cm. 26,9 cm
Septembre Octobre .
Novembre Décembre
Total
16,8 cm.
26,9 cm.
22, 1 cm. 42,5 cm.
C'est la quantité d'eau de pluie qui caractérise surtout ce climat : la sécheresse est parfois si grande que les lèvres se gercent, les ongles cassent comme du verre, les miroirs éclatent sous la pression de leur cadre. Les variations de température sont relativement étendues : elles atteignent plus de 50°.
Caractères de la végétation. — Le tableau précédent nous montre qu'au début de l'année les pluies sont assez fréquentes et il en résulte l'apparition d'une flore éphémère ou flore pluviale, qui disparaît peu après. Cette première végétation printanière est en partie formée de plantes annuelles qui ont une évolution rapide, qui fleurissent en peu de temps, donnent des graines et meurent dès que la période sèche commence. Telle est notamment la fameuse Rose de Jéricho (Anastalica de Jéricho), qui est susceptible, quand arrive la sécheresse, de se contracter en boule, mais sans rouler au loin dans le désert comme on le dit souvent, car elle est fixée par sa racine; elle s'étale en projetant ses graines quand arrive la pluie; aussi se développe-t-elle avec une rapidité merveilleuse quand la saison est favorable.
Dans aucune espèce du premier printemps, ni dans le Malcomia œayptiaca, ni dans le Matthiole livide, ni dans les Astragales, Composées, Borraginacées, Graminées, qui fleurissent avec promptitude à ce début de l'année, on ne voit apparaître aucun caractère indiquant une adaptation au climat sec. Ce sont simplement des espèces quelconques qui conviennent à ces régions par leur évolution rapide et qui réussissent, parce qu'elles peuvent fleurir et fructifier dans le minimum de temps. Évidemment ces espèces intéressent à ce point de vue l'horticulteur et, parmi elles, un certain nombre peuvent figurer dans les jardins où l'on désire avoir une floraison prompte.
A côté de ce premier groupe de végétaux, il y a à mentionner ceux qui, bien qu'annuels, durent un peu plus longtemps, mais qui sont nettement accommodés à la sécheresse : la Ficoïde cristalline, l'Aizoon des Canaries (fig. 1 12, E), les Paronychiées,les Résédacées, les Crucifères. Il y a aussi quelques Dicotylédones persistantes, des Héliotropes, des Érodium et quelques plantes bulbeuses : par exemple, dans le Sahara égyptien, le Pancratium de Sickenberg, l'Urgine ondulé, l'Ail de Cramer, etc.
Sans doute ce n'est pas seulement à cette flore printanière que servent les pluies du début de l'année, mais aussi aux végétaux
LA VIE VÉGÉTALE
Cl. Diguct.
Pereskopuntia caliendriniœfolia (Mexique).
Cl. Digue
Echinocactus Digueti (Mexique).
Yucca valida (Mexique).
Cl. Diguet.
qui persistent et qui ont contre la sécheresse des moyens de défense qui n'existent pas dans la flore du début de l'année. Aussi les parties souterraines n'offrent aucun caractère particulier dans ces dernières espèces, tandis que, pour les formes durables, les racines acquièrent des dimensions considérables : c'est que ces plantes, ne trouvant plus l'humidité à la surface du sol, sont obligées d'aller la chercher dans les profondeurs (20 mètres parfois). Il n'est pas rare dans les Acaciées, d'après Schweinfurth, que la racine ait vingt fois la longueur de la partie aérienne. Une plante haute comme la main aura une racine de 1 m, 50 à 2 mètres. Il y a, en outre, une série d'autres caractères qui permettent à ces plantes de résister là où d'autres espèces péricliteraient inévitablement ; un grand nombre d'entre elles notamment ne sont pourvues de feuilles que pendant la période des pluies printanières.
