mais ce qui est plus Curieux, c'est qu'il y ait aussi des espèces non aériennes qui ne vivent sur les arbres qu'avec les nids de fourmis : par exemple, le Phyllocactus phyllanthe, et surtout des Solanées (Marckea et Ectozoma) qui ne sont jamais épiphytes et qui ne le sont devenues que par l'intervention des Azteca; il est bon d'ajouter que toutes les plantes des jardins fleuris de fourmis sont pourvues de baies qui, par leur succulence, doivent attirer les animaux. Enfin notons que les

Azieca ne cultivent pas les mêmes espèces de plantes qu'un autre type de fourmis, le Camponotus femoratus du Brésil.

Faune bromélicole. — La température élevée qui règne dans les régions tropicales empêche l'existence de grandes mares permanentes dans les forêts, et cependant les moustiques y abondent, le paludisme et la filariose y régnent. D'intéressantes recherches de C. Picado ont montré le rôle important des Broméliacées épiphytes comme milieu biologique. La plupart de ces plantes ont, en effet, des feuilles engainantes, réunies à leur base, de manière à former de vastes godets dans lesquels s'accumulent les eaux provenant des pluies et de la condensation des brouillards nocturnes, et aussi toutes sortes de débris végétaux et animaux. Ces petites mares aériennes, innombrables dans les forêts des régions chaudes, constituent par leur ensemble un marécage w^mmm ^m permanent , suspendu , dans lequel viennent pondre une foule d'animaux : insectes, crustacés, vers, gastéropodes et même batraciens, dont les uns sont venus en volant, les autres en rampant le long des branches et des feuilles et dont plusieurs ont été transportés par le vent.

L'absence de putréfaction dans ces mares, dont 1 eau est toujours claire et sans odeur, serait due à la sécrétion par ces végétaux d'une gomme exerçant une action diastasique ; ces ferments seraient capables de digérer les débris animaux et végétaux du fond. Grâce à leurs Caraguate cardinalis (Broméliacée).

V<</etatloiisl>il<lrr.

Jardin de fourmis (Azteca Trailei) sur Tococa (Mélastomacée),

écailles foliaires, les plantes absorbent les matières salines, ternaires ou albuminoïdes qui ont pris naissance dans ce milieu, dont la pureté est ainsi toujours maintenue.

Dissémination des fruits et des graines. — L'exemple que nous avons cité des plantes rendues accidentellement épiphytes par l'intervention de fourmis nous amène à dire un mot du cas général des épiphytes et du rôle que les animaux jouent et ont joué dans la dissémination des graines de ces plantes. Lorsqu'on fait la récapitulation des modes de propagation des semences des végétaux qui vivent sur les arbres, on voit qu ils se réduisent à deux essentiels : le vent et les animaux. Le vent explique la dissémination des spores impalpables des Fougères, des graines extrêmement petites des Orchidées. Ce sont au contraire les animaux qui interviennent pour la dissémination des fruits ou des graines charnus; ce sont les bêtes de la forêt vierge qui les transportent, les oiseaux, les singes, etc., et leur attention a été surtout fixée par les fructifications se distinguant par leur succulence.

Il est remarquable, en effet, que les fruits charnus, baies et drupes, sont toujours colorés de façon à ressortir au milieu du feuillage ; leur épiderme est brillant, rouge ou violet foncé, parfois blanc. Leurs vives couleurs n'apparaissent qu au moment de leur complète maturité ; elles attirent les oiseaux qui avalent les fruits mous, en digèrent la pulpe, tandis que les graines, pierreuses chez les baies, ou protégées par un noyau ligneux dans les drupes, traversent sans dommage le tube intestinal, sont rejetées loin de la plante mère et germent. Ainsi, par un enchaînement admirable de circonstances, les oiseaux assurent la perpétuité de 1 espèce qui les nourrit. Dans nos pays, la carnosité des fruits des Ronces, du Prunellier, du Sureau, du Lierre, de l'Aubépine, du Houx, etc., assure la dissémination des graines de ces plantes ; le passage de leurs semences à travers l'intestin des oiseaux explique pourquoi on les rencontre assez fréquemment au sommet d'un vieux murou

dans une fourche d'arbre remplie de terre végétale. On trouve dans les régions chaudes de pareils fruits, destinés à traverser le tube digestif des animaux, chez les Astelia qui sont des Liliacées, chez les Schlegelia parmi les Bignoniacées, chez les Fuchsia parmi les Onagrariées.

La propagation des plantes qui vivent sur les arbres par les oiseaux est un fait d'ailleurs trèsan- I ciennement connu pour le Gui, qui est, il est vrai, une plante parasite épiphytoïde et non une plante épiphyte.

L'origine des fruits

charnus se manifeste

assez nettement dans le

Fruits de la Bardane. cas des Liliacées à

Ortie dioïque à poils urticants.

Panicaut maritime sur une dune.

Cl. F. Fai<k-au.