Si l'on examine la végétation dans son ensemble, on voit qu'elle est formée d'individus épars; ce sont de petits buissons qui, à un examen superficiel, se ressemblent complètement. Il faut regarder de près les feuilles quand elles existent, et surtout les fleurs, pour distinguer, par exemple, une Légumineuse d'une Zygophyllée; un sous-buisson étalé sur le sol d'une Armoise ou d'un Tamaris, espèce qui apparaîtra surtout sur le sol sablonneux des ruisseaux desséchés, représentant ainsi la flore aquatique.
Cette similitude qui se manifeste entre toutes ces plantes se traduira, par exemple, dans les types épineux formant, dans le Sahara égyptien, des buissons arrondis de I mètre de haut et qui n'auront pas de feuilles : dans un Zille myagroide, dans les Astragales épineux, dans les Acacias tordus qui forment presque des petits arbres. L'Alhagi des Maures (fig. 1 1 2, C) est épineux, mais pourvu de petites feuilles ; les piquants sont si acérés que la plante
ne redoute pas l'attaque des ruminants. Ailleurs, quand les feuilles existent, pour atténuer les effets de la transpiration, ces organes sont couverts de poils filamenteux, comme chez le Liseron laineux et diverses Labiées. Certaines espèces sécrètent des sels déliquescents qui, pendant la nuit, attirent la vapeur d'eau et la condensent, même quand il y en a très peu. L'Arroche halime est couvert de poils renflés qui, par leur provision d'eau, permettent à cette espèce de demeurer verte par la plus forte sécheresse. Le même résultat est atteint par les Salsolacées à l'aide de tissu aquifère.
Flores désertiques spéciales. — Chaque région désertique a ses plantes caractéristiques et souvent étranges. Le sud de l'Afrique (Kalahari) et l'Angola ont la Welwitschie admirable ou Tumba, découverte en 1860 par Welwitsch, à Mossamèdes : c'est une Gymnosperme à grosse racine qui n'a que deux feuilles insérées l'une en face de l'autre sur une grosse tige, au-dessus des cotylédons, et qui peut vivre plus de cent ans sans engendrer d'autres feuilles; il est vrai que la base des feuilles se renouvelle constamment pendant que l'extrémité se dilacère et se détruit.
Une autre région de caractère désertique ou de steppe est celle qui s'observe entre le Kilimandjaro et la côte africaine orientale, riche en plantes succulentes comme l'Euphorbe Turicalli, et autres Euphorbes qui ressemblent à des Cactées ; une Asclépiadée présente également le même phénomène de convergence : c'est la Stapélie carallume. C'est à cette région qu'appartiennent une série de plantes bizarres par leurs tiges tuberculeuses, par leurs branches épin8uses, comme l'Adénie globuleuse ou le Pyrénacanthe à feuille de mauve. Mentionnons au Sénégal les Baobabs.
Il y a dans l'Amérique du Nord plusieurs contrées (nord du
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Un Baobab dans le Cayor (Sénégal).
Nopals de la sierra Tlaljujalma (Mexique).
Cl. Diguct.
Cl. Soler.
Corbeille de Nefta (Oasis tunisienne).
Eriodendron Samauma (Brésil).
Mexique, Basse Californie, Texas, Arizona) très sèches, qui depuis longtemps ont été l'objet des études culturales des anciens Mexicains, qui y ont rassemblé un grand nombre de Cactées intéressantes au point de vue de la culture fruitière (ce sont les Cierges) et au point de vue de l'utilisation des pays privés d'eau. On y rencontre les Nopals, aussi les P eresk.opuntia ou Peresk.ii, les Echinocactus, les Mamillaires. En Basse Californie, on doit mentionner les Yucca, notamment le Yucca valide et le Yucca de Trécul.
Au milieu des immensités désertiques et arides, on rencontre parfois des îlots de verdure : ce sont les oasis du sud de l'Algérie, par exemple, ou de la Tunisie ; la richesse relative de végétation tient à la présence de sources qui sortent du sol en ces points.