Erable rongé par des chenilles.

baies : si l'on rencontre des espèces de ce type dans les îles lointaines séparées des continents par d'immenses mers, c'est qu'elles ont été propagées par les oiseaux qui les avaient mangées et ont contribué à orienter leur évolution dans le sens de la carnosité du péricarpe. C'est ainsi que, dans les Yucca, plusieurs espèces à baies existent dans les îles lointaines, tandis que la plupart des autres formes moins voyageuses ont pour fruit une capsule.

Les oiseaux jouent d'ailleurs un rôle important dans la dissémination des graines des plantes qui peuplent les archipels éloignés. Sur vingt-deux oiseaux d'origine continentale trouvés aux Açores, îles qui se trouvent à une distance de I 500 kilomètres du continent africain, la moitié est formée de mangeurs de fruits qui peuvent très bien contribuer à introduire des plantes nouvelles : les autres espèces de haut vol peuvent porter des semences diverses attachées à leur pattes, à leurs plumes. Darwin a recueilli des fragments de terre attachés à la patte d'un oiseau et il a vu germer et fleurir un Jonc bufonius; un autre fragment contenait les graines de quatre-vingt-deux plantes. L'étude de la flore des îles est tout à fait instructive au point de vue du rôle que jouent les oiseaux : surtout les grandes espèces de haute mer, puissants voiliers comme les frégates, les albatros, qui contribuent à modifier la végétation des îles les plus reculées. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.

Les animaux peuvent intervenir d'une autre manière dans la dissémination des plantes : quelques fruits sont pourvus de crochets, de dents, d aiguillons, à l'aide desquels ils se fixent à la toison des mammifères.

Tout le monde connaît les fruits de la Bardane : ce sont les teignes que les enfants s'amusent à lancer sur les vêtements, auxquels ils s'accrochent; lorsque ces fruits sont mûrs, ils se détachent au moindre contact et harponnent au passage les poils du chien, la laine du mouton et même le vêtement du berger. Les fruits de la Benoite, de l'Aigremoine, qui sont deux Rosacées ; de la Carotte sauvage, qui est une Ombellifère; du Gailletgratteron, qui est une Rubiacée, sont aussi pourvus de crochets et disséminés par la toison des mammifères ; on voit donc des résultats semblables obtenus par les mêmes moyens. On peut dire, dans les divers cas que nous venons de citer, pour les espèces à fruits charnus ou à crochets, que les animaux rendent de grands services au règne végétal. Cereus rnficeps de

Défenses des plantes contre les herbivores. — 11 n'en est pas toujours ainsi. Il s'établit souvent un véritable antagonisme entre le règne animal et le règne végétal et il semble que ce dernier soit obligé de s'armer pour résister aux mâchoires voraces qui le menacent. Cette lutte est surtout âpre dans les régions désertiques où la végétation est extrêmement rare, où par conséquent les animaux herbivores sont à la recherche du moindre rameau herbacé qu'ils peuvent se mettre sous la dent. La lutte pour l'existence, qui est dans ces contrées particulièrement intense, a orienté l'évolution d'une manière manifeste et a favorisé le développement de tous les organes piquants ; aussi la flore des déserts est-elle caractérisée par le développement extraordinaire des épines à la surface de tous les organes des plantes vivant dans ces régions. Dans nos pays, l'Aubépine, le Prunellier, la Ronce, les Chardons ont aussi de formidables défenses externes. Les poils rudes qui recouvrent les Borraginacées : Bourrache, Vipérine, font respecter ces plantes, tout ou moins par les mollusques et par les moutons.

Les végétaux ont d ailleurs des moyens de défense variés contre

les attaques des animaux : parfois c est un enduit cireux qui est un obstacle pour les fourmis qui veulent y grimper(Cecropia du Corcorvado) ; c est un suc amer qui se trouve dans leur tissu; c'est un liquide acre, un poison ou un venin. Les Orties, et plusieurs Urticacées, surtout les Laportea, renferment des poils urticants qui sont des armes extrêmement redoutables contre l'homme et les animaux. Tous ces moyens de défense ne sont pas d une efficacité absolue, mais ils suffisent parfois à éloigner quelques-uns des ennemis d'une plante, et un ennemi de moins c est quelquefois le salut pour l'espèce : le latex acre des Euphorbes ne les protège pas contre les insectes, mais il fait respecter ces plantes par les ruminants.

Les plantes carnivores. —

Quand un Drosera ou Rossolis est soumis à l'irritatic'h produite par un insecte qui s'abat sur une de ses feuilles, les poils (en réalité ce sont les lobes des feuilles, car il y a des vaisseaux) qui la couvrent se rabattent successivement sur 1 insecte par la contraction de tout le limbe ; puis l'ébranlement se communique au pétiole, le limbe contracté s enroule sur ce dernier et l'animal capturé ne peut sortir; il ne tarde pas à périr, et sous l'influence de sucs digestifs

Cl. de M. Diguet.

Tochapa (Mexique).

LA VIE VÉGÉTALE

CL F. Faideau.