Steppes. — Un autre type de paysage que nous ne pouvons omettre est celui auquel se rattachent les steppes de la Russie, de l'Asie centrale et de la Perse, les prairies du sud des Etats-Unis, les pampas de l'Amérique du Sud, de la République argentine et de la Patagonie. Ce qui caractérise ces régions, c'est leur aspect monotone de végétation basse et herbacée ; on n'y observe presque jamais d'arbre, jamais aucun buisson, bien que beaucoup de plantes soient un peu lignifiées à la base; les forêts manquent complètement. Par conséquent, cette zone florale se différencie avec la plus grande netteté, à la fois de la zone forestière et de la zone méditerranéenne et de ses analogues.
Le climat de ces contrées est assez sec et il est un terme de transition vers celui des déserts. Il y a même deux stades très caractérisés dans ces étapes, suivant qu'il y a lieu de distinguer les steppes simples et les steppes salées. Dans ces dernières, les dangers qui résultent de la transpiration pour les plantes deviennent beaucoup plus grands, car l'accumulation de substances salines dans les cellules végétales peut en amener la mort. Les steppes salées s'étendent sur de vastes espaces dans le Turkestan. C'est laque se rencontrent un certain nombre de Salsolacées ou Chénopodiacées caractéristiques, entre autres notamment la Saxaoul (fig. 112, B), arbre informe ressemblant à une sorte de Saule têtard tout à fait tuberculeux, et qui ne peut donner qu'une ombre très faible, parce
qu'il n'a pas de feuilles; ses branches portent à la base des fruits roses, ainsi que Sorokine l'a décrit dans le Kizil-Koum; il se montre même là où il n'y a pas d'eau, comme dans ces dunes mobiles d'Amu Darja que reproduit notre gravure.
Dans les steppes ordinaires, les Graminées prédominent : parmi les plantes caractéristiques du sud de la Russie, on peut citer le Stipa pennata. L'Herbe des buffles ou Buffalo-grass (Buchloe dactylis ou Bulbilis, fig. 1 12, D) est typique des prairies du sud des Etats- Unis. Pendant l'hiver, la steppe est desséchée, ce qui n arrive pas pour la prairie. Les plantes annuelles sont nombreuses ; elles ont des feuilles molles et mûrissent leurs graines pendant la période humide. Les plantes bulbeuses abondent, car ces végétaux trouvent un abri dans le sol quand la sécheresse sévit. Les herbes vivaces communes sont dures, un peu ligneuses ; les feuilles sont couvertes de poils, ou coriaces, ce qui leur permet de supporter sans graves inconvénients une saison sans pluies.
Lorsque les plantes ligneuses, qui sont rares, se multiplient, la steppe passe à la saoane. En général, les arbrisseaux, quand ils existent, sont épineux ; il y a beaucoup d'Astragales, de Tamaris, de Zygophyllées. On y trouve même certains Palmiers et quelques grands arbres, comme l'Eriodendron Samauma (au Brésil).
Cette flore des steppes peut avoir des représentants en dehors de son domaine propre. On retrouve des steppes salées au centre de l'Espagne, et sur 376 espèces de ces régions appartenant à 54 familles, ce sont les Composées, les Salsolacées, les Graminées et les Plombaginées qui prédominent : cette flore spéciale est formée d un tiers de plantes annuelles, de deux tiers de plantes vivaces.
L'étude des contrées désertiques offre un intérêt tout spécial pour la France qui a dans ses colonies des surfaces immenses rentrant dans ce type de végétation (Algérie, Sahara, sud de Madagascar). Aussi pour notre pays l'étude de la civilisation mexicaine qui a su utiliser un grand nombre de plantes grasses (Cierges à fruits, Nopals à cochenille) présente un puissant intérêt. Le voyageur Diguet a contribué à faire connaître ces plantes.
Une végétation analogue se retrouve d'ailleurs autour des étangs salés et dans les régions les plus proches du bord de la mer.
Arboretuni Ama/.onicam.
Savane avec palmiers Mauritia (Brésil).
LA VIE VEGETALE
Végétation tropicale aux environs de Konakry. — A, Fromager ; B, Bananiers ; C, C, Palmiers à huile : D, D, Papayers.