Dionée attrape-mouche.

produits par la plante et peut-être aussi par des Bactéries, les tissus de l'animal sont digérés. Au bout d'un certain temps, la feuille reprend sa forme primitive. Après trois manœuvres analogues, une feuille est hors d'usage. Certaines particularités sont très curieuses: c'est ainsi que le contact d'un fragment de cheveu ne pesant que quelques millièmes de milligramme met les tentacules en mouvement, alors que la chute des plus grosses gouttes de pluie est sans effet sur eux.

La Dionée attrape-mouche ou Trappe-de-Vénus, ce miraculum natures, suivant l'expression de Linné, est une petite plante de la Caroline du Nord. Chacune de ses feuilles en rosette comprend un pétiole ailé qui se prolonge par deux lobes de I à 2 centimètres de long, mobiles autour de la nervure principale comme charnière et qui fonctionnent comme des panneaux d'oiseleur. Leur bord libre est hérissé de pointes aiguës; leur face supérieure présente des glandules rougeâtres et trois petits poils très irritables. Dès qu'un insecte frôle un de ces filaments, les lobes s'appliquent l'un contre l'autre, l'emprisonnent et les glandes sécrètent un liquide acide. Au bout de plusieurs jours, la prison s'ouvre lentement, mais on ne trouve plus que des débris du prisonnier. Selon Darwin, les lobes appliqués l'un contre l'autre ont fonctionné comme un « estomac temporaire » qui a digéré partiellement la proie et en a permis l'absorption.

Plusieurs autres genres de Droséracées, entre autres les Drosophylles, une petite plante voisine des Saxifrages, la Céphalote folliculaire, notre Grassette, commune dans les prairies tourbeuses, possèdent des propriétés analogues. Il en est de même de certaines plantes aquatiques, comme les Utriculaires et les Aldrovandies, dont les feuilles submergées présentent de petits pièges qui, chez les premières, rappellent une outre et, chez les secondes, les valves d'une coquille. On considère parfois aussi comme des pièges à insectes les ascidies des Sarracenia et des Darlingtonia (plantes de la famille des Sarracéniacées) et celles des Népenthacées ; ce sont

des feuilles extrêmement curieuses, enroulées en cornet, en trompette, ou façonnées en urne. Elles contiennent toujours un liquide clair, dû à une sécrétion et accru de l'eau des pluies et de la rosée; peut-être sontelles surtout des réservoirs d eau. Chez les Sarracéniacées, c'est la feuille entière qui forme le cornet ; un lobe foliaire, ou couvercle, fixé sur le bord dorsal, en découvre plus ou moins l'ouverture; chez les Népenthès, la nervure médiane de la feuille se prolonge au delà du limbe en un long pédoncule, parfois vrillé, que termine une sorte de cruche à couvercle. Tous ces organes sont ornés de Nepenthes intermédiaire. couleurs brillantes et en-

Drosera dichotoma d'Australie.

duits souvent d'un suc mielleux qui attire les insectes. Ceux-ci périssent en grand nombre dans le liquide que contient l'urne ; les Bactéries interviennent dans la décomposition des animaux qui peuvent s y trouver.

Un certain nombre de légendes circulent concernant ces plantes carnivores. On a prétendu que les urnes de Nepenthes étaient susceptibles de capter ou de digérer des petits oiseaux. Nous avons même eu l'écho d'une histoire plus fantastique encore qui a trouvé place dans certaines feuilles populaires des États-Unis. Il y était question d'une plante miraculeuse de Madagascar qui avait la propriété effroyable de saisir les hommes qui passaient dans son voisinage et de les emprisonner dans son bourgeon pour les digérer.

En laissant de côté de pareilles exagérations ridicules, il n'en subsiste pas moins le rôle sérieux de la capture d'animaux par des Drosera, par la Dionée gobe-mouche et par les Utriculaires.

Dans les urnes de ces dernières petites plantes aquatiques, on trouve régulièrement captés des animalcules d'eau qui, après s être agités pendant un certain temps, finissent par cesser de se mouvoir et sont progressivement digérés et absorbés. La petite famille des Lentibulariacées, à laquelle appartiennent les Utriculaires, a d'ailleurs d'autres représentants carnivores : les Pinguiculaires et surtout les Genlisea. L'organisation de ces derniers est très extraordinaire. Les feuilles sont tubuleuses, avec deux ramifications à angle droit de la partie basilaire où se trouve une ampoule. Ces ramifications sont en forme de cornet, laissant ainsi des fentes qui sont des portes d'entrée par lesquelles s'introduisent les animaux pris au piège; ils ne peuvent s'échapper, parce que les poils, bien orientés pour faciliter la pénétration, s'opposent tout à fait à la sortie. Un type très curieux est Y Utricularia neottioides (Amérique du Sud), sans utricules, mais pourvu de griffes servant à la capture des animaux.

Darlingtonia de Californie.

LAC DE KINKAKUJI, AVEC VÉGÉTATION AQUATIQUE A FEUILLES FLOTTANTES (JAPON).

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